‹ Mémoires et souvenirs de Sébastien CommissaireChapitre 59 sur 89 · MON ARRIVÉE A PARIS. -* LE 13 JUIN · texte numérisé non relu

MON ARRIVÉE A PARIS. -* LE 13 JUIN

La diligence, garnie de drapeaux, avait été remarquée dans le trajet de la barrière à la place Notre- Dame-des-A'ictoires. Les limiers de la police accoururent pour se renseigner; ils virent descendre de la voiture mon collègue Beyer, lequel, cédant sans doute à une fantaisie d'artiste, avait apporté à Paris un grand sabre de cavalerie. Le lendemain, un journal bonapartiste, qui recevait les confidences de la Préfecture de police, lit un article sur notre arrivée. Il prétendit que nous avions apporté tout un arsenal; on civait même remarqué, disait-il, sur Timpériale de la diligence, un canoriy et il concluait en disant que nous étions venus évidemment avec Tintention bien arrêtée de renverser le gouvernement.

Les journalistes à la solde de la réactvovi ^^^^ V^^^ mêmes dans tous les temps; ce\m ^^ \&^îà \vx^«^

MON ARRIVÉE A PARIS m

autant d'effronterie et de mauvaise foi qu*on peut en imaginer.

Je ne connaissais personne à Paris, c'était la pre* mière fois que j'y venais; mes collègues décidèrent de loger à l'hôtel Corneillet à côté de TOdéon; je fis comme eux.

A peine arrivés dans notre logement, deux représentants du Bas-Rhin, partisans de la doctrine de Fourrier, me proposèrent de les accompagner dans les bureaux du journal la Démocratie pacifique^ pour faire une visite à M. Victor Considérant. J'acceptai avec empressement. J'avais lu la Théorie des quatre mouvements^ ouvrage de Fourrier, dans lequel se trouve toute la doctrine de Y École pha-lanstérienne\ j'avais lu aussi les écrits des principaux apôtres du f ouvriérisme .

Le phalanstère n'a guère trouvé de partisans dans la classe ouvrière. La répartition des bénéfices n'était pas en harmonie avec les idées égalitaires des travailleurs qui s'occupaient de questions sociales; les parts de bénéfice faites au capital et au talent étaient trop considérables par rapport à celle qui restait au travail. La raison qui empêchait les ouvriers de devenir phalanstériens était précisément celle qui flattait le plus ceux qui acceptaient la doctrine de Fourrier, lesquels appartenaient en grande ' majorité à la classe bourgeoise.

Quoique non partisan du phalanstère, j'avais néan-

^ Journal phalanAtérien rédigé par MM« Victor CoDsidéranf, CaatagreU Hennequin, Mjre 'ButeaM, ^V^.^ ^Vr* .

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moins beaucoup de sympathie pour M. Victor Considérant et pour ses collaborateurs; je les aimais comme des philanthropes qui voulaient sincèrement améliorer la condition du peuple.

M. Victor Considérant nous fit un excellent accueil. Après avoir causé quelques instants avec nous, il nous dit qu'il était l'heure d'aller à l'Assemblée. Nous nous disposions à le quitter lorsqu'il nous proposa d'aller avec lui .

Vous verrez quelques-uns de nos nouveaux collègues, ainsi que quelques anciens qui n'ont pas été réélus. La proposition fut acceptée par mes amis et par moi.

C'est en compagnie de M. Victor Considérant que j'entrai la première fois dans le Palais -Bourbon. Ce jour-là, j'eus l'honneur de voir plusieurs représentants non réélus que je n'aurais jamais vus sans notre visite au chef de l'école phalanstérienne. Il y en a un surtout dont j'ai conservé un excellent souvenir, je veux parler de M. Audry de Puyraveau qui me fit un accueil cordial auquel j'étais loin de m'attendre.

