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plus de viogt transports ^ furent égorgés brusquement , et bientôt la ré vohe s'étendit^ coxnine un incendie, dans toute la Tille. Le général Dupuis^ commandant de la place, monta à cheval à l'instant , accompagné de tout ce qui se trouvait sous sa main ; mais il fut assassiné dans une des rues, ainsi que plusieurs de ses compa* gnons. Se mettre aux prises avec la révolte dans les rues, était devenu chose impossible. On parvint cependant à contenir les révoltés qui s'emparèrent d'une des plus grandes mosquées de la ville. Alors on se décida à tirer sur eux de la citadelle; les bombes et les obus en firent un grand carnage , et quelques bataillons d'in£uiterie fondirent sur la mosquée et achevèrent de tuer oU de faire prisonnier tout le reste. Cette révolte dura trois jours et coûta peu de monde à l'armée ; mais le général en chef y perdit un de ses meilleurs aides-de-camp. Le colonel Sulkov^i avait déjà été blessé à Alexandrie et au combat dfi Salahieh. Il était encore convalescent^ lorsque, le général en chef voulant envoyer à la découverte hors de la ville, il se présenta, prétendit que c'était à son tour à marcher, et qu'il était parfaitement guéri. Accompagné de quinze guides, il traversait la portion du désert qui
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sépare cette partie du Caire de la citadelle. Des Arabes, cachés derrière fie nombreux monticules , débouchèrent brusquement sur lui. Il fut tué avec la plus grande partie de son ëscorle , €ar il n'en revint que deux pour apporter cette triste nouvelle. Je n'étais pas alors au Caire (i). Par ordre du général en chef, j'accompagnais le général Andréossi dans une expédition sur le lac Mensalé et à Péluse. Nous ignorions complètement ce qui se passait au Caire, et je remontais tranquillement le Nil, lorsque j'appris qu'àMansoura ou Laroansour^ l'hôpital où étaient nos malades , nos blessés et un détachement de soldats, avait été surpris, et que tous ceux qui s*y trouvaient avaient été égorgés sans pitié. La révolte du Caire avait gagné les deux rives et particulièrement la branche de Damiette. Quel* ques villages insurgés furent brûlés, pour servir d'exemple. Le général en chef désirait vivement savoir si les habitans de Mansoura avaient conservé quelque souvenir de leur victorieuse résistance, lorsque le comte d'Artois les avait attaqués avec tant d'imprudence, lors de l'expédition de saint Louis. Mais il parait, d'après toutes les
(1) Voir Piëcfes jiistificathtis , n* a.
recherches, que ces Égyptiens ne connaissaient ni le nom de saint Louis , ni l'action qui avait illustré leurs ancêtres.
Le général en chef n'avait pas encore reçu de nouvelles du Directoire, à l'époque du mois de décembre 1798. Le but politique de l'expédition avait reçu de grands obstacles , par la perte de sa flotte. Il n'était plus possible de penser, même dans l'avenir, à conduire l'armée jusque dans l'Inde, puisque la supériorité des Anglais était devenue incontestable, sur toutes les mers. Il fallait donc tirer parti de notre situation en Egypte pour ramener les Turcs à des sentimens d'amitié avec la France, les détacher des Anglais, et du moins tâcher que les deux empereurs d'Autriche et de Russie ne pussent pas s'entendre pour consommer le démembrement de l'empire Ottoman. Le général en chef supposait que M. de Talleyrand^ nommé ambassadeur de France à Constantinople, s'était rendu à sa destination , et s'y était maintenu. Il était donc important de correspondre avec lui , et il ne trouva d'autre moyen que d'envoyer M. Beauchamp à Constantinople ; mais il fallait qu'il échappât à la surveillance des vaisseaux anglais. Voici le moyen qu'imagina le général Bonaparte. Il y
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avait dans le port d'Alexandrie une caravelle turque, chaînée d'apporter au sultan le tribut annuel de TÉgypte. Le capitaine de ce bâtiment était un homme considéré dans son pays, et il avait avec lui ses deux fils. L'ordre lui fut donné d'en laisser un à Alexandrie comme otage, qui répondit de la sûreté et du retour de M. Beauchamp ) et de le conduire à Constantinople. Ce consul était chargé d'exiger la liberté de tous les Français qui avaient été pris en Syrie comme commerçans ou agens consulaires ; et les militaires qui avsÂent également été faits prison* niers, soit en venant en Egypte, soit en retournant en France. Il devait amener les discussions avec le grand-visir , au point de lui insinuer que la France abandonnerait l'Egypte et ferait un triàité d'amitié avec la Turquie, si elle voulait rompre les liens qui l'unissaient à l'Angleterre, et que, dans ce cas, les troupes françaises se joindraient au sultan, soit pour terminer la guerre avec les deux empiereurs par un traité commun y soit pour lui porter secours dans le cas où la paix n'aurait pas lieu.
