‹ Mémoires et souvenirs du comte Lavallette, aide-de-camp du général Bonaparte, conseiller-d'étatChapitre 3 sur 47 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Réflexions, sur les causes de la mort da duc d'£nghien.-7Sai€ide de PichegruJ — George est exécuté avec neuf de ses complices, — Assassinat de l'empereur Paul. — Couronnement. — La guerre continenUiie recommence. — Campagne d'Austertitz. — Organisation d'un service général des estafettes^ — Administration intérieure. — Mémoire prodigieuse de l'empereur.

La mort du duc d'Enghien eut en partie pour cause Terreur dans laquelle le rapport de l'aidede-camp jeta le premier consul ; mais je dois dire qu'elle ne fut pas la seule. Il fut prouvé que le prince venait de temps en temps sur la rive gauche du Rhin, qu'il y avait des conférences avec

tfH OOMTX LA VÂUSTTS* 2 1

lé maire de ^**| qu*il deBccoidait chez lai au vil« lage de ***^ et il était raisonnable d'en conclure qu'il n'était pas étranger au complot de Pichegru. En efiet) qne devaient faire les conjurés^ d'après leorft propre» aveut et surtout ceux de leura amia qui s'en vantent maintenant ? Pichegru de^ Tait ae jeter en AUacè pour y faire proclamer le rûi et la faire déclarer pour les Bourbons; et Moreau ^ à Tannée dea côtés ^ devait en faire au« tant Comment Pichegru n'aurait-il pas appelé un prince de la maison de Bourbon qui vivait à sept petites lieues de distance; un prince ^ le seul qui eût une réputation militaire, qu'il s*était faite dans les départemens du Rhin, et dont la pré^ sénce eût ému tous les cœara et tous les cou^ rages?

Un autre motif» et le plus déterminant , vient du caractère de Bonaparte, de son impétuosité et de ce désir de vengeance qu'on pouvait bien appeler 'ùendma corsica. Il est vrai que ce senti-ment était dans ce monîent eialté au plus haut degré par ses ennemis»-^*^ Qu'ils me jettent toute l'Europe sur les bras,» lui ai-je entendu dire quelques jours après,» c'est à moi à me défendre; l'attaque est légitime ; mais qu'ils fassetit sauter tout unquartien que pour m'atteindre ils n'aient

HH MiMOIRSS ET SOUVEKTRS.

pas craint de faire périr ou estropier plus.de cent personnes, que maintenant ils m'envoient quarante brigands pour m'assassiner , cela est trop fort. Je leui; ferai verser des larmes de sang. Ils apprendront à leurs dépens ce que c'est que de légitimer l'assassinat.» La vengeance n'est qu'une passion vulgaire , et cependant c'est la plus commune aux rois. Le premier consul était digne de s'élever au dessus d'elle. J'aurais voulu qu'il eut fait arrêter et condamner le duc d'Enghien; mais qu'il l'eût fait venir après le jugement, qu'il lui eût prouvé (et il le pouvait) qu'il avait conspiré contre lui , et qu'il Teût renvoyé surle-champ en Angleterre. J'aime à croire que le prince avait un cœur trop noble pour ne pas être touché de ce trait de magnanimité ; et si sa famille devait régner, Bonaparte n'aurait pas eu dans lui un ennemi, ni dans son cœur un reproche qu'il n'apaisera jamais. Au reste , on a fait de cette action la base de toute l'horreur qu'on a voulu inspirer à la France et à l'Europe contre lui. Mais , sans citer tous les princes, objets du respect des hommes, qui ont de telles fautes à se reprocher, le plus grand et le plus sage de nos écrivains , Montesquieu , n'a-^t-il pas dit d'Alexandre : « Il brûla Persépolis et tua Clitus;

