‹ Mémoires et souvenirs du comte Lavallette, aide-de-camp du général Bonaparte, conseiller-d'étatChapitre 20 sur 47 · II. la · texte numérisé non relu

II. la

I 78 MiMOUUiS ST ftOOTENlRS

$oirje fus appdé au château. Je trouvai Tempe^ reur dans un cabinet peu éclairé , se chauffant, tapi idans un coin' de la cheminée, et paraissant déjàsouffrir de Tincaniroodité, qui ne Ta pas quitté depuis. — «Voici une lettre, medit-il, que le courrier de Vienne a dit vous être adressée. Lisez-ia.i» Au premier coup <<i'œil jeté sur la lettre, je crus reconnaiti*e l'écriture de ***; mais comme elle était. Icin^e , je la parcourus lentement, et j'arrivai enfin à l'objet principal. ^* m'écrivait qu'il ne CaiHàit pas compter sur l'impératrice qu*elle ne cachait pas sa haine pour l'empereur, et qu'elle était disposée à approuver toutes les mesures qu'on.allait prendre contre lui; qu'il ne fallait pas penser à .une réunion, et^ qu'elle y opposerait les plus grands obstacles dans le cas où il en seserait question ; qu'enfin il ne lui était plus possible de dissimuler son indignation ; que Fim* pératrice , livrée à **** , ne prenait plus même lé soin deicacher son goût bizarre pour cet homme, et qu'it était autant maître de son esprit que de sa personne. L'écriture était déguisée , pas assez cependant pour qu'un homme dé sang-froid pût la méconnaître. Je trouvai cependant , dans cette.oonfideiice, une chaleur de zèle et un mou* "v^ementde style qui n'appartenaient pasÀ Tauteur

île la lettre. Et toiit en lisant^ le sôupçôn me vint qii-elle avait été eontrefaite> et que c'était un piège tendu à l'empereur.- Je lui communiquai tna pensée et le danger de cette supercherie. M'animant , je trouvai des raisons asse^' spécieusejs pour le jeter lui^méïne dans riticertîtude. « Comment est-il possible, lui dife-je, que*** ait ^té assee imprudent pour écrire de telles choses -ji n>oi 9 qui ne suis pas son ami , et qui ai si peti •vécu avec lui ? Comment supposer que Tim^rar trice s'oublie dans de telles circonstances , an poiM de manifester une telle haine 9 et surtout cassez pour se livrer à un homme qui possède sans tloute encore quelques dons de plaire^ mais qui cependant n'est plus jeune, qui a le visage dêfi^ guré, et dont toute ia personne offre si peu d'àagrément?— Mais, me répondit l'empereur, *** m'est attaché; et quoiqu'il ne soit pas votte ariii, ce qu'il a ajouté en post-scriptum explique suffisammeht le motif de sa confidence. »' Il était écrit «ffectivemeht au bas de la lettre : «Je ne c^*oi)» pâfs > que vous puissiez dire la vérité à l'empereur': » cependant faites-en l'usagfe qui vons'paiiEtlt^ • convenable. i!> Je persistai cependant à soutenir la fausseté decétte lettre, et l'empereur médit : « Allez trouve^' Caulincourt , il ert a beaucoup

l8o MiHOIBSS LT iOUVIVUS

d^aotiesdelaméiiiemaîn, etlaooniparaî$QO dédden de votre opimoo oa de la sienne. » Tallai trouver Caalincoort , qui me dît avec chaleur : • La lettre est Inen de ***y et je ne doute pas un instant de la vérité des détails qu*elle contient. Il vaut mieux que Fempereur prenne son parti, il ny a plus rien à espérer de ce o6té« » Cette triste découverte fit beaucoup de mal à Fempereur, car il aimait sincèrement l'impératrice, et il espérait encore revoir son fils, qu'il chassait très-vivenlent.