Malheureusement M. Beauchamp fut découvert par les Anglais, et mis aux Sept-Tours à Constantinople.
Céis à cHitt époque tfae la peSte reùomicMnç^ ste fftVages à Aleiûmérie. levais été ch&irgéi4'«c- Côittpagner M. Beandurinp ji]M(â^4 Àl^isandrie^ ik]tfrTeiHerânxprépatiiti6de«0n4é|iart (^i)^ et tetîâfe coAptè àtt géfiërai mtà dœf 4es tmvmK 'lïe fortfficatioti de cette fAMe. Bti arri^voeit^ jie Irott^srile gétiéral Marmolit, '4fLn cotnnuMidbxl la promnce et tout le littorad jasqu^ Rosettew <rVou!s arrivez bien tùA à pnifê&y niedii^l; la k peste s^est déclarée hier pÉitdi hk: tvoupes. «cil parait que Tordre ddtiné, lors de votre «arrivée ^ Alexandrie, pour 4irMer les vête*' tf ttieus des pestiférés, a été mai «écurté; Les K^halritalns viennent de les en^lù^» de tioo- « veati^ et comme nos troapes ont des retations « intimes avec tme partie d'entre "èùx , le^étaftaet « a développé la peite thtt les FramiÇÉfe, et l'on « assure que lesTtircsen seront également Inen- « tôt atteints. Hier, quatre Français sont morts; « huit sont mallades aujourd'hui, et probable- V ment n'existeront plus demain ».
liés pt'écautions de toute espèce avaient déjà été prises par le général Mavmont ; les troupes étaient cantonnées, et tonte relation
(i) Voir Pièces jusUficatÎYes, n** a et 5.
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était défesdae entre elles et les habitans. Les ordres les plus préds avaient été également doRpés pour que les bataillons, parmi lesquels se trouyaienl ks malades, n'eussent plus aucun poîoC de ceBia<^ avec les autres ; mais Tinsoucianoe du soldat déjoua toutes les précautions ^ pour eux , la peste était un ennemi qu'il fallait braver, et les relations des soldats entre eux continuaient malgré la plus sévère discipline. Xavais reçu ordre de &ire ^enir de Rosette à Alexandrie Tordonnateur Michaud, qui arriva acûoanpagné de dix personnes; il logeait avec uous chez le général Marmont. Deux jours après son arrivée , il resta seul ; tous les autres avaient péri. L'un de ses secrétaires, nommé Renaud, sortit de l'hôtel pour aller signer des bons pour la subsistance du soldat, dans le logement que son chef avait dans 1^ ville. Le papier syur lequel il appuya la main suffit pour lui donner la ma<ladie* Le lendemain matin , il fit dire à son chef qu'il était souffrant, et qu'il ne pouvait venir déjeuner à la table du général. Nous y courûmes 5 il était enoore debout; mais déjà son visage pprtait tous les caractères de la funeste maladie : Tosil menaçait , la langue embarrassée , une sueur froide et abondante, des douleurs dans toutes
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les articulations. L'officier de sauté qui alla le voir se présenta seulement à l'entrée de sa chambre^ armé d'un long et gros bâton. Api^ l'avoir examiné un instant, il fit déposer devant lui de l'eau chaude y et se retira sans lui admiliistrer aucun autre secours. L'infortuné jeune homme nous fit demander du papier et de l'encre pour écrire à sa famille , et dans l'après-midi, il expira au milieu des plus vives douleurs; ainsi la maladie n'avait duré que quinze heures. Bientôt elle prit un caractère effroyable. Les médecins périrent successivement ; les inBrmiers s'éloignèrent, et il n'était plus possible d'entrer impunément dans les hôpitaux. On fut obligé de prendre des Turcs pour soigner les malades, en les payant très-chèrement , et la surveillance qu'on exerçait sur eux était si faible, à cause des dangers qu'elle présentait , que les plus affligeans désordres ne pouvaient être réprimés. Chez le général Marmont, nous avions été obligés de nous abstenir de linge de table et de lit; tous les habits étaient soumis à la fumigation ; les domestiques du dehors n'avaient plus aucune relation avec ceux du dedans ; la porte cochère était condamnée, et c'était par un guichet que l'on jetait dans un baquet plein d'eau tous les dbjets, et
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même les aiimeiis, qui venaient du dehors. Pour éviter la contagion entre nous, nous nous étions partagés en deux brigades, et la nuit nous nous poursuivions de chambre en chambre en nous jetant de l'eau; c'était là nos seules munitions de guerre. Parmi le petit nombre de soldats qui. voulaient bien accepter la charge d'infirmiers, il se trouva uncanonnier qui avait été à Constanti- Dople , et prétendait avoir échappé à la peste. Son moyen , dit-il, était infaiUible : c'était d'à* voir toujours les main3 et le visage baignés d'eau. Mais on découvrit qu'il se lavait les mains dans l'huile. Effectivement, on assiérait qu'au Caire les allumeurs de lampe ne prenaient jamais la peste. J'étais déjà depuis six semaines dans cette mal* heureuse ville , lorsque je reçus l'ordre du gêné--rai en chef de revenir au Caire, pour l'accomr pagner dans son expédition de Syrie (i).
