‹ Mémoires et souvenirs d'un pair de france-- (volume 2)Chapitre 50 sur 54 · CHAPITRE XLVni · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVni

Victoire remportée par le comte de Paalo è Sam^^Martery. -^ Le baron Rougé, trompé par de (aux bruits. Ta aa-deraat d'un corps d'émigrés qui n'existe pas. — Terreurs ()uî coiaproiiietteiit Texistence de Tannée royale. — Déroute de Montre|em. — *- Betnîts du général Rougé en E^gne. — Le cberalîer de Lamothe et Lotiis ^YIII, anecdote. — Les républicains mastacraDt leurs prisonniers. — Les insurgés sont traduits devant une comdilMîon militaire, qui les condamne à inort. — Action béroique de M. d'Olive Quinquiry et de sa famille. — Atrocités commises par les républicains. — M. de Puibusque. — - Lettns médite du générai Rougé à S. A. R. Mgr. le DaupbiOk «^ SitUatk» de la France. — l^ropositions faites à Moreau. — La. famille Bonaparte engage Napoléon à revenir d'Egypte. — Lettre inédite tpi'il m'écrit à ce sujet.

Tandis que le général Rougé prenait ces me* sureS) il fut rejoint à Saint-Gaudens par le comte Jules de Paulo ^ qui venait de battre les ennemis communs 3 il avait appris en arrivante Martres» qu'un général républicain était entré tout récemment, à Saint - Martory ^ accompagné de quelque inianterie de ligne ^ delà garde nationale du département de l'Ârriége, et d'un corps d'artillerie. Un étroit passage sépare en ce lien la Garonne des rochers voisins , un petit nombre

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d'hommes suffit à la défense de ce chemin, ainsi fortifié par sa position ; et néanmains, dans la circonstance, s'il n'était pas forcé, la partie de l'armée royale commandée par le comte Jules de Paulo allait être perdue sans ressource, puisqu'elle se trouverait entre deux feux, celui des. troupes de l'Arriége, qui l'attaqueraient en face et celui des troupes arrivant de Toulouse , qui la prendraient son les. derrières y la retraite d'ailleurs n'était pas possible , les localités s'y opposaient , il -fallait donc vaincre ou mourir. L'intrépide Paulo n'hésite pas, il s'avance à la. tête de ses cavaliers peu aguerris, qui croyaient marcher à une défaite certaine ; parvenu, jusqu'au pied d'une vieille tour , bâtie en ce lieu pour la garde du défilé, et où le général royaliste s'attendait à. trouver les avants-postes républicains, il n'apperçoit ni vedettes ni sentinelles ; tant d'imprévoyance , à laquelle il ne peut croire , lui semble un piégej il avance avec précaution. Des paysans annoncent bientôt que les républicains , endormis dans leur sécurité ^ et croyant les royalistes à une distance plus éloignée, ne songent qu'à se divertir, et ont négligé de se garder comme la prudence Tordonne impérieusement en pareil cas.

fyjO MÉMOIRE^

Le comte de Paulo se hâte de profiter de l'oo casion ; i] presse la marche j et à la tête de sa colonne^ il est déjà dans Saint-Martory , avant qu'aucun cri d'al)arme se soit fsiit entendre. Ge^y pendant les républicains ont enfin connaissance de sa yenpe ; le général rallie ses soldats , ils courent aux armes ^ l'artillerie est pointée; mais Jules de Paulo s'élance sur cet^hef imprévoyant^ l'attaque corps à corps ^ le blesse et le renverse ; les piëces de canon tombent au pouvoir des royalistes y qui ^ à leur tour, les dirigent contre les gardes nationales Arriégeoises, et lepassage est complètement forcer Âpres cette expéditioR brillante, le comte de Paqlo accéléra sa marche sur Saint-Gaudens pour se réunir au général Rongé, et son entrée dans cette ville eut toutes les apparences d'un triomphe.

Le baron Rougé ayant laissé dans Saint-Gaadens quelques troupes sous les ordres de M. de Sirgun, s'achemina yersAIontrejeap^p'ayant qu'à se louer des soins et des témoignages de dévouement que M. de LassusrCâmon prodigua kXw^ niée royale. Une fois parvenu dans Montrejean, le baron Rougé apprit par vingt bouches di£H" rentes, qu'un corps de quinze cents émigrés avec armes et bagages , s'était porté au yillage dé Fox ,

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iroDtiërede l'Espagne y etattendaitlàquelepas« sage fut ouvert parles autorités espagnoles. Cette nouvelle était trop importante pour y croire légèrement; ce fut néanmoins ce qui arriva^ Lç général y loin de la révoquer en doute , voulut aller lui-même au-^devant de ces braves, pour leur faciliter le chemin jusqu'à lui; il partit avec cinq cents hommes. Laissant pendant son absence , le commandement en chef au comte de Paulo ; il prit dans sa route la ville de Saint- Béat, défendue par des troupes républicaine^ et par quatre pièces de petite artillerie, que ces troupes abandonnèrent en se retirant. Ce succès était quelque chose, il eut été bien surpassé par le renfort de quinze cents émigrés ; mais c'était une fable. Cette armée, qui paraissait être sortie de dessous terre, n'existait nulle part; il n'y avait à Fox qu'un seul réfugié français, M. de Revel, natif du département du Gers, qui se réunit aux royalistes, et qui, malgré sa bonne volonté , ne p«t leur être que d'un bien fsiible secours.