DU COMTE LiiyALLSTT£. 2 3

mais, etc.? J'allai à Saint-Cloud peu de jours après le jugement. J'avais l'habitude, eu attendant l'ordre d'entrer dans le cabinet du premier consul, de m'arréter dans la bibliothèque avec un jeune homme nommé Ripaule, qui avait soin de ses. livres. Il me raconta que la veille, sortant de cette pièce, il aperçut un buste, du grand Condé placé dans un passage qui conduisait à son. cabinet; il dit à Ripaule d'un ton brusque et d'une voix agitée ? Qu^on porte ce buste ailleurs. L'arrivée du prince et sa. mort furent connues en même temps dans le palais. Madame Bonaparte iondit en larmes , . se jeta aux pieds de son mari pour obtenir grâce; il n'était plus temps. Sa.bellersoeur, madame Élisa, lui écrivit une lettre que Fontanes avait faite : elle en reçut des reproches, mais sans aigreur. Caulincourt arriva de. Strasbourg, et apprit la nouvelle de madame Bonaparte. Sa douleur fut si , profonde qu'il se trouva mal. Je ne doute pas qu'il ne soit parfaitem^ent étranger à l'arrestation du ducd'Enghien, et j'en ai pour caution l'acceptation qu'il a faite de. la place de grand-écuyer. Caulincourt n'aurait pas voulu recevoir le prix du sang ; son élévation tint uniquement. à son mérite. et à son dévouement pour le premier consul.

â4 itiamâjss sr soeviitifts

Oe fatal Côilf d'état M^it à peine troublé le c&&àv de BiittâpaitÉ qu'il r^çilt un autre coup A4ol(sxit dans la livort û^è Vkhegm.îi avait été aN têtéf il Ait intètrogé et<;bttfrôilté. L'ind^ne cou*- ^étefité A^ ttubaltefiiés etiVèfs lui) et la ruine eiitiècé de ^èi$ e^éi'âÉidiBi , M firent prendre là ïâsôliitiôn d'éôhapper à testes le^ l^rreiirs en dii^ôi9àkkt d'utoe vt« qu'il M pbUV&it plu» pfbv teïîgfer; et pèut'^ts'e iiûà»i la hotite de s'être a^ dèdé à ufi tel cHrïié ^ de teb complices y eûtrà^ l)Môlle pour bieautoup. On le trouva mort éMs Kk prison. G'eist faire injvire à Bôtlêipartè et à Pith^gru de croire que l'un f ft fait tuer l'autre, n né faut pfts ènleVer à cêttô àuiè énergique ki ^oirè d'avoir n6bïeteeiit échappé à se^ ebfte^ wis^. Il ^ fait ^ retraît<3 en bttstvè) ^ fit ixmi» les détails qui ùAI été douâés ne suffisaient pas pour ^afi^ànohir Bonaparte d'uh tel ïtieurt^e^ te titr^ie- «êiie de Pithegniiybien cônûu par eeuic qui l'ont ëppr<>ché,Bfuffit^eul pour qu'ils «l'éietit pas le ^À léger «oupçM.

Lé jugèmeut 4 tâott qui condainûA le» autres, d^itk Uâ Mbtil^nt dé pitié géûéràle>, plus Vivèh tneàt séttti par tùfùVé la famille du premier Dôn- %ul et par ibti^teuxqui luiéiaietit'dévtmés. C'était déjà beaucoup trop de «ang versé > et ce iût à