Les Arabes de la province de Damanhour, qui connaissaient bien la- situation des troupes à Alexandrie , en profitèrent pour recommencer leurs courses. Je partis avec trente hommes d'es^ corte et deux petits canons pris à Malte , que le général Marmont eut la bonté de me confier poue
( t) Voir Pièces justificatives,,, n* 4-
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augmenter mes rac^ens de défense. Maïs je fàs obligé, suivant l'usage^ de prendre tous ma prcK tection une longue caraTane de paysans, de femmes et d'en&ns, qui profitèrent de mon départ pour retourner à Damanhour et à lUiman* hieb. Nous n^eûmes pas £aiit deux lieaes que les Arabes comiàaencèrent à voltiger sur nos flânes. L'in&steria française qui , quelques mois arant ^ n'avait pas même le courage de se sauver de^ vant un Arabe, avait pris si promptement l'habitude de les braver, que j^avais peine à les em-^ pécher de s^écarter dans la plaine, pour les attendre et leur tirer des coups de fusil. Deux on trois Arabes furent démontés, et pour les faire disparaître, il me suffit de tirer deux coups de canon. A mon arrivée au Cafre, je n'y trouvai plus le général en chef; il en était parti deux jours auparavant, et il m'avait laissé l^ordre de parcourir le Caire dans tous les sens avec l'aga de la police, pour savoir si tout y était tranquille. C'était alors un Grec nommé Barthelemi. Il était accompagné de ses gardes, du bourreau et de ses valets^ Nous marchions gravement au pas^ et la vue du eadi faisait disparaître, suivant l'usage, tous tes petits marchands des rues , et tous ceux de la populace qui pouvaient avoir quelque chose
à $«; ireproc)i?rb Et^i^ U rq« jli^ p^tft-Thouar^ ,, U^ s'airétadf^a&t ui^c^i^ et; s^s^lai^^nmeirs^tr qui 1q précédaient, amenèrent au pied de sori qb^ysil; avec violence y un homme à qui il fit quelques questions. Le malheureux lui répondit dans un grand trouble. Après un moment de réflexion ^ le cadi se contenta de faire lentement de sa maia droite un mouvement horizontal, et nous conti«. nuâmes gravement notre promenade. Ce geste du cadi m avait paru singulier. A trente pas , je tournai la tête, et voyant un groupe de personnes, rassemblées devant le café, je piquai des deur^, et j'aperçus avec horreur un cadavre, et le bourreau mettant tranquillement une tételiumaine dans son sac. «c Qu'est-ce que c'est que cela, dis-je «au Cadi? — '«Oh! me répondit-il froidement, « c'est un drôle qui était chef dans la révolte du; « Caire, et qui m'avait échappé. » J'exigeai de lui qu'il dressât un procès-verbal pour être remis* au général en chef. Il est probable que ce malheureux était coupable; mais je crois que ma présence , et Fenvie de donner une preuve de sa justice sévère, ont été la cause de sa mort. Au reste ces exécutions n'étaient pas rares. Le cadi marche toujours accompagné du bourreau. La.
plus légère contravention aux lois de police est
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punie de coups de bâton sur la plante des pieds, et les femmes même ne sont pas exemptes de ce châtiment.