‹ Mémoires et souvenirs d'un pair de france-- (volume 2)Chapitre 23 sur 54 · S MÉMOIRES · texte numérisé non relu

S MÉMOIRES

secrète. M. de Molleville, en entrant chez moi, et après les premiers compliments ^ qu'il abrégea beaucoup y se mit à m'interroger sur. mon voyage à Coblentz, du ton qu'il aurait knis vis-à-vis d'un coupable amené devant loi ; ceci me parut non moins inconvenant que ^ri* dicule 9 et je le lui dis sans façon.

Mon propos un peu brusque le fitdescendrede son illusion de supériorité sociale^ surtout quand j'ajoutai que je ne lui connaissais aucun droit d'agir ainsi à mon égard > et que s'il voulait me > montrer un ordre du roi^ je verrais alors ce j'aurais à faire. Le pauvre homme n'en avait pas; il s'était mis dans la cervelle qu'il m'impose* rait beaucoup en m'abordant ainsi y et que je tomberais foudroyé en £sice de tant de majesté. Trompé dans son calcul^ il essaya de me £ûre des excuses^ je les reçus bien, et à mon tour lui demandai ce qu'il me voulait et quel motif me procurait l'honneur de sa visite.

J'en sus alors la cause : il voulait savoir, si j'avais pris part aux. intrigues de ta double cour de Co]3lentz , et jusqu'à quel point il lui serait fiacile de détruire dans l'esprit de Leurs Altesses Royales , messieurs de Calonne et le baron de Breteuil. Ce bon monsieur.de

d'un pair de fràkce. :^){S[

Mo'HeVille s'était mis ea t&te de govutf^nei^^l^^. le^ Bcmrbons ymsis ai sa qualité d'es^rlK i^ibl^ toat le monde liii faisait f>eur.,: oepoi¥24ii(, soi») ambitibit élâit tellement «ft$r4¥^9iMiQ> ^il'iài jU t veille 4e la chute totale delatationaf c^^i^j jAtfQï^i geait à en régentée tes c^e&« Je^djeMUl^ £i<¥P^iPfi$ifr) jet : Toulant le touxjbeftter queiqu^ip^u^ jjS^ 91^» dirertis à lui représenter le baron, de KiWtQiiih tout^tiissant auprès <ki]MbilsixuA;y.i^til'^lira<>ii9j trôleiir général des finances jouissant <l!uiirp0ul^l voir non moins étendu sur le comte d'Artois.

Ceci déplut souverainement à monsieur de MoUeville , plus encore lorsque j'eus ajouté que j'avais entendu dire que les princes ne l'aimaient guère. « Cependant , me dit-il^ je » les instruis de tout ce qui se passe ici. » Cet aveu imprudent me donna la mesure de ces fastueuses fidélités , qui n'étaient, pour la plupart que des voiles brillants , dont ceux qui s'en paraient , recouvraient leur ambition personnelle. Il m'avoua ensuite que la reine me voulait du bien , et m'offrit sa protection auprès d'elle.

« Grand merci , lui dis-je , mais je ne prends » mes protecteurs que dans la famille Royale , M et ailleurs je ne demande des services qu'à

,id^

n mes atnîs. h Là -finit • notre conTersation : M • de MôUeville me > quitta tout désappointé et certamement très peu disposé àm'èlH'e utile ; quant 'à moi^ qui commençais à r^échir sé^^ rieusement^ je demeurai convaincu que la couronne était perdue , puisqu'elle n'avait, plus que de parçils conseillers. La maiskim de Bour>i bon n'a pas été heureuse depuis ' i 780 5, dé ns le choix qu'elle a fait des hommes appdéi. à Fh<mneur <le sa confiance.

d'un PAIA IIE*VRA^CE. 9i45

eHÀPJTRE XXXYIi

Ik rerois Robespierre. — « Fkopos eflvayanl. — Aneclote Hor V^dfaii — > Je retroiii« Casimir diB Payioauno, — JK^pt r— Cwnbon.— Le général Despemères.— Le garde-dti-copps Bâris.— 4)iiior<efaez Bobespicrrè. — Oondoroet — Barberons. — - HérifeAt deiSéèbdIttf. — Goathon. — Ingrand. -— Lettre de Piony. -« Propos d^ table. -— Mot de Marat. — Ma oonTersation aree Cbénier, — J'instruis la reine da complot qoe f on prépare. ^- Ce qa'elle wk ' répond« — M. Mandat. -^ Détails de notiQi entreme..*^ Opîpioii. dç AL Mandat sur le rot...