J'allai ensuite à la questure porter mon acte de naissance et donner mon adresse ; puis, le soir, en compagnie de mes collègues du Bas-Rhin, j'allai à la réunion de la Montagne (extrême gauche de ce tempslà), rue du Hasard, G. M. Deville présidait la séance; plusieurs membres de la réunion parlèrent, notamment MM. Ledru-RoUin, Félix Fiat, Gent, GamboD, etc.

xMON ARRIVEE A PARIS »

A la fin (le la séance, j'entendis le président se plaindre à un de ses amis de Tun des orateurs. Ce citoyen avait parlé à plusieurs reprises et toujours avec une grande volubilité ; c'était un Méridional. M. Deville disait de cet orateur : « Sa parole coule sans interruption comme Teau d'un robinet; s'il ponctuait seulement, on pourrait encore le supporter, mais tout se tient, on ne sait comment il peut respirer. »

L'Assemblée constituante finit ses travaux le 29 mai 1849 et, le jour suivant, l'Assemblée législalative se réunit, de sorte qu'il n'y eut pas d'interruption dans le pouvoir législatif.

M. de Kératry père fut appelé à présider TAssemblée comme doyen d'âge, et les six plus jeunes représentants furent invités a compléter le bureau en qualité de secrétaires provisoires : c'étaient MM. Estancelin,(le Goislin, D. Ba ncel, Boch, A. Roland et moi

Nous accompagnâmes M. de Kératry dans les salons de la présidence où nous trouvâmes les membres (lu bureau de l'Assemblée constituante, présidés par M. Armand Marrast, lequel fit un petit discours pour transmettre le pouvoir à son successeur provisoire.

Le doyen d'âge se rendait tous les jours dans ce même salon, les secrétaires provisoires venaient l'y rejcTindre avant la séance publique et, quand Theure était venue, tous se rendaient dans la salle où siégeait l'Assemblée dans l'ordre suivant : Le président précédé des huissiers ouvrait la marche, les secrétaires le suivaietvV. sut uw T^xv^,\jfô3. \.twi\^%

de service formaient la haie de chaque cô.té tout le long des couloirs et présentaient les armes tandis que les tambours battaient aux champs ; c'était le même cérémonial chaque jour.

La première fois que j*entrai dans les salons de la Présidence, j'éprouvai une impression singulière; je regardais les peintures et les dorures avec admiration, je n*avais jamais vu de riches salons. Mes souvenirs se portaient malgré moi sur la pauvre mansarde non plafonnée que j'avais habitée avec ma famille pendant plusieurs années» où Thiver ou entendait gémir la bise qui s'engouffrait entre les tuiles. Ceux qui habitent ces palais, me disais-je, doivent être heureux, rien ne leur manque; ils ne songent guère à ceux qui, privés de tout, vivent entassés dans des logements étroits et malsains.

M. de Kératry était hostile à la République et aux républicains. Je l'avais trouvé bref et sec dans sa réponse à M. Armand Marrast, ancien président de TAssemblée constituante. Dans le cours d'une séance publique, il fut presque insolent avec M. Ledru- Hollin. Indignés des procédés du président, les trois autres secrétaires provisoires républicains et moi, nous donnâmes notre démission.

L'Assemblée était dans un état d'agitation extrême, la droite debout menaçait la gauche, et celle-ci était tout aussi animée.

Le maréchal Bugeaud monta à la tribune pour la dernière fois de sa vie et fit entendre de sages paroles; c'est à cette occasion qu'il dit que tes majorités ^wv\. tenues à plus de calme que les wmorxlè^*

MON ARRIVEE A PARIS m

La tempête 8*apaisa, les secrétaires furent invités à reprendre leur place au bureau et la séance se termina sans autre incident.

Les nouveaux représentants sont exploités de toutes les manières. Paris renferme une foule d'industriels qui sont à raffut de toutes les occasions. Les uns veulent faire votre portrait, d'autres vous harcèlent pour avoir des renseignements afin de faire votre biographie ; celui-ci vous propose de souscrire pour fonder un journal qui doit soutenir vos opinions; celui-là vous offre des billets de loterie, ou c'est un écrivain inconnu qui n'a pas d'argent pour faire imprimer des brochures destinées a républicaniser les électeurs des campagnes, etc., etc. Puis il y a les solliciteurs; les uns voudraient un emploi, les autres la croix ou un bureau de tabac; viennent ensuite les mendiants de toutes sortes qui vous assail lent, et enfin une autre variété de mendiants, les fleuristes, qui vous apportent des bouquets au nom des dames de la Halle.

