‹ Mémoires (extaits) [microforme]Chapitre 26 sur 82 · Ù &] — AL · texte numérisé non relu

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présence de plusieurs prètres dont.j'ai le témoignage certain, des faits suivants :

1 — Votre Grandeur à dit qu’elle ne comprenait pas « Mgr. l’évêque de Rimouski de m'avoir reçu dans son « diocèse. »

2 — « Moi, que Mgr McNeirney avait chassé de sru «diocèse, en m'interdisant mème la célébration de .a « messe. »

3— « Il se laisse fasciner avez-vous-dit, par cet « homme et ose l'emmener en visite avec lui, en visite « épiscopale, parlant de Mgr. de Rimouski.»

Voilà vos propres paroles.

Je viens vous demander sur quels témoignagnes Votre Grandeur s’est permis de lancer contre moi de telles accusations. Je dois vous dire et vous prévenir qu’à défaut d'une réponse prompte et précise de votre part, je vous citerai à un tribunal compétent, pour là rendre compte de vos atroces calomnies à mon sujet.

Votre Grandeur,n'ignore point qu’Elle s’est déjà trop mèlée à plusieurs de mes affaires, sans aucune autorisation quelconque, et de son chef.

Bien respectueusement, etc., Monseigneur, De Votre Crandeur, Gus. Guay, Ptre Miss.

Prot. Apost.

Ad instar.

Chicoutimi, 4 août 1884.

Révd. M. Gus. Guay, Ptre Miss.

Ristigouche.

Monsieur, En réponse à votre lettre du 29 août dernier, je w’ai que peu de choses à vous dire :

1 — Je nie purement ct simplement avoir tenu les conversations elles que rapportées dans votre lettre.

2 — Comment aurais-je pu parler de votre affaire d’Albany que j'ignorais complètement et que je n’ai apprise que ce jour-là à St-Sauveur ?

Après l’avoir entendue de la bouche de l’un des assistants, je n'ai fait que la répéter devant la même assistance.

9 — Il est vrai, j'ai ajouté que j'étais surpris que Mgr. Langevin vous eût appelé à sa suite dans sa visite pastorale, s'il connaissait ce fait et la cause qui l'a produit.

4 — Quant à l'influence que vous excercez sur Mgr. de Rimouski, je n'ai fait encore rien autre chose que répéter ce qui .4’a été dit à diverses reprises par plusieurs de vos confrères.

Voilà tout mou crime à votre égard. Libre à vous maintenant d'en appeler à tel tribunal qu’il vous plaira, sur le rapport d'un mouchard dont la mémoire est peu fidèle ou qui ne craint pas de donner de cruelles enterses à la vérité. Le résultat juste ne sera peut-être pas celui que vous désirez.

Votre serviteur, (Signé) Dox. Ev. de Chicoutimi.

Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, P. Q.

{1 oct. 1884.

Monsieur Don. Racine,

Evêque de Chicoutimi, à Chicoutimi.

Monsieur, J'ai reçu en son temps votre lettre datée du quatre

am mmrmaisiéipitéiétiénmiettninittinenemtiiirnihieittlieiniris

août dernier, en réponse à ma lettre du vingt-neuf août dernier. Je ne suis pas du tout satisfait de votre réponse, et je viens vous demander, Monsieur, pour la seconde fois, sur quels témoignages vous vous êtes appuyé pour m'accuser colomnieusement, le premier de juin dernier, chez les Révérends Pères Obiats, à St-Sauveur de Québec, en présence de plusieurs prêtres dont j'ai le témoignage certain, des faits suivants :

1 — Vous avez dii, vons, Monsieur Dom. Racine, «que vous. ne compreniez pas Mgr. Jean Langevin, évè- : «que de Saint-Germain de Rimouski, de m'avoir reçu « dans son diocèse ;

2 — «Moi, que Mgr. MeNeirney, évèque d'Albany, « avait chassé de son diocèse, en m'interdisant mème la « célébration de la sainte messe ;

3 — « 11 se laisse fasciner par cet homme et ose l'em- « mener en visite épiscopale, parlant de Mgr l’évèque de: « Rimouski.»

Voilà, Monsieur Racine, vos propres paroles.

Je dois vous informer qu’à défaut d’une réponse prompte et précise de votre part, je vous citerai devant des tribunaux compétents, pour là rendre compte de, vos atroces calomnies à mon sujet. $

Je vous demande aussi de me dire en vertu de quel droit et de quelle autorité avez-vous tenu secrètement une enquète sur mon compte, le vingtsix janvier mil huit cent quatre-vingt deux, à mon insu et à l'insu de mon propre évêque ?

Vous n’ignorez pas que je connais votre conduite inqualifiable à mon égard, lors de votre retour de Rome.

Bien respectueusement, etc.

Cus. Guay, Prot. Apost.

Ad instar.

éme LOT : et Chicoutimi, 17 oc'obre 1884.

Monsieur Cns. Guay, Missionnaire.

Ristigouche.

