XII PRÉFACE DE L'ÉDITEUR
entrainer, 1l fallait parler en langue vulgaire, le publie tenant à bien comprendre et à juger. C’est ce que l’auteur des Principes de botanique placés en tête de la flore française, de cette Flore elle-même et de la Théorie élémentaire, avait deviné, et c’est là une des grandes causes de son succès. La clarté et la vivacité d’une rédaction en langue moderne devaient tout emporter. Même pour les Anglais et les Allemands, un exposé des principes en français produisit plus d’effet que n’aurait pu en avoir le laun le plus classique. La langue morte resta dès lors pour les descriptions, où elle est commode, parce qu’elle est devenue technique et plus précise que le vrai laun, mais la discussion des lois et des théories se trouva dégagée de la froideur et de la routine traditionnelle des phrases lanes. Que l’on compare les traités de botanique avant et après 1815, date de la théorie, et l’on verra par où le raisonnement est entré ouvertement dans la science. C'était bien la tendance de l’époque, je le sais, mais celui qui a fait le mieux entrer cet espril moderne de discussion, avec ses formes les plus claires, dans l’histoire naturelle des végétaux, a rendu un vrai service. Non-seulement il a répandu plus vite ses propres idées, mais 1l a préparé la voie pour les progrès subséquents. Parlerai-je ici des opinions et des théories que mon père a émises en botanique ? Ce serait entrer dans un sujet bien vaste, bien spécial, et m’éloigner beaucoup du genre des Mémoires où l’auteur ne traite point de questions purement scientifiques. Je dirai seulement, d’une manière très-générale, que ces théories roulaient sur la nature des organes des plantes et sur leurs dispositions respectives. Elles tendaient à faire envisager être organisé comme construit sur un plan réguler, avec des pièces disposées symétriquement ; mais ce plan, cette disposition symétrique se montrent rarement dans la nature, par l'effet de causes secondaires qui les altèrent ou les cachent plus ou moins dans chaque cas particulier. Concevoir le plan ou type d’après les données partielles que l’on possède, et démontrer les causes d’altération, en se servant pour cela des manifestations variées de cent mille espèces de végétaux et des monstruosités qui se présentent de loin en loin dans chacune, tel était le cercle immense dans lequel devaient se mou-