JiR ne tardai pa9 ireconnottre autour ^ moi tous les symptômes d'une désorganisation corn* plète. Petion, qui avait été suspendqi de ses fonctions de maire , à cause des. événements du 20 juin^ Petion fut remis en-activité par la vo* lonté expresse du peuple. L'assemblée législative ne comptait^ pour ainsi dire dans soû sein y que des ennemis de la femille Royale^ et supportait à regret le joug de la royauté; elle avait apporté avec elle une propension républicaine qui éblatait dans tous ses actes. J'étais profondément affligé de cette disposition ; mais je comprenais . en

!i^6 MÉMOIAëS

même temps l'impossibilité de les arrêter- Les royalistes n'avaient pas cessé de marcher de fentes en fautes ; leur jactance ^ leur folle présomption , leur manie d'exaspérer par des coups d'épingle ceuxr qu'il aurait fellu rallier à la bonne cause y leur fuite intempestive hors du royaume , les menôoes «que de loin ils ne* cessaient de proférer contré les irébelles^ et leuf volonté bien conique de ramener, la monarchie au despotisme primitif, avaient poussé à bout des gens qui axnaient tout â craindre d'une contre-révolution.

J'hésitai d'abord si je verrais Robespierre, dont les opinions de plus en plus prononcées , dépassaient des lors l'exagération , s'il est permis de s'exprimer ainsi. Néanmoins y aprÎMf de mures réflexions, eit dans la <^ainte que les troubles ne parvinssent à un excës que je n'osdis prévoir, mais qui fut auV-delà de ce que mon imagination avait redouté , je pensai que j'aurais* tort dé: me priver de l'appui que je trouverais :penit-ètre dans son amitié ; je me rendis done:^l;ie2s lui à l'heure où je savais* «qu'il jetait seul. Ou ne mé fit pas attendre , car il logeait dans là inuème maison d'où il ne sortit que pour tdler ' à è^fadfaud , et une simplicité . extréoie l'environnait lors inème qu'il tenait dàn&st )œain

d'un pair OB FRANCE. !l47

le gouvernement de la France. Il était ^ heures du matin^ eV déjà il travaillait y quoique made* moisdle Duplay fut encore dans sa chambre ', il me reconnut ^ se feva avec empressement ^ et venant à moi r

M Vous revenez à propos^ me Jâp4k , çnoore ». quelques jours ^ et votre délire élevait eptre » vous et la France pne barrière ; éteraeille, M f-— Mais y lui répondi$-je eu riant> voua ou» » bliez que j'étais en province^ et pas uoe^ » encore que je sache ^ n'a été mise bors la » loi. — En province 1 oui , vous avea& raison ; » soutenez à tous que vous venez de l'iatérieur , » même à ceux qui seraient le mieux infor» » mes : cependant ^ confiezrmoi ce que vous » avez vu , ce que l'on fait^ ce que lk>n;pr^>are; n je ne vous demanderai pas leurs e^érances> » je suis convaincu qu'ils les ' portent bien » loin; mais, morbleu! nous les déjouerona; » ils apprendront à leurs dépens ce qu'est une » nation quand elle se réveille- »

Je ne lui tus rien de tout ce qui «agitait l'é*migration ; je la lui peignis sous ides • oouleuBs j'ose dire véritables. « Il y a dans votre récit, » me répliqua-t-il y quelque chose de si'|M>sii- » tif, qu'on ne peut en douter; les gens ique

Page 1