‹ Mémoires (extaits) [microforme]Chapitre 21 sur 82 · VD · texte numérisé non relu

VD

Mgr de Rimouski m'adressa la lettre jui suit:

« Evêché de St-Germain de Rimouski, “ & avril 1885.

“ Mon Cher Seigneur,

“ J'avoue avec vous que certaineéacctisations que je “! vous ai cominuniquées sont graves en effet; fnnis re- “ marquez bien que ce ne sont point à proprement parler des accusations ni des dénonciations mises devant moi. “ Ce sont des remarques qui circulent et qui se répètent, “ non-seulement duns le die:èse mais surtout ailleurs.

“ J'ai cru bien faire de vous en informer en détail, “ pour que vous puissiez vous justifier si vous le jngez à ‘“ propos.

“ Vous connaïi.sez, par exemple les témioins oculaires “de cè’ijui s’éêt fidssé lors de votre voyage à la côte Nord, “ l'été dernier. Il doit vous être facile d'en füite parler “ quelques dns au mMoitis..s.s

“ Peut-être pourrier-vous aussi dematider à Mgr “ l'Archevêjue de Québec si Si Grandéur conhait des “ faits graves contre vous. Ceci vous fournirait sans < doute l'occasion de lui donner des explicutions propres à “ dissiper bien des. préjugés:

Mgr l’Evêque de Chicoutimi pourrait peut-être aussi vous répéter ce qu'il a entendu dire de votre affaire pendant qu'il était à Rome...

| Votre tout dévoué, (Signé) %# JEAN, Ex. de St-G. dé Rimouski.

Immédiatement après la réception de cette lettre, je iw'adressai au Réd. Père Arnaud, O. M. I. missionnaire

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snr ces côtes, depuis 36 ans. Cet intrépide Æpôtre m'uvait accompagné dans ma mission.

Voiei ce qu'il m'écrit :

N.-D. de Betshiamits, 19 avril 1883:

Mon cher Seigneur,

“ Jai été surpris autant qu'étonné à læ réception de “ votre lettre surtout en apprenant les accu-ations portées “ contre vous.

‘“ Quant anx accusations portées eontre vous, c'est

“ par votre lettre que j'en ai eu eonnaissance à ma “ grande surprise !

“ Maintenant, mon eher Monseigneur, que faire ? ‘“ C’est de remercier le bon Dieu et recevoir avec amour “toutes ces peines et ces cuntrariétés.. sous soeurs ve ‘“ Travailles avee amour et zèle au salut des âmes, * Jà où il plaira à la divine Providence de vous placer. l ine ET

‘“ Adieu, mon cher Monseigneur, je vous salue avec “ toute l'effusion dout mon cœur est capable, vous souhai.- “ tant la patience et le courage dans vos épreuves.

Votre tout dévoué, et affectionné eu J. Ch,

(Signé) CH. ARNAUD, O. M. EI.

Mgr Chs. Guay, Frot. Apost.

Pour me justifier des noires calomnies, débitées sur

.mon compte, je m’adressai encore à d’autres témoins ocu-

hires par l'entremise de monsieur F. X. Lemieux, avocat de Québec, et député à la Législature Locale.

Mes calomniateurs prétendaient que j'avais té liissé cinq ou six jours, à la Rivière Godbont, sous les soins de monsieur et madame Comeau pour me d'griser,

Je rencontrai à la Rivière Godbout, dès mon arrivée, M.M. les avocats Louis Fremont Burronghs et Philippe Malouin, tous deux de la cité de Québec, en parti de pêche à cet eudroit,

Veuillez lire ces trois témoignages filés au dossier sous’ les N° 4,5 et 6, pages 165, 166, 167 et 168 avec deux lettres, l’ine de mon avocat et l’autre de M, Philippe Malouin.

Vous y verrez toute la perfilie de mes lâches détracteurs.

Comme j'avais voyagé plusieurs semaines dans ces parages lointains en compagnie de Monsieur le juge O'Brien,

je lui demandai son témoignage. El se trouve au dossier sous le N° 7, page 170.