Monsieur,

Je regrette que les explications si véridiques que je vous ai données dans ma lettre du 4 août dernier, ne vous aient pas satisfait, ct qu’elles sembient au contraire avoir augmenté votre mauvaise humeur. Puisque vous revenez à la charge, j'ajouterai ce qui suit:

Vous savez aussi bien que moi que les lois de l’honneur et de l'hospitalité nous imposent le devoir inviolable de ne pas dévoiler une conversation intime ct privée, tenue dans une maison privée. Voilà pourquoi, même sous le coup d’une poursuite devant les tribunaux civils, je ne crois pas pouvoir vous donner les noms de ceux qui m'ont appris et votre atfaire d'Albany et votre influence auprès de Mer. votre évêque.

La personue qui à St Sauveur m'a appris votre départ du diocèse d'Albany, m'a informé depuis que certains jouruaux des Etats-Unis ont relaté les faits tels que rapportés par elle et par moi près elle, et que c’est là qu’elle avait puisé ses informations.

Quant aux deux nouvelles plaintes que vous formulez, voici ma réponse.

Si j'ai pris des informations auprès de certaine personne, c'est à la demande de quelqu'un que je croyais en relation à ce sujet avec votre évèque, et pour dissiper certaines mauvaises rumeurs qui circulaicnt à Quéhge. Ce n’était pas là agir contre vous.ni vos intérêts. Ge qui fait le sujet de votre seconde plainte me paraît fondé-sur des exagérations aussi dénuées de fondement-que les premières.

Dans l'espoir que ces dernières explications seront mieux agréées qu. les premières,

Je demeure, Votre dév. serviteur, [Signé] Dow. Ev. de Chicoutimi.

Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, P. Q,.

15 novembre 1884.

Monsieur DouiNIQuE RACINE,

Evèêque de Chicoutimi, à Chicoutimi.

Monsieur,

Votre dernière lettre du 17 wltimo est encore moins satisfaisante que votre première du 4 août dernier. Je dois vous dire que je ne suis point du tout de mauvaise humeur, seulement, je veux vous faire rendre comple de vos noires et atrocus calomnies à mon sujet.

Après quatre longues années de persécution dont vous avez été, plus d’une fois, l'instrument officicux, vous ne trouverez pas mauvais que je vienne en ce moment réclamer, et si vous eussiez été à ma nlace, vous n'auriez certainement pas eu ma patience.

:æ Au fond de tout cela, je sais que c’est mon titre de protonotaire apostolique qui vous chatouille, avec quelques autres, mais prenez-cen votre parti.

= Vous me paraissez ighorer que le premier de juin dernier, jo ’v de la fête de la Pentecôte, vous vous trouviez à St-Sauveur de Québec, chez les Révérends Pères Oblats, à l'occasion de la bénédiction d'une bannière,

Veuillez bien comprendre. Monsieur Dom, Racine, ce qui suit:

“Vers le soir prenant votre récréation sur la galerie des Révds Pères Oblats, à St-Sauveur de Québec, avec Monsieur le Vicaire Général Cyrille Legaré, administrateur de l’archidiocèse de Québec, le Révd père Bournigale, supérieur de la maison, M. Gagnou, assistantsecrétaire de l’archidiocese de Québec, le Réverend Père Jodoin, aussi Oblat, le Révd C. E. Trudel, du diocèse de Rimouski, le Révd Patient, prêtre résidant à l'Hôpital du Sacré Cœur, et un autre prètre Oblat qui devait vous précéder dans la visite des paroisses du diocèse de Qué: bec, »

« Vous avez demandé si Mgr. l'évèque de St-Germain de Rimouski avait commencé sa visite épiscopale, et s’il était vrai qu'il se faisait accompagner par Mgr. Chs Guy.» |

«Sur une réponse affirmative qui vous fut faite par un des prôtres présents, vous vous èles écrié, avec un mouvement de surprise et mème d'une sainte indignation, vous frappant sur la jambe, et vous tournant vers Monsieur l’'Administrateur de l'Archidiocèse de Québec : Yat-il moyen de comprendre cet évèque-là ? parlant de l'évèque de Rimouski. Se faire accompagner par Mgr. Guay, interdit par l'évèque d’Albany, (l'expression était, il nous semble, plus forte)! Nous croyons qu’il a em-

ployé le mot mème excommunié. »

“Vraiment il se laisse fasciner par cet homme. Mais tous furent si étonnés d’un tel langage, que personne n’osa rien dire, et la conversation changea de suite de sujet.”

Voilà, Monsieur Dom. Racine, des témoignages sous la foi du serment par des prêtres qui étaient présents et qui ont entendu vous calomnies à mon sujet.

Ce n’est pas facile de nier cela, n'est-ce pas ?

Vous avez peut-être perdu la mémoire de ces faits, c'est possible ; mais vous êtes Loujours responsable de vos paroles et de vos actes.

Puis les témoins ajoutent:

“Nous n'avions jamais entendu parler de Mgr. Chs. Guay, d'une manière défavorable avant d'assister à la conversation de Mgr. l'évèque de Chicoutimi.”

Que dites-vous de cette dernière partie?