IMT «OMIS lA.YAJLLETTKk 8 5

q«ise 6faargeraittlV>bt6nir du souverain lli grâce d^uuè des .Tictiiii«s. Madame Bonaparte se chàr^ gea d^ M« de Rivière et des Polignac. J'accom-' pagnai tnadàme Louis Bonaparte à âakit>4Cloiid | ayant à côté d'elle la fille de Lajolais ( là mère dû premier consul et madame Joseph, Tépousé du géoéral Murat^ et ses deux sœuri, se chargèrent deaollîeiter la gif^edes autres. Quand j'arrivai à^int^oùd,le premier eonsuli en me voyant, me dite «Que fait-on cbee ma femme ? — On y pleure» tlia^je^ et elle plus que les autres» Le spectade «st déchirant» » Je l'avais trouvé agité ; son éinoition devint visible. U fit deux Ou trois tours dans son cabinet , et dit : « Les misérables ont VCHilum'asssasinvr^ quelle lâcheté !«> Et il sortit Bientôt après les losurs de M» de Hivière, les |)Arentes des Polignac enfrèreni, et, conduites par madame Bonaparte, tombèt*ent à ses pieds; il n'attendit pas un instant, et k grâcede MM» de Polignac et de £ivièré fut accordée. George avait écrit <àu général Murat une lettré fort Ik>ble^ dans laquelle il demandait non pas sa gracia , mais celle éb ses compagnons ; te général me ià lut avec émotifcm» U demandait c^endatat à ne* jeter le premier sur la aàib d'Aligleterre , si ôn voulait lut accoirder la vie. « Ce n'était ,

!26 MÉMOIRES ET SOUYEETIRS

disait-il, que changer son genre de mort; mais elle serait du moins utile à sa patrie.» Cette lettre fut lue en conseil particulier ; Bona- 4>arte lui-même se montra disposé à lui pardonner. Mais on lui représenta que ces hommes avaient tué dans la rue des fonctionnaires publics y quje ce double assassinat ne pouvait ob« tenir grâce; que ce serait ménager les assassins et décourager tous ceux chargés de le défendre ; que George , homme assez obscur dans son parti, n'était après tout quun chef de brigands , fameux seulement par des actions atroces, et qu'enfin on ne devait punir personne, si celui-ci était épargné. Il périt avec neuf de ses complices ; et le peuple , suivant son usage , alla voir cette tragédie, et chercher des émotions dans le supplice de gens qui avaient voulu lui rendre les Bourbons.

Cette conspiration avait fait sentir au premier consul qu'il fallait précipiter sa marche vers le trône. C'était le vœu de tous ceux dont l'ambition attendait des faveurs que la république ne pouvait pas donner. Bonaparte y trouvait nonseulement un abri, mais encore une étendue de pouvoir dont il avait besoin pour l'exécution et le succès de ses grands desseins, et c'était d'aiU

DU COMTE LWALLETTE. ^J

leurs le seul moyen de se concilier les souverains de l'Europe^ que la république faisait trembler. Excepté l'Angleterre 9 qu'il fallait peu considérer comme une monarchie , surtout dans les relations extérieures, tous les autres souverains sentaient que les intérêts d'un monarque en France arrêteraient Ce torrent d'idées républicaines et de mécontentement qui travaillait tous les peuples. Déjà la paix avait été faite avec tous, et elle avait'été confirmée depuis le consulat. L'empereur Paul avait été plus loin. Sa haine contre lesAnglaistrouvaitdahslepremierconsulunpuissant auxiliaire; ces deux monarques cherchaient à signaler leur règne par de grandes actions, et leur haine commune contre les Anglais les avait beaucoup rapprochés. Il avait déjà été question d'une expédition dans l'Inde faite à frais communs. L'empereur Paul manqua de discrétion et périt. La découverte de ce secret contribua peut-être autant à sa mort que son despotisme exercé sur sa famille et sur ses courtisans.

Ce retour si habilement préparé de la république à la monarchie fut consacré par la plus grande solennité qui ait été offerte depuis mille années au monde chrétien. L'universalité des chrétiens désii^it avec ardeur que le royaume de

