‹ Mémoires et relations politiques du Baron de VitrollesChapitre 22 sur 60 · ÉLIS A · texte numérisé non relu

ÉLIS A

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Moniteur aurait été insupportable pour le mirtisfre secrétaire d'État, s'il n'eût eu sous sa main un rédacteur aussi habile et aussi honnête homme que l'était M. Sauvo.

Je veux faire remarquer ici, à l'honneur du gouvernement du Roi que, dans les années 1814 et même 1815, au moment du déchaînement universel, et lorsque tous les journaux, organes de la haine publique, versaient l'outrage sur l'auteur de nos maux, le Moniteur seul n'eut jamais une expression insultante pour Bonaparte, ou quelqu'un des siens. Ce n'était pas, certes, par ménagement pour sa personne; mais le silence était, suivant moi, le seul langage qui convînt à la dignité du Roi, au nom de qui nous parlions. Ensuite ne fallait-il pas considérer celle de la France? Et convenait-il d'attacher au pilori l'homme dont elle avait reconnu la puissance et accepté le joug? J'opposai une immuable résistance à toutes les incitations les plus pressantes de montrer au monde ce qu'avait caché Tauréole de la gloire militaire; nous avions tout ce qu'il nous fallait pour arracher le voile, montrer l'homme à nu et le couvrir d'une boue sanglante. Nous pouvions évoquer les pièces secrètes des affaires étrangères, les dictées confidentielles de la secrétairerie d'État , et surtout les dégoûtantes archives de la police, ses

1. M. Sauvo, mort conseiller à la cour de cassation, disait qu*il n'y avait qu'un moyen de s'attacher les hommes compromis dans nos crises révolutionnaires, et de les mettre à leur aise; et ce moyen, qu'il proposait sérieusement, était de rechercher tontes les collections du Moniteur et de les brûler jusqu'il la dernière. C'était un de ces conseils que donnent ceux qui n'ont pas à les exécuter.

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