CHAPITRE XVIII
Ibrahim-Bey se retire en Syrie. — Projet de Texpédition de Syrie. — Révolte du Caire. — Mort du colonel Siilkowski, aîde-decamp da général en chef. — Mission de M. de Beaachamp. — I^a peste à Alexandrie. — Justice expéditive du cadi, au Caire.
Ibrahim^Bey s'était retiré en Syrie y et l'on nedevait pas douter qu'il n'organisât dans ce pays des rassemblemens assez considérables pour nous inquiéter sur les frontières. Le général en chef apprit aussi que la nouvelle de Tinvasion de l'Egypte avait été reçue avec beaucoup d'irritation à Constantinople. Les Anglais /furieux delà prise de Malte, et sentant les graves consé-
MEMOIRES ET SOUVEITIRS DU G. LAYALLETTE. 285
quences de la conquête d'Egypte pour leurs établissemens dans llnde , animaient les Turcs à la guerre. Le général en chef devait donc s'attendre non-seulement à être harcelé continuellement par Ibrahim-Bey, mais encore à voir les Anglais s'emparer des ports de la Syrie. Il se décida à les prévenir; mais avant filetait important de connaître les dispositions du pacha qui commandait toute la Syrie. C'était alors Djezzar, homme d'une grande énergie, qui s'était maintenu depuis beaucoup d'années, malgré le sultan, et qui se faisait obéir par la terreur que ses cruautés inspiraient. Le général en chef lui envoya un jeune français qui revenait de Mascate avec le consul Beauchamp, et qui savait très-bien l'arabe. La réponse de Djezzar était ambiguë, et le général Bonaparte vit bien qu'il &llait appuyer ses protestations d'une armée. Maïs un incident fatal parut devoir reculer à une époque indéfinie cette expédition. Tout paraissait tranquille au Caire et dans les provinces , lorsque tout-à-coup un soulèvement, qui n'avait été provoqué par aucune cause apparente, éclata à l'une des portes du Caire.
Des blessés de l'affaire de Salahieh et des ma* lades de la division Régnier, qui remplissaient