Je produis aussi au dossier sous le N° 8 la déclaration de M. Almangar Guay, page 171. J'avais emmené ce jeune homme, dans mon second voyage, daus l'intérêt de sa santé et pour me servir la mésse.

Mes adversaires prétendaient que le Capitaine Berniér avait été obligé de mettre la boisson sous clef, parceque j'étais toujours ivre.

Sa déclaration se trouve an dossier sur le N° 9, page 172.

Elle confond de nouveau mes vils calomniateurs.

Enfin, Votre Excellence trouvera encore au dossier trois autres déclarations sous les N° 10, 11 et 12, pages 174, 175, 176 et 177, données par les missionnaires de

ces côtes qui m'ont accompagné dans mes deux voyages.

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Je crois que toutes ces déclarations suffisent ponr me justifier entièrement des accusations poriées contre moi.

Mes adversaires n'ont pas même un seul témoignage à produire à l'appui de leurs enlomnies.

Voulant un terme à ces fuux bruits et à eus calom-

nies, j'adressai la lettre suivante à Mr. le Recteur de YUniversité-Laval.

Cohoes N.-Y. 17 mai 1883,

A Monsieur l’Abbé Méthot, Recteur de l'Université-Laval.

Québec.

Monsieur le Recteur,

Je crois qu'il est de mon devoir de porter à votre connaissance certaines aceusations injustes et malveïllantes que quelques prêtres de votre séminaire portent et répètent tmalicieusement sur mon compte, et cela depuis assez longtemps déjà.

Je croyais que mon profoud silence mettrait bientôt ane fin à leurs calomnies, mais je me suis malheureusement trompé.

J'ai cru aussi pendant un certain temps que les tapports qui m'en étaient faits, étaient en partie inventés ou beaucoup exagérés pour m'indisposer contre ces Messieurs et contre votre maison, mais aujourd'hui j'ai la conviction qu'on m'a dit la vérité; cependant je serais heureux de me tromper.

Vous n'êtes pas sans connaître la nature de ces fausses accusations qui sont portécs dans le but évient de me

me

perdre de réputation auprès de mes Supérieurs Ecclésins. tiques, parmi mes confrères et même parmi les liïques,

Ce qui m'étonne avec plusieurs âutres, c’est que ces viles calomnies ont leur origine dans votre séritiaite, et je me demande pour quelle taison ?

Dans l'été de 1881, lors de ma mission sur les côtes du Labrador, on m'a accusé d'ivrognerie au poiut que Monseigneur l'Archevêque de Québec, ayant eutétidu parler de cela, en a iüformé Monseigneur Racine, de Chicuutimi, pour obtenir le témoignage de Monsieut O'Biies, Mugistrat Stipendiaire, que l'en disdit avoit eu connaissunce de ces faits. Heureusetnent qué Monseigneur l'Archevêque dé Québec m'a écrit que cé Moisieur m'avait rendu un hon témoignage :

Je croyais avoir la paix, hais point du tout.

Les mêmes accusatious out été encore portées cottre moi lois de mon second voyage de l'été dernier, sur ces mêmes côtes du Labradot où j'ai été deux années de suite remplacer mon Evêque pout ÿ donner la coffititialivti.

Heüreusemient encore cetté fois, j'ai teçu dé bons témoigtiägl eh ma faveitr,

On m’affirme que Monsieur l'Abbé X......... 1

Si M. l'abbé X, où autres messieurs de votre maison out des plaintes à porter contre moi, pourquoi ne s'adressent-ils pas directement à mion Evêque, Monséigrieur de Rimouski f

Pourquoi lancef ces calomnies et les répéter ensuite comme certaines et devant des prêtres et devañt dés

(1) Dans la lettre sdressée à M. l'abbé Méthot les noms sont mentionnés, Aujourd'hui par charité ils sont passés sous silence.

laïques ? Est-ce là de la charité? Une fois lancées, elles font leur chemin, et parviennent à la connaissance de mes Supér'eurs Ecclésiastique et À la mienne qu'après bien des cancans et des sarcasmes, tandis que toutes ses accusations sont fausses et déjourvues de tout fondement,

Je ne vois que la jalousie et la haine qui a pu leur donner naissance.

