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quement ses proches ^ comme le reste de là r^ publique. £1 alla plus loin , car il se mit i pré« dire des revers an héros qui ne se contentait pas de la prééminence civique , et qui voulait osarper la tyrannie plus encore que le pouvoir» Napoléon , d'un autre côté, voyait avec peine cette aflectation d'indépendance ; mais, plus que tout cela, il désapprouva le mariage de son frère avec la veuve d'un agent de change. Il aurait voulu que Lucien formât une union plus relevée, et leurs querelles furent poussées si loin , que ce derniei^ demeura pendant tout le règne de son frère avec le seul titre de sénateur*
Jérôme^ jeune étourdi, sans aucune ombre de raison ou de talent , fut vain , superficiel , insolent et présomptueux ; il avait aussi contracté dans TAmérique des £tat»-Unis une alliance que Napoléon ne voulut jamais reconnaître. Mademoiselle Paterson , très légalement mariée à New-Yorck , ne fut regardée à Paris que comme une concubine. Son mari , trouvé bon dans la suite pour s'asseoir au trône de.Westphalie , ne le fut point pour hériter de l'empire. Ceci provenait de la sagesse de Napoléon. Ce frère, par ses folies, ses inconséquences, s'était trop déconsidéré pour que la nation fran-
DUN PAIR DE FRANCE. Ql
çaise consentît à vouloir qu'il régnât un jour sur elle. Je ne puis m'empêcber de dire que dans ce personnage je ne vis jamais le frère d'un grand homme. Il ne possédait aucune vertu supérieure, et il avait tous les vices des gens de rien. Sa tournure était commune; il devint ridicule' lorsqu'il essaya d'afficher de la dignité ; c'était en un mot un garçon perruquier pn manteau royal. Crapuleux , ivrogne , possédant les goûts de la basse classe j il se plaisait à faire du bruit dans les mauvais lieux; il abusait de sa position pour déshonoreries pères et les époux dans la personne de leurs filles et de leurs femmes ; parvenu dans toute ' laforcedu terme ^ il ne put jamais jouer un rôle, il fut une marionnette politique^ et quand il disparut de la scène , perj»onne ne demanda où il était allé, et depuis op ne s'en est pasi informé davantage.
On trouvera peut-être que je traite sévère-»
ment Jérôme Bonaparte ; je le peins tel que je Tai vu , je le juge d'après ses actions et ses pa-» rôles. Il est possible^ je veux même le croire quHl ait eu des qualités , qu'il en ait encore , mais elles ne parurent pas lorsqu'il aurait du les mdntrer ; personne alors que ses plus intime^
né se doutèrent de leur existence y et puisqu'il
ne s'en para pas en &ce du public, le public
est excusable de ne pas vouloir descendre dans
les secrets de sa vie privée.
L'exclusion fut donc donnée à cejs deux per»
son nages ; leurs noms ne se trouvèrent pas sur le sénatus-consulte organique qui fixa Tordre de succession dans la dynastie impériale. Les deux autres frères de Napoléon , Joseph et Louis , furent plus heureux; le premier cependant eut un moment la qrainte de partager la disgrâce de Lucien et de Jérôme ; et cela assure-t-pn parce qu'il n'avait que des filles de son mariage. Voici ce qui eut lieu à ce sujet. L'anecdote est curieuse, mais authentique, les personnes de qui je la tiens sont encore vivantes, elles ne me démentiront pas. Joseph, instruit delà disposition de son frère, eut recours à l'intervention de madame Laetitia , qui décida, par ses instances, Napoléon à revenir sur ce qu'il avait résolu. On doit penser que le premier consul se fit violence
pour céder aux sollicitations de sa mère, c'est ce qui résulte dé ce que je vais conter.
L'acte solennel fut dtessé sous les yeux du premier consul et porté chez le comte Fabre, président du tribunat. De lé, il devait être pré*
d'un pair de frakce. 93
sente aiHL tribuns par ce haut fonctionnaire et discuté dans toutes ses parties avant d'être transmis à l'approbation du sénat et changée en loi constitutionnelle. Joseph Bonaparte ^ qui se méfiait de son frère ^ sachant que cette pièce était dans les mains du comte Fabre^ envoya M. Fréville, homme dévoué à son service, afin de prendre connaissance d'un acte aussi important pour lui. Le président du tri^ bunat'^ à qui on n'avail pas ordonné de dérober ce projet de sénatus-consulte aux regards de qui que ce fût, n'hésita pas à le montrer au mandataire du nouveau prince.. Leur surprise ne fut pas médiocre (le comte Fabre ne l'ayant pas encore examiné) de n'y trouver que le seul nom de Louis Bonaparte. Celui de Joseph avait été omis> soit à dessein , soit par oubli. On se consulta sur ce qu'il y ?vait à faire dans une pareille occur« rence. M. Fréville pensait à courir vers Joseph pour qu^à son tour il put s'expliquer sur ce point avec Napoléon ; mais le président du tribunat crut pouvoir prendre sur lui de trancher la dif' fîculté d'une manière assez ingénieuse.
