‹ Mémoires et souvenirsChapitre 3 sur 16 · UNE FAMILLE VENDÉENNE · texte numérisé non relu

UNE FAMILLE VENDÉENNE

dangers de toutes sortes, pour sauver un ofQcier républicain, Tribert, qui demeurait chez lui et dont les provocations imprudentes avaient ameuté les Vendéens.

Les Vendéens cependant avaient, en deux mois, remporté d'immenses succès. A la fin de mai 1793, au lendemain de la prise de Fontenay-le-Comte, ils établirent à Ch&tillon-sur-Sèvre un conseil supérieur pour administrer la Vendée au nom et en Tabsence du Roi, prendre des arrêtés, rendre des ordonnances, enfin régir et gouverner le pays. Les généraux vendéens, particulièrement M. d'Elbée, sollicitèrent beaucoup M. Boutillier de Saint-André d*accepter, dans ce conseil, la place d'avocat général. Cette fois encore, il refusa. C'est alors que, voulant absolument lui donner un emploi et le mettre à même de faire servir ses talents à la cause royale, le général d'Elbée le pressa vivement d'écrire l'histoire de la Vendée. Il consentit enfin, nous l'avons vu, à accepter cette mission.

Il y consacrait tous ses soins, lorsqu'au mois d'octobre 1793 on apprit que les républicains, après s'être emparés de Cbâtillon, se disposaient à marcher sur Mortagne. A cette nouvelle, M. de Saint-André, sa femme et ses enfants firent leurs paquets, et allèrent se cacher sur les bords de la Sèvre, au milieu des rochers qui encombrent le cours de cette rivière, dans la vallée d'Ëvrunes. Le lendemain, ayant su que les bleus n'étaient pas sortis de Châlillon, ils se hasardèrent à revenir à Mortagne. La ville était presque déserte; tout avait fui. Madame Boutillier de Saint-André avait conservé quelques sommes d'argent qu'elle n'avait pas encore cachées. Son mari passa une journée à faire des éluis en terre jaune qu'il faisait durcir au feu; il y glissa des écus et quelques louis. On renferma dans les doublures de gilet des enfants des pièces d'or que l'on cousit avec soin : elles étaient des-

tinées & les faire vivre quelques jours, s'ils étaient séparés de leurs parents, ou h racheter leur vie, si le don de ces pièces était capable d*atteadrir la barbarie des assassins.

Le soir venu, les étuis préparés par M. Boutillier de Saint-André furent cachés, partie dans le bois des Granges, partie dans un pré voisin de Mortagne. Avant de glisser les rouleaux dans les trous qu'il creusa avec son fils aîné, il recouvrit chaque étui d'une ardoise, suriaquelle il avait gravé ces mots : Ad custodiam Dei,

De retour à la maison, et an moment de la quitter pour embrasser, eux et leurs enfants, une vie de fuite, de misères et de périls sans nombre, M. de Saint- André et sa femme résolurent d'accomplir une cérémonie religieuse, qu'ils projetaient depuis longtemps.

Il y avait auprès de Mortagne une chapelle attenant au pont sur la Sèvre et dédiée à la Très Sainte Vierge (1). Cette chapelle était en grande vénération dans le pays, à cause de plusieurs miracles qui s'y étaient opérés.

« Mon père, dit l'auteur des Mémoires, me prit par la main, ainsi que ma sœur Augustlne; ma mère prit mon frère et ma sœur Camille, et nous nous acheminâmes tous vers la chapeUe. Y étant arrivés, nous nous prosternâmes au pied de l'autel, et mon père, au milieu de ses larmes et des nôtres, prononça tout haut cette prière : « Vierge » Marie, mère de Dieu, nous n'avons plus d'espoir qu'en » vous, nous venons mettre nos quatre enfants sous votre » protection. Défendez-les; conservez-les; soyez leur » bonne mère, ne les abandonnez pas ; nous vous en prions » de tout notre cœur; soyez sensible à nos vœux, proté- » gez-les toujours. »

» Après celte prière, nos parents firent un vœu : j'étais

(i) Cette chapelle existe encore.

