‹ Mémoires et souvenirs de Sébastien CommissaireChapitre 41 sur 89 · PREMIERS MOIS PASSES A LA CASERNE · texte numérisé non relu

PREMIERS MOIS PASSES A LA CASERNE

Dans une lettre datée du 21 avril 184C, j'écrivais encore ce qui suit :

« Je vous ai dit à peu près ce que je pensais de rétal d'esprit de certains soldats, soit dans les lettres que je vous ai écrites, soit dans celles adressées à mes amis qui ont dû vous les communiquer.

(( Ce qui est la plaie de l'armée, ce sont les remplaçants, ce sont eux qui forment la catégorie des vieux soldats, et quels soldats !

« Pour vous donner une idée de la bêtise de ces honimos, je vais vous raconter un fait qui vient de se passer dans ma chambre qui est pourtant une des mieux composée du bataillon :

« Deux vieux remplaçants assis a califourchon sur un lit jouaient aux cartes a un liard * la partie. Tout e^ft relatif, ils mettaient autant d'acharnement a f^'iigner un liard que d'autres joueurs plus fortunéij en auraient mis en jouant un louis d'un seul coup.

« Ils se querellent, l'un prétend que l'autre Ta volé, qu'il triche; bref, il refuse de lui donner son liard. Ils se disent des injures tellement grossières que je ne vous les rapporterai pas. Ils se battent a coups de poing se roulent sous les lits, on les sépare et le lendemain ils vont sur le terrain (se battre en duel).

(( J'ai fiiil tous mes efforts pour arranger l'affaire, j ai perdu mon temps, Iqs insensés n'ont rien voulu entendre.

'( Savez-vous quel a été le résultat de tout ceci ?

' Petite juannaie; il eu fallait quatre pour îaire uu ^o\x*

12À MeMOIHES Et SOUVENIRS

Le volé, plus faible que Tautre, avait déjà reçu les coups de poing ; c'est encore lui^qui a reçu dans le bras un coup de fleuret démoucheté et, comme il avait provoque son adversaire en duel, on lui a inflige quatre jours de salle de police. »

A Metz, je retrouvai des coutumes que j'avais vues il Besançon, entre autres celles de jeter par les fenêtres des dragées et des bonbons à Toccasion d'un baptême et de faire cadeau aux enfants d'œufs rouges le jour de Pâques.

' Un vendredi soir, en me promenant, je passai près de la sj'nagogue ; je fus invité par un israélite à y entrer. C'était, a ce que me dit mon introducteur, Tanniversaire du passage de la mer Rouge ; le rabbin chantait ainsi que deux assistants qu'il avait a ses côtés. A la fin de chaque strophe ou verset, les auditeurs chantaient en chœur une espèce de refrain, en s'accompagnant de gestes et de balancements do corps qui paraissaient cadencés. Tout d'abord, j'eus envie de rire, mais je me suis retenu, craignant de froisser les croyances de ceux qui m'entouraient, puis je pensai que les juifs pourraient rire aussi de la posture des catholiques quand ils baisent la terre.

Chaque peuple a ses usages ; les Israélites, bien que vivant au milieu d'autres nations depuis des siècles, ont conservé ceux de leurs ancêtres.

En sortant de la synagogue, plusieurs ^vsiC'^ \x\fô prièrent de reinoiiter leurs mouVve^, ^v^\fô^^^ ^\?^ le sabbat était commence el que \ewv v^v^v^^"^^^

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