MA NAISSANCE. — MES PREMIÈRES ANNÉES
Il y avait à peine dix mois que mon père s*était remarié* lorsque le besoin de mouvement qui Ta tourmente toute sa vie se fit sentir impérieusement. Il avait la nostalgie, il désirait revoir la Franche-Comté, son pays nalal, pays qu'il a aimé d'un ardent amour jusqu'à sa fin. Il vendit de nouveau ses meubles, ses chaudière? et son métier de tisserand, acheta un cheval et une voiture, mit ses enfants dessus et reprit la route de la Franche -Comté. Ma mère était déjà indisposée et touchait presque au terme où elle allait me donner le jour.
Un de mes oncles paternels habitait Dôle (Jura); mon père résolut de s'y fixer pendant quelque temps.
Quinze jours après être arrivée dans cette ville, ma mère me mit au monde, le 10 septembre 1822. Elle n'avait rion de ce qui est nécessaire en pareille circonstance, elle était dénuée do tout. Ma mère me l'a dit souvent. Je suis né au miHeu de la misère. Mes frères et sœurs, surtout les plus jeunes, sont nés dans des temps relativement heureux.
On me donna pour parrain un cousin germain de mon père, M. Sébastien Brun, ancien soldat, exmaitre d'armes, alors imprimeur et professeur d'escrime au collège de Dole. C'était un excolle nt