Il n’y a pas longtemps encore, M, l'abbé Z. à table, au bresbytère de Ste-Brigitte de Montréal, devant des prêtres et des laïques, me traituit de fourbe, d'imposteur etc., avec beaucoup d'autres épithètes du même genre au

sujet de mon titre de Protonotaire Apostolique ad instar, disant en autres choses :

1° ‘ Qu'on m'avait refusé mes lettres, et que d'était “ pour cette raison que j'étais revenu si prornptement de “ Rome, l'automne dernier.

2° « Que j'avais usurpé ce titre, que Sa Sainteté “ Léon XIII ne m'avait jamais nommé,

go « Que Mgr l'Evêque de Chicoutimi avait em- ‘a porté de Rome une kkttre refusant la confirmation de ‘“ mon titre etc., etc.

Ces choses odieuses ont originé dans votre Sémi-

naire et se répètent aujourd'hui,

J'ose espérer, Monsieur le Supérieur, que vous serez

assez charitable de mettre un frein à la langue trop bien suspendue de ces quelques messieurs et à leur zèle ; intempestif de me perdre de réputation. %

Qu'ils sachent donc une bonne fois que j'ai un Ordi- - naire de qui Je sen Ne que: ne So Li me ee et sn me repretidte. ”

J'espère que justice me sera rendue, et que je ne me tronuverai pas dans la triste et pénible nécessité de rendre cette lettre publique avec plusieurs antres pour ma propre justification,

En attendant une réponse, je demeure bien cordialement,

Monsieur le Recteur,

Votre tout dévoué et très-humble serviteur,

(Sigué) CHS. GUAY, Prot. Apost, Monsieur le Recteur me répondit en ces termes : “ Monsieur l'abbé Chs, Guay, Ptre, “ Québec, 23 mai 1883, # Monsieur l'abbé, “ J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre, en “ date du 17 courant,

“ Veuillez bien vous adresser directement aux mes- “ sieurs de notre maison, avec qui vous avez quelque “ affaire à régler.

“ Je demeure, monsieur l’abbé, “ Votre obéissent serviteur,

(Signé) M. E. METHOT, -Ptre, Sup. S. Q.

Telle a été la justice que j'ai reçue de la part de ces messieurs,

La première cause de toutes ces calomnies, c'est

l'enquête de Mgr Racine, de Chicoutimi, tenue sur mon compte, le 26 janvier 1882,

La seconde cause, c’est la jalousie de certains prêtres de Québec, au sujet de mon titre de Protonotaire Apostolique.

La troisième cause c’est la vengeance, provojuée pat uné ériquête tente au sujet de M. l’Inspecteur d'Ecole X..

Quelques uns ont travuillé dans l'ombre et par les intrigues à me faire enlever ce titre ; d'antres à ce que je ne reçusse jamais mes brefs de Rome. Dans leurs perfides desseins, ils ont déployé uh grand sèle, un zèle digne d'une meilleure cause,

Pour preuve que je dis la vérité, je prie Votre Excellence de lire leg extraits suivants de certaines lettres reçues de Rome Elle ÿ verra que mes adversaires ont mis tout en œuvre pour me perdre de téputation nonseulement an pays, wais encore dans la Ville-Eternelle,

Le mensonge et la calomnie semblent être leurs armes favorites : |

“ Un jour op demandait à M. Z..... pour quelle ruison “ il s’opposait tant à l'émission de mes brefs ? Il répondit :

“ Je n'ai aucune raison particulière de m'opposer à “ l'émission des brefs dé Monseigneur Guay. Je crois que c'est un brave hominé, Québec fait bien courir des bruits sur of Comipte, mais son Evêque écrit de bonnes lettres en sa fayeur ; moi je suis payé par les gens de Québec pour faire cet ouvrage et je le fais.”