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si ému, si absorbé dans ma douleur, que je ne l'entendis point; du moins je ne m'en suis jamais souvenu. Je crois pourtant, sans en être sûr, qu'il s'agissait d'un pèlerinage à la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours de Nantes, qui se voyait auprès du pont de la Madeleine, mais qui a été convertie en habitation particulière, ayant été profanée comme tant d'autres monuments religieux.

» J'avais alors douze ans, mon frère en avait dix, Augustîne sept, Camille quatre. Cette prière, les larmes de mes parents, le lieu saint où nous étions réunis, les dangers dont nous étions entourés et menacés prochainement... tout nous jeta dans un accablement si douloureux que je ne sais pas comment je pus y résister, moi surtout qui étais si frêle, si maladif et surtout si sensible.

» Ma mère était aussi tellement émue qu'elle en avait perdu la parole; elle conservait cependant encore une force d'âme qui me surprit. C'était dans les occasions importantes qu'elle montrait le plus de courage. »

Ceci se passait le 13 octobre 1793. Ce même jour avait lieu une autre scène non moins attendrissante.

M. Boutillier de Saint-André avait pour plus proche voisin un de ses meilleurs amis nommé M. Ghaillou. En lui faisant ses adieux, il lui dit : « Mon cher ami, dans les dangers qui nous menacent, il se peut que nous périssions tous deux. Cependant, l'un de nous peut échapper... Si je te survis, je te promets d'adopter tes enfants et de leur servir de père; fais-moi la même promesse, je t'en prie, et cette assurance consolera mon cœur. — Bien volontiers », reprit vivement M. Ghaillou. Et les deux amis se

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jetèrent dans les bras l'un de l'autre en pleurant. Tous les deux devaient succomber bientôt.

Le 14 octobre, M. Boutillier de Saint-André, sa femme et ses enfants, sa mère, sa belle-sœur, madame du Coin, la fille de cette dernière et trois domestiques prirent le chemin de Cholet, le seul qui restât libre encore, et se réfugièrent à la métairie de la Marboire, qui, par sa proximité du bois de Glenet, leur offrait une plus sûre retraite.

Le lendemain, Mortagne était occupée par Tarmée républicaine; partout la mort et Tincendie. Le salut des fugitifs paraissait impossible. Dans cette extrémité, madame de Saint-André résolut de se vouer à une mort presque certaine pour essayer de sauver son mari et ses enfants. Pendant que M. Boutillier de Saint-André se cachait dans le bois de Clenet en un endroit qu'il indiqua, elle prit avec elle ses deux plus jeunes enfants et leur gouvernante, et elle alla, ainsi accompagnée, au-devant de l'armée incendiaire, pour demander la grâce de son mari. Elle devait venir le chercher avec une escorte qu'elle espérait obtenir du général républicain. Elle n'avait pas fait deux cents pas, qu'elle tomba au milieu des éclaireurs ennemis, qui la dépouillèrent de son portefeuille et du peu d'argent qu'elle possédait encore. Un ofQcier qui survint ordonna de la mener vers le général Leschelle, commandant en chef de l'armée qui marchait ce jour-là sur Cholet. Leschelle se laissa toucher et lui donna deux soldats pour aller chercher son mari. Comme ils allaient arriver au bois de Clenet, une vive fusillade se fit entendre à très peu de distance, sur le chemin de Mortagne à Cholet. C'était l'armée vendéenne qui, venant de cette dernière ville, attaquait les républicains auprès du château de la Tremblaye. Madame de Saint-André continua cependant d'avancer ; mais quand elle parvint, avec les deux soldats^

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à la cache de son mari, ils ne l'y trouvèrent plus. Celui-ci, qui avait entendu le feu, convaincu que le combat empêcherait qu'on ne vînt le chercher, était descendu de l'arbre touffu où il était réfugié, et s'était enfoncé davantage dans le bois.