Un matin je reçus la visite d'une dame qui venait me demander de l'argent. Elle avait lu dans les journaux que j'étais né à Dole (Jura). Elle m'aborda le sourire sur les lèvres, me disant :

— Bonjour, Monsieur Commissaire, je suis Madame une telle, vous devez me reconnaître, vous me connaissez, n'est-ce pas ?

— Non, Madame, je ne me rappelle pas vous ^ avoir jamais vue.

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— Mais je suis de votre pays pourtant, je suis de Dole,

— Il n*y avait pas encore deux mois que j*étais né lorsque mes parents me firent quitter mon pays natal ; vous voyez, Madame, que je suis bien excusable de ne pas vous reconnaître.

Ma réponse parut la contrarier, elle finit par me laisser tranquille.

Les Alsaciens résidant à Paris donnèrent un banquet, le 10 juin 1849, en Thonneur des représentants républicains élus dans les départements du Haut et du lias-Rhin. Plusieurs toasts furent portés à la République. M. Lagrange, l'ancien combattant de 183-i, a Lyon, passa près de l'établissement où la fête avait lieu ; il fut reconnu par des ouvriers qui le saisirent et le portèrent en triomphe jusqu'à la tribune. Les diverses propositions d'amnistie qu'il avait faites h la Chambre l'avaient rendu extrêmement populaire dans les faubourgs ; ému de l'ovation qu'on lui faisait, il prononra quelques paroles chaleureuses qui lui attirèrent de nombreux applaudissements.

Ce banquet se serait très bien passé si un personnage dont les allures m'avaient déjà parues singulières à Strasbourg, n'était venu, à la stupéfaction générale, porter un toast au choléra. « Je bois au choléra, dit- il, celui-là du moins respecte régalité. Au choléra qui vient d'emporter le maréchal Bugeaud. ))(Le maréchal èlî\\\.mov\.Oi^w^\^^'^^^^'^^

Les journaux de la réaction s'emparèrent de ce toast abominable pour jeter la déconsidération sur le parti républicain. Les meilleures causes sont souvent compromises par des exagérés qui jouent le rôle d'agents provocateurs à leur insu.

Les élections du 13 mai 1849 n'avaient pas répondu aux espérances des républicains. Dans un grand nombre de départements, la coalition des rovalistes de toutes couleurs, aidée de Tinfluenee des prêtres, avait fait nommer ses candidats, de sorte qu'a la majorité républicaine de rAssemblée constituante succédait une majorité royaliste considérable, unie toutes les fois qu'il s'agissait de prendre des mesures qui devaient nuire à la République. D'un autre côté, le président Louis Bonaparte inspi* rait une légitime défiance soit à cause de son passé, soit à cause des persécutions qu'il faisait exercer contre les républicains.

En outre, au mépris du paragraphe 5 du préambule de la Constitution de 1848 et en violation de l'article 54, il ordonna aux troupes françaises de prendre la ville de Rome de vive force et de détruire la République romaine.

Au début de la séance, le 11 juin 1849, M. Ledru- RoUin, qui devait interpeller le gouvernement sur l'illégalité de l'expédition de Rome, déclara les interpellations inutiles vu les ordres donnés à l'armée exj)éditionnaire d'Italie etdéçosa une demande de mise

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eu accusation du Président de la République et de ses ministres.

Voici le texte de cette pièce :

Les citoyens représentants du peuple soussignés proposent a rAsscmblée nationale le décret suivant : ils demandent Turgence et le renvoi immédiat dans les bureaux :

L*Assemblée nationale législative,

Vu le paragraphe 5 du préambule de la Constitution amn '

conçu :

« La République française resi)octe les nationalités étrangères comme elle, entend faire respecter la sienne, n*entrepi*end aucune guerre dans des vues de conquête etn*emploie jamais ses forces contre la liberté d*aucun peuple » ;

Vu Tarticle 5i de la (lonslitution ainsi conçu :

« Le Président veille à la défense de TËtat, mais il ne peut entreprendre aucune guerre sans le consentement de l'assemblée nationale » ;

Vu enRu le paragraphe premier de Tarticle 08 de la Gonsti* tution ainsi conçu :

« Le Président de la République, les ministres, les agents et dépositaires de Tautorité publique sont resi)onsables, chacun en co qui le concerne, de tous les actes du gouvernement et de Tad* ministration »;

