CHERTE DES SUBSISTANCES A METZ
remarquer que presque tous les chefs, à cette époque, juraient comme des enragés. Ils avaient Taîr de croire que leurs discours avaient plus d'énergie. Ils s*imaginaient probablement que c*étaient les s... n... de D... qui faisaient obéir.
Le sentiment du devoir chez les uns et la crainte d'être punis chez les autres faisaient beaucoup plus que tous les jurons dont étaient émaillés les discours des grands et petits chefs de Tarmée.
Ce vieux sergent n'admettait pas la moindre observation de ses inférieurs. En récitant la charge en douze temps, il m'arriva un jour de dire à la place de ces mots : porter les yeux sur le bout du canon, ceux-ci : porter les yeux sur l'extrémité du canon. 11 s'emporta et me menaça de quatre jours de salle de police, parce que je m'étais permis de dire que l'extrémité ou le bout du canon signifiaient la même chose.
A la promotion du V^ janvier, j'étais en tête de la liste des élèves caporaux, mais le commandant ne voulut pas me nommer à cause de mes opinions politiques ; il raya mon nom en disant : « C'est encore trop tôt, nous verrons plus tard. »
Au commencement du mois de février, il se produisit une vacance parmi les moniteurs de Técole régimentaire. Le moniteur général était un ex-institour, engagé volontaire, bon garçou, vcv^\s \'j.iivteux^
pédant et n*ayant de Testime que pour ceux qui avaient à peu près les mêmes connaissances que lui. Son ba* gage scientifique était peu considérable. Il avait alors le grade de sergent et loffîcier directeur des écoles du bataillon le chargea de choisir un moniteur en remplacement de celui qui manquait. Il réu^ nit une vingtaine de chasseurs pris dans toutes les compagnies parmi ceux que Ton supposait aptes à remplir cet emploi. Je me trouvai de ce nombre.
Mes camarades furent presque tous interrogés avant moi. Le moniteur général adressait aux candidats des questions sur la grammaire, sur l'arithmétique et enfin il leur demandait, je n*ai jamais su pourquoi, s*ils savaient ce que c*était que le nadir; aucun ne sut le dire, ils furent ions coites.
Mon tour arriva. Je répondis aux questions qu'il m'adressa sur la grammaire et sur l'arithmétique, puis la fameuse question du 7iadh'' me fut faite.
Au moment où j'ouvrais la bouche pour répondre, il me dit:
— Vous ne savez pas non plus ?
— Pardon, mon sergent. Le nadir est un point vertical pour chaque lieu de la terre; il est opposé au zénith ; le zénith est sur nos têtes et le nadir est sous nos pieds.
— Très bien, me dit-il, et comment savez -vous cela ?
— Je me suis occupé quelque temps d'astronomie et c*est en étudiant cette science que j'ai appris ce qu'est le nadir.
Je fus admis d'emblée; me^ twci^T;A<^'^^ ^x^sr^^^s^