Quant à cette prétendue affaire d'Albany, vous me paraissez, cher Monsieur, en ignorer même le premier mot. ;

Cette affaire ne vous a jamais regardé, et il est probable qu'elle ue vous regardera jamais.

Je sais par expérience que vous êtes dans la réaible et triste habitude de vous occuper de bien des choses qui ne sont point de votre compétence, et cela pour vous rendre officieux. Mais un évèque doit se tenir respectucusement à sa place, et ne pas se faire la commère du pays, co! ime vous avez fait pour moi.

Veuillez maintenant me permettre de vous citer une lettre de Mgr. l'évèque d'Albany, adressée à Mr. le Vicaire Général du diocèse de Si Germain de Rimouski, le Très- Révd. Ed. Langevin, pour vous prouver que vous m'avez

calomnié ou avec connaissance de cause on avec igno-

rance. C’est à vous d'en juger. 2ette lettre dit ce qui suit:

«Troy, le 20 août 1884.

« Monsieur le GRAND VicainE LANGEVIN.

Rimouski.

« Monsieur le GRAND VicainE,

« En réponse à votre lettre du 25 juillet dernier, qui «est arrivée à Albany pendant mon absenre dans le sud, « j'ai l'honneur de dire que Mgr. Guay n’est pas parti inter- « dit de MON AIOCPSA.. ss etos tes b ea au ed et buts os ve

CREER EEEN EEE EEE EEEEERT sou. ss... CORRE] COREELIEREEEEENENT)

[Signé] Francis Ev. d'Albany. »

AU cn

Monsieur Racine, vous avez dit, le premier de juin dernier, devant plusieurs prêtres à St-Sauveur de Québec “que J'avais été interdit et même plus par l'évèque d’Albau y.”

Vous voyez que voilà une calomuic des plus graves su: le compte d'un prêtre.

Voyons ce que dit Gury annoté par Henri Durmiss, Jésuite, vol, page 347.

“Detractio est ininsta violatio famae alinae per ver- Ju occulta.” [ta St, Thomas, 2. 2., p. 74, art. 1.

Vos paroles, Mousieur Racine, le premier de juin derier, n'ont pas été occultes, elles ont été trop publiques malheureusement pour vous.

Et à la mème page l'auteur dit: “Omnis detractio “ directa, sive sit calumnia, sive detractio simpliciter est ‘“ mortalis ex gencre suo.”

Page 353. le mème auteur continue :

« Calumniulor tenctur dicta retractare, et quidem «per se etiam cum jactura propriae famae, si aliter repa- «ratio fieri nequeat, ralio; quia melior es conditio inno- «centis quam nocentis, et malitiæ suæ imputare debet «quidquid propterea est passurus. ”

« La calomnie, dit un auteur fort recommandable, « cousiste dans l’imputation faite au prochain de défauts «qu'il n’a pas, ou de fautes qu'il n'a pas commises. Le «calomniateur est tenu de se rétracter et de réparer le «dommage qu'il a causé” (Le catéchisme en exemple, page 394.

Procédons maintenant au second chef d'accusation avec tout le calme possible. Je ne veux ni vousinjurier, ni vous outrager, je veux seulement vous parler franchement.

Parlons de votre enquête secrète sur mon compte, le 26 janvier 1882, à mon insu et à l'insu de mon évèque. Vous dites dans votre lettre du 17 oct. dernier :

| | «Si j'ai pris des informations auprès de certaine « personne, c'est à la deminde de quelqu'un que je croy- | « ais en relation à ce sujet avec votre évêque et pour dis- «siper certaines mauvaises rumeurs qui circulaient à « Québec. »

Toujours à Québec!!!

Ce ne sont point des informations que vous avez prises, Monsieur Dom. Racine, mais c'est une véritable enquête que vous avez tenue secrèlementsur mon compile, le 26 janvier 1882, à mon insu et à l'insu de mon évèque.

Je vais vous ïe prouver. Ecoutez bien de nouveau,

Monsieur Racine.

«Très Révérend ami, »

« Quand je vous ai adressé, le 29 déc. dernier, ma

« lettre du « jour de l'an, » j'étais loin de m'attendre que « le 26 de ce mois je serais somné de comparaître devant «Sa Grandeur Mgr. de Chicoutimi, pour alors et là rendre «témoignage dans une certaine accusation transmise à « Mgr. de Chicoutimi par Mgr, l'Archevèque de Québec, fil «concernant Mgr. Chs Guay, du diocèse de Rimouski... {l « D'après la lettre de Mgr. de Québec, j'étais indiqué «comme un témoin essentiel, sachant tout. Or, Mgr. « Racine a écrit ma déclaration tout au long sous affirma- «tion solennelle, et je n'ai dit que la simple vérité, c’est-à- «dire que pendant tout le temps que nous avons été «ensemble là bas (sur les côtes du Labrador) votre con- « duite a été irréprochable à tous égards (textuel), et que «s'il y avait eu la moindre faute de signalée contre vous, «j'en aurais certainement entendu parler; or je n'ai «entendu dire que du bien de vous.»

| « Chicoutinn, 30 janvier 1882. »

0000 0 neo eseseeene CORRE EELEEENELEEENEEIE ET) ...

