‹ Mémoires et souvenirs d'un pair de france--Chapitre 44 sur 48 · Tome m · texte numérisé non relu

Tome m

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chargé . pàrtieuUëremeiit de la négociation , in« sista pour obtenir une décision favorable ; alors OB lui répliqua ^^joe Top : allait inviter le gouvesbemenc provisoire' et Moustevr^ comte d'Ârtoié y entré de k valle à Paris ^ ainsi que Fem* perenr de Russie y lé roi d« Prusse et le ininistre anglais, à prendre part à la confi||sence afin d'y discuter tous eneemble les offres faites à l'émpereu-r Françoîs'II. L'ancien ministre se retira fbct décoatenancè. M. de Mettèrnich ajouta , avec peu de magnaninnté: (<Dites4ui que je kii paie ma dette. »

.<f Plus d'espérance > dit le comte de Mont». , >» en revoyant l'empercHr. Oh! s'écria Napo« M léoo y la fortune ne m'abandonnera pas en- » tiërement si mes ifneilleurs amis me restent; iK ' l'éclipsé de mon étoile n'est que passagère , » elle ne tardera pâsà jeter un nouvel éclat. » C'était une manière de consolation qui (ut ac« cueillie avec transport; la conversation avait lieu dans le jardin de Fontainebleau; un jeune enfant, a-t-on dit , qui jouait dans les parterres , accourut alors vers l'empereur ; et lui présentant un bouquet, de violettes.

c< Sire, lui di(>-il avec tout^ l'ingénuité de son » âge,<on dit que vous partee, je voudrais bien

» VOUS revoir lorsque cttte fleur reviendrai » — Ten accepte Faugure, rj^pliqua le héros; » puis se tournant vers ceux qui Faccompa* » goaient : nous n'avions pas trouvé encore un. » signe qui pût rallier tous mes fidèles^ Le voilà ; » nous nous i^éunirons à l'époque où le prin- » temps fai( refleurir la violette; cette fleur » aime a se cacher sous l'herbe; eh bien!

n qu'elle .devienne l'emblème de notre pensée, » de mon retour et d'un bon espoir, n

Apres avoir jeté les bases d'une conjuration.,. Napoléon songea qu'il était temps de partir ; les Alliés, le gouvernement provisoire .pressaient ce moment ; on dit que lui-même, dans un mouvement de désespoir,. tenta de finir, par un suicide, l'histoire de sa grande vie. Je respecte assurément la véracité du baron Fain , qui a consigné cette particularité dans ses Mémoires; mais je ne puis en être convaincu. Je crois que l'on a ajouté à la vérité, et que d'une indisposition d'estomac, très uaturelle.dans la situation de Napoléon , on aura fait un empoisonnement fort dramatique sans doute , mais dont il ne convenait point de parler sans en donner . ^eà preuves irrécusables. 4- , . :v

Je ne dirai, rien des conférences qui em^Qt

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lieu pour fixer le jotfr du départ, ni des conti« uuelles hésitations de Napoléon. Enfin , à midi , le 30 avril , il fit à ses vieux cobipa{);nons de gloire ces adieux si touchants, que tout le monde a retenus.

n partir. Je ne le suivrai point dans sa route ; mais la postérité saura avec quelle lâcheté quelques Provençaux insultèrent à sa haute in« fortune ; eux qui auraient courbé leurs fronts dans la poussière s'il f&t venu dans leur pro» vince aux jours de sa splendeur , lui firent boire le calice jusqu'à la lie , prâudant , par ces indignités , à regorgement du général Brune et des malheureux soldat» du fort Saint-Jean en i8i5. Leur conduite alors leur attira le blâme général. Napoléon restait à cette époque Tobjet de l'admiration de l'Europe; sa chute glorieuse , la constance avec laquelle il supportait ses revers, imprimaient sur son front une majesté supérieure à celle qu'il avait due 4 tant de victoires.

Dès son arrivée dans l'île d'Elbe , où il débarqua le 3 mai 18149 il parut ne plus s'occuper ^ue dé sa position présente; un de S6s premiers soins fut de faire construire une demeure digne de liii, une salle de spectacle, des logements

d'un pair de ^FRANCE.

pour les officiers de sa suite et des ca9erues pt ^es soldats ; il répara les remparts de Porto^Ferrajo y où il établit son séjour ; il releva une tour antique y à demi ruinée^ qu'il jugea nécessaire au nouveau système de défense; il édifia plusieurs maisons de plaisance à San-Marino , à Rio ^ à Marcarra;^il fit percer des routes; enfin, il changea eatiërement la iàce de ce petit coin du globe où il porta cet amour de l'activité^ ^ ce besoip des créations nouvelles qui l'avaient constamment dirigé lorsque la France obéissait à ses ordres •

L'Ue d'Elbe devint le but du voyage de tous leç Européens de marque. Les Anglais, plqs particulièrement , venaient visiter le héros ; il se prêtait à leurs désirs, et ne se montrait jamais éloigné de répondre à leurs questions. Un jour, lord B...., auquel il avait témoigné de la bienveillance , osa lui demander à quelles pensées il s'abandonnait avec plus de plaisir dans ce moment.

(c Milord, répondit-il, deux choses m'oc- » cupent : le bien - être de mes bons Elbois » et le bonheur de la France ; souvent je me » figure le jour où je plaçai sur mon front >i la couronne impériale; je me rappelle les

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)) vastes plans que je formais alors pour la pro-^ » spéritéde mon peuple^ et je déplore de leur » avoir donné si peu de suite; mais je n'ai » pas trouvé assez de force en moi pour me » débarrasser des filets de la ffatterie dont cha- » cun m'enveloppait ; milord, ce sont mes cour- » tîsans qui m'ont perdu , que Dieu le leur par^ » donne j jamais je n'eusse poussé aussi loin mes » entreprises si l'on m'eût arrêté par des repré-* » sentatioDS sages ; mais tons devançaient me& M souhaits^ ministres , conseiîlers-d'Etat, séna- » teurs, législateurs, magistrats, l'armée, la » cour et la ville trouvaient que je n^allais ja- » mais, assez en avant? je les ai crus, et je suiis. » tombé. Maintenant je voud:rais mettre mes » nouveaux sujets à Tabrî de la guerre j je l'ai » faite trop long-temps, pour conserver le dési^^ » de la .faire dç nouveau^ ».

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