« C'est, dit*il, une erreur, très certainement^ » d'après ce que noussa vous, etuneerreur facile « à réparer par un traitde plume. »Etil ajouta a
g4 ifÉMOlRES
l'acte le nom qui n'y était pas. La cihose Eaite , il se rend chez le premier consul , sous prétexte de le consulter de nouveau sur des formalités à remplir ; et sans l'instruire de la sur* charge, il met le sénat us-consulte sous ses yeux. Napoléon le prend , le lit à deux fois , avec une attention exirème , ne fait aucun geste j aucune observation , et le rend ensuite an comte Fabre , en lui disant : v II est très bien , il M ne faut pas y iaire de changements, n
Il ne fut pas possible dès lors de savoir la cause précise de cette omission , si elle provenait de la volonté de Napoléon Bonaparte ou d'un simple oubli de copiste. Joseph, instruit par M. de Fréville de 1^ démarche hardie du comte Fabre, en témoigna à celui-ci une haute reconnaissance , il ne craignit même pas de s'avouer son obligé en plusieurs occasions , prouvant par ce sotrvenir d'un service passé, que le rôle de prince ne lui était pas encore bien iamilier.
Tandis que tout ceci se passait , et que l'on
éleVait le trône impérial sur les ruines de la royauté et sur celtes pins récentes de la répu« blique, lé procës de Moreau s'instruisait. Cet habile capitaine, homme d'intrigue si médiocre, s'était laissé prendre pour aiiisi dire' la main
d'un pair DB FRANCE. gS
dans le sac^ accusé et presque convaincu de conspiration avec Pichegru le traître. Il Fut sauvé y parce que Napoléon , en ceignant ]a couronne 9 avait détruit sa popularité. On ne voyait plu» en lui le héros de lltabe et de l'Egypte j mais le tyran qui allait recom-i mcncer ce despotiisme dont on ne voulait pas. Ce ddaiigement produit dans l'opinion publique y profita beaucoup à Moreau. On trouvait que c'était assez du sang d'un prince de race royale, et qu'il ne fallait pas y joindre celui d'un de nos plus célèbres généraux. La terreur qu'inspira depuis la police n'était pas encore complète. Aussi ni militaires , ni citoyens ne se gènèren t pour maliifester l'amour qu'ils portaient à Moreau. L'indépendance des juges acheva de donner à ce dernier la victoire , car son jug&M ment / quoiqu'il ne fut pas. un acquittement complet y annonça que si l'on voulait conserrei^ des égards pour le chef du nouvel empire , du moins on ne prétendait pas aller jusqu'à lui sa<« oriSer celui que l'on regardait comme un grlind
citoyen* Je puis affirmer le dépit que l'issue de ce
procès causa i Napoléon* Il aurait souhaité ar«^
demment que Moreau ^ déclaré coupable , fût
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condamné à mort , pour avoir la joie or^ueiU leuse^le lui faire ^râce, et ainsi de l'avilir aux yeux de tous. Il est un homme qui , dans cette occasion joua un rôle pou honorable , comme au reste dans toutes les époques de sa vie ; c'est le comte Fontanes* Issu d'une des classes inférieures de la société , se nommant Fontaine et point Fou ta nés , il voulut à toute force, lorsqu'il eut atteint au plus haut pt^&nt de sa fortune, trouver son origine dans une maison noble du Lang^uedoc. Il la chercha d'o^^^ bord parmi celles des environs de Montpellier et de Nimes ; puis il voulut être issu de Phi-> liupe de Fontanes , chevalier et vicier de Toulouse eu iSoy. Il rencontra dans le dernier des descendants desBeccaria, seigneurs dePavie^ et connus en France sous le nom de barons ou marquis de Fourquevaux , un ami qui voulut bien Tavouer pour son parent sans que cela pût lui donner aucun droit à se dire sorti des atièieos Fontanes.