Fouché avait été loin de désirer le retour de l'empereur; il était las de l'obéissance depuis long-temps , et d'ailleurs il avait entamé un autre projet, que son arrivée avait rompu. Je reviendrai peut-être un jour sur cette partie de son histoire; je la supprime maintenant sans scrupule, car elle ne fait pas partie de la mienne. L'empereur le remit cependant à la tête de la police, parce que Savary y était usé, et qu'il y fiillait un homme habile. Fouché accepta, mais n'abandonna pas le projet de repousser Fempereur 9 et d'y mettre soit son fils, soit une manière de république avec un président. Il n'avait pas cessé de correspondre avec le prince de Metternich; et 9 si on veut l'en croire , il avait

su COMTK LAVALLfem. 1^1

essayé de persimder à l'empereur d'abdiquer ea fisiveur de son fils, l'étais aussi de cet avis; maïs de la )>arkd'fin tel homme , ce oonseil n'était pas $ans danger pour celui auquel il le donaait. Puisque ce conseil avait été repoussé , il était du devoir du ministre, bu de n'y plus pen* ser y ou de donner sa démission. Fouché garda le ministère et continua sa correspondance. L'empereur, qui ne s'y fiait pas, le surveillait avec beaucoup de soin. Un soir, l'empereur avait beaucoup de personnes à l'Elysée ; il me dit qu'il avait à me parler et que j'attendisse. Quand tout )e monde fut parti, l'empereur passa dans la pièce voisine de celle où j'étais, avec Fouché; la porte était restée entr'ouverte : tous deux se promenaie&t, causant tranquillement. Je fusfortétonné d'ent«ndre, au bout d'iin quart d'heure , Tempe** reur lui dire posément : -^ « Vous êtes un traître : pourquoi rester ministre de ta police, ss vous voulez me trahir ? Il ne tiendrait qu'à moi de vouis faire pendre , et tout le monde applandi«» raitk » -« Je n'entendis pas ce que kii répondit Fouché; mais la conversation continua encore une gronde demirbeure , et toujours en se pro* menant. Aussitôt Fouché sortit, me souhaita le bonsoir avec gaieté, en me disant que l'em-

ifta MEMOIRES vr sonvssriRs

pcreur était rentré dans ses appartanens. Eflfec-^

fivement, je nç le troiivai ; plus. Mai& le le»*

demain il ine parla de cette: conversation. «Je

» soup^QBnais^ me dît-il, que le misérable était

n en correspondance avec Vienne. J'ai &it arrèler

)» un commis-banquier qui arrivaitde cette ville;

»il a avoué qu'il avait apporté à Fouché uâ^

A lettre, de Metternich , et que la réponse devait

» être envoyée à une époque fixée à Baie, où tin

» homme attendrait le porteur sur le pont. J^ai

» fait venir Fouché il y a peu de jours } je Tai tenu

» pendant trois heures dans mon jardin , èspé-

» rant.qiie dans une causerie intime il me par-

» lerait de cette iettre : il ne m*a rien dH. Enfîti ,

»hîer au soir, j'ai ouvert l'entretien sur ce- sti-

»jet. JiEt alors l'empereur me rendit les mêmes

paroles que j'avais entendues la veille r vous êtes

un trailrej etc. « Il m'avoua effectivement-, con-

» tiuua l'empereur, qu'il avait reçu cette- lettre ,

» mais qu'elle n'était pas signée, et qu'il ne la re-

» gardait que comme une mystification, et il me

T> l'a montrée; or, celte lettre était évidemiment

» une réponse, dans laquelle on lui déclarait dé

* nouveau qu'on ne voulait plos entendre; par*

» 1er de l'empereur, mais que hors lui ons'ac-

» corderait sur fout le reste. » Je m'attendais qi»

