TOMB III
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mon paasage. Je fus introduit sans aucune difficulté. Elle occupait dans le faubourg de la Croix-de-Pierre , une maison assez élégante maift très simple^ et où rien ne manifestait ]a grandeur impérialcé
La princesse Pauline n'avait pas besoin d'ornements extérieurs pour paraître jolie; peu de femmes le furent plus qu'elle et eurent autant degtiâce. Canova qui l'avait sculptée dans un état de nudité complète ne ee lassait pas de Tad-» miretr ^ non qu'il eût vu ce beau corps tout en*« tieretsanè voile > mais on lui en avait montré asses pour qu'il pût deviner le reste. La princesse Pauline a de l'esprit^ de la bonté > et possède les plus nobles sentiments. Sincèrement attachée à son auguste frère i elle ne faiblit point aux heures de sa disgrâce y elle le con» s(daâ nie d'Elbe^ et voulut aller pleurer près de lui^ sur le rocher de Sainte-Hélène ; des obstacles invincibles mirent une barrière à son dévôueûient. Sa conversation , au temps de sa prospérité , était vive et enjouée ; elle tempérait sa dignité par un abandon gracieux : elle aîttiaitles artë, la littérature^ elle les jugeait par ell&-Èfième^ et les jugeait bien. Ce n'est pas qu'il n'y e4t en elle beaucoup de la jolie femme :
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elle avait ses caprices ^ ses fantaisies^ une piquante coquetterie qui l'embellissait « Elle recherchait les plaisirs avec une pétulance dont lés suites lui étaient devenues funestes^ car en 1 8 1 3^ elle soufU frait horriblement d'une maladie dangereuse à son sexe et qui nécessitait son séjour habituel i nioe. Des douleurs morales plus cuisantes de** vaient bientôt l'atteindre et achever de détruire sa santé.
Elle n'était pas contente lorsque je la vis : elle tâchait de s'étourdir sur les événements à naître^ et elle ne pouvait y parvenir» La flatterie l'environnait , mais elle était impuissante à lui déguiser toujours la vérité ^ qui perçait à tra^ vers tout ce qu'on faisait pour la repousser. Elle ne me portait pas un intérêt assez direct pour causer librement avec moi ; cepen** dant elle m'en dit assez pour que je pusse connaître ce qui agitait son ame. Elle me demanda si je comptais aller à Turin; je lui dis que c'était mon intention, mais qu'auparavant je passerais à Génes^ ou j'avais à remplir ub« mission particulière. Je pris congé de cette princesse que je ne devais plus revoir^ et je me préparai à m'embarquer stu" une felouque ^ }>ôiir me transporter dans la capitale de l'ancienne
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Ligurie; mais un veut contraire soufflant avec violence^ me contraignit à changer de direction. Je fidrmai le projet de me rendre à Gênes par terre et de franchir le col de Tende ; je quittai Nice par on temps admirable, ne pouvant assez m'extasier sur la pureté et la douceur de l'air qu'on y respire* Nice est la ville des malades; je m'y trouvais à une époque tris avancée de
^ Tannée, et autour de moi, je voyais en pleine terre , les orangers couverts de fleurs ou chargés de fruits ; partout la nature était belle et riante. J'étais dans ma voiture sivec M. R..«, l'un de nies amis intimes, qui par attachement pour ma personne, avait désiré m'accompagner.
, Le premier jour, nous couchâmes à Sorpelio -, et le lendemain nous atteignîmes sans accident le sommet du col de Tende ; la descente nous parât moins pénible; nous l'abrégeâmes , il est vrai , mon ami et moi, en prenant, à pied, la montagne par son revers. Il était nuit close lorsque nous parvînmes à Coni (Cuneo). Là , à notre débotté
^ il fallut nous soumettre à l'investigation qu'avait établie de la manik'e la plus despotique le préfet du lieu y M. Lepelletier d'Aulnay. Ce magistrat avait administré précédemment le départen^ent de Tarn-^t-Garonne où il s'était fait détester.