(Signé) Frs H. O’BRIEN.

Monsicur Racine, que dites vous de cette lettre ? C'est un juge civil et laïque que vous avez sommé de comparaitre devant vous, et en votre présuuce., Vous avez écrit sa déclaration solennelle tout au long.

Est-ce que cela ne constitue pas une vraie enquête de votre part? Ju vons demande en vertu de quel droit et en vertu de quelle autorité avez-vous pris des témoignages sur mon compte à mou insu et à l'insu de mon propre évèque ?

Ayant appris votre enquête secrète, j'écrivis à l’Ar. chevèque de Québec dans les termes suivants :

A Mgr. l'archevèque de Québec, à Québec.

Mouseigneur,

Je viens d'apprendre de Monsieur le juge O'Brien, de Chicoutimi, par une lettre du 30 ultimo, reçue hier, que des plaintes très-graves étaient portées contre moi devant Votre Grandeur. Que les dites plaintes étaient déférées à Mgr. de Chicoutimi. Je n’y comprends rien du tout. Veuillez donc, Monseigneur, être assez bon de me dire ce qu’il y a de vrai?

Je suis le plus étonné des hommes.

Ma conscience heureusement ne me reproche rien.

Je demeure toujours, avec la plus haute considération,

Monseigneur, De Votre Grandeur, Le tout dévoué serviteur, (Signé) Cxs Guay, Prot. Apost.Curé

c'e Notre Dame de Rimouski, 5 fév, 1882.

Mrg. l'Archevèque de Québec m'adressa la lettre suivante :

Archevêché de Québec, 8 fév. 1882, Monseigneur Cus. Guay, Prot. Apost.

Curé de Notre-Dame du Sacré-Cœur, Monseigneur,

En répouse à votre lettre du 5 courant, je dois vous dire qu'ayant eu connaissance de certains bruits, j'ai voulu de suite en avoir le cœur net, et j'ai prié Mgr. de Chicoutimi de s'eu informer auprès de M. O'Brien, qu'on disait avoir eu connaissance de quelques faits. J'ai été heureux d'apprendre que ce monsieur vous avait rendu bon témoignage.

Veuillez agréer, Monseigneur, l'assurance de mon dévouement,

(Signé) E. A. Arch. de Québec.

Pour en finir, concluons, afin de n’ètre pas trop long, car j'aurais encore bien des choses à vous dire.

Vous devez être convaincu que vous avez tenu une enquête sur mon compte de votre propre chef, sans êlre autorisé par aucun de mes supérieurs ecclésiastiques.

Cette enquête a été connue, et on a caché avec un religieux silence ses résultats, afin de me faire croire coupable.

En voulez vous la preuve ?

‘ Consultez M. le Dr Cutellier de l’Université Laval, Il vous dira ce que certains prêtres lui ont dit à mon sujet après votre enquête.

Passons au troisième chef d'accusation.

C'est votre conduite inqualifiable à mon égard à votre retour de la Ville-Eternelle.

Tous les faux bruits que vous avez fait courir sur mon compte, ce n'était uniquement que pour vous rendre ofjicieux et faire croire que votre voyage à Rome avait été couronné d'un succès inouï, tandis qu'avjuurd'hui tout le monde sait à quoi s'en tenir.

Je vous écris pour la troisième fois, vous informant qu'un des membres de ma famille va de suite vous citer devant les tribunaux civils pour diffamation de caractère à mon sujet, s'appuyant sur les trois chefs précités, d'après des témoignages sous là foi du serment. Témoignages que vous ne pouvez récuser ; ce sont des lettres d’une part, et des témoignages sous serment de l'autre.

Moi-.ème, je serai aussi obligé d'avoir recours à des tribunaux compétents. Monsieur Racine, vous n'avez qu'une seule et unique chose à faire pour éviter les deux

poursuites ci-dessus mentionnées. Une lettre d'apologie en termes convenables à moi adressée et sous le plus court L délai, pour que cette aflaire soit réglée à l'amiable. Bien respectueusement, etc.

(Signé) Cus. Guay, Prot. Apost.

Ad instar.

e n e Chicoutimi, 24 novembre 1884 Mgr. Cuanes Guay, Prot. Apost.

] Ad instar.

nl Ristigouche.

Monseigneur, e

Voyant par votre lettre du 15 courant, que mon abstention à vous donner le titre que vous avez

reçu de la cour de Rome vous est désagréable, je le mets volontiers à la tête de la présente,

Je suis vraiment malheureux dans mes explications puisqu'elles ne peuvent vous satisfaire. Cependant ces explications sont l'exposé vrai des faits tels que passés et que je pourrai, au besoin, corroborer par des témoignages assermentés. Vous n’exigerez pas, je l’espère, que pour vous satisfaire je trahisse la vérité et me charge d’une faute que je n’ai pas commise.

