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poser à ces violences ; il protesta cependant , en refusant à Barras l'argent que Bonaparte av«it promis sur les (osïâh de l'année cHtaKe; ce qui Qxcitfi opntre lui la fureur du Directoire et la brutale colère d'Augereau. Mais s'il a'empeeha pas le 18 fructidor, il contribua à former le jugement du géné»*al en chef sur oe coup d'état, frappé par un pouvoir violent ei £iib)e, oppres* seur et méprisé, qui n'avait pas en le eourage d'être juste. Dès ce moment, le Directoire fut condaxnné dans l'esprit de Bonaparte j il vit bien que l'avenir échappait k la débile conati* tution de l'an lu , et de ce jour, avant même que la paix de CamporFormio fikt signée, scm génie à longue vue lui inspira le prejei de la compare d'Egypte.
Échaf^ aux menaces du Directoire, Laval* lette vint retrouver le général en chef au château de Paaseriano. Bonaparte ne laiasa pas larw guir son z^èle. Quelques jours après , Lavalletfe, l'édiarpe au bras, le sabre à la main, entrait dana les murs de Gèn^s, coupable d'insukes envers des Français. Les portes du sénat s'ouvraient devant lui, et là, au milôen des patri-
SUR LE COMTE LAVALLETTE. Xvij
ciens consternés et frémissans de colère, lui, la main levée et la voix haute, exigeait une réparation , et imposait au doge le sacrifice et le désaveu de Finfluence anglaise.
Après la paix de Campo-Formio, Bonaparte traversa la Suisse pour se rendre à Rastadt ; Lavallette fut de ce voyage triomphal , pendant lequel les peuples accoururent sur le passage du jeune vainqueur de lltalie. Le général ne séjourna pas long-temps à Rastadt; fatigué des lenteurs de la diplomatie allemande , il quitta celte' ville après y avoir laissé Lavallette chargé de ses pouvoirs secrets, et dans la position la plus délicate entre les défiances des plénipotentiaires du Directoire qui lé détestait, et les politesses des ministres d'Allemagne qui caressaient en sa personne le nom et Tinfluence de Bonaparte.
Quelques mois après il fut rappelé. Ce fat alors que Bonaparte , n'osant demander à Barras une récompense pour lavallette, lui fit épouser une jeune et noble fille de 1r maison Beauharnais, nièce de sa femme, et dont le p^re avait émigré. C'est ainsi que sa bienveillance pré- I. b
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parait à son ailii une providence pour ravenir , et alliait un nom plébéien au fiitar éclat de sa dynastie.
A peine marié y il fallut partir. Bonaparte transportait sa fortune eaÂgjrpte^pouk* ne point la commettre dans les intrigues mesquines de Tintérieun A ses côtés , dans sa confiance^ nous retrouvons encore Lavallette aVec son dévoue-^ men& de soldat , sa franche gaieté ^ son goût d'études solitaires sous la tente ^ son enthousiasme de poêle pour cette expédition IcHutaine et aventureuse. Après la capitulation de Malte, il reçut mission d'accompagner jusqu'au fond de l'Adriatique le grand • maître et son étal* major; au retour, il visita les forteresses, de Corfou; il devait aussi porter des assurances pacifiques au pacha de Janina ; mais ce dernier se battait alors sur les bords du Danube. Arrivé devant Aboukir, LAvallette vit l'infortunéBm^yx, emboasé dans la rade, qui se préparait à une bataille, et déjà chantait victoire ; il partit la veiUe du désastre , et après avoir essuyé une violente tempête à Tembouchure du T^ïh, il se rendit au Caire y et ne quitta plus le général en chef
SUR LE GOMYÉ tAVALLETTE. xilt
que deux fois j jpour accothj[^âghèr à Âteieàiidrii0 le cîtoyeh Beauchamp, au plus fbi't de la pesté qui ravagea cette Ville , et poiii^ assister Aâdréossi dims sa iteconnaissanoe dé Péluse (t).
LavaUettei admis à lliitimité de Bonaparte, à ses entretiens et à ises plaisirs , sbii cbitipagnôft de table et son lecteur ordinaire (a), partageait aussi ses datigers (3) ^ il combattit auprès de sa
(i) Voir aux notes du tom. i*' la relation d'un voyage à'Péluse.
(a) Boaaparte n'aimait pad les romane. Un $6fir p^ui** taot il dit à JUirallette : «Voyons, monsieur renthousiaste» lises-moi cette fameuse lettre de Lameiilerie I » C'était au Caire et par une chaleur étouffante. Le lecteur^ pour être à Tabrî des insectes, se plaça sous la mousseline qui entourait le lit du général. Déjà couché, celui^-ci s'agitait d'ÎQipatîeoce à me9ure que la lecture avançait; enfia il l'arrête : « C'est assez, Layallette, voilà une passion par trop bavarde 1 » et il le congédia en lui souhaitant le bonsoir. *
(5) lonapaHe avait emmené huit aides-de-èamp èA ^8^JP^^ ' ^&tre j périrent : Julien et SulkowsKy assassinée par les Arabes, Croisier tué à Saint-Jean-d' Acre , Guibert à Aboukir. Duroc et Eugène Beauharnais furent grièvement blessés. Lavallette fut à toutes les plus chaudes rénconttres , et il échappa.