‹ Mémoires et souvenirs de Sébastien CommissaireChapitre 34 sur 89 · M™^ FLORA TRISTAN · texte numérisé non relu

M™^ FLORA TRISTAN

construire dans tous les chefs-lieux de département d'abord, dans chaque arrondissement ensuite, et <Mifin dans chaque commune, un palais pour y loger ot nourrir les invalides du travail. De cette manière l'ouvrier serait plus heureux en songeant que sa vieillesse serait a l'abri du besoin et hors des atteintes de la misère.

Les réunions étaient secrètes, on avait soin de n'inviter que les liommes sur lesquels on pouvait compter.

^l"»e p]qj.^^ Tristan était une femme de quarantecinq k cinquante ans, d'une taille moyenne. Des cheveux noirs, parsemés de quelques fils blancs, encadraient le haut de sa figure qui était encore belle et très s3'nipatliique. Elle parlait avec une grande faci- Hté,otfî\isait ressortir avec enthousiasme les bienfaits que produirait son projet. Sa voix vibrante, harmoni(Hise m'impressionna, j'étais sous le charme, et bien que son projet d'union fût loin de donner satisfaction u mes Idées politiques et sociales, néan* moins je me ralliai h son plan : c'était un pas fait vers Tamélioration du sort des travailleurs.

Son voyage eut un grand succès a Lyon, elle recueillit un grand nombre d'adhésions. Son intention était de visiter toutes les grandes villes de France, d'organiser dans chacune d'elles un comité chargé de recevoir les adhésions et de correspondre avec le comité central h Paris. Malheureusement, la mort vint la frapper prématurément à Bordeaux.

Les ouvriers perdirent en elle une amie ardente ^V rlévouèe. Son plan aurait pv(>bableu\eut avorté,

mais elle auroit secoué rengourdissemenl des masses, elle aurait prépare raveuir eu unissant les travailleurs, en leur faisant comprendre Timportance et les bienfaits do la solidarité.

C'est aussi en 1845 que Ton fit, celte fameuse pétition ailressée à la Chambre des députés pour demander une enquête sur la situation des ouvriers.

Le journal la Reforme, patronné par M. Ledru- Rollin, prit l'initiative d'un vaste pétitionnement. Tous les hommes qui s'occupaient de politique, tous les philanthropes, comprenaient que le sort des ouvriers devait être amélioré. Mais comment et dans quelle mesure ? C'est ce que Ton ifçnorait. Les plus Iiardis proposèrent de faire une enquête sérieuse afin de connaître toute la profondeur du mal. Un malconnu est bien plus facile a guérir qu'un mal que Ton ne connaît presque pas. Les médecins avant de prescrire un remècle s'efforcent de se rendre compte de la maladie et de son infensitô. C'est ninsi que voulurent faire les républicains dont le journal la Réforme était l'organe.

Une pétition fut rédigée et de nombreux exem pîaires furent envoyés à tous les journaux de province dont les opinions se rapprochaient plus ou moins de celles du journal la Réforme.

Le Censeur était le seul journal républicain de Lyon; ce furent ses rédacteurs qui se chargèrent de faire de l'agitation en faveur du pétitionnement. Ces journalistes n'étaient pas les pveiuV^t^ \^w\^^ '^'s.

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