aS MÉMOUIXS F.T toirvBHiu

France^ api^ès avoirdonné lé déplorable ex6mpl«i de tous les scandales , donnât à Tunivera le niajes* tuetik exemple d'un retour aincire 4 la religion chrétienne. Le pape, a'élevant au dessus de toulea les passions , de la haine et des préyentions^ et pénétré de k haute pensée que le chef de la Franoe était dirigé parla providence^ conclut ukl traité que dictèrent la sagesse ^ la politique et la sainteté de son ministère. Il né dut pas ré^ster au désir qui lui avait été manifesté de consacrer Tunion de l'église et du trône par l'autorité de sa présence et les pompes du Culte dont il était lé souverain poatife% U quitta Rome^ et vînt en France» Le premier consul le reçut à Fontaine* bleau , et la gravité la plus majestueuse présida à leurs rapportspendanttout son séjour enFrance* La cérémonie ducouronnemetit futia plusgrandè etlaplusimposàntedescérémoniesqui ait imposé un caractère sacré à la légitimité des souverains* hô pape, vénérable vieillard ^ entouré de tous ses prélats^ plus de cent prélats français consacrés par son aveu, les grands corps de l'état ^tout le corps diplomatique de l'Europe y et l'assentiment uni-» versel,de la France et de l'armée^ ont donné à cet acte une légitimité que la maison de Bourbon ne pourra jamais affaiUir. Toutesces puissances de ce

nu £OHT£ XAVAIXSITC. %g

qaM y a ds pios légitime' parmi les hommes n'ont p*ut-«tre pas été as^es seniies par l'empereiir qttfltnd il a abdiqué à Fontainebleau. Sa résis taneeii iin^ abdication l'aurait sans doute jeté 4ans iee^fiers; mai3 que devait lui importer son avenir? il était persécuté comme souverain.

Mai» spn fils pe pouvait perdre ses droits , et quoiqu'il n'ait abdiqué qu'en sa faveur, cet acte modifié fut sans valeur» parce qu'il n'était pas exprimé pa^ son propre sacrifice. Je reviendrai plus tard sur cette réflexion.

L'Angleterre sentit promptement combien oeCte pais^ de )a France avec tout le continent et anrec eHe*meme allait lui être fatale. L'expédition de Saint»Domingiie avait obtenu un commence* ment do sqecés. C'était une mauvaise opératioii et qui ne devaii pas entrer dans les projets de l'empereur ; mais le souvenir de la prospérité de Sainl*Domii^e j ses nombreux colons réfugiés en France et gémissant sur leur ruine, réclainaieiit de tous celés la conquête d^ eette Ile i l'empereur céda à l'illusion générale et au désir d'employer

^9^ m9,vin^f q»i voulait part^g^r la gloire nationale^. Le Directoire uvaitfait un maui^ats ekeix

* n est ai«é de voir qn*il y a ici um légère errear, oo plntât ane

3o MjblOlR£S ET SOUVENIRS

et pris une demi-mesure ; c'était beaucoup trop pour ne pas réussir. Le général auquel ilavait donné le commandement de son expédition était un homme de peu de moyens, et qui joignait à une grande probité une complète médiocrité. Il ne réussit pas y et fut la victime de Fhabileté des Noirs : on le chassa, on l'embarqua, emportant avec lui le caractère d'une dupe et la honte jetée sur le nom français. Le général à qui l'empereur confia la seconde expédition avait plus d'esprit et de talens que son prédécesseur ; mais il avait à combattre, comme le premier, un climat dévorateur et une puissance accrue par le premier succès. Il faut le dire aussi : la liberté, avec toute son énergie, tous ses avantages, toutes ses espérances, avait donné aux Nègres, déjà organisés et ' fiers d'un premier succès , une force et une habileté dont on ne pouvait plus triompher. Le général en chef mourut victime du cUmat, et quoiqu'il eût envoyé en France Toussaint-Louverture, le chef du pays, il succomba sous l'é-

transpûsition. L'expédition de Saint -Dominiqae eut tien ayant réléTation' du premier consnl an tr6ne. impérial: elle est. de Tannée x8oa , et Tonssaînt-Loayertnre monmt an fort de Jonz le z4 avril z8o3.

nergie nationale et sous les avantages de la position de ses ennemis.