Si, comme vous m'en accuse#, :1a conscience me reprochait d'avoir répandu la calomnie contre vous, je connais assez mon devoir et j'ai assez souci de mon salut pour m’empresser de la réparer. Mais comme il w’en est pas ainsi, j'affirme de nouveau et en toute sûreté de cons-

cience et que je pourrai faire établir sous la foi du serment ,

savoir : que ce n’est pas moi qui ai appris aux, personnes qui se trouvaient au presbytère de Saint-Sauveur, au jour et dans les circoustances mentionnées dans votre lettre, votre affaire d'Albany ; qu'au contraire je n'ai fait que répéter ce que je venais d'entendre dire. Le Révérend Père Bournigal, Supérieur des Oblats de St-Sauveur connait parfaitement quel est celui qui, le premier, a rapporté cette nouvelle, et j'en appelle à son témoignage. Que votre rapporteur n'ait pas entendu celui qui, le premier, à raconté cette histoire, c'est possible. Mais cette preuve négative ne saurait ni renverser les faits, ni me rendre coupable.

Bien que ce ne soit pas moi qui ai fait connaître la nouvelle de votre départ d’Albany, je n’ensuis pas moins heureux de connaitre le certificat de Mgr. d'Albany attestant que vous n'avez pas été interdit, je ne manquerai pas d'en informer qui de droit afin qu’il répare lui-même ce qu'il a dit sur la foi des journaux.

La surprise que j'ai manifestée en apprenant que malgré ce que l’on venait de me dire au sujet de votre départ

d'Albany, vous accompagniez Mgr. de Rimouski dans sa visite épiscopale était conditionnelle comme je vous l'ai déjà fait connaître. Néanmoins, en face du certificat de l'ordinaire d'Albany, je suis bien prêt à reconnaître que je n'aurais pas dû me la permettre puisqu'elle reposait sur des données inexactes, mais que je croyais vraies dans le temps.

Les lettres de Mgr. l'Archevèque et de M. O'Brien que vous me citez vous-même doivent suffire à vous convaincre que, sur ce point encore, ce n'est pas moi qui vous ai calomnié.

De plus, la demande de notre métropolitain devait me faire croire que Sa Grandeur était en relation avec Mgr. de Rimouski au sujet des rumeurs qui circulaient à Québec. Or, je n'ai pas cru alors, comme je ne crois pas encore, qu'en demandant à M. O'Brien si ces rumeurs étaient vraies ou fausses, je vous aie calomnié. Il me sem. ble que vous devriez ètre content de ce que j'ai pris par écrit la déclaration de ce monsieur ; car en cela je prenais le meilleur moyen de vous justifier.

éspérant que ces explications auront un meilleur effet que les premières,

Je demeure,etc., etc. etc.

(Signé) Dox. Ev. de Chicoutimi.

Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, P. Q.,

26 mai, 1885.

Mgr. Don. Racine,

Evèêque de Chicoutimi,

à Chicoutimi.

Monseignenr.

Apprenant votre retour de Rome, je vous envoie ci-

inclue une lettre datée du 4 février dernier, etqui devait alors vous être adressée, lorsque les journaux m'apprirent votre départ précipité pour la Ville-Eternelle.

J'ose espérer qu'au retour de votre second voyage, vous serez plus prudent et plus discret sur le compte du prochain que vous ne l'avez été au retour de votre premier voyage.

Bien respéctueusement, etc.

(Signé) Cas GuaY, Prot. Apost.

Ad instar.

Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, P. Q.

4 fév. 1885.

Mgr Don. Racine, Evèque de Chicoutimi, à Chicoutimi.

Monseigneur, J'ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre du 24 novembre dernier reçue en son temps, et de vous informer que celle-ci ne me satisfait pas plus que les autres,

parce qu'elle ne répond pas aux trois accusations que je porte contre vous.

Quant aux premières lignes de votre dernière lettre,

vous semblez ignorer que j'ai le mème droit que vous

pouvez avoir au titre de Monseigneur. Soyez certain cependant que je n'ai nullement été froissé de votre abstention à me douner ce titr: ; mais au contraire, je sais que

c'est vous qui avez été de mauvaise humeur en ne vous donnant pas le titre de Monscigneur, et preuve c’est que vous vous en êtes plaint,

Je vous accuse de trois choses :

lo De m'avoir calomnié, le premier juin dernier,chez les Révérends Pères Oblats à St-Sauveur de Québec, en présence de plusieurs prètres.

20 D'avoir tenu secrètement à Chicoutimi une enquète sur mon compte le 26 janvier 1882, à mon insu et à l'insu de mon propre évêque sans aucune autorisation quiconque d'aucun de mes supérieurs ecclésiastiques.

30 D'avoir répandu toutes espèces de faux bruits sur mon compte à votre retour de Rome.

Voilà les trois accusations pour le moment que je porte contre vous.

1ère ACCUSATION-

Je vous accuse de m'avoir calomnié le er de juin dernier, chez les Révérends Pères Oblats en présence de plusieurs prêtres.

Je vous ai prouvé d'une manière péremptoire celte accusation dans ma dernière lettre.

