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4 30 UÉaOÎW^ £T SOITVSNIBS
Cett^4is|)o^tion hostile d^.e3prit8 s'était ét^due sur tou(e la France , par les mesure^ oiêoies que prit le |;ouveraement pour la ili^iper pu l'aCfaiblir. Redoutant (^v^c quelque raison les troupç^ ra^çmblées sous le^ drapeaux, il avait pris^ le parti d'ep licencier {4w de la Wf»tàé^ Les souffrances de la misère prirwt t>ient^ la place du bonheur de se retrouver ep paU^ au iseiin de leurs foyers, l^es fjatigue$ , le» dwgc^ft» Je^ désastres n^ême d^ 4eraièr^s campâmes s'f^ffa* çaient priomptement de leur méoti^re, pour t»f^ place à Teuthousiame que le souvçqir d^l'empe^ reur leur ijispirait dans Fçisiveté , et ex^Uipnt une noble pitié sur sa jçhu^ et l'indigne tr^te^ ment que des ennemis^ si lpng>*temp9 vaincus^ lui faisaiept ^btf. Cet aviçnir plein de glpire qui leur avait été pronotis^^e^s récompenses roilitair^^ quji ne pouvaient leur échapper, le titre si glo-^* rjeuic de ^Idats de |a grande armée , et la ^o* sidération générale qui devait embellir le re^te de leur vie , tout avait disparu. £n rentrant dans leurs foyei^s, pauvres^ humilié39 ils ayaient encore ^ subir les défiances des agens jdu nou'r veau pouvoir et le mépris de cette foule de po-r bles, k plu part anciens émigrés, qui n^etfaiei)!; fm nombre de leu^s droits et de leurs jouissances 1^
plaisir de calomnier la gloire miKtaite, et de flétrir du nom de révolte les héroïqnes effort» des Français, pour sauver leur patrie du joug étramgw.
La plupart? des généraux qu'on avait conservés y ceux même qui commandaient les di<r visions militaires, sentirent bientôt, à. Tac-^ eueil qu'ils recevaient à là cour, que le jour n'était paS' ébigné où ils seraient écartés, pour faire placeaux royfirlistes, dont on payait h. longue oisiveté parl>aceumulation de tous les grades.
Je ne'voyais aucunde mes anciens compagnons d'avmes; mais les confidetices d'un ami m'ouvri-^ rent les yeux et me rendirent plu&^atlentif à tout ce qui se passait autour de ikioi. Mon logeaient, situé au faubourg Saint^Gèrmain , me mettait souvent dans la nécessité de li^averser le jardin des Tuileries; J'y rencontrai un jour un anciem aide*de^camp de l'empereur. En causant de»
affaires publiques il me dit : « Je viens de ren-^ » contrer ici le maréchal Ney ; je n'ai pas encore » vu d'homme plus exaspéré contre le gouver- » nement. La maréchale a été si gravement ih-^ » suitée hier aux Tuileries, qu'elle est rentrée » chez elle , fondant en larmes. Les vieilles dli- ' chesses Font appelée fille de femme de cham^
l3l2 MÉMOIRES £T SOUVENIRS
• bre *. Sa tante madame Campaii vient de » perdre sa place de sorinténdante de la maison » d'Ecouen, malgré les sollicitations du maréchal.
• Les formes sèches et insolentes du comte de 9 Blacasy auprès duquel le roi l'avait renvoyé^ » ajoutent encore à son exaspération, i
Ce récit me parut si singulier, après les dispositions dans lesquels je croyais le maréchal , que je ne pus cacher quelques soupçons d'exagération, c Si vous me croyez abusé , me dit-il « » promenons-nous ensemble; il va repasser pour 9 retourner chez lui, car je sais qu'il est allé » rue du Mont-Blanc, et vous pourrez juger par f vous-même. » Effectivement le maréchal parut une heure après. Nous étions à l'entrée de la terrasse du bord de l'eau. En me voyant il vint à moiy et nous commençâmes tous les trois à nous promener de nouveau. < Eh bien ! me dit-il , vous ■9 VOUS êtes mis à l'écart: vous voilà bien tran-
* Madame la maréchale Nf*y était fille de madame Aagaié , femme
de chambre de la reine. Poorsoivie en 1793 par les comités révoln- . tionnaires, Vinfortnnée se jeta dans nn paits poar éviter récha&ad
et poar sauver par nne mort volontaire la confiscation de ses biens.
Elle avait trois filles, tontes remarquables par leur beauté et par les ,plas aimables qualités. Madame Gamot, depuis madame Delaville, la
maréchale Ney, et madame de Broc, qui périt malheureusement danf ie« eaux d*un torrent, prés d'Aix, en Savoie.
DU COMTE LA.VALLETTE. 1 3î
» quille, loin de ce gâchis. Que vous êtes heureux » de n'avoir à essuyer ni insultes ni injustices! » Ces gens-ci ne connaissent rien , ils ne savent » pas ce que c'est qu'un maréchal Ney. Faudra* » t-il le leur apprendre? » II continua ainsi pendant plus d'un quart d'heure à s'enivrer de $a colère, et, malgré quelques réflexions modérées qui avaient pour but de le calmer, il nous quitta brusquement.Yoilè qui paraîtra grave sans doute, et je présume que beaucoup de personnes seront disposées à lier ce propos à sa conduite du mois de mars. Ces personnes se tromperaient. Le maréchal était un homme de premier mouvement; il n'aimait pas le gouvernement d'alors,, mais (faut-il le dire?^ il aimait encore moins l'empereur. Peu de jours après cet entretien il partit pour sa terre dès Coudreaux, et il fut complètement étranger à tout ce qui va suivre..