‹ Mémoires et relations politiques du Baron de VitrollesChapitre 2 sur 47 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

cérité s'allie à une finesse remarquable, à un discernement que rien n'égare. Si, après les avoir lues, on envisage dans son ensemble la carrière politique de M. de Vitrolles, on sera forcé de reconnaître qu'en somme elle n'a pas été ce qu'elle aurait dû être. Il ne sera pas difficile non plus de répondre à la question que je posais en commençant : la Restauration a-t-elle donné les résultats qu'on pouvait en attendre? Évidemment non, et parmi les causes diverses d'un échec dont soixante-trois ans n'ont pas effacé les conséquences, il faut certainement compter le mauvais choix de ses conseillers. Jusqu'au dernier jour, le sort l'a mise entre les mains des gens les moins capables de la servir, ou les plus indifférents à son succès. Il y a là un spectacle qui n'est pas sans amertume. Il est triste, — à quelque parti qu'on appartienne, — de voir échouer dans leurs efforts ceux que la destinée met à même de conduire l'humanité. Que d'espérances déçues, que de labeurs inutiles, que de calculs déjoués! Était-ce donc la peine de tant combiner, de tant prévoir, de tant lutter, pour aboutir enfin à l'irréparable, et finir dans le sang d'une révolution?

Mais avant d'aborder l'œuvre; il faut essayer brièvement de rappeler ce que fut l'homme.

Eugène d'Amauld, baron de Vitrolles, était né en 1774 au château de ce nom. Il appartenait à une famille

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de robe^, ancienne et honorée. Son père était conseiller au parlement de Provence, et sa mère était fille du marquis de Pina Saint-Didier, président au parlement de Grenoble. Ce père était un esprit droit et un peu rigide, scrupuleusement attaché aux devoirs de son état, qu'il considérait presque à Tégal d'un sacerdoce. Austère par tempérament et par souci du devoir, il se montrait à l'occasion sévère pour autrui comme il l'était ordinairement pour lui-même. Madame de VitroUes, au contraire, était une de ces natures féminines qui nous sont inconnues depuis la fin du siècle dernier. Elle joignait à une grande douceur une rare élévation de sentiments, et une délicatesse d'esprit et de cœur que

1. La famille d'Arnauld ou Arnaud, est originaire de la ville de Riez (Basses- Alpes) , dont elle partageait au douzième siècle la seigneurie avec l'évêque. C'est une des plus anciennes de la Provence. En 1196 on voit un Bertrand Arnaud parmi les gentilshommes qui assistèrent comme témoins à l'hommage rendu au comte de Toulouse par Guillaume, comte de Forcalquier. Au seizième siècle, Gracieuse Amauld vint s'établir par mariage à Aigueperse en Auvergne, et fut la tige des Arnauld d'Andilly. Cette branche suivit la fortune du connétable de Bourbon, se trouva ruinée, et vint se fixer à Paris où son chef, Antoine Arnauld, exerça la charge de procureur général de la reine Catherine de Médicis. (Voir les Mémoires d'Arnaud d'Andilli/j et V Histoire de la Fronde^ par M. de Sainte-Aulaire.) Il eut de nombreux petits- enfants, parmi lesquels le célèbre docteurjanséniste, Antoine Arnauld, le marquis de Pomponne, ministre des affaires étrangères ; Isaac Arnaud, dit Arnaud de Corbevillè, général des carabiniers, et les deux dernières abbesses de Port-Royal. — Cette branche de la famille s'éteignit au dix -huitième siècle.

La branche restée en Provence se subdivisa en deux rameaux, dont l'un, les Arnaud de Nibles, établis d'abord à Sisteron, se fixèrent à Aix sous Henri IV, et y acquirent une charge héréditaire de conseiller au Parlement de Provence. En 1762, Alphonse Amauld, marié à Agnès de Suffren Saint-Tropez, sœur du célèbre amiral de ce nom, échangea sa seigneurie de Nibles contre celle do la vallée de VitroUes,

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Ton comprendrait à peine de nos jours. C'était elle qui, pour inculquer à son fils le mépris des richesses mal acquises, faisait laver devant lui des pièces d'or qui avaient figuré dans un procès criminel. L'union de deux caractères semblables devait forcément avoir une grande et naturelle influence sur le moral de Tenfant, et plus tard, il serait aisé de retrouver chez le futur ministre de Louis XVIII, les traces de l'énergie paternelle mélangée de cette douceur remarquable, et de ces dehors attrayants qu'il devait à sa mère.