Le baron Rougé, frappé d'étpnnement, et reconnaissant alors combien on avait trompé sa bonne foi , se hâta de revenir sur ses pas et de rejoindre son armée , deux jours après l'avoir

quittée. Une si courte absence avait déjà produit un cfïet bien funeste ; il trouya les divers corps agités et désorganisés par les bruits les plus absurdes; on l'accusait, lui personnellement, d'être passé en Elspagne , et d'emporter en fuyant le trésor de l'armée, qui en totalité était de sept mille irancs. Ces récits mensongers prenant d'autant plus de consistance que lés poltrons avaient intérêt à les propager , une grande partie des troupes s'était débandée , le tiers ^ i peine, étaitdemeuré sous les armes; c'était néanmoins le moment du danger le plus pressant: l'ennemi s'avançait sous les ordres du général Barthier , chef de l'armée des Hautes-Pyrénées, et sous celui du général Comme, et d^ Fadjadant-général Yicose, qui commandait les Toulousains.

Au point du jour, le comte de Paulo vint avertir le baron Rougé que les républicains occupaient les hauteurs qui environnent Montrejean; celui-ci ordonna de faire battre la générale, et courut en même temps reconnaître la position de l'ennemi; il vit à son arrivée sur la ligne, que les troupes royales ayant été relevées de» postes qu'il avait fait occuper à son arrivéeàMontrejean-, les républicains s'étaient empressés de prendre

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possession de ces fortes positions pour y établir des pièces d'artillerie qui battaient toute la plaine. Malgré la plus vive canonnade de la } art des ennemis , les colonnes se déployèrent et marchèrent en avant ; le centre, commandé par le comte de Paulo, et la droite commandée par MM. de Galias et de Toureil, combattirent avec intrépidité ; ]a gauche , mise sous les ovdres de M. Paignon, et sur laquelle se dirigeaient' tous les efforts des républicans , se replia en désordre ; le g&iéral Rougé se porta rapidement de ce côté*, pour tâcher de la rallier, il le tenta en vain , et pendant ce temps les deux autres corps de ba» taille s'apercevaut de ce qui se passait, plièrent à leur tour, et se débandèrent en un instant.

Le terrain en cet endroit est montagneux'; il fut impossible de retenir les troupes, et de les ramener au sentiment de leur devoir. La déroute devint complète. On se sauva comme on put , qui de çà qui de là ; jamais on ne vit confusion pareille. Les royalistes perdirent à cette afïiaiire au moins cinq cents hommes tués ; ils aban«> donnèrent autant de blessés que l'on massacra impitoyablement sur le champ de bataille. Le général Rougé , au milieu de cette funeste iiéhâcle , n'ayant pu rallier que deux cents

hommes ^ pordant d'ailleurs toute espérance de pouvoir contitiuer la guerre , n'attendant pins rien surtout du roi d'Espagne y qui avait donné l'ordre infâme de livrer à la république touB les insurgés qui pénétreraient dans ses états y et voyant enfin cpie , de tous les départements qui devaient se lever en masse y celui de la Haute- Garonne était le seul qui eut agi ; le général Rougé^ dis-je, crut devoir terminer une lotte qui s'était prolongée depuis le conmiencement jusqu'à la fin du mois d'août 1799.

En conséquence^ et bravant la rigomreose mesure ordonnée par le roi d'Espagne, il conduisit les deux cents hommes demeurés fidëlea jusqu'au premier village espagnol ; là il leur distribua les sept mille francs qui composaient la caisse de l'armée, ayant égard à la position sociale et aux besoins de chacun. Cette somme s'étant trouvée insuffisante, il partagea entre les derniers soixante louis sur quatre-vingts qui formaient sa bourse particulière , et puis après on se sépara y afin de pouvoir isolément se soustraire avec plus de facilité à la police espagnole.

Le comte de Paulo , contraint aussi à chercher un asile hors de sa patrie, passa d'abord en Espagne et puis en Angleterre ; il obtint plus tard

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une amnistie du premier consul^ tant pour lui que pour l'état-major royaliste. Il rentra alors en France , et revint à Toulouse , où il mourut à la fleur de son âge y en i8o3 ou i8o5. Le baron Rougé eutbeaucoup à iaire pour éviter de grands périls tant qu'il fut sur le territoire espagnol ; mais il n'eut qu'à se louer de l'accueil flatteur qu'il reçut en Portugal^ et surtout à Lisbonne ^ tant de la part du roi^ à qui il fut présenté par le duc deO>igny, ambassadeur de Louis XVIII, que des émigrés français ^ formant les régiments commandés par les ducs de la Ghâtre> deMortemart et de Castrie, et dont le chevalier de Lamotbe étaitle vaguemestre général; ce dernier était connu par son dévouement à la, cause royale , et ses sentiments étaient bien appréciés du Roi qui lui en donna un jour une preuve bien honorable : il s'agissait de remplir une mission qui présentait les plus grands dangers^ et chacun de ceux à qui on l'oflrait trouvait un pré» texte plausible pour s'en exempter. Instruit de ce qui se passe^ le chevalier de Lamothe accourt et supplie le Roi de lui accorder la préférence. Touché de cet élan généreux, Louis XVIII lui répondit : c( Je savais d'avance^ chevalier, que » vous me rendries^ ce grand service; je me

