‹ Mémoires et souvenirs d'un pair de france--Chapitre 31 sur 48 · MÉtfOiaES · texte numérisé non relu

MÉtfOiaES

de six cent mille hommes^ et le même jour le comte de Lacépëde' pronbnça ce discours jEaméux^ dans lequel on remarquait la^ phrase suivante : CeU^^Jeuée - ^t la cùneeption du g4f^. Jutélaire ^fe%. V empereur ; les jeunes gens parvenus à Vâgei^où V ardeur est réunie à la forcé y trouvetont ^ans léuts exercices militaires des jeux sajutati^es et des délasse^ ments agréables. \ ' \,

Certes , c'était dépasser les bor jî^s de la flatterie; 'mais elle était innée dans l'éme du comte de Lacépëde. Ce savant^ dont lé* style élégant rappelait celui de Buffon , était flatteur par essence ; jamais homme ne fut plus obséquieux ; il fatiguait ses supérieurs comme siçs subordonnés, par la multiplicité de ses révérences^ de ses propos affectueux*; et la fausseté perçait trop au travers de cette affectation pour qu'on en fut dupe.

Napoléon conçut le de^ein funeste d'envahir la Russie. Il avait besoin de se reposer au Kremlin pour achever sa grande tournée de l'Europe : ii disait à ce sujet au comte Regnauld , dans une conversation particulière : « J'entends dire toujours que le Nord subju»

i> guera le Midi; cette assertion ridicule m'im«

b'ilN PAIR DE I^UANCE, a8()

»> pbrtune ; j'y mettrai fin em plantant mes )) aigleà sur la plus Belle place de Moscou et ir sur le palais de Tauride^jle Saint^Pécérs*^ » bourg. » ^'^ ^^^

Cef projjBt paraissait ^f^nte^^ef'i^p'enaà personne n'osait s'e^^pliqùèr avec ^Napoléon; ' Çambacérès s'étai^ un jour risqué à* lui en 'parler, ne lysçut^ue Mlle réponse :

« Princ^ vous >f ous * entqpdez à InçrvtSllé ti à faire ops lois; mais^ chaque fpis qu'il vous n ^' prendra Ifantaisie de parler art militaire ^ i> rappelez-vous le proverbe : Ne sutor uhrà >i crepidam. »

^ L'honnête archi-<;hancelier en resta toutcon«h fus, et se^^ promit désormais d'attendre, pour donner spn avis, qu'on le lui demanda t^ Ce fut à cette époque que d'Aigrefeuille, parlant de l'empereur , me tint ce propos : « Cet homme >) en fera tant , qu'il finira par compromettre » Monseigneur ( Cambacérës )• Les chambel»

lans furent ceux dont les cajoleries flagorneuses . contribuèrent lé plus à perdre Napoléon ; avec lui , ils ne sortaient pas d'une admiration ou» trée; aussi disait-il d'eux : « S'il me prenait la h fantaisie de leur déchirer que je suis le so» » leil, ils se hâteraient^ de s'essuyer le front Tome m. ^9

I) avec leufis mouchcai*s^ tant mes rayons lés n feraiéii|^uer. — Sire , répliqua le maréchal n' LaDnèsl ils prétendraient que vous êtes trop » modedte ,. et trouveraient le moyen de faire » de vous mieux que le soleil, n

Les anciens nobles étaient ceux qui s'avilis*saient le plus dans cette carrière d'adulation : « Je leur ai montré le chemin de la gloire^ disait » NapéléQU y peu d^entre eux se sont souciés d'y M marcher ^ mais des que mon antichambre » leur a été ouverte, ils s'y sont précipités en » foule, w Et en effet il n'y avait sorte de bassesses dont ils ne fussent capables pour s'attirer des laveurs propres à les pousser en cour-

Un préfet , honune de qualité, me disait à ce sujet : «Toutes les fois que le gouver- » nement m'ordonne une mesure qui doit » peser sur le peuple et lui être désagréable, je » m'adresse, pour assurer son exécution, non » aux maires paysans, mais aux maires de ma )j caste , bien assuré que ceux-ci ne reculeront » jamais^ quoiqu'on leur demande, et que même » ils iront au-delà de ce qu'on -exigera d'eux. » L'expédition de Russie eut lieu : on sait quels^ désastres la terminèrent; on n'a pas oublié non plus ^audacieuse tentative du général Mal-

d'un PAlh t)B/ FKANCE. Î^QI

let pendant Fabsence d^ Pfapoléon « et l'on* se souvient du dévouement et des sao^ificés que celui-pi exigea à son retour. Nous lui accordâmes plus 4}u'il ne demandait; mais^^ si la victoire était revenue sous ses drapeaux la fortune ne laissait pas de lui être contraire. Il éprouva tout à coup le besoin ^ pour fortifier sa cause , de lui donner l'appui de la volonté nationale ; il compta provoquer un effort unanime^ et pour y parvenir, d'après l'avis d'un grand personnage, i| appela Je corps-législatif à délibérer sur l'importante question de la paix et de la guerre. Ici la £3iuteiut complète. Une commission nom«mée par lés députés et composée de MM. Laine, Haynouard, Gallois, Flaugergue, et Maine de BiraB , ne crut pas devoir se borner à donner raison à l'empereur^ elle alla plus loin> et demanda la paix avec des institutions intérieures proprés à maintenir le pouvoir dans de justes bornes, i

, Ces prétentions parurent d'une audace sans égale. Napoléon résolut, dans son premier mou» vement, de punir des sdjets qu'il disait en pleine révolte : il envoya chercher sur-le-champ l'ar» chi-chancelier , le comte Regnauld et le comte Treilhard , afin de délibérer avec eux sur la

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