L'Angleterre saisit donc le moment du doute sur le succès de - l'expédition pour rompre la paix; M. Pitt, accoutumé à fouler aux pieds les droits et les conventions les plus sacrés , re-' commença là guerre sans déclaration , s'empara des bâtimens de commerce, ruina tous les négocians , et mit de nouveau le continent en feu. La Russie et F Autriche unies reprirent de nou-^ veau les armes. L'empereur partit des bords de l'Océan vers l'Autriche , et fit cette admirable campagne qui se termina par la bataille d'Austerlitz. C'est à cette époque que je fis usage en ^rand du système des estafettes que l'empereur me commanda d'organiser et dont les bases lui appartiennent. Il avait senti les inconvéniens de faire parcourir à qn seul homme d'énormes distances. Il arriva plusieurs fois que les courriers, «Kcédés de fatigues ou mal servis, n'arivaient pas au gré de son impatience. Il ne lui convenait pas non plus de mettre entre les mains d'un seul homme des nouvelles dont la prompte réception pouvait avoir une influence grave et quelquefois décisive sur les événemens les plus importans. ^organisai donc par son ordre le service d'esta-

3a MltafQIKXS SX SQ0VBMIB8

(ettoêf qui consistait à faire passer par les positions de chaque station les dépêches de cahinel enveloppées dans un portefeuille dont nous avions y lui et moi, chacun une clef... Chaque postillon transmettait à la station suivante m» livret où le noi|i de chaque poste était inscnt^ H où Theurç de l'arrivée et du départ devait être relatée. Une amende et des peines sévères, suivant b récidive , punissaient la p^te du livret et }$, négligence du maître de poste à inscrire l'heure de l'arrivée et du départ. J'eus beaucoup dé peine à obtenir l'exécution de ces formalités, mai^yavec une surveillance active et constante , j'en vins à bout) et ce service s'est fait pendant onse ans avec qn succès complet et des résultats prodiigieux. le pouvais me faire rendre compte d'un jour de retard dans l'espace dequatreoents lieq^ l'estafette partait et arrivait tous les joprs de Pdvis^et aux points lea plus éloignés, Naplea, Milan, les Bouches du Catarq» Madrid, Uar banne , et par la suite Tilsit , Vienne , Presboorg et Amsterdam. C'était d'ailleurs une f conoaùe relative; les courriers coûtaient par poste 7 fn. âo ee^t., l'estafette ne coûtait pas % fr. L'emr pereup recevait le huitième jour les réponses aui lettres écrites à Milan, et le quinsièm^, de

0U COMTE LÀVAIXETTE. 33

j^aples. Ce service lui fut très-utile; il fut, je puis le dire sans vanité , un des élémens de ses succès.

Cette campagne commença par un coup de foudre à Ulm : la Prusse en fut épouvantée, et se .hâta de.cacher ses premières démarches hostiles; Austerlitz fit plier les genoux à TAutriche , et ' reculer les Russes étonnés. L'année suivante , la Prusse tomba à la bataille d'Iéna , et ajouta une nouvelle preuve à mille autres, qu'une monarchie pure n'est rien , si son chef n'est pas le plus habile homme de la nation. Cet événement prouve encore que la Prusse n'est point une nation forte : son souverain, épouvanté par la bataille perdue., courut chercher un auxiliaire dans le fond du Nord; et cette armée^où se trouvaient encore des élèves du grand Frédéric, avait perdu son ancienne énergie et jusqu'à l'enthousiasme de son ancienne gloire : elle se battit un jour, et le lendemain elle n'était ■plus qu'un ramas d'hommes sans discipline et sans . énergie. Un seul sauva l'honneur de la monarchie et conserva des étincelles de ce feu sacré qui enflamme tous les courages ; ce n'est pas un prince de la.maison de Prusse, c'est Blû-

çhèr; et sa marche, sur Lubeck, je crois, et sa

Page 1