» connais en hommes et je vous ai apprécié » depuis long-temps. »

Le baron Rougé passa ensuite en Angleterre, où le roi actuel y Charles X^ alors Monsieur, le combla de ses bontés; treize mois aprës^ ce militaire voyant qu'il ne pouvait être d'aucune utilité au roi dans les circonstances présentes, obtint de lui l'autorisation de rentrer en France. Il y revint sous la paix du consulat sans être inquiété; mais il ne fut pas employé, car il ne demanda point à l'être. Il se déclara en 181 5 avec énergie pour la cause royale, et ee fdt lui qui décida le général Decaen à quitter Toulouse , en lui signifiant que s'il tardait à proclamer Louis XYin, lui, général Rougé, allait attaquer la ville avec les troupes insurrectionnelles qui se rassemblaient sous ses ordres.

Âpres avoir ainsi conduit la fortune des deux chefs .de l'armée royale aussi loin qu'il a été possible de le feire , je reviens aux républicains vainqueurs à la bataille de Montréjean. Loin de se conduire en ennemis généreux, ils abusèrent étrangement de la victoire; ils répandirent sans pitié le sang des français , soit qu'ils les eussent faits prisonniers , soit que le gouvernement espagnol, à sa honte étemelle , leur livrât

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les réfugiés 3 tous ceux qu'on put saisir furent conduits à Toulouse et entassés dans les prisons des Cordeliers et de la Conciergerie^ on séquestra leurs propriétés , et on livra leurs personnes à une commission militaire qui ^ chaque jour ^ en condamnait à mort un certain nombre que l'on exécutait sur-le-champ. Parmi ces malheureux se trouvaient M. de BerdoUe ^ qui se sauva en contrefaisant l'insensé ; M. Auguste Daguin , qui conBa le soin de sa défense à un ami de sa £ei« mille. Celui-ci accourut à Paris; je le vis, je le mis en rapport avec Cambacérës, alors simple jurisconsulte, et tous trois, en i*éunissant nos efforts , nous parvînmes à arracher au gouvernement une décision , qui enleva les accusés à la commission militaire pour les faire passer sous la jurisdiction de leurs juges naturels; c'était tout gagner; car peu après, et par l'effet de rheureuse révolution du 18 brumaire, tous les prisonniers recouvrèrent » leur liberté et leur fortune ; bon nombre de gens de Toulouse qui doivent l'une et l'autre à Napoléon , ne lui en ont montré aucune reconnaissance.

Ainsi se termina cette entreprise fortement conçue et mollement exécutée ; qui , anrait pu , quinze ans plus tôt, remettre la France sons le

/^jS IftMOIRSS

{gouvernement de là maison de Bourbon , et épargner à la patrie tant de sang répanda depuis et une double invasion. Les commissaires du roi avaient déployé une habileté extrême dans le mode dont ils s'étaient servis pour oi^biser les compagnies philanthropiques ; mais lonqa'il fat temps d'agir y ceux qui en belles paroles aVaiént annoncé le plus de fermeté , furent ceux qoi cni«« gnirent le plus de se montrer, et tout manqua par leur faiblesse intempestive. Cette &ate fut d'an^ tant plus grande^ que si le soulèvement des treixe départements avait eu lieu à la fbis^ la Ptovenoe suivait le branle donnée et tout le midi s'appuyait^ pour opérer la contr&-révolationj sur l'armée austro-russe qui y comme je Fai déjà dit^ était sur le Var.

Parmi les faits particuliers qui aignalfarent cette insurrection y je ne puis passer sons silence le trait héroïque de M. d'Olive Qainqairyqai) seul avec sa famille , s'étant retrandbé dans soil château^ situé sur le territoire de la commonede Flourens ^ attenditde pied ferme la venue d'otte colonne républicaine y l'obligea à feire le siège d'une bicoque, défendue par un seul honune^tme femme y quelques jeunes filles et de petits gatçons, et la contint pendant toute une joamée^

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en faisant un feu si bien nourri^ que les r^ubli» cains ne doutèrent pas qu'un corps d'insurgés ne fut retranchéderriëreces vieillesmuraillesf enfinâ la feveur d'une nuit épaisse^M. d'Olive etlessiens parvinrent à se sauver dansles bois voisins. Leur demeure abandonnée fut incendiée par les enne* mis. Ceux-ci se souillèrent d'un acte de cruauté bien plus odieux encore i Faf&ite dé Lanta^ là combattait un M. de Puibusque^ gentilhomme d'une des plus anciennes familles de la province , il est vaincu et tué ; sti fille était auprès de lui^ les républicains la saisissent^ et celui qui venait d'immoler son père^ essuie sur les lèvres de cette infortunée son sabre dégoûtant du sang patemeL Je terminerai cette partie de mes Mémoires en rapportant une lettre inédite^ que le générai baron Rougé adressa^ vers le mois de mai iSiS^ à S. Â. R. Monseigneur le Dauphin , à qui il envoyait un mémoire sur l'insurrection royale du Midi ; cette lettré est tombée en mes mains par une circonstance particulière , et je ne crois pas commettre d'indiscrétion en la publiant*

