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H cis qui se passe? — Ma fbi^ monseigneur, la » catastrophe pèse trop sur nous pour que je » puisse ^ au moment où elle nous accable , con- » server la facilité de vous exprimer les mouve« » méats de mon coeur ; je vois que nous sommes f^ dans l'abyme^ qu'il faut en sortir; maiscom* n ment , je Tignore. — ^ Ce sera donc à moi à n vous l'apprendre , répliqua-t-il j il n'y a plus » pour nous qu'une planché de salut : rappelons » les Bourbons. »
 ce propos y si bien en harmonie avec mes désirs secrets, il me sembla être frappé de la foudre. Napoléon régnait encore , j'étais en présence d'un grand-^c^cier de sa maison , tout auprès d'un de ses aumôniers, aitisi que de plusieurs grands fonctionnaires, et l'on me disait, d'une voix élevée , qu'il fallait détrô-» ner notre souverain. Mon émotion > iha surprise étaient extrêmes; je crus qu'on nie tendait un piège; je •ne conservai pas long^temps cette crainte I mais je continuais à me taire; mon interlocuteur en éprouva du dépit : il reprit la parole pour me demander si je n'étais pas d'accord avec lui sur ce point.
« Je ne balance plus , lui dis-je , dans ce qu'il H jaut faire pour assurer le bonheur de la pa-
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» trie i s'il dépend des Bourbons , je tomberai » à leurs pieds ; nous ne sommes pas les hommes » d'un homme , mais bien lesrégulateurs de nos » concitoyens. »
 ces mots les groupes se rapprochèrent de ma personne, u Yoilà un des nôtres , dit le » prince^ en me présentant à l'assemblée. »
Chacun me fit son compliment ; je le reçus de mon mieux ; je dis ensuite que seize autres senateurs^ rassemblés chez un de nos collègues^ le domte C... ^ s'étaient promis de faire comme je ferais , et que je voulais» sans perdre de temps^ leur proposer de se réunir à nous ; on approuva ce que je disais; j'écrivis un billet au maître de la maison où ils étaient. Le baron de B.... voa«* lut être le porteur du message auquel mes collègues répondirent en arrivant sur-le^-champ.
Avant qu'ils entrassent , le prince , me prenant à part, me demanda mon avis sur le grand coup qu'il voulait tenter pour séparer l'empereur . de la nation. U s'agissait d'une déclaration solennelle du sénat ^ proclamant la déchéance^ et rappelant en même temps Louis XYIII au trône de ses pères , tandis qu'elle établirait les bases d'une constitution libé|^aj[e. Je crus que c'était 1^ parti le plus sage;
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il fat ajouté que dans la constitution à im»
proviser y il serait convenable d'insérer tout ce qui en assurerait la durée ; il serait bon , par exemple ^ me fut-il dit, que le sénat devint héréditaire et que les dotations dont ses membres jouissent viagërement aujourd'hui , demeurassent attachées en majorats transmissibles a leurs descendants.
Je ne sais pourquoi je fus abandonné de mon jugement à cette proposition insidieuse : je ne compris point ce qu'elle avait de funeste ; je n'y vis qu'une chose simple et avantageuse pour DOUS; et ne fis aucune des objections qu'il aurait été convenable de faire ^ ou plutôt je ne la repoussai pas comme je l'aurais du. « Vous devez^ M croire, ajouta-t-on, qu'un prince qui recouvre » un royaume tel que la France^ ne s'amusera » à vous contester > ni votre dignité, ni cette » fortune qu'il vous est si naturel 4e vouloir » conserver. »
Plus on me parlait dans ce sens, plus je donnais dans le piège ; mes collègues firent comme moi. Nous insérâmes cet article dans notre projet de constitution , et nous nous fîmes conspuer par le ppblic. Jamais gens sensés ne se laissèrent leurrer de la sorte. Nous convenait-il de stipuler
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solenneUement pour nos intérêts privés? Ne devions-cous pas prévoir que c'était nous rendre l'objet de la risée publique, et que notre corps
serait appelé le sénat conservateur de ses
rentes ? Rien de tout cela ne nous firappa , et nous perdîmes par notre faute , le peu de consi* dération qui nous restait.
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