DU GOMTS LA.VALLSTTB. l83

llemperour. terminerait ce récit par une expre»- ^ipnde colère contre Fouché; cependant Tentretien se tourna sur un autre objet , et il n'en fut plus question. Deux jours après j'allai ch^z Fouché pour réclamer le retour à Paris d'un officier des mousquetaires qu'on avait exilé loin desaÊimille. Je le trouvai à déjeuner, et je me plaçai! à cojté de lui. Il était en famille , mais en face de lui était un étranger*, c Vous voyez bien cet homme , » me ditril en me désignant l'étranger avec sa Il cuillère: c'est un aristocrate, c'est un bour- » bonnien, c'est un. chouan, c'est l'abbé M***, » réds^ctexir dik Journal des .Débats f un ennemi. » aeharné'de. Napoléon , un fanatique des Bour- » bons,, c'est un. homme à nous. «Je regardai cet homme. A chaque épithète du ministre , l'abbé faisait une ^inclination de tête sur son assiette, avec uq sourire de complaisance et d'hilarité, et des yeux de travers.* Je n'ai jamais vu figure plus ignoble ; . il m'expliqua , en sortant de table ,, comment tout^ cette valetaille- de là littérature était à . lui : et, tout en conv^naM à part moi que tout cela était nécessaire sans doute , je ne savais ce que je devais mépriser le plus, ou de ces malheureux qui se vendaient ainsi au plus offrant, ou du ministre

tâ4 M^MOIRfiSCTSOUVSSIESBIlC.LAVALLSTrfi.

qui se vantail de les aTciir achetés, côtimië ^î c'était une conquête gloi^ieute que-I'aequiâitioii de tels ûiisérables. Présumant bien qtie Yetït-^ pereur nti'aYàit parlé de la scène de ravàtit^-Teille, il fpie dit : c L'empereur s'aigrit pat la résistance 9 qu il rencontre et s^en prend à moi; il hé sait » pas que je ne suis fort que par l'dpiniôn pù-< » bUque» Demain je ^oui^rais &iré petidt^ de- » vaut ma porte Vingt persotanes que ropiniôn » réprouvé 5 et je ne pourrais feire mettre éii * prison pendant Tingt-quatre heures iine seiîlef » pteirsOiKne que i'opinimi &vo^ise.r » Je lÉie diiiâ jamais pressé de parler ^ je gardai le silence : mais je r^échis au moi de l'e^lpereul^ stir Fôuché , et je trouvai singulier le rapprochement dé ce^ deuxpropos:— Le maître pouvâîtfairé pendre son ministre aux acckmations publiques; et ceiui-ci faire pendre.. • qui sais-je? jusqu'au maitifëf peut* étre^ avec le metaie succès. Quelle situation bi^ aarre I et je crois que Fun et l'autre avâieftî raison} tant l'opinion publique , si juste à Fégatti de Fpuchéy s'était égarée sur le compté de Tempereur« ,

CHAPrriiE XI.

▲aseinyiée du Champ-de^-Hai i le i**^ juin* — Meweb — PlRrolèi touchantes de l'empereur. — Son départ. — Bataille de Waterloo. -^ ftetùtar des deux cbaoïbres. — Itfa conversation avé« loi à VÉkpéBé — U se relire à la Maliuaiseo« — Dernier entre* tien. — Son départ.

Ëtrtir la MprétfentutioH du Cbâmp-dQ^Maî eut ltett( ise f tit le t«^|ui0. C'était un bizarre âiMttiUage (foe cette aâtarviblée en plein dianip. SUe eut peii de Mcce^ parce qu'^e fut mal afi00iitéè.ljetèdip»tttattqiiàiti Tettipei'etitsrinia- ^iMtidU dâ pe«ipleti'étttUy>aft ptiépàfée) rinflttetiee éé^ patrîMéâ n'avait pMeti hê teÉiips de s'eiercer,