« MoNSEIGNEim^

p II y a environ un ïnois qu'il fut demandé » par le comte Pértounëux , membre de la ûôtn^

» mission nommée pom* feire un rapport sur » le hit de l'insurrection royale , qui eut lieu » dans le département de la Haute-Garonne , » des éclaircissements à M. le baron de Poy^ )) maurin^ notre député. Celui-ci s'empreas» de » me demander ce rapport pour le transmettre » à la commission; ce même rapport^ Votre Al- >^ tesse Royale me permettra d'avoir l'honneur » de le mettre sous ses yeux , elle préjugera les » conceptions profondes de ce travail qui, re> )) cevant dans l'ensemble son exécution, ho* » norerait à jamais le Midi y puisqu'il aurait » remis il y a vingt-cinq ans, sur le trône de ses » ancêtres, Sa Majesté Louis XVIII. Si je me » suis tu jusqu'à ce jour, où il a été&it une » demande, c'est parce que je ne voulais pas » parler de moi pour donner des torts aux » autres. Recevez , Monseigneur, etc. »

Au demeurant , le général baron Rougé est encore plein de vie , à la grande satisfaction de ses nombreux amis , et je suis persuadé qu'il ne démentira aucun des faits que j'avance dans ces Mémoires.

Je reviens maintenant à ce qui se passait à Paris. L'impéritie du directoire , j'en denoande pardon à M. Gohier y avait amené une suite de

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fnalbeurs qui rendaient la poMtîim de la France excessivement critiquer de tontes part» iebar^ mées de la république battatnt^^n retrailie> M rapprochaient de nés frontières, llasséna était bloqtfÀdans Génes^ Morean é'illnetrait eA^défen* dant le terrain pied à pied ; mais^ toutefois^ il rei culait. La chouannerie menaçait diM rintériébr de recommencer la Vendée avec s(ni héroiame M ses victoires, moins œpendantaa probité. Latittè du Mans venait d'être anrprise^ et dans le midi du royaume , un violent et dangereux incendie avait iailli s'aUumer rapidement aiuc pieds àèê Pyrénées. La faiblesse, la lâdiêté de quelques chefs des royalistes danaœ pays ^ étaient ies.senlès ca uses du défeut de succès des'eiilieims dtt diMo^ toire. On poussait contre ce gmivernement un cf! d'indignation universel ; dans tous les départe* mentson voulaitsa chute, on la demandait à tous ceux qu'on croyait en position de la décider fon n'avait garde^ en de telles conjectures, de négliger de s'adresser au 'général Moreau; mais icet habile capitaine recula devant la pensée de chaùger Fa forme du gouvernement. On sait qu'il refusa de le mettre à la |^ète d*un parti nombreux et sage > qui ne demandait pas mieuxque de se rallier à lui. â« conduite doit-^Ue être louée? je tte^répon^ràffél * Tome ii. 3i

43si MÉMOIRES

par oui, ni paraon; ilest cependant^ je crois en>po« litique^ des circonstances où trop de modération n'est pas un bien , et où, dans l'iatérèt commua^ il laut essayer des partis qui, au premier coup d'œil, peuvent paraître téméraires, et même cûU{AiUes. Quelque mystère que les mécontent» eussent mis dans leurs démarches, il en transpira quelque chose; ces bruits parvinrent aux oreilles de la famille Bonaparte qui en fut singulièrement alarmée. Déjà - depuis loug-«temps ello aimait â se bercer de Tidée que le conquérant He l^talie et de l'Egypte devait, à son retour , saisir les réuesde l'administration : elle frémit en reconnaissant qu'il n'était pas seul l'objet des espérances du peuple , et qu'un autre qi^Le lui'pouvait être appelé à la souveraine magistrature par les suffrages des citoyens. Dans cette inquié» tude , craignant tout de l'ambitîoa active d'itn compétiteur , les membres de la famille de Napoléon lui écrivaient lettres sur lettres^ le conjurant de tout abandonner sur les bords du Nil , pour venir aux rives de la Seine, relever la splendeur delà patrie. On en fittant^ quecehéros, singulièrement intrigué de son c^té ^ ne sachantque faire, sedéfiantdesesprochesqnî^pour leur plus grand avantage , pouvaient lui exagérer

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Tétai des choses ^ écrivit à plusieurs de ses amis y à ceux qu'ils savaient ne pas s'enthousiasmer ou s'épouvanter facilement; je fus du nombre, ainsi que Régnault Saint-Jean d'Ân^ly, et deux ou trois autres. Voici ce qu'il m'écrivit :

