ARRIVEE A STRASBOURG
Les capitaines avaient recommandé de crier : * Vive le roi ! en passant devant le monarque. Les officiers criaient : Vive le roi I en saluant avec leurs sabres, mais je vis avec plaisir que les soldats restaient silencieux. Les cris poussés par les chefs n'avaient point d'écho dans les rangs. Le lieutenant do ma compagnie, qui marchait on serre-file, disait aux chasseurs : « Allons, criez donc, tas do cochons! » Los soldats restèrent sourds, malgré cet encouragement.
A l'issue do la revue, le roi fit distribuer à chaque soldat cinquante centimes et un demi-litro de vin, le tout, disait-on, avec l'argent de sa cassette particulière.
Lo soir, il y eut beaucoup d'hommes qui étaient ivres ; ils criaient alors : Vive le roi !
Avant la distribution d'argent et do vin, point de cris, mais, après, de nombreux vivats on l'honneur de celui qui régalait.
Il y a du chien dans l'homme, pensai-je, il aboie pour celui qui lui donne la pâtée.
Le 30 septembre, le 2^ bataillon de chasseurs d'Orléans quitta le camp et prit la route de Strasbourg, où il allait tenir garnison.
Après avoir passé quelques jours dans ma nouvelle garnison, j'écrivis h ma famille ; je lui parlais de ce que j'avais vu de plus remarquable, et je donnais les détails suivants sur l'horloge de la cathét/rûJe :
« Ce que j'ai trouvé de plus curieux à examiner, c est l'horloge astronomique. Quelle complication : c'est un travail immense, mervoîlloux. Pour vous en donner une idée très imparfaite, je vais essayer de vous en faire de mémoire une petite description.
« Ce qui frappe d*al)ord les regards, c'est le comput ecclésiastique qui iiulique lo nombre d'or, le cycle solaire, les épactes et la lettre dominicale ; ensuite, il y a une grande roue ou cercle qui sert de calendrier ; on y voit le nom du jour, celui du saint et le quantième ; elle ne fait qu'un tour par an. Au milieu de ce cercle, se trouve le Soleil qui se lève et se couche à des heures qui varient selon les saisons. 11 y a aussi une boule représentant la Lune et indiquant ses différentes phases.
« Au-dessus, on voit deux génies, dont l'un tient un timbre d'une main et de l'autre un marteau : il frappe les quarts, les demies et les heures ; l'autre génie tient un sablier qu'il renverse toutes les heures. Un peu plus haut, il y a deux niches : les sept jours de la semaine se suivant sortent de l'une et entrent dans l'autre. A minuit, le jour change. Le dimanche est représenté par Apollon, le lundi par la Lune et les autres jours par Mars, Mercure, Jupiter, Vénus et Saturne. Tous ces dieux mythologiques sont assis sur des chars.
« Plus haut encore, il y a la Mort près d'un timbre sur lequel se répète les heures que le génie frappe au-dessous. Le quart est frappé par un enfant, la demie par un adolescent, les Iyo\s v\yvTwV% \\v^ n\:^ homme mùr, les quatre ciuavU \)aY \\\\ x v^'^v>cc^ ^"^