1 86 MEMOIRES ET SOUYfiZnRft

OU plutôt on ne savait pas encore où les trouver. Ceux qui avaient commencé la révolution étaient morts vieillis, retirés des affaires et en petit nombre; ceux de 93 étaient en mépris. Les impériaux ou bonapartistes étaient peu estimés; toujours ils avaient reçu ^ et souvent abusé. Il n'y avait de vraiment respectable que les militaires , mais tous mécontens^ tous bumiliés;eux seuls cependant savaient encore s'exprimer avec dignité sur la patrie et la liberté. Mais ils n'étaient plus au milieu du peuple , déjà ils avaient rejoint les drapeaux. La masse des électeurs et beaucoup de députés apportaient un bon esprit; mais les Français, qui ont l'esprit si vif, ne savent jamais entrer dans la réalité des choses qu'après avoir jeté leur premier feu ; possédés par une première impression, ce nest qu'après beaucoup d'extravagances qu'ils rentrent dans le sentier du bon sens. Il faut d'abord marcher, n'importe par quel chemin. Or, la roule qu'on avait prise était .mauvaise : on ne vit d'abord dans Tekhpereur que lelde^pote, on oublia l'eAiiemi, èty quoi qu7on.ait pu faire, .on n'a jamais « voulu sentir qu'il fallait battre l'en^^niavant tout Je ne pu» jamais faire^ entendre cel^i à des .gêna d'ailleuii^s plein de mérite^et d'une lojngu^ expérieioce. Nous

ou COAfflK X.AYAiEJLBTTBJ iBj

ne voulons plus <!e sénatusUc4mftkxBte, nouâ^'ne voulons phisde corps^législatif muet, plusd'ar* bttraire^ plus demaitre enfin; il nous faut un modérateur, et rien déplus. Nous sommes assez nombreux pour battre l'eunemi s'il nous al taque \ S'il triomphe^ chaque département deviendra une Vendée : la- France ne balancera jamais entra resclavage et la guerre civile. Les iniprndens né voyaient pas qu'en tenant de tels discours. ils arrêtaient l'élan du peuple, qu'on aimait mieux espérer en attendant un avenir douteux^, que de se jeter dans les fatigues et les dangers d'ane lutte qu'on croyait éloignée et Incertaine, malgré l'évidence de l'approche de l'endeDii. La céré^ monie du Cfaàmp-'de-Mai fut belle cependant, mais ce n'était pas là toute la France, et encore leâ sentimens ne furent sincères en fevi&iir dei'em^ pereur que dans la foule. Là magistrature était ennemie. Tous ces juges s'accommodaient itiîeux de 'Louis XVIII que de l'empereur; leur préteîition: de succéder aux parlèmeins, dont ils portaient les habits V flattait' leur vanité';. sous un prince fmble,'ils àToienl; une véritable autorité; et te penchant des ' Bobrbons pour les vielles institutions leur donnait un pouvoir qu'ils es-t péraient bien augmenter : sous l'empereur au

i68 intafOMBs Kf somrnuis

OQDtnûre, il fallait obéir. Tous les <^fa et iesem* ployés de 1 acbmiustnition pobuqoe étaient dans mue fimsse position ; ils avaient tout à cfaîndre et rien à espérer; car ik Toyaient bien que noua recommeucions une nouvelle ère de révolution , où tout allait être remis en question. Enfin , riropreieion de toutes les horreurs de la pre<^ Blière invasion était loin d'être effiwée , et i'imaginalion encore troublée en redoutait une seconde.

Le discours prononcé à rempereur par M. Du^ b<MS d'Angers, était plein d'énergie. Il oontenait le résumé de tous Its vœux et il exprimait nette-* ment la volonté nationale. Mais le pouvoir, qui n'avait plus rien, pouvail^il tout donner ? IjA réponse de l'empereur» qui n'en était pas une à ce lUscourSy fut sincère surtout. Il promettait beau* coup, mais il (allait bien cependant qu'il fit sentir ce qu'il désirait comme pouvoir exécutif. Cela déplut; je m'en aperçus promptement en causant avec quelcpies députés , qui l'avaient entendus* Après la messe à laquelle tout la monde tourna le <k»> l'empereur descendit, et alla aejilaoer sur un as^hithéàtre au milieu du Champ-de^'Mars pour y distribuer les aigles k toutes lescohortes des départemens. Ce moment fut magnifique, car il fut

