‹ Mémoires et souvenirs de Sébastien CommissaireChapitre 42 sur 89 · PREMIERS MOIS PASSES A LA CASERNE · texte numérisé non relu

PREMIERS MOIS PASSES A LA CASERNE

défentlait do se livrer a un travail quelconque pendant la fête.

Je ne pus ni'empêclier de faire cette réflexion : ^< Voilà des hommes singulièrement égoïstes, s'ils croient réellement qu'ils se damneraient en remon* tant une montre le jour du sabbat ; ils doiviMit penser que la damnation est encourue par celui qui se livre a ce petit exercice pour leur compte ; et cela ne leur fait rien, ils ne frémissent pas en fournissant a un autre individu les moyens de mériter les peines'éteriielles. » Ces sectaires qui craignaient de s'exposera ] . la colère de Dieu en se livrant a une petite occupa- ? lion manuelle venaient, le sourire sur les lèvres, nie prier de m'y exposer à leur place ; cela me parut peu fraternel. Ce qui est repréhensible pour eux doit l'être aussi pour moi, ou bien ils ne croient pas à un seul Dieu, père de tous les hommes, et, dans ce * cas, ce sont dos vaniteux, des égoïstes qui croient appartenir à une race privilégiée. Que l'espèce humaine est bizarre !

Un ordre du ministre de la guerre, en 1840, prescrivit a tous les chefs de corps d'organiser des écoles de musique vocale dans les régiments où il n'eu existait pas encore.

On disait que depuis longtemps déjà la musique . vocale était enseignée aux soldats allemands. On pensait que c'était un moyen de civilisation parce ÇueJa musique, (/i.sait-on, adoudV\e§» vcvcjiwv^w l>o cojnmandant M choisir daws \vi^ i:o\\\\i^^ivCv\ï5.

des élèves moniteurs qui devaient dans la suite apprendre la musique a leurs camarades du bataillon. Je fus désigne, a ma grande joie; c'était un moyen pour moi d'apprendre h solfier, etc.

L'école qu'on devait fonder n*a jamais existé qu'à l'état de projet. On eut l'air de s'en occuper tout doucement, puis quelques semaines avant la revue du général-inspecteur, on adjoignit aux élèves moniteurs tous les clairons alin de présenter au général un nombre respectable d'élèves pour faire croire à l'existence de récolo de musique, et on nous fit apprendre rapidement trois ou quatre chœurs.

Enfin le général-inspecteur arriva ; c'était un grand beau vieillard, un peu sec, mais d'une physionomie agréable.

Quand on nous fit chanter en sa présence, nous n'étions pas suffisamment préparés, nous chantions faux; ceux qui faisaient la même partie n'attaquaient pas ensemble, c'était épouvantable ; les ténors finissaient hi mesure en avance sur les basses; jamais nous n'avions aussi mal chanté; cela tenait sans doute a l'émotion qu'éprouvaient mes camarades : ils voulaient trop bien faire et n'aboutissaient qu'à produire une aflreuse cacophonie. Le chef de musique battait la mesure avec rage, il était tout en sueur et s'attendait à recevoir des reproches.

Mais quel ne fut pas sa surprise ! Au lieu de reproches, le général nous félicita sur la manière brillante dont nous avions enlevé les morceaux que nous avions chantés. Je ne savais ce c\v\v^ ^\\gcC\^^\^^ ^^^ êJoges immérilés. Quelques jowvs vx^v'^^, y^"^ ^OkVix^:

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