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Petites tracasseries y querelles ridicules, actes arbitraires, il n'éparj^nait rien pour vexer ses administrés. Croirait-on, par eienij^e ^* ^'U voulut empêcher un membre de la «oonvêntioti nationale, d'ajouter à sa signature le. titre-d'»* constituant , et cela avec une persista tice^ une opiniâtreté inconcevables.; Les Afontalbaniipî^i, que désespérait sa présen^^e , le virent s'éloi^er avec joie^ et les habitants du Taro ne reçur^l qu'avec peine ce présent impérial, M. Lepel* letier d'Âulnay pouvait avoir du mérite commi» administrateur , mais 9es formes n'étaient nul^ lement agréables. C'était, l'absolutisme en per« sonne, et s'il est devenu libéral , la Charte ^qra fiait une belle conversion .
A la sortie de Coni je m'enfonçai dans un .pays perdu. Ce fut néanmoins assez facilement que nous arrivâmes à Mondovi où nous detions passer la nuit. Cette ville fut le théâtre d'une victoire de notre glorieuse armée d'Italie; je visitai le champ de bataille. Quoique la journée fut assez avancée , nous nous remîmes en ms^r^* cbe par un chemin horrible, poui: nousrenilreè Céva.
La nuit nous surprit auprès du vijyUge de Montésimo, où nous fûmes obligés de n^usfirré**
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tet. Â peine trouvâmes^nous ùd asyle dans une méchante maanre décorée du nom d*aaberge , mMB qa^on aurait plut6t prise pour une caverne de brigands; heureusement Tapparence était trompeuse; Nous n'y fûmes pas trop mal :
tt une éharmante créature^ nièce du maître de la maison^ embellit pom* nous ce séjour.
Là lendemain vers les neuf heures du ma»
iib^ nous atteignîmes le bourg de Millâsimo; je saluai encore le cbamp témoin des exploits d^ ^Idats de là république française. Cha« que pas que nous faisions dans le pays que nous parcourions , nous rappelait le souvenir d'uti de nÀs beaux faits d^armes ; l'Italie en était pleine, et mon côèur allait partout les ri^cuesllir avec un orgueil vraiment national. Je. ne suis pas de ceux qui croient que la France {levklaiit ^^ingt-^quatre ans a existé tout entière ehez ^étranger. Aprfes av6îr vu S^vone, où nous couchâmes^ nous parvînmes à Gènes par tine belle route due à ^empereur, lies plus magnifiques décorations de fOpéra ne sont rien y €om](>arées aux divers aspects de cette ville embellie par des palais de marbre, des jardins eUchdMés et des murailles pittoresques garnies de hautes tours dentelées.
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Après avoir franchi la poirte du Phare^ nous suivîmes la grande rue dii ftiubouifg de SaintH Pierre^d'Ânéna y e% nous Urouvâmea a notre gau* che le somptifCfux «t vieux palais des qntiques Doria ^ ses pavterreB ibu terrasse sur la mer, ses colonnades de marbre blaac^ ainsi «ipi^ ses feu** taines, ses escaliers, son pavé^ et ses statues colossales. Là^ dans la même chambre habitèrent à près de trois siècles de distance^ Charles- Quint et Napoléon , deux grandes figures histo* riques dont le souvenir ne s'éteindra qu'avec le monde. Notre étonnement s'accrut lorsque nous pénétrâmes dans la ville en débouchant par la. place délia Aqua verde, ornée alors d'une magnifique statue pédestre de l'empereur. Je remarquai avec peine qu'on n'avait sculpté sur la base que des trophées militaires, et rien qui.
rappelât une administration civile qui avait été si favorable aux sciences , aux lettres et aux arts.
Après la place délia Aqua verdcy que des escaliers d'une dimension extraordinaire décorent, du côté des casernes on parvient à la strada (rue) Balbi, bordée entièrement de palais de marbre, parmi lesquels je distinguai celui de la famille Durazzo et celui du noviciat des Je-
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suites^ qui^ là comme ailleurs , avaient ume de^ meare apalente. Gènes est; riche en brillants édifices y mais je ne perdrai point à les décrire un temps précieux } il est plus important de dire de quelle manière je remplis une partie de la mission qui m'était confiée^
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