Vous me dites dans votre dernière réponse : ‘ Je n'ai ‘ fait que répéter ce que je venais d'entendre dire.”

C'est précisement ce dont je vous accuse : d’avoir ré. pété des calomnies sur mon compte.

Voici ce que dit Gury, ! vol. p. 350 Ques. 453 :

Quomodo peccet audiens detractionem ?

Rep. 1o—Peccat certe graviter contra justitiam, qui efficaciter inducit alium ad detrahendum.

Rep. 30—Superior peccat contra caritatem, si detractionem non impediat in quantum commode potest, etiamsi de ea non gaudeat.

Non seulement vous vous êtes rendu coupable en écoutant la äétraction sur mon compte, ce qui constitue

une faute grave de votre part, mais encore en répétant ce que vous avez sntendu dire.

Peccat graviter contra caritatem, si audita referat coram iis qui probabiliter ea credent ex levitate aut mali- . tia propria ; quia sub gravi quisque tenetur ex caritate tollere occasionem damni alterius, cum facile potest. Gury 1 vol. page 350.

Voilà qui est bien clair, n’est-ce pas ?

| Vous vous êtes doublement rendu coupable en écou- | tant la détraction d’abord, et en la répétant ensuite.

HN Saint Thomas n’est pas moins précis que Gury. Il fl dit dans sa Somme Théologique, vol. VIIT, page 676 :

| Audiens detrahentem, qui posset resistere, sed ei | placet detractio, ejusdem detractionis vitii reus est.

Preuve que la détraction vous a plu, c'est que vous [ii l'avez répétée,

Saint Jérôme dans sa lettre à Népotien, dit : « Tenez- « vous en garde contre ces entraînements de la langue ou « des oreilles ; je veux dire par là que vous ne devez ni «commettre la détraction, ni écouter les détracteurs. »

| Vous direz peut-être que ce n’est point par malice que vous avez répété ces calomnies, mais ignorant les faits.

Saint Thomas à la page 614 du volume déjà cité dit :

« Quod homo non debet ad accusationem procedere «nisi de re omnino sibi certa, in qua ignorantia facti « locum non habeat. »

Ainsi. d'après saint Thomas, vous ne pouvez plaider ignorance.

2 mnt a ne à 2 2

On nuit de deux manières à son prochain, par la

| contumélie en parlant d’une manière manifeste contre

son prochain, et par la calomnie oa la détraction en par-

lant d’une manière secrète. La contumélie porte atteinte

à son honneur et la détraction à sa réputation. Donc, en

m'accusant faussement, le 1er juin dernier, chez les +

sms RÉ pt ee

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Révérends Pères Oblats de Saint-Sauveur, vous vous ètes doublement rendu coupable en écoutant et en répétant.

« La calomnie consiste à noircir la réputation d’autrui.» Part. 1, Centilog. sect. 13 etc.

Vous avez dit devant plusieurs personnes que j'avais été interdit par l'évêque d'Albany.

Vous admettrez que ces paroles dites de la bouche: d'un évêque constituent une vraie et parfaite calomnie.

Vous dites: «Je nai fait que répéter. »

Le vénérable Bède dit: «Celui qui médit et celui «qui écoute avec plaisir la médisance sont également «coupables. » Je puis ajouter à fortiori celui qui calomnie et celui qui écoute la calomnie et celui qui la répète ensuite sont également coupables.

Je ne uie point et je n’ai jamais nié que vous n’aviez fait que répéter ce que vous aviez enteniu dire, et vous avez si bien répété que vous avez appris ces fausses nouvelles à des prêtres présents à votre conversation, qui les ignoraient complètement.

En voulez vous la preuve ? lisez ce qui suit:

« Nous n'avions jamais entendu parler de Mgr. Chs. « Guay d’une manière défavorable avant d'assister à la «conversation de Mgr. l’évêque de Chicoutimi. »

Vous voyez que vous avez appris au moins ces calomnies à certains prêtres présents, et qui m'ont donné leur témoignage par écrit et sous la foi du serment.

Ces mêmes témoins ajoutent :

« Mais tous parurent si étonnés d’un tel langage, que « personne n'osa rien dire et la conversation changea de «sujet » |

Vous voyez encore que les prêtres qui étaient présents à votre conversation paraissaient peu être au courat de vos calomnies, puisque tous parurent si étonnés de votre langage qu'ils gardèrent un profond silence.

Il me semble que ce silence produit tout-à-coup par

vos paroles calomnieuses aurait dù vous amener de suite à vous rétracter.

Si ces paroles avaient été prononcées par un simple prêtre, elles m'auraient sans doute fait de la peine, mais dites par un évêque elles constituent une faute telle que je ne puis garder le silence. C’est un devoir pour moi de me défendre et même publiquement au besoin. J'ai droit à ma réputation comme tout homme y a droit, et depuis bientôt cinq ans que je souffre la plus noire des persécutions à laquelle vous n’avez pas toujours été étranger malheureusement, vous admettrez avec moi qu'il est temps que je parle. Vous devez être convaincu que vous vous êtes rendu coupable de calomnie et de détraction à mon égard.

