COUPLET
Descends, descends, viens fonder sur la tert*e Le culte saint de la fraternité.
Viens nous guider au but humanitaire Par le travail et par la liberté.
toi, qu'implore ici notre prière, etc.
Le nom de l'auteur n'est pas parvenu jusqu'à moi; cela s'explique très bien : les tribunaux n'auraient pas manqué de condamner sévèrement celui qui se permettait d'appeler le roi un monslre impHi\ etc.
Durant notre séjour à la Conciergerie, nous n'avons eu que deux gardiens : l'un, dèyoi vv^^è, ;iNQ.vt blaiichi
dans le service des prisons ; il racontait, quand nous voulions récouter, des anecdotes sur les grands criminels qu'il avait été chargé de surveiller ; — Tautre, quoique plus jeune, avait gardé le prince Louis - Napoléon Bonaparte pendant sa captivité au château fort de Hani, captivité assez douce, si Ton en croit les récits de cet lionime, comparativement à celle que subissent les condamnés politiques moins fortunés que celui qui devint l'empereur Napoléon III.
Dans le courant du mois d'août, la directrice, qui • n'avait rien a diriger ou à garder, puisque nous occupions la place des femmes, loua une i)artie de son logement à une dame condamnée h deux ans de prison pour adultère. C'était une jolie brune au teint mat. En la voyant, on ccmiprenait qu'elle eût pu inspirer une passion très vive a son complice.
La sœur de cette dame venait la voir de temps en temps, et toutes deux chantaient pour se récréer ; leurs fenêtres étaient ouvertes, cela nous permettait de les entendre. Ces voix déjeunes femmes rompaient un peu la monotonie qui régnait dans notre petit préau.
En face de ma cellule, au-dessus du cachot de la reine Marie -Antoinette, il v avait des cellules habitées alors par MM. Proudhon, Guinard, Hubert et par le complice de notre charmante voisine. Ce dernier, jeune, ardent, devait s'ennuyer beaucoup ; il s'agitait énormément dans sa petite chambre, a en juger par le bruit qu'il faisait. 11 passait une partie de la journée à chanter avec force.
Ses morceaux i)référés étaient les suivants :