{< Eh bien 1 mon cher législateur , que faitHDn » à Paris? des sottises y desextravaganceSi Nous » tâchons ici de ne pas vous imiter ^ et nous » nousen trouvonsbien. On me conte d'étranges » billevesées ; il y a des gens qui passent leur » vie à enfiler des rapsôdies, ils en font des » chapelets de nouvelles dont on nous régale, » nous 5 pauvres exilés. Certes, je ne puis croire » que l'on aille chercher un appui là où l'<m ne » trouverait qu'un l)âton pourri enveloppé de » clinquant, et que l'on se flatte de mieux diriger » les affaires, en mettant à leur tête des esprits » incapablesde lesgouverner. On m'écrit là-des- ))^ sus des* particularités qui me confondent. On » s'amuse à me représenter que tout est perdu; » si je veux en croire certains badauds, le mé- » contentement serait universel , et le premier » qui se présenterait pour en profiter enlèverait » l'enjeu. Il n'y a peut-être pas un mot de vrai » de tout cela ; les choses vont leur train ni bien , )) ni mal : cependant il en est une qui me

» frappe , c'est qu'en partant je vous ai laissé la » paix) et que maintenant vous avez la guerre; » c'est que l'Italie était toute sous notr6 iu- » iluenee^ et que maintenant elle n'est plus à » nous 'y cela ne vaut rien. On a donc gâché^ce » que j'avais feit, dételles affaires nemecon- » tentent pas. Je tiens beaucoup sans doute à » conserver l'Egypte , mais j'aime encore mieux » que la France soit grande et libre ; car je suis » Français de la plante des pieds au bout des » cheveux^ entendez-Vous ^ et ils en ont menti » ceux qui disent le contraire.

» D'après ceci , attendez-vous à mon appari- » tion subite y pour peu que je sois nécessaire^ » et^ su]> ce point je demande conseil à votre » amitié^ je vous conjure de me le donner aVec » toute franchise ; je vous en voudrais beaucoup » si je venais à savoir que vous ne m^eussiez pas )) dit la vérité eùtière. Puis-je être utile? aur » rais - je des amis si j'arrivais impromptu? w voilà sur quoi il faut me répondre , mais sans » flatterie^ la flatterie perd ceux qui sont en » pied , à plus forte raison ceux qui n'y sont pas M encore. Voyez Regnault, il^ m'est très attaché^ )) je compte sur lui. Voyez Pont écoulant, c'est » un homme de grand sens ^ ses formes sont

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» agréables^ et si vous nele eonnaisiéiez'piis i » vous serez charmé de vous ^Ker avec loi/ Si » vous rencontrez le citoyen Talleyraivcl^ feîte*- » lui mes compliments ; ce sei^it un beau coup » de deviner sa pensée; je n'imagiiïe pas* qu'il )) me soit trës opposé ; ne négli^z'pas non plus » Fabre de l'Aude, et UMi quanti y sans oublier )• Cambacérës et Lebrun, ce sont deux fortes » capacités , je ne douterai pan de ce qu'ils me » feront savoir. Mes frères, ma lemme> tous \tà » miens ont trop d'envie de m'eod>ra86er pont » que je me fie à leursassurancesjik se voient » trop en moi, c'«st naturel ; mais moi ', povc » réussir, il feut que je me vdie*d«is les 'attitrés! )) Je ne vous parlerai pas de n%yptè , éësstf )) un beau pays, dans les illusions deYolbey eu » de Savary; mais, en réalité, '^là ne* vaut )) pas la France. Je tâché de civiliser les natu« » rels du pays,, je n'en viendrai pas à bout y il » faudrait couper toutes le» tètes et feiretaUë » rase pouriatrodoire brusquement de nouveaux » usages; d'ailleurs, la dîvei^ité deârréligions^^rà » toujours ici un grand obstade, il né dirait y » avoir dans un état qu'un s^ul enlte> cette » divergence ofire un trop fort appui à tous » ceux qui veulent troubler l'empire; la secte la

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M plus fiaiible ou la plus forte penchera constam-i M meut pour celui qui voudra la faire dominer y » ou qui tendra à lui conserver la suprématie.

» Je relis ma lettre^ elle est bien longfue, D comme on devient diffus^ lorsqu'on n'y songe » pas! Adieu 1 je vous embrasse tous.

« Bonaparte. »

Je vis à travers ce bavardage^ qui me parut affecté, le but véritable de sa lettre, et j'en fis mon profit. Je me conformai à ses instructions , et dans ma réponse, parlant selon ma conviction, je prouvai à mon illustre correspondant qu'il devait revenir, et qu'il serait I^ien reça. Regnault, qui était à Paris son agent secret, et qui râimait jusqu'à l'idolâtrie, comme il l'a prouvé depuis, le pressait encore plus que moi. (( U nous le faut » ici , me disait-il , et , en un tour dé main ^ il » aura fait maison nette; la nation a besoin, M pour être retrempée^ de l'ancien gonveiHement » des Francs, d'une autorité toute militaire; » nous ne reviendrons à l'ordre qu'en marchant » au pas; il feut du tambour à notre oreille » pour nous (aire £siire quelque chose de bien. »

d'itN pair B^ rRANCE. 4^

tÉmamÊB^tmaaamKaïKÊmmmiKmmaÊmm

ghApitre xux.

Conférence avec Lucien et Caojhaoèrèft. — Espérance» 4e 9>C7ÇS**^ Portrait de Lucien. — Endcmis du g^érri Bonaparte. -^ Bamn.

