‹ Mémoires et souvenirs du comte Lavallette, aide-de-camp du général Bonaparte, conseiller-d'état (volume 2)Chapitre 21 sur 33 · CHAPITRE Xlï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlï

Ma mission dans le Tvrol.— Ses dangers.— Préliminaires de Léoben. — Venise est cédée à l' Autriche.

Je fus chargéd'aller chercher le générai Jouber t, et Ton me confia deux compagnies de grenadiers de la 69' et quelques piquets de cavalerie. Le général Zayonjeck, Polonais nouvellement arrivé à l'armée, reçut Tordre de m'appuyer avec quel* ques escadrons de dragons. Tarrivai jusqua Lieuz sans obstacle; mais là des renseignemens

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certains me convainquirent que je ne pouvais pas y sans perdre jusqu'au dernier homme ^ pé* nétrer où étaient nos premières troupes, commandées par le général Belliard. Je voulais ce-* pendant mettre à fin l'entreprise, et ce que je ne pouvais faire avec ma troupe , je pris la résolution de le tenter de flia personne. Je la laissai à Lienz, sous les ordres d*un bon capitaine; je pris avec moi un lieutenant nommé Acyorte, brave et d'un caractère décidé; nous nous je* tames dans une calèche, bien enveloppés de nos manteaux, espérant traverser cette partie du lyrol en la qualité de marchands italiens. Nous, parcourûmes quelques postes siinsétreinqiiiétés. Déjà nous avions atteint les premières maisons de Màlbeichj au commencement de la nuit, lors*que notre voiture fut arrêtée par le curé du lieu , qui me dit en latin : «N'entrez pas; sauvez- vous «dans les montagnes , ou tous êtes perdus, car «vous, êtes attendus , et personne ne pourra vous «sauver. » Depuisma sortiedu collège, j'avais fort négligé la langue latine; je le comprenais peu, je lui faisais répéter son discours, lorsque des cris fiirieux, et la fuite do l'honnête ecclésiastique, nous avertirent qu'il n'y avait pas une minute à perdre. Sautera bas de la voiture, fiiir

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à travers les montagnes/ forent Faffaire d'un instant, dkthés tous deux dans Un fossé, et enfoncés dans la neige jusqu'au cou, nous entendîmes passer les Tyroliens, et les coups de' fusil se succédaient rapidement. La poursuite fut longue et pénible pour nous. Enfin nous nous hasardâmes à changer de position. NAis nous enfonçâmes dans la montagne, et le grenier d'une chaumière nous servit d'asile pendant le reste de la nuit. A la pointe du jour il fallut prendre un parti. Aller en avant devenait impossible; noùs^nous décidâmes à retourner à Lienz à pied^ en èvi*tant soigneusement les habitations. Nous y Réussîmes pendant quelques lieues; mais après de vaines tentatives pour tourner un village^ nous fumes forcés^dele traverser: les paysans étaient réunis dans l'église, dont les portées étaient ouvertes; de vieilles femmes crièrent après nous, et bientôt unedouzaine de paysans les plus agiles nous atteignirent. Il fallut céder- au nombre. Nous ne savions pas assez d'allemand pour nous faire comprendre par des gens qui d'ailleursule parlaient fort mal , et ils ise décidèrent à nous reconduire à Mûlbach. La population. entière dé la ville et des environs s'y était rassemblée. On nous fit entrer à l'hôtel-de- ville ^ situé sur la place. Les