Mais avant cette épequ^ dq splendeur , il avait commencé bien pauvrement la car»
riëre littéraire. Rétif de la Bretonne a im»
primé que sa propre femme entretint liL (le Fontanes dans un- grenier . pendan);. pLusioart^
années. Celui-ci se montra ingrat qnand Agnes Rétif ne put plus l'obliger. Bientôt il se fit une réputation^ en parlant sans cesse de ses ouvrages sansjamais les montrer. On ne connaît de luiqute des fragments et de petits poèmes^ que l'on iait toujours bien avec du goût et du travail. Mais La Grèce sauoée, sa grande compo^^ sition épique y ne se fit jamais voir. Delille avec sa piquante bonfaonomie, disait : a Foûtanes^ M garde sa gloire en poche. Il a tort , il n'en » est pas des réputations comme des olives , » les pochetées ne sont pas les meilleures. » Fontanes avait de l'esprit , de la grâce et du
savoir-£aire -, il vit que , pour se pousser dans le monde y il fallait plaire à une des sœurs de Na« poléon. Il devint en conséquence un des adora-* teurs d'Ëlisa Bonaparte qui lui fit faire son chemin rapidement et qu'il quitta lorsqu'il se fut as»* sure que le sacrifice lui serait plus avantageux qu'une constance dont le terrible firère^ coinmeii« çaitàse fiicher.Devenu grand-maître de l'universite impérialeet président du corps-législatif^ nul ne se moQ|p flatteur plus intrépde, etservitffur plus dévoué f nul en. même temps ne ^ut mieux s'arranger pour glisser dans ses discou]^s
flagorneurs de petites phrases d'opposition Tome iiir y .
q8 . HÉMOIRES
dont h ^obourg Saint^Germain Int sav'dic ttn
gré in0m. On croyait au royalisniQ deFontanes^
taiidU qu# ce n'était que de l'iistnce saupou-*
drée d'égoïâme.
A Tépoqae 4u procès de Movean, j€ le r^n-
contrai 9 aallicitant«n Éavcordu pouvoir contre l'acçaaé; il^e .montrait xélé ponr la cause de Bonaparte, et daAa cette afiaive il, Bt arec art le rôle de $^rpent t^tateur. Il jf a vraiment des réputatÎQas bien usurpées, et celle deFontanes est ^t ce nombre; j'ai entendui pendant quinze ans niettro 4 Uïète de la lâ(ttératnre, oet homme qui n'avait produit que des blUéttes , des piëces de, peu d'importance j dont t^ute Féloquence consi^tt en des diacours d-a^parat , remplis d'41<iges fastidieux , ^tqdi écrivant sous Tinspi^ ration de la tète ^ et no^ $ous celle du coeiii^. n'eufii jamai^ un beâjU mouvement oratoire, Au reste, ion en a feit ttiie prompte justîcé, et.' déjà Fontanes est mort de toutes les feçoos ; Fàmitdé de M. de Oiâteaubriand ne le t^essusoitera p»s<f . G^ fi^t cette asviéfe!, et le 23 jnin, qu'un décret
impérial foudroya les jésuites, qui s'ètalént gliasés m France sons le nom xAoàes^ ùé pères de ta ^Qi;di^ai8o4^ Napoléon avaiît crn s'a percevoir
DUN SA.» 0B FRANCE. gQ
que oet ordre régii^ide complotail; de sessaisir la souveraine puis^ajQce. Il ne balança point a l'a»* néantir de nouveau. Il était réservé à la restaup* ration ^lereJeverde ses ruines, pour le plus grand malbeur de la monarohte et du peuple^ Gba9r^.4.Dest««., mon ancien camarade de |^u» Qesse^ ^tii\% l'un des fils les plus fervents d'Ignace de lupyola; U 491e persécutait pour que je m'affliliasse à oes bons pbres, pour que je prisse rang dans la congrégation que Ton for-» mait déjà. Ses instanqis me divertissaient et lui patientait , guettant^ me disai]t-41, le moment dé la grâce. Le décret de Napoléon I0 toit en fureur; U m» prédit que œ personnage ferait une . mé^ chante fin, et peu aprës il quitta la France, où il ne revint que lorsque l'empire eût disparu. Peut« être le retiouverai-^je dan<i mes souvenirs posté-» rieurs.