Considérant que le corps expéditionnaire aux oinlres du général Oudinot a, contrairement aux votes du 17 avril et du 7 mai dernier de TÂssemblée constituante, été dirigé contre la liberté du peuple romain;

Que d*autre part, la guerre contre Rome a été entreprise non seulement sans le consentement de TAssemblée nationale, mais encoi*e au mépris de la volonté formellement exprimée par elle de ne ))oint attaquer la République romaine ; considérant que ces faits constituent le crime de violation des paragraphes 5 et 54 précités, Décrète :

Le citoyen Louis-Napoléon Bonaparte^ président de W Bl4publique, et les citoyens OdUon BattoX^ ^x^SSsXn Xar.^^'^^^

Rulhière, de Tracy , Passy, Drouin de THuys et de Falldux, ses ministres, sont accusés d*avoir viole la Constitution. Lanciolpko, Heitzmann, Rougeot, Bertholon, Mathé, Rolland, Gendriez, Racouchot, Martin Bernard, Anstett, (îaston Dussoubs, Faure, Ratticr, Enncry, Fargin FayoIIe, Pelletier, Combier, Pflieger, Baudin, Viguier, Boch, JoIIivet, Cbovelon, Greppo, Ricbardct, Fond, Sartin, Labrousse, Hofcr, Lasteyras, Monnicr, Saint-Marc-Rigaudic, Breyniand, Sonnicr, Cassai, Chouvy, Janicot, Arnaud (du Var), Salmon, Suchet, Benoît, Rouet, Savoie, Avril, Terrier, Jcbl, Pons-Tcnde, Yauthier, Dupont, Daniel Lamazière, Rouaix, Cantagrel, Miot, Michel (de Bourges), Malardier, Louriou, Pilhes, Rochut, Commissaire, Détours, Devilie, Roiijat, Roselli-Mollet, Nadaud, Anlony Thouret, Montagut, Laclaudure, Mnrc-Durraisse, J. Maigne, Gilland, Délavailade, (Jambon, Richard (du (Santal), Pierre Leroux, Dui*an(l- Savoyat, Glaizal, Laurent, Rolïcrt, Pierre Le Franc, Guitcr, Cholat, Hour/at, Chavoix, Mcnsild, Denayrousse, Penièrcs, (îuisard, Mie (Auguste), Vignes, Chaix (Hautes- Alpes), Noël l*arfait, Bandsept, Hancel, Wacheresse, Kopp, Testelin, Latradc, Douti'e, Pascal Duprat, Hrives, Boichot, Ver.signy, Hruckner, Delebecque, Duché, Fawlier, Westercamp, Beyei* (Eugène), Considérant, Renaud, James Demontry, Derucy, Baune, Boissot, Bruys, général Rey (Tarn), Saint-Ferréol, Rantian, Bouvet (Aristide), BajanI, Beliii, Jules Leroux, Curnier, Sautayra, Tamisiér, Saint- Romme, Delbrel, Piat (Félix), Vasseur (Louis), Repeliin, Barrault (Kmile), Péan (Emile), Micliot Boutet, Moi*eUet, Lamennais, Lafon, Crépu, Martin (Alexandre), Ledru- Rollin, Besse, (Tarn), Arago (Kmmanuel), Frichon, Charra."*, Ceyras, Ducluzeau, Madesclaire.

M. Ledru-Rolliii termina son discours en réponse à M. Odilon IJarrot par les paroles suivantes :

« Les faits sont là, les textes de nos décisions -sont explicites, vous a\w. xcvîivv^^ \i x^Vc^ ^f^^v:^

02 MEMOIRES ET SOUVERIRS

rous avez manqué a votre mission. La Constitution îst violée, nous la défendrons par tous les moyens possibles, même par les armes. »

Rappelé a l'ordre, le citoyen Ledru-Rollin ajouta :

« L'article 110 de la Constitution déclare ceci : La Constitution est confiée au patriotisme de 'oiis les Français. »

« J'ai dit et je le répète, la Constitution violée sera lèfondue par nous, même les armes h la main. »

Ces paroles étaient excessivement graves ; pronon- :éespar M. Ledru-RoUih qui était alors le chef du mrti républicain, elles équivalaient à une déclaration le guerre.

