LB GENERAX PHILIPPE DE SEGUR
rôle hautes, pour déclarer à Napoléon que le pays veut la paix, que Tarmée aussi la veut et qu'ils la veulent comme elle ; les paroles expirant sur leurs lèvres, dès qu'ils sont en présence de l'Empereur, leurs belles résolutions de tout dire s'évanouissant dès ses premiers mots et devant son premier regard; et bientôt, comme un tison a roulé sur les pieds de l'Empereur et que le duc de Reggio s*est baissé pour le repousser, Napoléon, appuyant la main sur le cou du maréchal, le maintenant courbé et lui disant avec un demi-sourire : « Ah ! ah I monsieur, je vous tiens là; avouez que vous vous étiez entendus tous les deux pour venir ici me décourager! »
Le 23 février, au hameau de Châtres, l'arrivée au quartier impérial du baron de Saint-Aignan, beau-frère du duc de Vicence, venu de Paris pour faire connaître à l'Empereur, au nom des ministres et de Savary en particulier, la vérité tout entière sur l'état des esprits dans la capitale, l'angoisse universelle, la lassitude générale, le dégoût même de la victoire, la défiance des succès égale à l'effroi des revers, l'unanimité des vœux pour la paix ; — Saint-Aignan reçu par Napoléon entre les quatre murs tout nus de la chaumière d'un charron ; s'acquiltant de sa mission avec courage, négligeant même d'adoucir par quelques formes le fond du tableau qu'il est chargé de mettre sous les yeux de l'Empereur, et celui-ci s'irritant, marchant à grands pas, s'écriant : « La paix! la paix ! les voilà tous! » et enfin, chassant hors de sa présence Sainl-Aîgnan, qui tombe, dans la rue du village, au milieu des officiers et des maréchaux, dont l'anxiété assiège la porte de la chaumière.
Le 8 mars, le lendemain de la bataille de Craonne, Rumigny, qui arrive du Congrès de Châtillon, porteur d'un ultimatum, et qui insiste près de l'Empereur pour qu'il
HEHOISBS ET SOUVENIRS
t les conditions, tandis que le docile Maret > l'arrêter, et, comme il continue h parler, le ras et lui crie à l'oreille : « Ah ! c'en est trop, je vous ordonne de vous taire! »
)iirs après, le 12 mars, la charge bérolgue du giment des Gardes d'Honneur à Reims, Ségur, imande,' grièvement blessé, échappant par mi- Qort, rencontrant la nuit Napoléon, aux portes , au milieu des morls et des mourants, des lattus, des canons et des caissons ennemis, et son rapport, dans lequel il n'oublie que lui- '.s blessures, qu'il n'a pas encore eu le temps iser.
lisqu'il faut se borner, les scènes de Fonlaine- ;e succèdent, précipitées et tragiques : Ne;, le ayant d'arracher à l'Empereur sa déchéance; ne de l'abdication ; le 4 encore, l'entretien de et de Napoléon ; le 7, la seconde et entière ; dans la nuit du 12, la tentative de suicide eur; dans la matinée du 13, sa dernière entreacdonald.
îu de ces tableaux d'histoire, d'un dessin si 'un colons si éclatant, se détache une autre istrale, le portrait en pied de Talleyrand.
insuite, de distance en distance, quelques jolis e genre, celui-ci par exemple. Dans sa course îur Paris, le 30 mars, Napoléon arrive à Villechevêque. 11 ne sait pas encore qu'à cette éme on se bat sur les hauteurs de Montmartre ville et qu'encore un jour son Empire aura iblé de fatigue, il s'arrête quelques instants, Ney, dans une maison de peu d'apparence :
igur, tous deux, assis près d'un foyer presque
passé sur ces événemeDls, l'éditeur u'a-t-il pas le droit — el le devoir — d'être moins discret? L'ouvrage de SégUF est UD documeat historique de premier ordre. Or, l'histoire veut des noms propres. Il conviendrait, si je ne me trompe, de les indiquer en note, partout oti ils manquent sur le manuscrit. Les retrouver serait, je le crois, chose assez facile, et je vais essayer de le faire, au moins pour quelques-uns.
Le 17 février 1814, le maréchal Victor eut un engagement heureux h VilleneuTe-le-Comte. Ségur en parle en ces termes :
■ D'abord les premiers pas de Victor furent rapides ; mais, & trois lieues de Nangis, à moitié chemin de Monte-
SODYBHIRS I
imoUe, réunis, l'arrétéreot.
Tut vive et YiUeneuveem- DdaDl que Gérard s'étendait irois sa retraite sur Wrède remier succès, mal soutenu ilerie, puis ressaisi par uoe , fut, dit-on, suivi tardive-
. le général Lhéritier. On lit Sapoléon k Paris le 19 fèrcha, le 17, sur Villeneuveavec ses deux divisions ba- 9 général Gérard les attaqua
10,000 hommes qui compot perdus, si le général Lhé- '.ivision de dragons, avait lis ce général, qui s'est disa manqué celle qui s'offrait
témoigner son mécontente-
au plus fort du combat, les munitions. L'irritation de jQ dépit dont il était plein, 1 ordres sévères. Le premier le la perle, sans combat, de général d'artillerie à qui les ler (3). .
MoQtbruQ (ce n'était pas le ailélé tué à la Moskowa). Le
UÂMOtRES ET aOUTBNIRS ruyants, partant ventre à terre, mais qui se ralen- ; qu'ils sont hors de vue du maître. Ce détacbeite n'arriva qu'après coup, uoe heure trop tard, ey tout seul avait réussi, et pour se réunir & sa
icore le baron Fain qui va nous apprendre le Bt officier bruyant, si pittoresquement dépeint r. « DoDS cette nuit (du 8 au 9), dit i'auteur du t de iSti, le premier ofQcier d'ordonnance, 1, se met à la tête d'une entreprise qui doit TaTOre attaque. Un cbemia de traverse tourne à
défilé des marais ; Grourgaud se Jette de ce côté ques troupes choisies... (2). »
dans quelle circonstance, le 4 avril, fut coni défecUon d'Essonne, en l'absence du duc de oubam et les autres généraux du corps de Marmt crus perdus lorsque arriva h Essonne, pour , l'ordre de se rendre & Fontainebleau, s Napot Ségur, avait envoyé au duc de Raguse l'ordre de sa personne h Fontainebleau. Le malheur '. l'officier chargé de ce message fût un homme de embarras. Ne trouvant point Marmont, il s'était i général Souham; mais ce fut en s'emporlant Qce du maréchal, si inconsidérément, si matennent, que Souham, effrayé, crut la trahison déet que l'empereur, à déraul de leur chef, allait ppeler pour les en punir (8). »
\e de bruit et d'embarras est le même que Vofftinl de tout t l'heure : c'est encore Gourgaud.
page 336.
trit de 1814, p. 188.