II
se présenta, à près de onze heures. Je fis transporter les caisses dans la grande salle où étaient les mêmes assistants. Biennais me dit que les objets les plus précieux devaient se trouver dans un grand nécessaire de bois d'acajou qui tenait tout le fond d'une berline, et ce fut celui qu'il entreprit d'ouvrir en premier lieu. Je m'approchai avec curiosité, et en préparant mes yeux à l'éclat des parures. Apres quelques efforts, le dessus du nécessaire s'ouvre, je plonge mes regards : je vois de nombreux compartiments, garnis en satin blanc, mais tous également, vides. Biennais lève un doublefond aussi dépouillé, sauf quelques petits morceaux de sertissures en or qui se trouvaient çà et là, pour prouver qu'on avait brisé les pièces. Je me retourne sur-le-champ, et interpellant M. de Maubreuil, je lui demande ce que cela signifie et ce que sont devenus les diamants. Maubreuil répond avec audace « qu'il n'en sait rien ; qu'il n'a pas été chargé de les gar^ der, » et sur une nouvelle interpellation de ma part plus vive encore, il dit « que les caisses avaient été ouvertes devant la princesse, à Fossard, et que, peut-être à cette occasion, elle avait volé les diamants. » — Ma réponse fut brève, je lui imposai silence; et, sortant moi-même de la salle, j'allai au poste militaire qui était à la porte du pavillon Marsan, donner ordre qu'on ne laissât sortir personne du grand salon, et même qu'on fit garder les fenêtres de cette pièce qui donnent sur le jardin. Je traversai rapidement la cour du palais et me rendis à l'appartement de Monsieur, auprès du pavillon de Flore* Le prince était prêt à se coucher. Je lui racontai avec émotion le vol complet que nous annonçait l'ouverture de la