J'ai raison, ce me semble, de conclure de ges paroles : 1° Que M. Z....…. avait vü et lu les lettres de mon

vêque écrites à Rome à mon sujet, et 2° Que le même Monsieur payé par les gens de Québec pour cet oüvrage, et qui le faisait, suivant sës proprès expressions, les avait soustraites ou détruites, cur Leüts Éminehces les Catdi-

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aux Simeoni et Mettel m'on dit n'avoir jamais vu les lettres en question, et me firent voir à ma grande stirprisé que des personnes de Québec avaient mis tout en mouvement pour que je ne reqtsse jamais nes brofs.

Voici l'extrait d'une lettre par liquelle Votre Excel-

lence verra de quelle manière on ourdisait cette trame contre moi :

“ J'ai vu d'une façon jositive que les adversaires de + Mgr Guay, ont tout mis en œuvre pour qu'il ne reçoive “ jurmais ses brefs de Protonotaire Apestelique. {ls ont même ‘ amené le l’ape à dire qu'il ne se ruppelle pas avoir crée “ ce Monsieur Protonotuire Apostulique, au moins voilà “ ce que ces adyersaires font dire uu Saint-Père. Ils ont “ écrit ces paroles à Québec, en sorte qu'elles duivent cir- “ culer aujourd'hui dans le pays. Ils veulent obtenir que “ le Pape autorise la Propagande à écrire celu à l'Evêque “ de Rimouski et au Métrojolituin avec ordre d'enjuindre “ à Monseigneur Guay de ne plus s'intituler de ce titre.”

Autre extrait :

“ Les adversaires de Monseigneur Gaay ont écrit “ qu'il est un homme vertueux, mais déj ourvn de science, “ an homme connut peur bon, mais pour un minus kabens “ etque le seul fait de le nommer à une dignité quelconque, “ serait dépréciet cette dignité, de là on ajonte qu'il est “ nécessaire de faire savoir publiyjuement qe le Pape ne “ l'a jauiais élevé à aucun honneur et que ce Monsieur a “ tout simplement usurpé son titre.”

Ainsi ces braves gehs de Québec ont commeticé d'abord pat me représenter À Rome cotime ün homme verlüeux, mais uñ Mitdus häbens.

Où leur répondit, “ mais comment se fait-il que si # cet homme est un minus habens, comme vous le dites, “ que son Evêque l’uit nommé Vicaire- Général Honoraire- “ de son diocèse, et qu'il lui ait confié plusieurs missions “ importantes et difficiles, telles que eollectes aux Etats- “ Unis, en Europe et l'ait chargé d'aller administrer la. “ confirmation sur les cûtes lu Labrador ?”

Quand mes adversuires ont vu que par eæ moyen ile ne pouvaient russir dans leurs diaboliques desseins, ils ont. ensuite fait eourir les bruits que j'étais un ivrogne de ln pire espèce,et ils ont éerit ces caleninies à Rome, Pour donner quelque plausibilité à leurs détractions, ils disaient partout avec un air de grande pitié : “c'est bien malheureu- “ sement que trop vrai, Mgr l'Evêine de Chicoutimi a “ tenu une enquête sur son compte,”

Tous les moyens de persécution nétaient pas encore épuisés. |

Ou n'éerivai de Rome :

“ Fl est certain que . tme damnée de Québec à “ Rome obtiendra le docunx…. que les gens de Québec dé- “ sirent tant et qu’ainsi, non seulement il ne sera plus pos- + “ sible d'obtenir les brefs de votre nomination, mais que “ vous serez pour toujours déshonoré, car vous aurez “ beau dire : Le Paye m'a nommé, vos adversaires diront : “le Pape a fait attirmer le contraire dans uu document “ solennel, Que vous n'obteniez jamais vos brefs, après “ tout, vous pouvez vous en consoler ; mais qu'au lieu de “ les obtenir vous receviez un démenti solennel, c'est ce *“ que l'on doit empêcher à tout prix.

‘“ Comme je vous l'ai dit, je suis sûr d'empêcher. ce * malheur en donnant cinq cents piastres à l'âme damnée,

“Nous allons commencer par acheter l'âme damnréa, “ autrement non seuleméènt nous ne réussirons point, “ mais tout est perdu, nême l'honneur.”