« Vitium detractionis, ait St. Ths, quo proximi lædi- « tur honor, ex genere suo gravius est quam furtum. »

« Auferre autem alicui famam valde grave est, quia «inter res temporales videtur fama esse pretiosior, per «cujus defectum impeditur homo à multis bene agendis, « propter quod dicitur Eccles. XLI: «Curam habe de «bono nomine ; hoc enim magis permanebit tibi, quam «mille thesauri magni pretiosi.» Et ideo detractio, per «se loquendo, est peccatum mortale. »

Puis le même auteur continue :

. («Et ideo nihilominus est detractoribus resistendum,

« sicut et raptoribus vel oppressoribus aliorum, quamvis «ex hoc oppressis vel spoliatis per patientiam merituin « crescal. »

« Non facies calumniam proximo tuo, nec vi oppri- «mes eum.» Lev. 19, v. 13.

Cela doit suffire pour vous convaincre de calomnies à mon sujet, et dans ma dernière lettre, je vous ai démontré ce à quoi était tenu le calomniateur.

Vous dites dans votre dernière lettre :

“ La surprise que j'ai manifestée en apprenant que

‘ malgré ce que l'on venait de me dire au sujet de votre départ d'Albany, vous accompagnicz Mgr. de Rimouski, “ dans sa visite épiscopale était conditionnelle comme je “ vous Pai déjà fait connaître. Néanmoins, en face du “ certificat de Fordinaire d'Albany, je suis bien prèt à “ reconnaitre que je n'aurais pas dû me la permettre “ puisqu'elle reposait sur des données inexactes, mais “ que je croyais vraies dans le temps. ”

Voilà des paroles qui méritent leur pesant d'or.

Vraiment le ridicule ne tue pas, parce que vous ne seriez plus de ce monde.

Voulez-vous connaître mon départ d'Albany qui vous a tant préoccupé. avec quel';'1es-uns des vôtres ? Lisez la lettre suivante, vous y verrez, à votre grande surprise que c’est moi qui ai laissé volontairement le diocèse d’Albany, parce que je n’y étais que temporairement, et que je w'avais point la permission de mon évèque de m'y fixer :

A Sa Grandeur Mgr. l'évèque

d’Albany, Albany, N.-Y.

Monseigneur,

J'ai l'honneur par la présente de donner à Votre Grandeur ma résignation comme rectsur de l’église canadienne française de Siracuse, N.-Y.

Je la remercie bien sincèrement de toutes Ses bontés pour moi.

Je demeure bien respectueusement,

Monseigneur, de Votre Grandeur, Le tout dévoué serviteur, Cns. Guay, Prot. Apost.

Ad instar.

Syracuse, N.-Y. 25 janvier 1884.

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Gette lettre devra vous ôter bien des préoccupations sur non départdu diocèse d'Albany, j'en suis certain.

Vous paraissez beaucoup vous.occuper de tout ce qui me concerne, soyez sûr que je mloccupe bien moins de “ous, (que vous ne vous occupez de moi.

Voyons ce que disent les témoignages asseumentés :

“ Vous.avez demandé si Mgr.l'évèque de Rimouski avait commencé sa visite épiscopale, et s'il était vrai ‘ qu'ilise faisait accompagner par Mgr.Chs. Guay. Sur “une réponse-affirmative qui vous fut ‘faite ;par un des prétres présents, vous vous êtes.écnié avec «un mouvemont.de:suuprise.et mème d'une sainteindignation, vous frappant:sur la jambe, et vous tournant vers monsieur “ l'administrateur de l'archidiocèse de Québec: y at-il ‘moyen de comprendre cet évèqee de Rimouski, se faire accompagner par Mgr.Guay,interdit.par l'évèque d’AI- “,bany. (L'expression était, il nous semble, plus forte. “Nous croyons qu’il a employé le mot même excommunié) Vraiment il se laisse fasciner par cet homme.”

D'après res témoignages vous n'avez opposé aucune condition à vos paroles colomnieuses. Vous avez parlé de la manière'la plus absolue, et vous ne pouvez uier ces:témoignages.

iu:supposaut:pour.un instant que ces fausses accusations eussent été vraies, comme\vous le .croyiez dans le temps, vous vousseriez rendu coupable d’une grave médisance qui de sa nature est un péché grave. Votre devoir et votre position d'évèque ne devaient-ils pas vous imposer silence en pareille circonstance ?

Pourquoi jeter du blâme sur la conduite de mon évèque ?

Auriez-vous par hasard emporté de la Ville-Eternelle, lors de votreivoyage,‘quelques pouvoirs extraordinaires pour susveillerét censurer publiquement mon Evèque dans: l'administration de son diocèse 7...

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Je sais parfaitement bien que vous, avec quelques autres, vous êtes de mauvaise humenr de me voir en bonne intelligence avec mon évèque ; mais en cela je ne fais que suivre les règles les plus élémentaires de la diseipline ecclésiastique, c'est à dire l'obéissance et le dévouement à mes supérieurs ecclésiastiques, et yons compre-

nez que je m'occupe fort peu de vos récriinations à ce sujet.