Furieux, croyant à une trahison, les soldats voulurent tuer madame de Saint-André. Ils cédèrent enQn aux larmes et aux prières de ses deux enfants, et s'éloignèrent, la laissant dans le chemin du bois de Clenet, entourée des feux qui se croisaient de toutes parts et qui s'approchaient sans cesse. Des cavaliers républicains, placés en vedette, l'aperçurent, se précipitèrent sur elle et la dépouillèrent. Un des soldats eut l'indignité de placer près d'elle un paquet do cartouches et de l'accuser de s'en être chargée pour les distribuer aux brigands. « Il faut les tuer tous I » s'écrièrent les cavaliers, qui déjà levaient leurs sabres. Cette fois encore, les enfants sauvèrent la pauvre mère :*« Va-t'en, sauve- toi, lui dirent les soldats; mais prends bien garde de ne pas tomber entre les mains de nos camarades, qui ne se laisseraient pas fléchir comme nous. »

Madame de Saint- And ré se hâte de fuir. Elle avait une demilieue de marche pour arriver à Mortagne. Elle eut encore à subir trois scènes du même genre, et aussi horribles.

La ville, lorsqu'elle y entra, était en flammes ; on ne pouvait traverser les rues à cause du feu et de la fumée, La maison des Boutiliier était aux trois quarts incendiée.

Après être resté trois jours caché dans le bois de Clenet, M. Boutiliier de Saint-André rentra à son tour à Mortagne. Mais qu'étaient devenus sa mère, son ûls et sa fille aînés, sa belle-sœur et sa nièce, dont il s'était séparé à la métairie de la Marboire? Madame Boutiliier mère, ma-

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dame du Coin et les enfants s'étaient dirigés, par un chemin détourné, vers Gholet, et étaient tombés tout à coup au milieu de l'armée vendéenne, qui marchait sur Mortagne à la rencontre des républicains. A Cholet, où ils arrivèrent bientôt, ils étaient dans la rue, ne sachant où aller, tous leurs parents et connaissances ayant fui, lorsqu'ils furent recueillis par une personne charitable, madame Dupin, qui deviendra plus tard la belle-mère de l'auteur des Mémoires. Ils étaient chez elle depuis deux jours, lorsque les Vendéens, à la suite d'un grave échec, durent évacuer la ville; les républicains y entrèrent aussitôt, et leur chef, le général Leschelle, choisît pour s'y loger la maison môme de madame Dupin. Trois jours après, nouveau changement. Les Vendéens reprenaient Gholet, mais pour y être presque aussitôt écrasés et presque détruits. C'est à la suite de cette grande bataille que le jeune Boulillier, sa grand'mère et sa sœur revinrent à Mortagne, où ils retrouvèrent leur père et leur mère, établis dans un jardin : ils n'avaient plus de maison.

Les républicains étant maîtres de Mortagne, force était à M. Boutillier de Saint-André de se cacher. On lui avait pratiqué, au milieu des ruines, une cache très bien faite, si bien que les visites domiciliaires, faites pour le découvrir, restèrent sans résultat. Dans sa retraite, avec une naïveté singulière, il rédigeait des mémoires justificatifs, comme s'il eût existé encore une ombre de justice. Vainement son frère, M. Boutillier des Hommelles, qui servait dans Tarmée vendéenne, l'engageait à le rejoindre. Il s'y refusa, pour ne pas se séparer de sa femme et de ses enfants. Le moment vint où sa femme fut arrêtée et conduite à Gholet. Il ne vit qu'un moyen de la sauver: c'était de se livrer lui-même. Il forma donc le projet de se

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rendre, avec Talné de ses Ûls, aux Sàbles-d'OIonne, où il avait des parents, et là de se constituer prisonnier. Muni des pièces qui prouvaient son innocence, il se ferait juger et acquitter ; ensuite il réclamerait sa femme et la délivrerait de ses fers.

