‹ Mémoires et souvenirs de Augustin-Pyramus de CandolleChapitre 4 sur 152 · VIII PREFACE DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

VIII PREFACE DE L'ÉDITEUR

l’auteur aurait faites certainement s’il avait relu. Je n’ai pas abordé celles qu’il aurait ajoutées probablement, s’il avait été à la veille de livrer son manuscrit à impression. Peut-être ai-je été trop timide? C’est possible, — mais on connaît mes motifs. Ils proviennent de difficultés et de scrupules dont le lecteur voudra bien, je l’espère, me tenir compte, de la même façon qu'il ne doit pas juger comme un livre achevé des pages que l'auteur n'a pu revoir. |

Au lieu de réclamer si humblement l’indulgence du public, il m'était venu quelquefois l’idée de faire imprimer louvrage à un petit nombre d'exemplaires, pour en donner à quelques amis seulement. J'ai senti très-vite qu'il fallait y renoncer. J'aurais mécontenté, en suivant ce système, bien des personnes à Genêve, à Paris, à Montpellier et ailleurs, qui ont eu des relations directes ou indirectes avec mon père, et que moimême je ne connais pas toujours. Il ne m'est pas possible de deviner le degré d'intérêt que l’auteur des Mémoires peut avoir laissé chez ceux qui l’ont connu ou qui ont entendu parler de lui dans leur jeunesse. Et la cohorte nombreuse des botanistes ! Elle est pour moi comme une seconde famille, disséminée dans le monde enter. Ses membres m'ont accueilli avec une amiué singulière, même dans des pays très-éloignés du mien, Sans aucun autre motif que mon nom. Je ne puis faire autrement que de mettre à leur portée l’histoire d’un homme qui a été un de leurs maîtres. Je serais presque tenté de la leur dédier.

Ils y trouveront, j’en conviens, peu de chapitres purement scientifiques, mais l’ouvrage les aidera à comprendre le rôle de l’auteur et les causes de son influence. A ce sujet, qu'on me permelte quelques réflexions. Elles me paraissent opportunes, soit pour les gens du monde, qui ne connaissent guêre l’histoire de la botanique, soit même pour les botanistes, qui n’ont pas tous assez réfléchi sur l’enchainement des travaux de leurs devanciers et sur leurs effets. Je crois pouvoir indiquer d’une manière très-générale, sans employer des expressions techniques, le genre d’action de mon pére sur la science. On verra comment une connaissance plus intime de sa vie peutservir à expliquer et à compléter certaines notions relatives à ses ouvrages.

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