, — Le général Moulb. — Gnhiar. *— BispoMiiona et Vannée^ ^ du peuple. — Roger Dûcoa. — Biner chei madanie Bonafàtliu

— Sieyes apprend à moater à cberal. -^ Madame QùDapttté et madame Gobier — Grandsms 4e celle-ci. — fimtwéBà^à0imr' guement de Bonaparte.—, ChangeaMoU Se jpoaitipû dci coaiôvea.*^

— Je vais chez Cambacérès. •'— Ma conYenation airec Ini. — Embarras des directeur». — pnaell qy'll» tleonéitt. — Arrnré» 4^ Bonaparte. • •

il*

Ainsi que Bonaparte rn^en avait témoigné lé désir dans la lettare que je viens ' de rapporter, Je crus devoir provoquer une Conférence avec Lucien et Cambacérës ; ^le eut lieu che£ ce dernier. Là je me récriai sur la méfiance qtie le générai témoignait, je me plaignis à son frère âê ai qu'on ne lui avait pas lait côim^itre ' eômbiék^ le peuple était malheureux , et àtec quelle inii-' patience il çonpliraitapr^ilé retour d'un héros qui était depuis plusieurs ahnées le Hat uniqtù^ de toutes ses espérances ; Cambacérès aprës mot s'étendit sur le même 'sujet; ii.fitVYMr* daire-* ment que la France était & la veilfe id'une

catastrophe funeste , si une main puissante ne venait à son secours.

Tandis que nous exprimions ainsi notre pen« séc^la ûgure de Lucien s'épanouissait; je remarquai entre lui elle maître delà maison ^ certains signes d'intelligence dont je fis mon profit à l'heure méme^ en me plaignant à tous deux de ce qu'on avait l'air de vouloir me sonder ,■ lorsque déjà on devait avoir la certitudeque j'étais autant l'ennemi du directoire que l'ami du général* Gamba cérfes me prit alors par le bras, et ayant l'air de me présenter à Lucien, comme si je le voyais pour la première fois, lui dit avec un#gaité dont les élans lui étaient peu ordinaires : Dignus est m» trare in nosiro docto corpore. À ces mots nous ' nous prîmes tous les trois à rire, et puis Lucien s'excusant vis-à-vis de moi, sur l'importance delà chose y me pria de lui pardonner si d'abord il ne m'avait point parlé à cœur ouvert; à la suite de ce préambule , il me confia , sous le sceau du plus grand secret, que selon toute apparence son frëre était en mer pour revenir parmi nous.

A cette nouvelle, que corroborait pour moi la lettre que le général m'avait écrite, etdont jecon» tiuuai à foire un profond mystère, je sentis mou cœur rempli dejoie; j'envisageai d'un regardl'a» vantage que la France retirerait de ce coup hardie

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etje songeai en même temps que je nepouvais qu'y gagner , demeurant convaincu qu'on ne m'oublierait pas. Je ne dissimulai aucune de mes sensations, et je m'engageai à soutenir de toute mon influence, dans le conseil tjes cinq-cents, les mesures quî tendraient à nous délivret* du didirectoire. Lucien nous quitta* lorsqu'il se fat as* sure de moi , et je demeurai avec Cambacérfes : celui-ci me pria de l'excuser s'il ne m'avait rien dit sur ce qui se trariiait ; mais le secret d'autrui n'étant pas le sien , il ne lui avait pas été possible de tenir à mon égard une autre conduite. i( Je ne vous ai pourtant pas oublié, ajouta- » t-il , car vou# avez été placé par moi sur la » liste de ceux sur qui nous pouvons compter. ï* Il poursuivit, et il m'appritTque si on réussis-» sait , il était destiné à occuper une place trës éminente dans la nouvelle administration ; Bo«^ naparte appréciait ses talents et ne redoutait pas son caractère^ cet habile politique se serait bieâr gardé d'élever aussi haut qu'il éleva Cambacérès, un homme en qui ri aurait connti ce genre d'ambition qui aspire à pousser par lui-même la roue de sa fortune^ il savait que l'archi-diancelier, satisfait d'être beaucoup par le secours d'autrui , ne songerait jamais à monter datyantage en employant ses propres moyens. •

Je 9U8 que Sieyes était en apparence à la tête du mouvement qu'on préparait ; C0 personnage inquiet et dévoré par. des pensées présomp* tueuses f s'était fait une opinion ridicule à T^ard du général Bonaparte; il le croyait prqpi^ à g&" gner des batailles et non à diriger les afEedres; il se flattait de régner avec lai et sur lui, jOu lui abanv* donnant le soin de conduire les arméca^à la ¥io« tpjre p tandis qu'il se réserverait la direction du gouvernement intérieur et la correspondance avec les puissances de l'Europe; c'jétait soa.liochet^ son* dada, sa chimère permanente; il ne lui fut possible d'envisager plus sainement les choses y que lorsque le prenner consul l'eut rejeté presque avec violence dans la foule de ceux dont l'ex abbé avait voulu faire non ses igaux , mais ses sujets^ j'appris encore de Cambacérbs^ que Treilhard , Real et plusieurs fortes tètes de la révolution se ralliaient à de nouvelles espérancesy et que l'on se flattait de réussir par leur concours* • /

