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» nagement : je vous le répète^ ne cràigtiez » rien, fâchez-vous, questionnez, prenez vous- » y de toute manière pour parvenir à décou»
» vrir ce qu'on pourrait me cacher. Ceci est V) de la plus haute importance, vous aurez, A les pleins-pouvoirs les plus étendus pour » vous faire obéir de toutes les autorités » civiles et militaires, et dans un cas de »> besoin extraordinaire vous serez autorisé à » vous revêtir du titre de mon mandataire gé- » néral. »
« Votre Majesté , dis-je, en me plaçant dans » une telle position , assume sur ma tète une res" » ponsabilité bien grande. N'importe , je ne re- » culerai pas, je tâcherai, Sire, de répondre à » vos vues et de les remplir convenablement.
» — Puissent tous ceux qui me servent se con- » duire avec la même loyauté. Les circons- » tances sont graves , l'avenir est très in« » certain , les âmes fortes ne s'en inquiètent pas; n quant à vous , mon cher comte , vous partirez » demain. )>
ce Je suis à vos ordres. Sire, fut ma réponse.» Le jour même je reçus mes instructions et la commission impériale; jamais il n'en fut de plus complète, je représentais véritablement le sou»
D^UN PÀIK DE CHANCE* 3o3
VBTàin sous une apparence modeste. Je courus à la Mabnaison prendre congé de Joséphine; grâce à Dieu^ cette excellente princesse ne pouvait me reprocher mon abandon dans son malheur; si j'avais consenti au divorce dans l'intérêt de l'Etat^ je ne m'étais pas éloi* gné d'elle , et chaque semaine au moins , j'allais lui faire ma cour. »
Je la trouvai bien triste; elle avait vu la veille au soir l'empereur , et elle ne pouvait éloigner de sa pensée l'idée que quelque grande catas^* trophe se préparait^ j'avais rencontré sous le péristyle la prophétesse Lenormand , dont elle payait à prix d'or les avis mystérieux. Joséphine passait une partie de sa vie à se faire tirer les cartes , à chercher son avenir dans du marc de café. Ces prédictions avaient été tristes ce jourlà, et l'impératrice s'en montrait vivement affectée.
c< Vous partez , me dit-elle , d'une voix m^- » lancolique, tous mes amis . s'écartent de moi » afin de laisser plus de place à la mort qui s'a- » vance. — 'Ah, madame, lui répondis - je ^ » chassez cette funeste idée, elle vous fait mal y » bien qu'elle ne repose que sur des mensonges. » — Je sais' ce que je dis , mes jours sont comp-
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» tésy ils finiront avec la prospérité de la France; » — Alors ^ oela ne me surprendra points car » vous êtes nécessaire à notre bonheur^ )i
Nous parlâmes ensuite du passé, et nous jetâ^ ,mes des regards pénibles sur iWenir; après aTOÎr pris congé d'elle je revins à Paris ^ et le 1 5 novembre je me mis en route ; je cheminai àltravers la Bourgogne^ je descendis i Lyon où je ne m'arrêtai point , et suivant la route qui longe le Rhône , j'arrivai à A^x où je séjournai qudques heures : il était midi lorsque je partis pour Marseille. En arrivant au point du chemin, qu'en langue provençale on appelle la f^ista, je demeurai frappé de l'immense tableau ((ui se déroulait devant mes regards.
Une quantité de maisons de campagne^ connues SGU5 le nom de bastides, et dont le nombre dépasse cinq mille remplissait la vaste étendue de ce p^ys magique^ des pins^ des cyprès^ des vignes, de petits jardins réjouissaient agréablte* ment la vue ; plus loin la florissante cité se dé« ploie avec toutes ses magnificences. La mer lui sert de ceinture , et vers l'orient et vers le nord^ de sombres montagnes font ressortir plus vivement l'éclat de ce riche ensemble. J'entrai dans Marseille, dans l'antique ville des Phocéens^
b'iTN PAIR DE FRANCE. ~ 3o5
par ia porte d'Aix, sur laquelle passe un aqueduc assez mal entretenu; j'allai loger à l'hôtel de Bauveau, dans la rue de ce nom.
Ma première visite fat pour Je préfet comtç Thibeaudeau, qui, né me reconnaissant pas d'abord , me reçut avec une dignité Iwt plaisante> c'était la marotte de ce personnage; il cherchait toujours i se genHer, et le sous-préfet, M. Heurtant de la Merville, jeune auditeur fort aimable et de bonne compagnie, me raconta à ce sujet des particularités très comiques. Au demeurant , le comte Thibeaudeau était administrateur habile, il convenait parfeitement à sa place; mais il avait une tache que rien n'e%çait aux yeux des Marseillais.
De Marseille je me rendis à Toulon, puis à Préjus oà débarqua Napoléon à son retour d'Egypte; là je visitai l'amphithéâtre, les remparts , l'arc de triomphe appelé la Porte dorée, et je partis. Je passai devant Cannes. Je ne jetai qu'un coup d'œil sur la jolie ville d'Antibes, et vers quatre heures du soir, j'arrivai à Nice. Mes instructions me commandaient de voir en passant la princesse Pauline. Je me fis annoncer; elle me connaissait déjà, et d'ailleurs, d«j lettres de Paris l'avaient avertie de