Madame de VitroUes était pourtant sans faiblesses pour son fils; et il fut élevé jusqu'à sa dixième année à Grenoble, dans la famille de Pina, avec une certaine sévérité. Aucun incident frappant ne marqua cette première période de sa vie. Une visite du bailli de Suffren, son grand-oncle, qui rentrait à Versailles après ses belles campagnes de la mer des Indes est le seul souvenir dont sa jeune imagination garda plus tard l'empreinte. Pourtant, il y avait alors dans le régiment de

qui appartenait alors à M. de Bonnes, chef de la branche cadette des Lesdiguîères. C'est à partir de cette époque que les Amauld de Nibles quittî'rent le nom de leur ancienne seigneurie, et furent barons de Vitrolles. Cette famille existe encore. L'auteur des Mémoires eut trois enfants, dont une fille, morte à Florence en 1829 laissant une réputation de haute piété, et deux fils, dont le cadet, Guillaume d'Amauld, baron de Vitrolles, servit dans la marine royale et mourut célibataire en 1876. L'aîné, qui fut lieutenant-colonel dans la garde royale sous Charles X, épousa la fille du marquis d'Arbaud de Jonques, conseiller d'Etat et préfet de Marseille sous la Restauration. Il on eut un fils, qui est le chef actuel de la famille. — C'est à la bienveillance de M. le comte de Vitrolles lui-même, que sont dus la plupart des renseignements biographiques contenus dans cette notice ; je ne saurais trop lui rendre grâce d'avoir ainsi facilité la tâche de l'éditeur, et le remercier de son obligeant concours.

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Royal-Marine, un sergent qui venait lui donner des leçons d'escrime, et qui se louait fort de l'accueil qu'il trouvait chez les parents de son élève. Plus tard, ce même sergent, devenu ministre de la guerre sous la République, puis maréchal de l'Empire et prince de Ponte-Corvô , ne perdit pas le souvenir de cette époque et la reconnaissance que méritaient les bons traitements qu'il avait reçus. Ce fut à lui que le baron de VitroUes dut sa radiation définitive de la liste des émigrés. — Vers le môme temps, pendant un séjour à Aix, l'enfanl eut occasion d'entendre Mirabeau plaider sa propre cause dans un procès au parlement de cette ville. Il garda l'impression de la brutalité dû grand orateur, et, se trouvant placé juste au-dessous de lui, il fut désagréablement frappé de « la rosée » qui s'échappait de ses lèvres. Ce dernier trait, consigné par lui dans des notes laissées à l'état de brouillon, est souverainement caractéristique, et montre dans l'enfant ce que devait être l'homme. Nul n'eut jamais à un plus haut degré, le don de l'obsei-vation satirique. « II voyait « tout d'un coup, » comme dit Fléchier, « le ridicule « des gens et jamais personne ne remarqua plus promp- « tement une sottise. »

En 1786, son oncle, l'abbé de Pina, vicaire général du Puy, qui l'aimait fort, entreprit de se charger de son éducation et le fit entrer au collège de cette ville, dirigé par l'abbé Proyart. Il y eut là deux éléments nouveaux qui vinrent agir à leur tour sur le développement de cette jeune intelligence. L'abbé de Pina était le représentant achevé des prélats de l'ancienne église française. Aimable et distingué, plein de finesse et de douceur, il était entré sans enthousiasme dans une car-

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rière qu'on embrassait souvent alors par convenance, et faisait des nécessités de son état une vertu qui n'avait rien d'austère. Esprit délicat, lettré même, mais sans affectation ni pédanterie, noble dans ses manières, facile dans ses mœurs autant que l'admettait une époque peu difficile, il charmait ses entours par l'aménité de son caractère et les grâces de son langage. Il avait su s'attirer les bontés de son évéque, qui avait pour lui des trésors d'indulgence, et ses confrères l'avaient bien vite accepté comme l'enfant terrible et gâté du diocèse. Assuré de la bienveillance de tous, jtt dispensé des contraintes excessives de la prêtrise, il s'était fait des loisirs et les remplissait en homme de goût qui demande avant tout à la vie des joies, et aux hommes des sourires. Comme il joignait à ses autres qualités un tact exquis et une grande bienséance, il obtint ce qu'il cherchait et fut un des derniers de cette école séduisante qui tempérait saint Augustin avec une dose légère de Montaigne et faisait du sacerdoce un dilettantisme où le profane s'alliait merveilleusement au sacré. — L'abbé Proyart, le principal du collège du Puy, faisait le contraste le plus frappant avec l'abbé de Pina. Pédant et gourmé, doué d'une figure jaune de cuistre, son âme était d'un faquin et ses manières d'un butor. Il enseignait avec ardeur et punissait avec rage. Ses sévérités exagérées et maladroites passaient pour avoir jadis causé le suicide d'un de ses élèves, et depuis lors, il respirait en quelque sorte l'antipathie. Malgré ces graves défauts, il passait pour avoir du mérite, et le collège se relevait sous sa férule altière.