Lucien Bonaparte éitait i cette épocpuifran* chement d'intelligence avec son firëre.; il.avait apporté y avec toute l'impétuosité des passions d'un Corse , un ardent- amour de la liberté ; il voulait bien le pouvoir dans sa famille , mais bou la tyrannie^ et comme toutes les âmes géné«

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reuses, il s'était forgé une utopie, il adcùetcait la possibilité d'une magistrature prépondétrante, sans .que les droits du peuple eussent i en souffrir; l'ame de Lucien était noble, ferme et élevée ; quelques petitesses la déparaient , il se montra jaloux de son frère, il mit de la glcire à lui résister, et son orgueil ne lui montra pas le côté odieux ou ridicule de cette luttd fratricide ; 41 chérissait les arts ; il s'amusait à être poète Ion-» qu'il aurait pu être roi^ toutes les vertus de famille, du père, de l'époux, du citoyen, remplis»* saient son cœur; il avait de la grâce dans les manières , de la bonté dans les sentiments, on la trouva d'autant plu$ digne d'une couronne, qu'il dédaigna delà porter, car le monde dont le taot est exquis , nous apprécie plutôt en raison de èe que nous refusons que pour ce que nous accepv* tons. Lucien plus tard suivit une autre marche, il accourut au secours de son frère^ lorsque son frèpe chancelait en iSl5. À ce moment il fittai3% son opinion pour n'écouter que sa tendresse, eîFinw térêt de 3es proches ; il avait résisté aux séduc^om de la grandeur et de la puissance, il ne put rési»*» ter aux sollicitations du malheur ; il y eut quel* que chose de suUinie dans ce dévouement, (jtte le vulgaire s'est obstiné à nt point apprécier , car souvent il ne juge que sur les apparences;

c'eût été un bonheur que Lucien eût voulu d'un trône ^ il y aurait porté de hautes qualités^ et certes^ une fois qu'il s'y serait assis ^Napoléod eût trouvé en lui une assistance que ses autres frëres ne lui donnèrent pas; ceux-ci> je n'en excepte pas Murât ^ n'étaient rien par euxmêmes^ sous le rapport politique; c'étaient de grands enfiaiits dont il fallait prolonger indéfiniment la tutelle.

L'entreprise que l'on préparait en 1799 , quoiqu'elle se présentât d'une manière favorable^ n'était pas sans quelque péril; il restait dans les deux conseils des hommes qui rêvaient toujours la république impérissable ; ceux-là^ il faut en convenir^ n'étaient pas les moins habiles ni les moins courageux ; on devait croire qu'au moment du péril ils se rallieraient nécessairement à Barras dont on vantait l'énergie , je ne sais trop pourquoi ; à Moulin ^ l'un des directeurs^ dont on se plaisait à faire un* homme de mérite^ et à Gohier l'honnête homme ^- car tel était le sobriquet honorable qu'on lui avait donné ; on se figurait que ces trois directeurs ne se laisseraient pas enlever le pouvoir saiïs se défendre, et l'on apercevait derrière eux une foule de généraux tous ennemis secrets du vainqueur de l'Italie et de l'Egypte, car la jalousie

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avait, trouvé le moyen de se glisser dans des cœurs qui n'auraient dû .être sensibles tjo'aux impressions de la gloire.

De notre côté, nous trouvions pareillement de grands moti£s d'espérance. Barras nous^it connu, nous connaissions safecilité^ sa superbe et son imprévoyance ; son amour du pouvoir er. des femmes; son désir de faire parler de lui ^ et son besoin de ne rien faire ; sa prQmpti» tude à imaginer^ et sa lenteur 4an8 l'eiécution ; il voudrait sans doute garder le sceptre, mais il ne ferait rien pour le défendre : c'était^ en un mot , une tète chaVide avec une ame blasée > 6t dans laquelle il n'y avait plus rien. Jië général; Moulin^ dont on essayait de nous fatire pefur, était une de ces médiocrités désespérant^, ;mon« tées haut, on ne sait poinrquoi ^ qui s'y soutiennent par la force des choses y et qui tombent lorsqu'elles n^ont plus qu'elles-mêmes pour s'appuyer; il n'avait laissé, aucun souvenir dans l'armée, il ne s'était pas fait une réputation^ comme administrateiur ; inconnu du soldat, à peine il était aperçu.du peuple; et certes^ aU moment de pousser le cri de détresse!^ si c'était liii qui en devait être chargé, il était bien à craindre qu'aucun écho ne lui répondit dans la nation j' on ne voyait ^ns le brave Moulin^ qu'un des

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rois fiiinénnts du directoire. Gohier, jurisconsulte, ne possédait non pins aucune de ces "qualités brillantes, qui, comme un torrent, entraînent les esprits dans les révolutions ; il voii*> lait le bien, le cherchait^ le demandait à tous et ne savait ni le trouver ni le faire j il avait des intentions excellentes , il était franchement républicain ; mais il ne nous fallait plus delà république, et de modestes vertus ne nous conr^ naient pas dans nosche£s; rhonnéteGohier était un peu ganache y et il aurait pu compter dlb lûrs, si ce n'eût été la différence des opinions, piarmi les voltigeurs de Louis Xiy;je me plais néanmoins à rendrejusticc aujourd'hui encoreà ses qualités ; c'est un excellent citoyen , digne de nos respects quoiqu'il n'ait été qu'un homme d'état médiocre , tant il y a qu'alors il nous faisait guëres peur.