L'empereur proclamé songea à la cérémonie du sacre; il voulut, pour se rendre & la ibis plus auguste aux yeux de l'Europe et plus vénérable & la nation , que le souverain pontife vînt luiaiéme présider à son intronisation ; ce fijt le motif d'une négoôiation soutenue, danslaquélle ia politique italienne fut jouée par celle de Napoléon* fta promit a PfeVIf de grands avan-
ICO MÉMOIRBS
tages pour l'Église sHl se décidait à venir à Paris ; il crut à cette promesse, et ne reporta à Rome que de magnifiques présents.
J'eus l'honneur d'être admis à faire ma cour à Sa Sainteté. Pie VII ne possédait pas les dehors imposants de son prédécesseur ; il ne mettait au^* cune charlatanerie dans sa représentation > tout était autour de lui simple et modeste comme sa personne ; il méprisait le £iste et l'on s'en apercevait peut-être tropé II lisait trës rarement ; il donnait à peine qudques heures à l'administration de l'église universelle, le reste du temps était employé à des occupations tellement mesquines, que j'ai peine à les raconter; il savait coudre , et faisait des rentraitures à ses vêtements; il blanchissait lui-mêmelesdevantsde ses robes blanches, qu'il sa lissait facilement ; il demeurait assis la moitié de la journée , les deux mains appuyées sur ses genoux, et là il réfléchissaitsans doute, à moins qu'il ne s'abandonnât, en franc Italien à ce benedettojar niante , si cher à tous les hommes d'au-delà des Alpes. Pie VU occupait une grande place , mais ce n'était pas Un grand homme.
Je crois que, dans la position difficile où il se rouva , il fut heureusement servi par la dou-
d'un PAm PE FKANCE. 10 f
ceur de son caractère , par sa facilité , qui lui faisait trouver tout bon ; il ne se fi&eha que lors» que les procédés de Napoléon lui eurent monté la tête. Alors il tonna , mais encore avec simplicité ; il fit ce qu'il devait faire y mais il ne fit p^s au'delà ; son esprit était médiocre y il avait tout juste assez de sagacité pour voir que les lumières d'autrui lui étaient nécessaires ; il en reconnut de supérieures dans le cardinal Gonsalvi , qu'il investit de sa confiance : on ne pouvait lui demander plus, et cela valait mieux que cet orgueil féroce de tous les esprits étroits qui choisissent ordinairement pour les guider les hommes les plus inhabiles. Un éloge qu'on doit à Pie VII , et que la postérité lui donnera y c'est que^ parmi les souverains de l'Europe, ayant eu plus que les autres à se plaindre de Napoléon, il est celui qui a cherché le moins à se venger ; il a ouvert ses Etats à la famille persécutée de ce grand capitaine, et ainsi prêchant d'exemple, il a prouvé qu'il était véritablement le père commun des Fidèles.
Peu avant le sacre, je me trouvai chez le se» cond consul , devenu l'archichancelier de l'empire, comme le troisième consul en était devenu Tarchitrésorier , avec le cardinal de Càmbacérès,
lOa MÉMOIRES
archevêque de Rouen , le barou de Lapoite y
évèque de GarcassoliDe^ le conseiller d'état
Pelet de la Lozère, et le préfet de Gand ^
Desmousseaux. Le cardinal, dif;;tre émule dô son frëre^du côté de la représentation^ poussait
à l'excës Torguéil de sa dignité. Ce prélat , était convaincu que le sacré collège est égal aux roift et au niveau des empereurs; tout en lui sentait réminence hautaine; il regardait esi pitié les plus grands personnsiges , et ceux qui appartenaient à la classe des séculiers étaient si petits à ses yeux , qu'à peine il daignait les aperce» voir : c'était, à part cette faiblesse^ un excellent ecclésiastique , dur à lui-même , indulgent pour les autres^ Ji^ré des pauvres, soutien de la veuve et de l'orphelin j le malheur l'implora toujours avec sîiccfes ; il avait de Tesprit 9 de la tenue , se montrait sage en tout y mais dëd qu'il était question du chapeau rouge l'homme dé bon sens disparaissait pour fai^e place au cardinal fanatique.
