‹ Mémoires et souvenirsChapitre 12 sur 16 · LE BARON D HAUSSEZ · texte numérisé non relu

LE BARON D HAUSSEZ

La création d'un canal destiné k réunir la Gara l'Adour et h éviter au commerce la navigation très d reuse et très chère du golfe de Gascogne avait c M. d'Haussez lorsqu'il administrait le départemei Landes. II reprit ce projet à son arrivée dans la Gii Cette lois, et pour un tel travail, il était bien difllciU passer du concours des ingénieurs. M. Deschamps, nieur d'un grand talent, Tut chargé de procéder aux < préliminaires et d'établir le projet du canal. Mais ment M. d'Haussez lui répéta qu'il suffisait d'une U et d'une profondeur peu considérables, de travaux nature économique, et exécutés avec les matériaux trouvaient dans les localités; vainement 11 lui r manda de renfermer la dépense dans des limites que les revenus du canal pussent couvrir les iotér capital qu'il aurait coûté. L'ingénieur ne voulu entendre. Il s'obslina à présenter un projet gran nullement en rapport avec les iotéréls qu'il devait s le devis, dont l'évaluation portée à trente millions été probablement doublée dans l'exécution, effr; gouvernement et laissa M. d'Haussez sans moye combattre, par de bonnes raisons, le rejet qui en fu nonce- Il aurait trouvé des entrepreneurs si le avait été plus rapproché des idées modestes qu'il données aux ingénieurs comme programme du I qu'il l£ur demandait. Ils dédaignèrent de s'en occuj une opération utile au pays et qui, renfermée dar proportions convenables, aurait présenté des avai aux entrepreneurs, fut indéQniment ajournée, les nieurs ayant mieux aimé voir le projet tomber dans que de ne pas faire grand.

Ce que M. d'Haussez demandait pour arriver création du canal de l'Adour h la Garonne, c'était 1

opposilion avec le chef du cabinet, M. de Martignac. « Les sessions de 1S27 el 1828, écrit-il, furent une lutte continuelle entre les amis d'un pouvoir qui ne se défendait pas, et les ennemis qui l'attaquaient avec autant de mauvaise foi que d'acharnement. J'eus occasion de monter souvent à la tribune pour y combattre des propositions funestes à la Monarchie, et même des projets de lois présentés par les rnintstreE,et pour repousser les accusations dirigées contre les préfets, mes collègues, à l'occasion de la conduite qu'ils avaient tenue dans les élections. M. de Martignac ne leur prêtait aucun appui et s'offensait même de celui qu'ils trouvaient en mol. Je n'en accomplis pas moins ce que je considérais comme un devoir, et je ne laissai pas une inculpation sans réplique. >

Comme il l'avait fait, lors de son premier passage & la Chambre, de 1815 à 1817, le baron d'Haussez se donne ici la satisfaction de faire poser devant lut quelques-uns de ses collègues. Soit qu'il fasse leur portrait en pied, soit qu'il en donne une simple silhouette, d'habitude il ne les ménage guère. 11 excelle du reste en ces rencontres. Voici, par exemple, M. Peton, député d'Elbeuf, que vous ne trouverez pas, d'ailleurs, dans le Liore des Orateurs de Gormeoin :

a Au premier rang des célébrités du ridicule, brille M. Pelou. On ne saurait pousser plus loin la pesanteur, l'obscurité, et afOrmer tout cela par une plus forte dose d'outrecuidance. Celle confiance en soi est si vigoureuse, qu'on serait parfois tenté de la prendre pour du courage, el n'en faut-il pas, en effet, pour se faire, de gaieté de cœur, l'interprète de toutes les sottises et la ri^àée de son propre parti (t)? Ce courage fut celui de M. Petou. Il ne

[I) Fabricant de draps à Lauvier^ et maire d'Elbeuf, M. Pi porta candidat à la députation comme royalUic-consliCatioanel e

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