national; la si tqalîoii d'ailleurs était^ vraie« L'empeireur eut soin de dire unmQtàcbacunde ceuxqui recevaient ces drapeauvt^t ce motétaitflatteuret pleiîn d'enlhoiifiasme* Aux départenaensdes Vosges : — «Vous êtes mes anciens i^ompa^nons; • à ceux duRhin : — aVousairea été les premiers et les plus conragrâx et les plus mldbeureux dans nos désastres;)» auiL départeaiens du Rbône : -t- « J'ai été élevé au milieu de vous;? à d'autres^r^yps phalanges étaient à Rivoli , à Arcole, à Marengo^i Tilsitt, à AusteFlit:(y aux Pyramides«>*^Ces noms magiques p^étrèrent* d'une émotion profond^ celte foule de vieux guerriers , débris vénérables de tant de victoiiies s mais la France entière n'as» sistait point k cette auguste cérémonie^ et l'en^ tbousiasme de3 spectateurs ne gagna point les peuples dans les départemens. Peu de jours après l'empereur partit. Je le quittai à minuit, il souf* fraitbefiucoupde la poitrine; cependant quand il monta en voiture, il manifestait une gaieté qui semblait annoncer la conscience de ses succès. Tous les détails de çeUe campagne sont oonnus; mon intention n'est pas de les retracer ici, mais je vis avec douleur belmcoup trop d'in^gnes ¥nOf ^is faire dès vœux pour sa défeite. L'assemblée des représentans ne prit pas Paltittide et n^ p«Ha

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pas le langage que son influence sur les espritâ rendait néeessaire. De Tieîlles haines , d'an«> ciennés opinions, l'espéram^e du relour des Bourbons, et des inquiétudes très^ives chez beaucoup d'autres sur la conduite que tiendrait Tempereur à son retour s'il était victorieux , je* taientdu désordre dans les travaux de cette asseoir blée.On leur avait dit qu'il fallait avant tout sau'* fer la patrie ; ils répondaient : — « Sauvons la M* berté;» comme si son salutne dépendait pasavant tout de l'affranchissemmit du territoire! Enfin j'appHs la triste nouvelle de la bataille de Wa^ terloo, et le lendemain matin l'empereur arriva. Je courus à l'Elysée pour l'y voir: it me fit entrer dans son cabinet, et sitôt qu'il m'aperçut ii vint à moi avec un rire épileptique, effrayant. «Ah mon Dieu ! » dit*il en levant les yeux au ciel ,.et ii fit deux ou trois tours de chambre. Ce mouvement fut tr^-€ourt. Il reprit son sang-froid^ et me demafnda ce qui se passait à la chambre des dés putési Je ne:dus pas lui cacher que l'exaspération était. au comble, et que la ji^a jorité me paraissait décidée à exiger; son abdication , ou à la pronon^ 4:er, s'il ne Renvoyait pas^*^ i^jomment ! medit-i!', »>èt^ l'^oanfe prebd'pas des mesures, l'ennemi est rauii portes avant.huitjours. Hélas! ajoata^t-il,

'DU. courre t/A.vÂLïiBrrE. i^t

ii}e4es ai accoutumés à de si grandes victoires: »ils ne sav^t passapporter un jour de malheur! » Que va devenir cette pauvre Ffancé ? J'ai fait ce vque j'ai pU'pour elle.»— £t il poussa un profond soupir. Dans ce moment on' demanda à lui par^ tercet je me retirai en recelant Tordre de revenir plus tard. Ma journée fut employée à -interroger les gens de ma connaissance et mes amis: je ne trouvai parmi tous que le plus profond abatte^ ment.ôtt une extravagante joie qu'on me dégui* saitjpar de^feintes terreurs et par une pitié pour moi que. je repoussai avec la plus grande indi^ gnation. Il n'y avait rien à attendre de la chambre des représentans^ elle voulait la liberté, disaientils tous : mpis entre deux ennettiis qui' allaient k briser y ils préféraient; les étrangers aïïiis des Bourbons 9 à Napoléoia, qui pouvait encore prolonger la lutté, parée qu'ils avaient la déraison de mépriser ceux-là et de craindre encore celui-ci* lyailléurS) chacun écoutait lecohseil de sesressen^» timen3 ou de son égoïsme; les uns espéraient échapper au milieu du tumulte et par leur obscu-^ rite; les autres croyaient pouvoir tirer parti des circonstances; la majorité enfin, se fiant- folle* tnent aux paroles des' étrangers, était encore persuadée que les Bourbonsne rentreraient pas

