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386 MÉMOIBES ET SODYENIBS
tite place , oà un bataillon de six cents homme» tiendrait difficilement : il y avait quatre millo personnes. Nous descendîmes avec beaucoup de peine devant le husting , chez un riche mar^ chand, partisan zélé de Wilson, et du salon du premier étage , nous pouvions voir à l'aise tout le spectacle de l'élection.
On appelle husting un échafaudage assez vaste pour contenir deux cents personnes , couvert en planches pour les garantir de la pluie , à peu près comme on peut en voir dans nos cérémonies publiques , sur les quais ou les boulevards. Wilson nous quitta pour monter sur le husting. Le bailli et le magistrat délégué par le maire ou le dief , ouvrit la séance devant tout ce peuple y en déclarant que l'élection allait commeoc^r^ il lut l'acte de dissolvence , proclama les noms des candidats^ fit connaître les formes de rélection. Ensuite ^ sdon l'usage, un àmi du premier candidat prononça un discours dans lequel il s'étendit sur les titres du candidat, sa conduite publique, ses opinions sur la réforme parlementaire etrémândpation des catholiques. Vinrent ensuite les amis de sir Wilson.
La c^ébrité de son nom, i'édat de sa vie, dispensèrent l'orateur d'entrer dans des détails^
I)U COMTE LAVALLETTE. SSj
îl se borna à louer sa conduite parleoiçn taire , ^t bien expliquer à ses auditeurs que l^s tentatives ppur Texpiilser de la chambre étaient dirigées par un parti qui mettait en pçoril b liberté* Ensuite les candidats se présentèrent et. furent accueillis^ les ^^ii% premiers, Calvejrt et. Wilson , avec beaucoup de faveur, mais M» PolliiJI ne put se faire entendre, les huées, les sifflet^ et les cris couvraient sa voix. M. Wilson prit le parti de s'approcher de lui , et de le protéger, en réclamant le silence de la multitude.
M. Polbill parut sensible à ce procédé gênéreux de son rival, mais il ne parut pas en tirer plus d'assurance. Il paraissait embarrassé, et des personnes qui étaient assez près de lui pour l'entendre , m'ont assuré que la chambre des cooimupes n'aurait pas un orateur de plus s'il était nommé; enfin, après trois heures de discours écoutés avec une patience qui me prouve que le peuple aime passionnément ]e& discussions publiques , le haut . bailli annonça qu'on allait nomnaer diaque candidat , et que les électeurs devaient lever les mains pour chacun des candidats auxquels ils donneraient leurs suffrages.
M. Polhill eut très-peu de mains pour lui, et les deux autres une grande partie de la mob (foule),
388 MEMOIRES ET SOUVEiriIlâ Dt G. LlV ALETTTÊ.
On jeta ensuite des cartes d'électeurs en abon-* dance, et plusde trente scrutateurs désignés dans les assemblées préliminaires, s'établirent sur le devant du husting avec des registres pour, recevoir les voix des électeurs. Chacun s'approchait avec sa carte et donnait le nom de deux can-* didats. Cette opération dura environ deux heures. A quatre heures le nombre des voix fîit compté , et proclamé à haute voix et par une affiche. Le résultat fut ainsi t
SirWilson, 17$.
M. Caivert, 1 70.
M.Polhill, 106.
Demain et probablement aprèsKlemain cette opération continuera. Les candidats parleront toute la matinée, et à deux heures jusqu'à quatre les rôles seront ouverts et les voix recueillies^ Cependant si pendant l'espace d'une heure il ne se présentait pas un seul votant , le registre est fermé définitivement et la majorité des voix décide de la nommination du candidat. Il est probable que M. Polhill se retirera.