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têtes étaient fort, échauffées , et je m'aperçus, à la terreur peinte sur les visages de municipaux, que notre position devenait dangereuse. Plusieurs de ces brutaux nous. entraînaient déjà, lorsque après m'étre dégagé brusquement deleursmains, je demandai avec chaleur à être entendu; mais l'embarras de m'expliquer se renouvelait. Je m'assis, je pris une plume, et j'écrivis en italien que j'étais aide-de-camp du général en chef Bonaparte , que j'allais porter au général Joubert la nouvelle de la signature d'un armistice conclu avec l'archiduc Charles; qu'on était bien maître de nous assassiner, mais qu'alors, ma mission n'étant pas remplie , la guerre continuerait dans le Tyrol, et que notre mort serait vengée sur les habitans. Cette nouvelle, proclamée du haut du balcon et répétée dans la foule, parvint à la calmçr ; je demandai à continuer ma route, mais les cris recommencèrent. On me permit seulement de retourner à Lienz : nous y fumes reconduits par un gentilhomme et un ecclésiastique respectés des paysans. Je leur donnai, en arrivant, une déclaration qui constatait leur généreuse conduite, et j'espère pouvoir un jour consigner >^ leurs noms, et les recommander à l'iestime des amis de l'huipanité.

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A peine étais-je arrivé à Lienz que j'appris que j'allais être attaqué par les Tyroliens , qui s'étaient rassemblés dans la montagne. Les dispositions des habitans de la Tille étaient peu pacifiques; mais j'espérais leur imposer par ma fermeté. Mon intention ne pouvait être d'engager un combat sans but; je désirais cependant emmener avec moi une cinquantaine de Français blessés 9 que j'avais trouvés à l'hôpital , et qui, prisonniers des Autrichiens, avaient été abandonnés par eux dans leur retraite^ Au moment où je m'occupais des dispositions de transport pour ces malheureux, on vint m'annoncer qu'un des postes placés à la porte de la ville venait d'être égopgé par les Tyroliens, et qu'ils avançaient sur nous. Je retournai à mon auberge pour monter k cheval; mais comme j'en sortais, une douzaine de ces insurgés^ embusqués à trente pas, firent sur moi une décharge qui tua mon cheval, ceux que mon domestique tenait en main , et m'atteignit au ventre par une forte contusion. J'eus le temps de me dégager, et de me iréunir à la troupe : résister dans la ville était une folie; nous en sortîmes, mais à travers une grêle tie balles tirées de^ fenêtres. Les Tyroliens nous attendaient à la porte; il fallut les repousser à la

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baimmette , et nous fôines obligés de nous battre tont en noM retirant jusqo'à SpttaK éloigné de plusieurs lieues. J'y trooTai le général Zayoojeck, qui enfin avait pu passer, et qui se préparait k Tenir me joindre. Otte petite échauiïouree de Lieoz coùt^ cependant vingt-cinq hommes tués ou blessés et trois officiers distingués. Cette perte vûte causa un profond chagrin , et quoique j'eusse fait tout ce que la prudence exigeait, je n'en étais pas moins inquiet de l'impression qu'elle ferait sur le général en chef. Mon rapport m'avait précédé : je fus bien reçu, quoiqu'il me blâmât de m'étre hasardé seul, et sans espérance d'être secouru.

Cependant l'ordre dont j'étais porteur avait été également confié à un officier qui partit de Trente , et qui fut plus heureux que moi : il arriva. Fie général Joubert se h&ta de venir joindre le général en chef avec tout son corps d'armée; mais l'armistice venait d'être signé.

Le général Bonaparte , après le succès de Neu<mark, avait écrit à l'archiduc pour lui proposer la paii:. Le cabinet devienne, fatigué d'une lutte si malheureuse et si prolongée ^ craignant surtout que la perte d'une bataille n'amenât l'en*nemi jusqu'aux portes de la capitale , saisit avec

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empressement le seul moyen qui pût arrêter les Français dans leur course victorieuse. L'armistice fut signé le 7 à Judenbourg, et le 18 octobre le traité préliminaire, par MM. de Gallo et Meerfeld, du côté des Autrichiens; et du coté de la France, par le général Bon^iparte et M. Clarke.