19^ m$u(Hw^ £T MHfvsjBfins

daps Pari$, ou que du moïw le roi » bien çonvaiueti de $a £iiîb)<^se et de son ipo9padté pour gcmverner, reçi^vrait un frein et des eotriv^ qui ne lui permettraiept ni de $e livrer à la veii<geance, qi de s'écarter de la coustitution. La» partisans de cette dernière opinion relaient aus^i de Fouçbé, qui leur avgit fiiit e^tendr^ qu'il n'y avait 4 autre parti à prendre qiie de se soumettre* mais que lui seul saurait bien les préserver, et fonder la liberté, l^ chambre dfis pairs présentait un spectacle beauoouf» plua triste. Excepté l'intrépide Hiibaudeau, qi|i job* qu'au dernier moment s'expliqua avec. une ad^ niirable énergie contre le règne des Bour^oois^ presque tout le reste ne pensait qu'à se tiner d'affaire le mains mal possible; les uns ne carr cbèrent pas l^ur désir de repasser sous le joug, payés d'avance par lepr ^pservatîw dans la diambre des pair^ , et les autres p^r le beMin de désarmer la vengeanw» Ia flaajorité ^eepe**dant voulait tQmber avec digi^té ; mais il ja*^ avait pas une vol^^té ferme; eette abambr<$ attendait les résolutions de la chambre des dé^ pûtes; elle se retranchai derrière ette GMfm§ si ce bouclier eût pu la sauver. Je di^ails en y^m

k ceux d'entre eux qui voulaient m'iç^uter l

Dtr CUMUL LAVitLETtt; |()3

-^-^ t Noos ii'airatid pâ& de ttioyens de sàlut ; U faut

1» prelidre totre parti. L'aatre chambre est no>m->

nmée p» le peuple^ aVéc les foriAes consacrées

y^ par la constitution : ttinis né sommeis, tiùùs au-^*

V trekj cfde les atilis de Tusurpàteur^ nous n'aroAs

3rf point été iottés tfaècepter ; chacun de trous, eti

1» entrant id , a reçu eu trïétne temps son arrêt de

y» prosciMption des BoUrboiiS. C'est hobh qui sôïn-

x^meisj les fàctiettl; notfi Aê dévoné |)Ius ptenselt*

w qu'à signaler iiosderi!iiei*snioinenspartineïïôblè

)» énergie et à tomber atec grâce. * ^^ Je parlais à

des hôAifà^es ttop âgéls, poirr se détacher des

douceurs dé Ik vié^ et qâi ii'aYaient plus dans lé

cœu'r <jue le besoin de la consterner, et Tèffrôi de

Fadversitéi le dois en excepter quelqués-tihsf, et

le vieafc Sieyè^ aVàùt tous, qui a soutenu totit-à-

£siit ropiniôA* que je ni'étaîs faite dé lui. Il triàfh-

quait d'hafbftudé et peut-être de courage pour

parler à là tribune ; mais je n'ai jamais entendu

expriMier, avec une éuergîe plus profonde, là

haine de la sei^itudé , et des idées pluà fortes et

plus généreuse^, ëur là nécessité delà cothbdtfre

avec énergie.

Lé fendértiaîn je retotiriîàî chei Fetiiipèreur; il venàîf de recevoir If s notions les plus positivés sur le^ di^posîtioni dés esprits à la chambré des

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