M. de Laporte, évêque de Carôassonne, et frère de l'intendant général de la liste civile de Louis XVI, a laissé une mémoite dont le souve* nif né se perdra pas de sitôt. Jamais il n'exista prêtre plus simple dans ses manièî^es et plus
d'un pair de France. io3
réservé dans sa conduite ; affeble jusqu'à la fa» miliarité ^ bon jusqu'à la faiblesse , indulgent comme est le juste par excellence y il possédait
en même temps une piété sincère^ il appelait par nosex^mp^s^mais il ne conttai^aitpointpar SM
actions; il avait beaucoup d'esjprît, nneconver^ sation étincelante de gaité et de saillies, et pour** tant il écrivait mal et ne prononçait que de mauvais discours ; érudit sans pédantisme ^ liti« t&rateur profond , je crpis même qu'au besoin il aurait pn se dire théologien consommé. Je ne lui ai pas connu un ennemi ; il était adroit j fin et rusé^ quoiqu'il n'eût pas besoin de l'être; il prenait le vent à merveille^ et tout en riant résistait au pouvoir ^ lorsqu'il sentait que le pouvoir était capable de plier. Sa mort , arrivée en i835 y amena un déiiil universel dans son diocèse : les malheureux firent une perte irréparable , la société ne lé remplaça point.
Le préfet Desmousseaux y ancien procureur au Ghâtelet de Paris , ancien procureur-syndic de cette commune aux époques les plus ora* geuses de la révolution, était véritablement un fagot d'brtîes qui piquait de tous les bouts; je n'a^ jamais vu un honlime plus habile que lui â se
lo4 HÉMOIHES
faire détester ; il avait sur ce point une adresse sans égale ; nul ne pouvait le souffrir dans son département ; et mème^ lorsqu'il obligeait , sa mauvaise grâce à leiaire dispensait de la recon* naissance ; ce n'était pourtant point un méchant homme , c'était même un bon administrateur , mais il manquait d^esprit et voulait en avoir; S ne possédait aucune des formes de la haute so^ ciété , et il prétendait y suppléer par une fami» liarité inconvenante et par des plaisanteries qui ne glissaient pas, mais qui déchiraient; il ché» rissait tendi^ement sa famille, il ne calomniait pas trop ses subordonnés^ défaut général des préfets; il détestait le îeu, n'aimait pas le luxe y et néanmoins on ne pouvait le souifrir ; car, je le répëte, il semblait s'attacher à être désagréable à tous, autant que l'évêque de Carcassone aspirait à se faire chérir.
Ce M. Desmousseaux , qui ne doutait de rien , demanda à la superbe Eminence s'il était vrai que l'empereur eut le dessein de profiter de la circonstance de soti sacre pour faire prêter un nouveau serment à tous les fonctionnaires publics, sans oublier le clergé. Le cardinal de Cambacérès , qui déjà n^était pas de b^juie humeur à cause d'une querelle qu'il ve»
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nait d'avoir avec son frère , répondit avec toute la hauteur de son caractère : « Non ^ nîonsieur^ )i le clergé de France ne prêtera pas un non-* n veau serment; un seul lui suffit^ et ces » protestations éternelles de donner sans cesse D sa parole sont bonnes sans doute pour des » conseillers-d'Ètat^ des généraux^ des pré£ets ^ » que sais-je encore ? pour des hommes accou^* » tumés depuis quinze ans à jurer à tous une fi«* » délltéqu'ils ont mille fois faussée; mais elles ne D sauraient nous convenir à nous qui y une fois w pour touxés, croyons nous engager devant » Dieu. » Cette réplique, plus que sèche, ferma la bouche au personnage et fit rire le comte de la Lozère et moi, qui voulûmes bien ne pas la prendre pour nous.
Aucuneparticularité inconnuesurle sacren'é* tant venueàma connaissance, jen'enparleraipas. Je persistai alors à me tenir éloignéde la personne de Napoléon, qui devait s'apercevoir peut-être de ma conduite. Joséphine s'en plaignit au comte Fabre, mon ami, et le chargea de me dire qu'elle meverraitavec plaisir chaquefois queje voudrais lui faire ma cour. En i8o51a couronne d'Italie passa également sur la tète de l'empereur;il changea son titre de président de la république ci-
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salpine en celui de roi , et des ce moment il se plut à réunir dans ses qualificatiods les deux titres les plus augustes chez tes hommes. €e* pendant Cet acte d'ambition allarma l'Autriche et le reste des autres puissances de l'Europe ; le cabinet de Vienne courut aux armes y et la guerre se ralluma : on en connaît les résultats. La bâta Ole d'Âusterlitz, dite des trois empereurs^ livrée le % décembre i8o5, procura une nôu<* velle gloire à Napoléon ; en augmentant sa puissance y elle consolida l'édifice qu'il construisait avec tant de soin.
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