Le lendemain, avec un passeport sous un nom étranger, il prit la route des Herbiers. Rien de plus dramatique que son odyssée et celle de son fils. Il faut en lire les détails dans Touvrage même. Je n'en citerai qu*un épisode. M. Boutillier de Saint- André avait dû, renoncer à sa marche sur les Sables et se cacher de nouveau. Son fils était retourné chez madame Boutillier mère. Une colonne incendiaire, celle du général Huchet, dévastait le pays. Un soir que l'aïeule et le petit-fils étaient ensemble dans la seule chambre épargnée par Tincendie, Huchet vint, avec une nombreuse suite, pour s'installer dans ce qui restait de la maison. A la vue de la vieille dame et de Tenfant : a Vous êtes bien tranquilles ici, dit-il ; vous ne savez donc pas que je puis vous faire tous brûler ce soir dans vos masures ? — Ah ! général, répliqua l'aïeule, vous n'en auriez pas le courage; quel mal vous avonsnous fait? — Quel mal vous m'avez fait?... Mais vous avez l'air d'une religieuse avec vos vêtements noirs et vos mains jointes. — Quelle religieuse, reprit-elle, qui a eu douze enfants ! »

Elle n'eut pas plus tôt prononcé ces derniers mots, qu elle en sentit toute l'imprudence, et dans la crainte qu'il ne lui demandât où étaient ses enfants, comme le général» qui, en venant de Cholet, était tombé deux fois de cheval, avait plusieurs contusions à la figure, elle se hâta d'ajouter : « Vous êtes blessé, général ; Il faudrait vous faire tirer du sang. — Qu'appelez-vous blessé ? Qu'entendez- vous par me tirer du sang? Apprenez que

c'est moi qui en tire aux autres. Je suis boucher... boucher de chair humaine (i). »

II s'installa dans le petit salon, oti l'on amena bientôt deux pauvres paysans, un père et son ÛIs. Il donnal'ordre de les mettre à mort, mais fit en même temps défense expresse de les fusiller: « Lardez-les, dit-il, sabrez-les, taillez-les à coups de l^aïonnette. »

On alla exécuter cet ordre barbare sur les marches mêmes de la grande porte de l'église, vis-à-vis la maison. Après quelques instants, les bourreaux vinrent dire au général que les victimes se débattaient contre la mort, dans des souffrances atroces; ils demandaient la permission de les achever d'un coup de pistolet: « (îardezvous-en bien, reprit Huchet; enfoncez- leur vos sabres jusqu'à la garde dans le corps ; taillez et retaillez. » Et il faisait, avec ses bras, les gestes et mouvements significatifs, d'une manière qui annonçait qu'il était familier avec de pareilles horreurs.

« Au nombre des gens de sa suite qui restèrent avec nous quand le général se fut retiré, continue l'auteur des Mémùires.ie reconnus un enfant de mon âge, avec lequel j'avais étudié au collège ; il était de Cholet et se nommait Brosseau. Huchet avait fait fusiller son père le matin, et il avait gardé le fils pour en faire son domestique (2). »

Cependant M. Boutillier de Saint-André n'avait pas renoncé au projet d'aller se livrer pour sauver sa femme. Au mois de mars 1794, il se rendit à Nantes et se constitua prisonnier. Il passa en jugement le 11 avril. On lui fit un crime de son humanité, et quand il rappela, devant le

(1) « En efiet, j'ai appris qu'il avait été boucher; c'était par cette profession qu*il avait préludé aux crimes qu'il a fait commettre. » {Note de Vauieur.)

(i) Mémoires d'un Père, p. 251.

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tribunal, qu'il avait sauvé la vie à plusieurs prisonniers républicains, et en particulier à son accusateur, fils d*un de ses plus anciens amis : « Tu m'as sauvé la vie, repartit celui-ci... Eh bien, c'est là que je t'attendais. Tu m'as sauvé la vie I Gela prouve que tu étais royaliste, puisque c'est k ta sollicitation que les royalistes m'ont fait grâce. i> Le jour même, M. Boutillier de Saint- André fut guillotiné sur la place du BoufTay. Un témoin oculaire rapporte qu'il avait monté les marches de l'échafaud comme on monte les degrésd'unescalier d'honneur, tête découverte, tenant son chapeau d'une main et donnant l'autre à une vieille dame, qui avait quelque peine à gravir les marches fatales.