Extrait d'une autre lettre :

“Celui qui est chargé de tout cela à Rome est *“ rémunéré par les gens de Muéber, Vous le connaissez: “ c’est lui qu'on apjelle avec tant de ruison l'âme dumnée “ de Québec. ©Qr je l'ai vu et je suis sûr que: 1ious ne * ferons rien sans lui. de l’ui vu et j'ai acquis k certi- “tude que si je Ini donnais cinq cents écus (8500), je “ l'empêchernis de deux chose: : la première d'obtenir un *“ document qui vous détrirait à jamais en vous faisant “ passer pour avoir usurpé une dignité ; la seconde qu’il ne “ s'oppose plus à ce que vous ayez vos brefs”,

Je répondis ce qui suit :

“ Achetez l'âme damnée si vous le désirez, jour moi “ je n'ai pas un seul sou à lui donuer ; d'ailleurs de deux “ choses l’une : ou j'ai droit d'avoir mes brefs ou je n’y ai “ pas droit.

“ Si j'y ai droit, qu'on me les ex; édie; si je n'y ai “ pas droit, qu’on les garde.

“ Jamuis je ne consentirai à douner un seul denier à

“ l'âme damnée, maître Z.….

à | Extrait d’uue autre lettre,

“ Le Pape est connu tout favorable à l'expédition “ de vos brefs. Il n’y met qu’une condition, d'amener “ l'opposition qu'on fait à la Congrégation des Brefs, car “ il dit, le St-l'ère : “ Je suis beaucoup fatigué de ce côté “ où l'on est fort op} osé à l'expédition de ces brefs ” Je termine par deux autres extraits, car il serait trop

fong de vous faire connaître d'autres lettres que je conserve: préciengement, pour y avoir recours an besoin, afin de confondre publiquement mes adyersaires par leurs propres écrits. Je pourrai cependant yous en donner lecture, si vous le désirez, et Votre Excellence constatera an delà de tout doute, que si je con-erve encore un reste de répntation, je ne le dois nullement à mes jaloux et envieux :

“ je Deux grosses lettres du Canada sent venues se “ plaindre à ir Propagande de vatre nomination à l® “ dignité de Prot, Apost.

‘ 2° La Propagande & répondu à res deux grossés “ lettres en invitant les auteurs à dormir tranquille à votie “ sujet.”

Tous ces doeuments suffisent pour prouver à Votre Excellence combien j'ai été calomni,

Je demeure avec la plus haute considération, de Votte Excellence, k très-humble et tout-dévoué servitéiit,

(Signé) CHS. GUAY, Prot. Apost.

Syracuse N.-Ÿ., 1884.

N. B.— Permettez-moi de filer au dossier sous le No 13, p. 178, une lettre de Mgr l'Evêque de Rimouski, Sa Grandeur trouve que les déclarations et lettres obtenues pour ma justification sent complètes et satisfaisantes.

No 1 JEAN LANGEVIN, Par la Grdce de Dieu et du St-Siège Apostolique, Evêque de St.-Germain de Rimonski.

A notre bien-aimé en Jésus-Christ,

My Chs. Guy, Prot, Apost., curé N. D. S.-Cœur, Salut en Notre Seigneur,

A l'occasion de votre prochain voyage sur la Côte-du- Nord pour y confier le Sacrement de Confirmation (en vertu des pouvoirs que Nous avons de vous déléguer), Noùs vous autorisons à administrer tous les autres Sacrements, l’ordre excepté, dans toute l'étendue du même territoire, savoir depuis la Rivière Ste-Marguerite à l'Ouest jusqu'au Blanc-Sablon, y compris les tles adjacentes, et sur l’Ile d’Anticosti.

Nous vous chargeons aussi de faire de notre part et en notre nom la visite des paroisses et missions établies dans le dit territoire, et de nous faire de tout un rapport circonstancié.