La plus grande partie de l'armée avait pour Bonaparte une vénération qu'on pouvait prendre facilement pour de l'idolâtrie ; elle ne parlait de lui qu'avec enthousiasme^ elle avait eH lui cette confiance qui assure la victoire , elle semblait prête à se précipiter sur ses pas dans tous la chemins qu'il voudrait lui tracer. Le peilpiei fetigué d'une tyrannie collective , ému du midi à l'ouest par la guerre civile^ menacé i l'est et vers le nord parles étrangers, accablé â^impAb

d'un pair m FïtANCE. ,^gl^

et de surchargées y vexé de^QuAes mai^kîèrefi y-WQB commerce ^ sans industrie ^ soupirait apvi^l âfi changement^ il n^e désirait {dus conserv er^ p6or lui-même cette- «ouYerai^eté: dont il n'avait connu que les chai^^es et jamais las douceura ; il était prêt à l'abdiquer de su pleines volonléyèp faveur de celui qi» lui plamât davantage ^ \ef Bonaparte était son héros. Dans ctf dia|>ositioiis universelles > les chance» . kû étaiœt banttes, elles devaient surtout le dvi^enir jAaéfm^mpm l'incurie de eeux qui préCendaiesit oOkisèfVfr le pouvoir, et par. lâb stqiériorlté fixit^ géya^ de celui qui tendait à leleut enleyer;} aiuuH ut ^rdâmes-nous d^ orainîtes qiiç jusqu'à l'heiûe de 1 attaque ; des que n^^ famés en prései^o^ de Févénementy nous n'éùibes plus que de jl'espQir^ Au nombre des motiSaLqui étabUasaie^t nolM sécurité^ nous ne plaçâmes jamais la coopéra* tion du directeur Roger Duc€>s dont nous étioup. sûrs ; il avait été jugé aà {Mremier coup d'oeil^ il se montra pareil à ces inétéoires qui ne br^Uieut que lorsqu'ils s'étei^en^^ sans doute ij pouvait prêter pendant une heure l'appui d& son titre; mais il fallait se garder de le mettira en ayante il aurait trop sonoé creux^ lepatuvre bofBBie>l. il avait pu étre^bon pont laire un directeur |. ma» il n'eût pas été possible d'aiïiiEdretlin iMbAié

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gouvernant ; on aurait dit que le gouvernement d'alors avait prisa tâche de se recruter dans tous les genres de nullités, à tel point étaient Csiibles tous ceux qu'il employait; c'était la mênae ignqp rance, la même incurie, la même paresse^ la même épidémie d'imbécillité dont la France a été frappée comme d'une peste , depuis i8ai jusques à 1827.

Deux jours aprës mon entrevue avec Lucien et Cambacérës, je fus invité à diner chezma» dame Bonaparte ; j'arrivai de bonne heure , la famille seule m'avait devancé ; la maîtresse de la maison me fit un accueil gracieux^ et me dit avec un sourire charmant : « Je sais que » que vous êtes de nos amis , et du petit nombre » de ceux qui ne nous abandonnent pas. )> Je répondis convenablemant à cette phrase significative, et peut-être allais-je entamer une con- . versation intéressante sur un point important, lorsque l'on annonça les directeurs Sieyes et Gohier. Le premier s'était mis en tête depuis quelques jours, d'apprendre à monter i cheval , dans la pensée qu'un homme destiné à devenir le chef d'une grande nation , devait être en mesure de se montrer de sa personne à la tête des troupes, non-seulement en calèche^ mais à la manière des héros. M, Sieyes , perdu dans la

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contemplation de soi-même ^ réfvait toutes sortes» de gloire, celle. des armes comme les: autres ^^ ses» cdilègues y qui ne pouvaient deviner .iin * mérite', qu'il cachait si bien , s-ainusaient excessivitmeiiCt de cette manie ridicule j ce jour-là, Gobieri^oi riait beaucoup et il persifla Sieyes devant nous, ce dernier se montra de fort bonne composition y dansTespoir sans doute de prendre bientôt sa revanche.

Les amis du général Bonaparte se défiaient de Gohier^ on n'avait pu le gagner , on tâchait de le circonvenir, et madame Bonaparte lui prodiguait les cajoleries les plus affectueuses; elle s'était liée d'amitié avec la femme de ce directteur; celle-ci se figurait que tant de prévenances n'avaient pour but que de conserver sa bienveil« lance et celle de son époux; aussi se prêtait-elle d^ bonne grâce à la mystification; rien n'était plaisant comme le ton protecteur qu'elle prenait^ vis-à-vis de madame Bonaparte, les intimes s'en! amusaient. Joséphine , née dans la bonne comU pagnie y accoutumée à l'art du persiflage, jouait son rôle à ravir,- elle affectait pour madame; Gohier des déférences et un air de respect i qui: étaient vraiment fort comiques. ^ **

Ce soir là particuliëremeut^ le ton de ces deux.

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