Un mois auparavant, le 10 mars 1794, sa femme était morte dans les prisons d'Angers.

ft Mon père et ma mère, ajoute l'auteur des Mémoires^ n'ont pas été les seules personnes de ma famille qui ont péri, immolées aux fureurs révolutionnaires. Mon oncle et ma tante du Retail, mon cousin du Coin, mon oncle, mon cousin et ma cousine Meriand ont aussi succombé aux coups de nos cruels, lâches et implacables ennemis. »

Et l'auteur ne parle ici que de ceux de ses parents qui ont été guillotinés ou massacrés, ou sont morts de misère en prison. Beaucoup d'autres ont trouvé la mort dans les guerres de la Vendée. En tout, vingt-deux membres de la famille Boutillier périrent pendant la Révolution.

Il n'y a pas seulement dans les Mémoires d*un Père l'histoire émouvante d'une famille vendéenne pendant la grande guerre. Sur cette guerre elle-même, sur ses origines et ses causes, sur la manière dont s'opéraient les rassemblements, sur les principaux combats, sur les chefs et en particulier sur d*Elbée, on trouve de précieux

détails, de vives peintures, des portraits d'une rare vérité de couleurs. M. Boutillier de Saint-André croyait n'écrire que pour ses enfants. Son livre, annoté d'ailleurs par M. l'abbé Bossard avec un soin et une conscience que Ton ne saurait trop louer, intéressera tous les lecteurs. Rectifiant, sur quelques points, les Mémoires de la marquise de La Rochejaquelein, les complétant sur d'autres, il ne contribuera pas peu, pour sa part, & faire mieux connaître encore la Vendée, la grandeur de son dévouement, la sublimité de son sacrifice (1).

2 décembre 1896.

(1) Je signalerai au savant éditeur des Mémoires deux ou trois petites rectifications à faire. LaCathelinière, chef de la division de Retz, sous Gharetie, s'appelait Ripault et non Rifault de la Cathelinière. 11 fut guillotiné à Nantes, non en février 1794, mais le 2 mars .(I^ ventôse an II). — Je lis, page il 9, dans une note relative au conventionnel Bourbotte : c Commissaire près les armées de l'Ouest, il fut dénoncé, condamné à mort le 18 juin 1793, et guillotiné à Paris. » Bourbotte ne périt point en 1793, victime des dénonciations qui auraient été portées contre lui à l'occasion de son rôle en Vendée ; il ne fut arrêté que deux ans plus tard, pour avoir pris part à Tinsurrection du l«' prairial an 111(20 mai 1795); il fut condamné à mort le 17 juin suivant (29 prairial an III). — Je lis encore, page 302 : « Un jour, mon aïeul et moi fûmes solliciter le conventionnel Bo, qui logeait à Thôtel ViUes" trêmef sur Tile Feydeau (à Nantes). » Au lieu de l'hôtel Viliestrême, il faut : l'hôtel Villestreux.

La comtesse Yictorine de Chastenay a été une femme auteur. Le nombre des ouvrages qu*elle a publiés ne laisse pas d'ôtre assez considérable. Elle a fait paraître en 1796 une traduction du poème d'Olivier Goldsmith, le Village abandonné; — en 1797, une traduction du roman d'Anne RadclifTe, ies Mystères d'Udolphe; — la même année, une traduction de Touvrage de Bertrand de Moleville, qui n'avait paru que dans une version anglaise, Mémoires secrets pour servir à V histoire de la fin du règne de Louis XVL Elle a composé également des ouvrages

I (1) Mémoires de Madame de Chastenay (1771-1815), publiés par t

Alpbon&e Roserot. « Tome I*% L'Ancien régime et la Révolution, — i

Vu Tolume io-S*. E* Pion, Nourrit et €*% 1896.

originaux, le Calendrier de Flore, ou Études de Fleurs d'après nalure, en trois volumes, et un travail sur le Génie des Peuples anciens, qui l'a occupée une grande

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