Nous prions le Seigneur de bénir le ministère que vous allez exercer en notre nom et comme notre délégué spécial.

©” Donné à St-Germain de Rimouski, sous notre seing

et sceau et le contre seing de notre Secrétaire, le treize de juin mil huit cent quatre vingt un.

(Signé) vk JEAN, Ev. de St-G. de Rimouski.

Par Monseigneur, C.-A. CARBONNEAU, Ch, Secrét,

No 2

. JEAN LANGEVIN, Par la Grâce de Dieu et du Suint-Siège Apostolique, Evêque de St-Germain de Rimouski.

A notre bien-aimé en Jésus-Christ, Monseigneur Chaïles Guay, Protonotaire Apostolique, Salut en Notre Seigneur.

Ayant déterminé d’user encore cette année des pouvoirs que nous avons reçus du St-Siège pour faire administrer le sacrement de la Confirmation aux sauvages et aux blancs qui ne l'ont jas reçu l'unnée dernière, Nous vous délégnons de nouveau en vertu d’un Indult du 20 novembre dernier, valable pour cinq ans “ ut sylvicolis *“ ad fidem conversis et aliis fidelibus apud illos degen- “tibus licite valideque Confirmationis sacramentum “ administrare possis ; servata instructione."” Vous exercerez ce pouvoir u’ici au jremier de sep- , tembre prochain dans le territoire compris entre la rivière Portneuf à l'Ouest et le Blanc-Sablon à l'Est, sur ia côte Nord du St-Laurent, y compris l'Ile d’Anticosti et les autres îles adjacentes.

Vous ferez aussi eu notre nom la visite des chapelles, et en fournirez un rapport circonstancié à votre retour, Nous prions le Seigneur de bénir le ministère que vous allez exercer en notre nom et comme notre délégué spécial. Donné x St-Germain de Rimouski, sous notre seiag et sceau, et le contreseing de notre Secrétaire, le vingtneuf mai mil-huit cent quatre-vingt-deux.

Par Monseigneur, C.-A. CARBONNEAU. Ch, Secrét.

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No'3

Chicoutimi, 30 janvier, 1882.

Très-Révérend ami,

Quand je vous adressai le 29 décembre dernier ma lettre du “ Jour de l'An,” j'étais loin de m'attendre que le 26 de ce mois, je serais sommé de comparaître devant Sa Grandeur Mgr de Chicoutimi, pour alors et là rendre témoignage dans une certaine accusation transmise à Mgr de Chicoutimi par Mgr l’Archevêque de Québec, concernant Mgr Chs. Guay, du diocèse de Rimouski.

Je ne vous apprends rien de nvuuveau, je l'espère, J'ignore le nom de votre accusateur, mais il paraîtrait que vousavezaun cours de votre voyage sur la côte du Labrador, l’année dernière, scandalisé les indigènes ou naturels du pays, par des excès d’intempérance dans le boire. D'après la lettre de Mgr de Québec, j'étais indiqué comme un témoin essentiel sachant tout. Or, Mgr Racine a écrit ina déclaration tout au long sous affirmation solennelle, et je n'ai dit que la simple vérité, c'est-à-dire, que pendant tout le temps que nous avons été ensemble là-bas, votre conduite a été irréprochable à tous égurds (textuel) et que s’il y avait eu la moindre fante de signalée contre vous, j'en aurais certainement entendu parler, or “ je n’ai entendu dire que du bien.”—Telle est la substance de ma déclaration. Je vous assure que j'ai été très-heureux de l’occasion de vous être utile, à vous dont j'ai reçu tant de marques de bienveillance délicate— D'ailleurs, en racontant à Mgr de Chiroutimi, les principaux incidents de mon voyage l'automne deruier, j'avais parlé de vous dans les

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meilleurs termes possibles—Jethe comprends rien à cette

affaire... CLLELLELREELLLILLLERELEZLLLILINIIILLIEERLIIEELLIELIRLLILL]Z:

Chicoutimi, 11 mai, 1882, Révérend Monsieür,

—J'ai reçu au commencement d'avril une lettre de Mgr. OC, Guay, de Cuhoes, N.-Y, ayant date le 26 mars, — J'ai répondu à cette communieation le 8 avril, Depuis cette date jusqu'à ce jour, je n’ai reçu atieune nouvelle de Mgr. Guay : est-il parti de Cohoés, je l'iguore. Si oui, veuillez donc m'indiquér son séjour actuel,

—Vous avez dé à même d'apprésier les aimables qualités personnelles de Mgr Guay que j'ai eu l'honneur de connaître sur la Côte - Nord, il y a deux ans, — Je déplore infiniment pour ma part l'état de choses actuelles.