La fin des hostilités et l'espérance d'une paix prochaine et durable furent reçues par les nations belligérantes avec un enthousiasme d'autant plus vif, que, depuis plusieurs années, la guerre n'avait plus pour but , ni la sûreté des peuples , ni la dignité des souverains. Le gouvernement de la république française était reconnu par une partie de l'Europe , et la conquête de l'Italie autrichienne était consommée par vingt victoires. L'empereur ne pouvait pas espérer que l'archiduc Charles, quelques talens qu'il eût développés dans la campagne d'Allemagne , pût venir à bout de vaincre l'armée d'Italie, avec des troupes découragées par tant de défaites , et dont le moral était affecté chaque jour davantage par un système de retraite , dans lequel elle voyait plutôt son infériorité que le plan secret de son chef , qui avait pour but d'attirer l'ennemi loin de l'Italie , d'où il tirait toutes ses ressources.

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Cette marche de Bonaparte à travers les Etats héréditaires, s'obstinant à poursuivre un en-^ nemi qui reculait sans cesse , a étélort critiquée à cette époque,, où l'éclat de sa gloire lui avait attiré beaucoup d'envieux. On a dit que si le prince Charles avait repoussé l'armistice ^ Bonaparte se trouvait alors forcé de le suivre jusqu'aux rives du Danube; et que là , les chances de succès auraient été toutes eu &veur des An^ trichiens ; qu'un premier échec dans cette position, devenait le présage certain d'une dé&ite; qu'alors il ne lui restait aucun moyen de retraite, aucunes ressources pour éviter sa ruine complète. On ne mettait pas en doute que l'Italie n'eût été perdue, puisque le général Laudon était entré en Lombardie par le Tyrol, et que l'insurrection des Etats vénitiens avait jeté le désordre dans les troupes , et la consternation parmi les partisans des Français. Si toutes ces assertions étaient fondées , il faudrait reconnaître que le général Bonaparte a , non seulement manqué de prudence dans cette campagne, mais que par Une vanité qui exclut tout bon, sens , il a voulu livrer à toutes les chances du hasard son armée, sa §^oire et l'Italie, pour sa^ tisfaire sa frivole ambition de vaincre le prince I. ^4

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Charles, et dé se iiendre maître de la capitale de l'empire d'Autriche. Mais il n'en fut pas ainsi r d^abord la tiéèessiié de repousser l'archiduc était lil'geiitè et comniaDdée , puisque ce priuce était venu chercher Bonaparte jusque sur la Piave.

Mais en le poursuivant jusqu'au-delà des Alpes Juliennes^ le général français prit toutes les précautions qu'exigeaient l'art de la guerre et la prudence la plus consonlmée. La gauche de son armée s'était rendue maîtresse de la vallée de l'Adige et de celle de la Drave ^.sur les parties du Tyrol dont il avait besoin d'être le iiaaitre^ pour assurer ses opérations. Quand il vit que la netraite de l'archiduc le fét-çait^ poui» l'atteindre, à s'etifoncet* dans la Styi*ie^ il rappela le général JôUbert près de lui^, et se renforça aiusi devikigt-^ deuic taille hotntues. Cette augmentation de troupes lui donnait une supériorité tlumérique que lés Autriéhiens tl'auraient pu égaler, même sous les murs de Vienne , car toutes les forces de la monarchie étaient déjà épuisées; et les camp«i<gnesd'AitsterlitzetdeWagram ont assez prouvé que les habitahs dé Vienne, et mêkh^ tous cent des Etats héréditaires, à reSLCèptlou des Tyroliens, n'étaietit pas fadles à soulever ^ et qu'ils seraient restés ^pectatl^urs pacifit{ues d'une iMU

DO COMTE tAVALLKTTt^ lit

dont le but était sans avantage poui* (^ux.