Entre ces deux autorités si différentes, le jeune de VilroUes prit naturellement une moyenne et ces

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influences contradictoires neutralisèrent ce que chacune pouvait avoir d'excessif. L'indulgence un peu trop légère de Tabbé de Pina venait adoucir à propos les rigueurs du principal, et la discipline de celui-ci faisait assez heureusement contrepoids au laisser-aller du mondain grand vicaire. L'enfant n'était pas malheureux, et c'était l'essentiel. Très en retard au moment de son entrée au collège, il eut vite fait de rejoindre ceux de son âge, et sa rapide intelligence, sa mémoire facile, ses aptitudes remarquables ne tardèrent pas à l'amener aux premiers rangs. On enseignait au Puy d'après les vieilles méthodes scolastiques ; le futur homme d'État ne se rebuta pas de ces formulaires arides, où la science se faisait barbare comme à plaisir, et il mordit avidement à la logique dans laquelle s'absorbait alors toute la philosophie des écoles. Il apprit bien vite à manier toute cette artillerie du raisonnement dont la Logique de Port- Royal nous offre encore un résumé fidèle , et c'est là, sans doute, qu'il puisa cette sûreté de dialectique qu'il appliqua plus tard aux événements et qui lui donna la faculté de les prévoir avec l'ambition de les diriger.

Par malheur, cette éducation si heureusement commencée ne devait pas se prolonger longtemps. Parti pour la Suisse avec l'abbé de Pina, qui allait y faire un voyage d'agrément, l'apprenti logicien lisait à la dérobée la Nouvelle Héloîse dans un exemplaire emprunté à son oncle, sur les bords du lac de Genève, lorsqu'ils y apprirent les premiers mouvements de la Révolution. Madame de Vitrolles, de son côté, était venue les rejoindre. Ils résolurent d'attendre l'apaisement d'une révolte passagère sans doute. C'était l'exil qui commen-

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çait pour eux : la révolte (levait durer vingt-cinq ans, et ils se trouvaient, sans trop l'avoir prévu, englobés dans le courant de Témigration.

Dès lors s'ouvre pour le pauvre écolier en rupture de ban une période de terribles épreuves. Il allait apprendre par les plus rudes expériences ce qu'était la lutte pour l'existence dans une époque déroutée. Dès 1791, — il avait à peine dix-sept ans, — et dans toute l'exaltation de son adolescence royaliste, il est enrôlé comme porte-guidon dans un corps de cavalerie commandé par le comte de Bussy, qui rejoignait l'armée de Condé et qui avait donné à sa troupe le nom pompeux de Chevaliers de la Couronne, Étrange régiment, où les simples soldats avaient le grade de sous-lieutenant, et trois sous par jour pour toute solde ! Il n'en fallait pas tant au jeune enthousiaste, qui s'en contentait naïvement. L'ambition ne lui vint que plus tard, et à son heure. Les illusions ont sur les hommes une double influence : elles rendent la jeunesse charmante et l'âge ridicule.

Mais à peine le jeune homme avait-il eu le temps de goûter les joies de l'uniforme qu'un coup affreux vint le frapper. Son père qui s'était rendu à Chambéry pour soigner sa santé, mourut brusquement à l'âge de cinquante-trois ans, en 1791. Il demanda et obtint aussitôt un congé; et, sans être inquiété, il put se rendre à Aix, où il s'efforça de sauver son patrimoine compromis par l'absence de sa famille. Malheureusement il trouva la

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ville en pleine effervescence. Le marquis de Barbantence venait de Tabandonner aux bandes révolutionnaire de Marseille, et le régiment suisse d'Ernest avait dû capituler, laissant aux mains des insurgés ses armes et ses bagages. M. de VitroUes eut la bonne fortune de sauver la caisse du régiment qui contenait pour près de deux cent mille francs de valeurs diverses. Puis, après être resté quelque temps à Aix, voyant les choses empirer et se rendant compte de l'inutilité de ses efforts, il prit le parti de rejoindre Tarmée de Condé.