— Veuillez agréer, Révd. Monsieur, mes saluts respectueux, tout en vous priant de m'excuser de vous troubler ainsi.

Votre humble serviteur, Signé, FRS, H. O'BRIEN.

Révd. Messire Dugas, Curé Cohoes, N.-Y.

No 4 Québec, 5 mai 1883 ’

Monseigneur,

Vous êtes trop bon ponr ne pas pardonner, surtont À celui qui n'est coupable qu'apparemment. Voici: J'ai attendu et cherché longtemps M. Comeau, finalement j'ai obtenu le document ci-inclusiq#'iba signé avec emyressement, M. Malouin doit vous transmettre une déclaration semblable, ainsi que M. B irroughs. Quant au Baron de la Grange, il était parti pour l’Europe avant la réception de votre première raissive.

Je reprends le langage du cœur qui parle à un vieil ami, et je te dirai que dans le diocèse de R'mouski, il y a une voix unanime pour blamer l'action indigne de tes envieux. Je n'aurais jamais cru que tant de fie entrût duns l'âme des dévots. Mais, mon cher, tu es trop bon, tu as fait trop de bien, ta charité a été trop étendue, pour que justice ne te soit pas promptement rendue,

J'en ai l’intime conviction que tu sortiras plus grand de cette lutte indigne, que tn ne l'étais avaut qu'on ne t'y ait engagé. J'ai vu le Révérend Père Rssther qui te porte toute l'attention qu'une âme aussi bien douée que la sienne, doit accorder à celui qui est a:ssi lâchement attaqué par des adversaires qui sont forts dans l'ombre, mais qui disparaissent et s'éväñouissent au grand jour,

Si je puis faire quelque chose de plus, parle et tu seras écotité.

Accorde-moi tes bonnes prières. Tâche d'être heureux.

A toi, ton vieil ami, (Signé) F. X. LEMIEUX.

…— 166 — Québec, 26 avril 1883.

Nous soussignés, Napoléon Alexandre Comean, présentement de la Cité de Québer, gardien de pêch- ries ir Pendroit appelé “ Rivière Godbout, ét Dame Marie Antoinette Labrie, épouse de Napoléon Alexandre Comeau, déclarons solennellement re qui suit:

Qu'’entre le vingt et trente juillet dernier (1882) nous avons eu le plaisir et l'honneur de reçevoir à notre demeure, au dit endroit appelé ‘ Rivière Godbout,” Monseigneur Charles Guay, du diocèse de Rimouski, lequel était a!ors en touruée pastorale et remyplissait des devoirs épiscopau x et donnait la confirmation sur la Cote-Nord, dans le bas du fluuve St-Laurent.

Que c’est un bien grand plaisir et en même temps ur devoir agréable à remplir que de certifier «t témoigner que pendant le séjour de cinq ou six jours qu’il a fait à notre résidence, à l’époque ci-dessus inentionnée, la conduite de Monseigneur Guay a été non-seulement digne d’un bor citoyen, mais encore d’un bon prêtre chargé de donner le bon exemple.

Qu'alors. si quelque chose d'extraordinaire était arrivé dans sa eonduite, paroles et agissements nous en aurions certainement eu connaissance, et ça aurait été remarqué non seulement par nous, mais par les personnes qui l’accompagnaient.

Nous repoussons avec mépris la rumeur que certaines personnes ont fait courrir que Monseigneur Guay, pour eertaines raisons inavouables, avait été laissé sous nos soins.

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