QiKiât à la perte de lltalie, elle était saûs vrai<> seinlilance: le petit corps eominatidé par M. de T^udon, pouvait sans doute causer beaucoup de désordres dans les premiers momens; mais ce général était sans point d'appui , sans vérirabie ligne d'opération. Nous avions des places fortes bietiappfovisiotinées^ des garnisons nombreuses^ un corps de troupes excellentes et bien comman« dées« Eufiii l'instirrection des Etats vénitiens, sur laqupelle Tennemi comptait , a été beaucoiip exagérée. Quelques centaines de misérables ^ pottssés parle gouvernement vénitien, égorgé^ refit les malades à Vérone, et assassinèrent des Français isolés sur les grands chemins; mais il j a l<din de ees exploits de bandit!^ à une insurrection générale fortement organisée, puis-i santé de l'exaltation de là haine et de la Sotf de la vengeance. Les peuples vénitiens aimaietit peu leur gouvernettient; la création d'une grande république au milieu d'ei^x leur inspirait le dé-^ sir d'en faire partie; l'attrait pour les houveau-^ tés iéut avait feit fermier lés yeiix^sur fous les samifices que les révolutions exigent, et \eut imaginatioti tnobile leur avait exagéré tous les avantages qu'ih en espéraient. Sans doute les

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partisans du gouvernement étaient nombreux , surtout parmi les employés et parmi les prêtres , qui ne peuvent que perdre dans les révolutions modernes ; mais la masse du peuple était étran* gère à ses desseins et à son ambition. Je me suis un peu étendu sur cette campagne , parce que je trouvai à Paris, peu de temps après, quelques personnes qui la blâmaient hautement , malgré son brillant et solide résultat ; mais j'acquis promptement la conviction que ces réflexions chagrines partaient des membres du Directoire, lesquels avaient été beaucoup moins inquiets des suites de la conquête , que mécontens de Findépendance altière du général Bonaparte , qui n'avait pas voulu se soumettre au plan trace par le gouvernement. Le passage du Rhin par Hoche et Moreau ^ était une diversion puissante, et désirée par le conquérant de l'Italie; mais cette opération, pour qu'elle fut profitable, aurait dû, selon lui, être mise à exécution plus tôt* Enfin , une considération qui répond à tout, c'est la connaissance intime et de conviction que le général en chef avait acquise des dispositions du ministère de l'empereur et des personnes qui avaient uue influence décisive sur son esprit. Après la signature du traité de Léoben , l'ar-»

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mée prit position au-delà du Taglilimento, et le général en chef vint à Milan; mais en passant il crut devoir punir toutes les barbaries de Tinsurrectîon. Il savait très-bien que le gouverneraent de Venise l'avait commandée et dirigée , et il avait acquis la preuve qu'elle avait été faite de concert avec l'ennemi et dans son intérêt. Mais il sut se venger en habile politique; l'Autriche désirait vivement avoir Venise en sa possession; Bona* parte en détruisit le gouvernement, et' put ainsi présenter cette riche proie comme une compensation dans les négociations. Elle fut reçue sans rougir par un gouvernement qui ne balance jamais à &ire payer à ses amis toutes les fautes de sa mauvaise conduite..

Dans cet intervalle, un événement arrivé à Gènes fixa toute son attention. Ije gouvernement de cette petite république n'avait pas voulu admettre une de nos escadres; le parti anglais, qui dominait dans le sénat de Gènes , avait excité une émeute dans la populace; un Français avait été tué, et méine la frégate la Modeste avait été brûlée. Ces violences exigeaient une jirompte et énergique. r^ression; mais le général Bonaparte ne voulait pas que la punition fût infligée à la république de Gênes par le