La Montagne, pourtant, n'avait pas été consultée 3t n'avait pas autorisé le grand orateur a l'engager imprudemment et témérairement.

Les représentants de la Montagne auraient pu ne pas accepter la solidarité de cette déclaration, ainsi [jue l'ont fait les autres républicains de TAssèmblée* M. Ledru-Rollin aurait perdu un peu de son prestige, mais on aurait épargné h la République tout le mal que la journi^e du 13 juin lui a fait.

Par entraînement les hommes politiques sacrifient quelquefois l'intérêt de leur parti acelui d'un homme. Voilà le danger des idoles !

Sur les interpellations de M. Ledru-Rollin, l'ordre lIu jour pur et simple fut adopté par 361 voix contre 203.

Dans la soirée du 11, des dëlë^vx^^ ^^\^ ç.wftxîv\s.-

sion des vingt-cinq* vinrent h l«a réunion de la Montagne; ils étaient impatients, ils poussaient énergîquement h une prise d'armes, et lorsque des représentants leur disaient : « Notre appel ne sera pas entendu, le peuple en masse ne se lèvera pas; les événements de juin 1848 ont enlevé la partie la plus énergique du parti socialiste; d'un autre côté, le choléra moissonne chaque jour quatre ou cinq cents victimes, il y a peu de familles qui n'aient à pleurer ou à craindre pour l'un des siens; le moment est mal choisi, nous marcherons h une défaite certaine, il vaut mieux, dans l'intérêt de la Répuhlique, attendre des conditions plus favorahles » : ah ! voila le mot lâché, il faut attendre. Vous pouvez attendre vous qui awe7s vingtcinq francs 2^ctr Joii)\ etc.

Ces Messieurs de la commission des Vingt-cinq affirmaient que la population était prête, qu'elle n'attendait qu'un signal pour courir aux armes et renverser le gouvernement de Bonaparte.

U y n des représentants sur lesquels pèse une grande responsahilité.

Lorsque la question fut agitée pour savoir quels étaient les moyens qu'on emploierait pour donner suite à l'engagement pris par M. Ledru-RolliUj divers représentants supputaient les chances bonnes et mauvaises de la situation eu cas de lutte armée. Un représentant dit qu^il avait à sa disposi-

i Cette commission avait été nommée par le comité électoral de PûriSf du 13 mai 1849; elle èVavV Çotmè^^ft ^^% ^x\vi€\\iw«.TDL«sE\îk^

tien trois mille hommes armés de pied en cap; un autre renchérit et déclara qn'il avait dix mille hommes organisés en sections» tous armés et prêts au premier signal; enfin, un troisième parla de quarante mille liommes armés et prêts à marcher» etc. : c'était une véritable armée.

Toutes ces légions de combattants n^existaient que dans rimagination de ces députés» les événements Tout bien prouvé.

Je rappelle cela parce que ces déclarations» j*en suis convaincu» faites par des représentants qui habitaient Paris, ont dii influer sur les résolutions de leurs collègues qui arrivaient de la province.

Le 12» les journaux républicains publièrent les proclamations suivantes :

PROCLAMATION DE LA MONTAGNE AU PEUPLE, A LA GARDE NATIONALE ET A L*ARMÉE

La majorité de rAssembléc législative vient de passer dédaigneusement à ToiHlre du jour sur les affaires d*Italie.

Par ce vote la majorité s*est associée à une politique qui viole la Constitution.

Nous avons déposé un acte d'accusation contre le pouvoir exécutif, nous le soutiendrons demain, nous voulons épuiser tous les moyens que la Constitution met entre nos mains.

Que le peuple continue à avoir foi en ses représentants comme

ses représentants ont foi en lui.

(Suivent les signatures.)

Nous, rédacteurs de la presse républicaine, nous membres du Comité démocratique socialiste, nous disons au peuple dû «a tenir prêt à faire son devoir.

La Montagne fera lo mn jusqu*au l)OUt.

Nous avons sa i>ai*olc.

Cinq représentants ont été délégués par elle pour aviser»

Tous les républicains se lèveront connue un seul lioinroc.

Les Membres de la presse républicaine»

Les Membres dit Comité démocratique socialiste.

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