MÉMOIRES RT SOUVENIRS
royale, et c'iestà un vieillard courlandais, atta- .ché au service de France, et à des Suisses, que Ton confie des destinées si précieuses. Dans cette capitale si populeuse > où tant de braves gens pouvaient secourir le monarque^ on. ne sait pas lui en procurer plus de quatre cents. Le roi pouvait du moins exalter sa troupe par sa présence et son courage ; il l'abandonne au moment décisif pour aller se réfugier au milieu de ses plus truels ennemis. Du côté des conjurés,, le plan d'attaque était bien combiné; l'avant-garde était composée des Marseillais, et d'hommes fonatisés qui bravaient le danger , et pour lesquels la mort était un glorieux martyre. L'armée était protégée par cinquante pièces de canon bien servies ; ils avaient aussi des chefs déterminés. Parmi eux se distinguaient Westermann , Alsacien /qui depuis s'est fait dans la guerre de la Vendée une réputation fameuse; Rhagowsky, Polonais réfugié.
C'était un homme instruit, et attaché à l'éducation des fils d'un des plus grands seigneurs de France. Forcé de quitter son pays, après y avoir combattu pour la liberté , il avait apporté dans sa. patrie adoptive toutç la haine qui l'animait contre les trahisons cle son souverain. Louis XYI lui parut aussi coupable que Poniatowski, et il
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semble que, dans cette journée du lo août,. il ait voulu venger la Pologne de l'indifférence cou^ pable que témoigna pour elle le cabinet de Ver«. saiUes à l'époque de ses premiers malheurs. Il périt dans cette journée à la tête de 1^ colonne qu'il commandait.
Les boulets tombaient de tous côtés dans te jardin des Tuileries; je me réfugiai dans la salle dtt corps législatif. Quel spectacle ! Le roi et sa famille étaient pressés dans uiië loge de journalistes , près du président : le roi , immobile, afFectait le maintien d'un spectateur indifférent; la reine pressait doucement ses c^nfans contre son. cœur, çt de temps en temps paraissait étouffer ses sanglots dans son mouchoir. Dans la salle , de» mouvemens d'effroi chez les uns, la fureur et la joie déguisées avec effort chez les autres ; dans tous une agitation, une inquiétude qui né leur permettaient pas de rester en place , et les discussions cependant continuaient avec une ap^ parence de suite sur des objets étrangers à cette affreuse tragédie. Ënân la victoire fut annoncée par les vainqueurs eux-mêmes, jetapt dans là salle les dépouilles du Cbâtfeau, et proclamant le massacre des vaincu^ aux cris féroces de vii>e la nation! mort à tous les trattresl On avait exigé
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du roi, au commenceiBent du combat^ qu'il signât l'ordre au bataillon 8ui$ae qui était à Coqrbevoie de ne pas avascer; et c'est encore wm^ Oîrcenstaace retuarqu^ble que, oe hataillou n'ait pas été appelé pciidant la auit, puisqu'^atn voulait se défendre le matin.
le quittai bientôt ce triste spectacle , et je ine rendis chez le mai^uis de Yerdière. L'infortuné Tieillard n'était pasetiftcore rentré; inaîs il arriva bientôt, mourant de désespjoir et de fatigue. U avait passé la nqit au Château , et ne s'était $auvé que par une espèce de miracle, à trayers une des issues de la galerie du Louvre. Nou$ nous em^ boafisâmes en fondant en larmes. U sentit prquiptement qu'il n'y avait plus de ressource , et je le conjnsrai de dépasser les fRontières k la hâtai U youlaît m'eiQQiener ; mais je lui déclarai qne j'allais ine^-allier auix défenseurs démon pays — Vottre epi^de n'e3t plu& la mienne, lui dis-je, je i»e suis pas né gentilhomme; j'ai payé 199 dette k moxk souverain^, mainteuanit ma patrie me réclame ; je dois; la. défendre contre les étrangers qui veulent se la partager y et je lui resterai fidèle. — Il ft'availi pluf d'illu<»ioiis à me présenter; il céda, et nous BOUS séparâmes pour ne plus nou6 revenir. ]f appris depuis qu'apnès^ avdir fait un pèle*
riiWge ià rarnwe .^e* prïoc«s, /où.il fiUiinal i^eçu, piirpe qu'il airrivfijil: tirpp tanl> ii revint à Fam; qja% y fi^.défOpncé cpauane .émigré rentré, et qu'il péril, pqpiin^ je l'jaii^ty aur l'^échaÊipH.
Le lepdf inaip ^u lo apû|: , lé àoct de la famille royale fut enfin décidé. Elle avait pasué la nuSt dni^s ^<^s cellules du CQ^y^pt d^ F^uiUattSyaujlrès de la sallp de l'A^seroblée. Qp la fit monter dans UP^ ;va&te berline ^ et on la cppduisit en .triompha à la tour d)i Tempjie, 1^ lop^des^bonlevandç, en lui Êii&ant traverser la phcfi Ve»id!anie , où l'on avait abattu déjà la statue équestre de Louis XIV. Je vo.ulai3 jeter un dernier r(^gai^.sur cette auguste famille %vant son eiopri^ionnenient., et je me plaçai dans la foule au mpsient où elle descendit. Parmi les^ens.qui eutauraientJa voiture, je remarquai nj^fi horrible figui^e 4'bQmmfi; la moitié dfs json visagç éfaif; çpi|!i^erXe par une barbe loj^ue et épaisse^. il é)t9it yétu (l'une espèce. de spuqiieaille qui deyinjt jpçm ^prèast^unîlbiwe de la canaille jaçiip^iae; q^Mqiqix^jsp^r^rd B^ hsh gard ^t ^rpuphe, il p^r^i^^ 9ii))iia,rra9sé de. la curiosité iqquiètç de ceux qui L'i^ntPwi^Qnfli. Je demandai quiçl éjtait ce( bompai^;; on me népmir dit: G'^^t lour^^n fl'Avjgnoi),, |o\irdiln Goufte- Tête. Je ne ^}& si l'oi^ m'^ dit la venté » «aiis ce