n y passa les trois années qui suivirent, toujours en campagne sur les bords du Rhin, ou en quartiers d'hiver dans les coins perdus de la Forêt-Noire. Ce furent là, pour lui, trois années bien sombres. Le pauvre chevalier de la Couronne était à bout de ressources et ne vivait guère que d'expédients, campant dans la neige et la boue, se battant le jour, et se couchant le soir, le plus souvent sans souper. Un ou deux congés lui permirent d'aller faire quelque séjour dans sa famille, où il se rétablissait un peu; mais ces congés même étaient l'occasion de nouvelles angoisses. Où trouver de l'argent pour des voyages nécessairement coûteux? Il lui fallut une fois faire à pied le voyage entre Fribourg et Lausanne, avec un de ses camarades ; ils avaient, à eux deux, dix-huil francs pour toute la durée du trajet! Après s'être réconforté de son mieux au foyer maternel, il reprenait gaiement la route au bout de laquelle il croyait entrevoir la gloire. Il ne s'apercevait pas, par malheur, (il était trop jeune), que cette espèce de condottiértsme de vieille date qui avait présidé à l'organisation de l'armée de Condé, allait disparaître devant des méthodes militaires nouvelles et d'une plus haute 1. b

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portée. Il s'acharnait à conjurer sa mauvaise fortune et ne plaignait guère sa personne les jours de combat. Il se distingua entre autres à la bataille de Bertzheim (1793). Après trois ans de campagne, de labeurs inouïs, de misères incroyables, il était arrivé au grade de lieutenant en premier. Il avait fallu moins de temps à Hoche ou à Marceau pour passer du grade de sergent à celui de colonel.

Heureusement la mauvaise chance, ici-bas, ne dure pas toujours. Dans une de ces pérégrinations qu'il entreprenait pour aller voir sa mère, M. de Vitrolles rencontra Mounier, Tancien constituant, émigré à son tour, et qui vivait à l'étranger des éducations que lui confiaient certains grands seigneurs anglais. Touché de la peinture affreuse que M. de Vitrolles lui fit de Tannée de Condé, Mounier lui offrit de s'entremettre auprès de la duchesse de Bouillon, réfugiée à Erfurth, qui avait conservé assez de fortune pour pouvoir donner et assez de générosité pour savoir le faire. M. de Vitrolles fut ainsi chargé de distribuer à diverses reprises des secours à ses compagnons d'armes. La duchesse ae Bouillon cherchait alors à marier sa fille adoptive, mademoiselle Thérésia de Folleville qui appartenait à une faoïille française de Picardie, fixée en Allemagne depuis la révocation de l'édit de Nantes, et apparentée aux Mettemich. Elle témoigna le désir de connaître le jeune officier; des pourparlers s'engagèrent. M. de Vitrolles hésita quelque temps entre son avenir militaire et les avantages d'une union brillante. Mais l'hésitation ne fut pas de longue durée, et il épousa mademoiselle de Folleville en 1795.

Les années suivantes se passèrent pour M. de Vitrolles

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dans les douceurs un peu alanguissantes du foyer conjugal. Tout autre s'y fût laissé aller, au risque de perdre les ressorts de son esprit et de son activité, dans cet engourdissement de bien-être qui s'empare des hommes dès qu'ils sont heureux. Mais le lieutenant de l'armée de Condé avait appris dans les trois années qui venaient de s'écouler toute la valeur de l'énergie et de l'initiative, ces deux maîtresses vertus. Il n'abdiqua ni l'une ni l'autre. Se rendant compte de l'insuffisance de son éducation classique, il entreprit de l'achever et se mit courageusement à l'œuvre. Il apprit à fond la langue allemande et se mit à lire tout ce qui passait à sa portée, depuis Kant jusqu'aux mystiques, creusant avec une ténacité infinie les systèmes les plus ardus, les hypothèses les plus compliquées. En même temps il voyageait dans ces pays d'Allemagne où l'exil le confinait. Il allait de Weimar où il vit Gœthe, à Hambourg où il rencontra Rivarol, Lafayette et Klopstock. Puis, fatigué de se mouvoir dans le même cercle, il passa en Angleterre, et s'efforça de pénétrer le secret d'un gouvernement qu'il voyait libéral et qu'il s'étonnait de trouver sage.

Pourtant à travers tous les déplacements de cette vie errante, le souvenir de la patrie revenait sans cesse mordre au cœur le jeune émigré. En 1797, il s'arrêtait à Bonn, et cherchait à se rendre compte des moyens par lesquels il pourrait rentrer en France. Les temps étaient plus tranquilles; le Directoire avait beau fulminer de temps a autre contre l'émigration, il n'avait plus à sa disposition la force terrible de ses prédécesseurs- La jeune madame de Vitrolles partit en avant « comme la colombe de l'arche » pour sonder les dispositions du

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