‹ Mémoires et souvenirs (volume 2)Chapitre 13 sur 30 · LE GÉNÉRAL POIRIER DE BEÀUVAIS · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL POIRIER DE BEÀUVAIS

l'opération du passage impossible. Ce qui reste de la grande armée doit fuir devant lui et se dirigera marches forcées sur Savenay, où elle trouvera son tombeau. Avant de quitter Ancenis, un dernier conseil a été tenu. Comme on est sans nouvelles de la Rochejaquelein et de Stoffet, on décide d'envoyer quelqu'un sur la rive gauche pour s'enquérir de leur sort. M. de Beauvais est chargé de cette mission, et il part, avec une escorte de vingt hommes, accompagné de M. Doucin, prieur de Sainte-Marie de l'île de Rhé, qui avait montré un grand caractère dans toute la campagne d'outre-Loire.

C'en est fait de la grande armée vendéenne, La lutte pourtant n'est pas finie, et la Vendée enfantera encore des héros.

Pendant que la grande armée livrait, outre-Loire, ses derniers combats, le comte de la Bouëre et le jeune Cathelineau, frère cadet du généralissime, avaient réuni aux environs de Champtoceaux, sur la rive gauche, un groupe de combattants qu'on appela la petite armée. Mais elle n'avait pas tardé à se dissoudre, et au commencement de janvier 1794, saufle petit coin que battait Charette, il n'y avait pas cent hommes de rassemblés en armes dans la Vendée. La Rochejaquelein et Stofflet étaient obligés de se déguiser en paysans pour sortir et parcourir les paroisses. Beauvais se cachait dans la forêt de Lépault, où on lui avait donné une petite loge. Il n'avait pu avoir aucune correspondance avec La Rochejaquelein, ni avec d'autres, tant les républicains dominaient partout. 11 était donc aisé de pacifier le pays ; quelques mesures de sagesse et de précaution y auraient suffi. Au lieu de cela, la Convention organisa douze colonnes, chargées de brûler les fermes et les villages et de massacrer les habitants. Douze généraux, etTurreau à leur tète, commandèrent ces colonnes, qui ne reçurent pas seulement de leurs victimes, mais qui prirent ellesmêmes le titre de colonnes infernales. Turreau, d'après

ses propres expressions, ne laissait aux. Vendéens que le choix de la mort. Leur choix dès lors ne pouvait être douteux. Ils avaient des armes ; beaucoup parmi eux avaient déjà vu cent batailles; quelques-uns de leurs chefs étaient de retour : ils les écoutèrent, et se joignirent à eux. Une nouvelle guerre allait commencer, ilrmt la responsabilité pèse tout entière sur la Convention.

En peu de semaines, deux armées se formèrent, qui prirent les noms d*armée d'Anjou et d'armée du Centre.

L'armée d'Anjou avait pour chefs Stofflet (i), la Bouëre, Pierre Cathvilineau, Beaurepaire, Richard, paysan des environs de Cerisais ; ce dernier avait réuni autour de lui deux mille et quelques cents hommes. Elle avait ses cantonnements dans le jiays compris entre Biessuire et Beauprcau. L'armée du centre avait les siens entre Montaigu et Chantonnay, et pouvait servir de trait d'union entre l'armée d'Anjou et celle de Charette, Dès le commencement, elle se trouva être d'environ cinq mille hommes, sous les ordres de Sapinaud, du Chillou, Concise, Launay et Vaugiraud.

Beauyais faisait partie de l'armée d'Anjou. Au début, elle n'avait pas de général en chef. Un conseil composé de ^ept membres la dirigeait. Ces sept membres étaient Sïofflet, de Bruc, la Bouëre, Beaurepaire^ la Ville- Baugé, Berrard et Beauvais. Ce fut seulement au mois d'avril 1794 que Stofflet prit la qualité de général en che\ de l'armée d'Anjou. Ce fut aussi à ce moment que Beauvais fut désigné pour être commandant général de r artillerie, afin de remplacer Bernard de Marigny, qui s'était fait une armée indépendante avec le corps de Richard, de Cerisais. Au mois de juin, les armées d'Anjou et du Centre et celle de Charette se trouvant réunies

(i) Henri de La Rochejaquelcin avait été tué, le i8 janvier 179J, à un tlluftïètre de Nuaillé, sur la route de Cholet.

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