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gouvernement français, les émissaires secrets envoyés de Paris étant chargés d'^ob tenir , par tous tes moyens possibles, la réunion de Gènes à la France; ce n'était point Fopinion du général Boimparte : c*eût été ramener des discussions fâcheuses avec les Autrichiens, au moment même où le traité se mettait à exécution; l'armée d'Italie d'ailleurs tirait de grands avac^ tages de la république génoise. Le général Bo^ naparte jugea donc à propos de m'enTOyer à Gènes, avec des instructions précises, et dere-* mettre au doge , en plein sénat, la lettre qu'il lui écrivait ; il ne lui donnait que Yingt<[uatre heures pour l'axécution des mesures dont fêtais porteur. Mon entrée dans la ville causa beaucoup d'inquiétude^ et l'imminence d^un danger y^gi>e, mais terrible, fit sentir au ma^strat chargé de la sûreté publique, que la ré^ publique était perdue si de nouveaux excès éclataient en présence d'un aide -dci- camp du général Bonaparte. Le peuple se calma comme par enchantement ; M. Faypoult, ambassadenrde France, était tombé dans un gi'and abattement; et lorsque je lui déclarai que j'étais chargé par le général ei^ chef de remettre au doge , en plein sénat, la lettre» qui lui était adressée , il re-

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Cilla d'effroi, en me déclarimt qii'i) étiiit ioouï qu'un éirmger fut jamaia entr^ d^ns }e petit ooiM^ préfiidiâ par le doge. Je lui répondis qu'il serait inouï qu'un ordre dpg^péraJ ©çnapfirtp P? fut pa$^cuté; qu'il eût à prév^ir,àl'iD$ttautf:lç doge de mon arrivée; qu'pprès uue heure épour léfi^ je. me rendmis au palaift du^ sénat j et que je n'agis pointa m'oeouper des formes de \^ répur blique,ni à m'inquiéter des dauger^ que JQ pourr rais courir en exécutant le» ordres dempp çbeL Une itepmirheureaprf^s, je fus averti qj*'Qu ro'«fr tendait au priais, lorsque j'entrai daiis I9 salle ,^ la cplèreet la eonsternatipu étaient pi^int^ sur \^ vi^ag^ des membr^^ drU pan^^il. 4p>^!^ ^vo^r J'émis |(na l^tl^e pt a^voir demanda l'^^^PM^ipP 4es^ordms qu'elle /i?pnteA^it|}aa» l^s ying^qH^tr? heui?e9, je ffi^ iretir^i, ^ diéjà^'Rgitf^tipn'^tai}: teU lem«it ¥iye d«nj5 Ji'iysseiyit^léf^'j, que j'pntendM ces^ mots prononcés d'une voi* ftwrte : v Ci kcUiierçr fl a»(t).p Cependant on ue se bat^ poipt Tjpç»# sénateur* furent arrvêiéa, dfs d^putéç fqrfipt en^ voyés au général en ébet U^ gouver^ein^t proyisQÎre f»t institué et i^ine qqminis^ipo phçis^e pDuir aiodifier la oonstiiiition génoi^e^ ï/in-

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quiétude , l'agitation et l'effroi étaient au comble; je croyais pouvoir partir le lendemain, lorsqu'un bâtiment, qui entra dans le port, me donna de nouveaux embarras. Il amenait madame Bonaparte la mère, et deux de ses filles, connues depuis'sous le nom de reine de Naplesetde grandeduchesse de Toscane, avec M. Bacciocfai, marié nouvellement. Ces dames n'avaient pas vu le général en chef depuis plusieurs années, elles arrivaient de Marseille et croyaient l'Italie fort tranquille. Le général Bonaparte n'avait pas reçu la lettre qui lui annonçait leur arrivée. Aucune mesure n'était prise , aucun ordre donné; les émeutes populaires pouvaient se renouveler; elles pouvaient en devenir victimes. Ma première pensée était de rester auprès d'elles, et de rassembler quelques moyens, pour les défendre, si elles étaient attaquées. Mais madame JBonaparte était une femme pleine de sens et de coui*age. « Je n'ai rien à craindre ici, me dit-elle, « puisque mon fils tient en ses mains comme «otages les personnes considérables de la «république. Partez promptement pour le «prévenir de mon arrivée, demain matin je ce continuerai ma route, d Je suivis son conseil en prenant seulement la précaution de faire

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marcher, aii-devant d'elles, quelques piquets de cavalerie, que je trouvai sous ma main. Elles arrivèrent sans accident à Milan un jour après.

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