Qème ACCUSATION

Je vous accuse d'avoir tenu secrètement une enquète sur mon compte à Chicoutimi, le 26 janvier 1882, à mou insu et à l'insu de mon évèque, sans aucune autorisaliôon quelconque d'aucun de mes supérieurs ecclésiastiques. Je vous ai amplement prouvé cette accusation dans ma lettre du 15 novembre dernier, en vous citant les documents nécessaires À ce sujet.

Dans votre réponse, vous me dites :

“Les lettres de Mgr. l'archevèque et de M. O'Brien “ que vous citez vous-mème doivent suffire à vous con- “vaincre que, sur ce point encore, ce n'est pas moi qui ‘vous ai calomnié.”

Pardou,vons m'avez calomnié en ce sens qu’à Québec, avec la charité exemplaire qu'on leur reconnaît, certains prêtres se sont empressés, avec un zèle digne d'une meilluure cause, de répandre les plus noires calomnies sur mon compte et pour cela ces bonnes gens s'appuyaient sur volre enquête.

Ils ont eu soin d’en cacher les résultats, avec un religieux silence.

En voulez vous la preuve ; lisez la déclaration suivalite :

Que vous êtes un ivrogne, en parlant de Mgr. Chs. “ Guay, de la première espèce ; que quand vous êtes allé “ sur Ja côte du nord, le capitaine a été obligé de mettre

** Ja boisson sous clef, que vous étiez toujours ivre, Qu'on ‘* avait des enquètes contre vous de l'épaisseur de treis ‘ pouces. Que c'était Mgr. Racine de Chicoutimi qui avait rapporté ces choses.”

Cette déclaration a été assermentée, le 25 juillet 1883, devant M. Bourget, C. C.S,

Ce sont des prêtres qui ontdit ces choses, remarquez le bien, et ils s'appuyaient sur votre enquète.

Vous devez voir quelles ont été les conséquences de votre enquète.

Ces culomnies out été dites et répétées par mille et une bouches, et l'on disait partout ; ‘* Ce n’est bien que trop vrai malheureusement, puisque l'Evèque de Chicoutimi a tenu une enquête sur lui.”

Heureusement que j'ai pu me procurer tous les témoignages nécessaires pour réfuter toutes ces noires calomnies. Pour le moment, je ne vous citerai que celui du capitaine qui, aux dires de mes calomniateurs, avait été obligé de mettre la boisson sous clef, etc

“ J'ai appris que Mgr. Guay avait été accusé d'ivro-- “ guerie lorsqu'il a été à mon bord. avec le baron de La ‘ Grange. Ça me surprend beaucoup, car à partune cou- ‘ ple de fois, où il à pris un peu de vin léger (du claret), “ pendant les longues veillées du bord, où il me tenait & cowpagnie, je n'ai rien vu daus sa conduite de nature à “ le supposer enclin à la boisson. 1l s’est toujours tenu ‘ comme un prêtre doit se tenir.”

Voilà les propres paroles du capitaine Bernier.

Voyez-vous toute la perfidie de mes lâches calomniateurs dans leurs diaboliques aceusations ; et dire que se sout des prêtres qui se sont rendus coupables de sémblables calomnies, et un évèque qui leur en a donné l'occasion par votre enquête. Cela surpasse toute imaglnation!!!

Dans votre lettre vous continuez :

“ De plus la demande de notre métropolitain devait

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it

‘ ine faire croire que Sa Grandeur était en relation avec “ Mgr. de Rimouski au sujet des rumeurs qui cireulaient & à Québec.”

Vous devez savoir que quand il s’agit de tenir une enquête sur le compte de toute personne,prètre ou laïque, qu'on ne procède point sur des probabilités, mais sur des faits certains,

Vous tenez une enquête, et il n'y a aucune accusation de porté contre moi, ni devant mon évêque qui seul avait ce droit, ni même devant l'archevèque de Québec.

Vous tenez une enquête sur moiqui ne suis pas mime accusé, sur de simples bruits que certains esprits jaloux et malveillants faisaient circuler, dans le but évident de me nuire et de me perdre de réputation.

Mgr. l'archevèque de Québec, dans sa lettre du 8 février 1882, dit ce qui suit:

« Je dois vous dire qu'ayant eu connaissance de cer- «tains bruits, j'ai voulu de suite en avoir le cœur net, «et j'ai prié Mgr. de Chicoutimi de s’en informer auprès «de M O'Brien qu'on disait avoir eu connaissance de «quelques faits. »

D'après cette lettre, Mgr l'archevèque n'avait eu connaissance que de certains bruits, par conséquent aucune accusation mise devant Sa Grandeur. Il vous demande de prendre des informations auprès de M. le juge O’Brien, et vous, de votre chef, vous allez tenir une enquête à mon insu ei à l’insu de mon évèque.

A:-t-on jamais vu pareil procédé de la part d'un évèque !

Vous me direz, peut ètre, comme vous me l'avez déjà dit daus votre lettre du 17 octobre dernier, que vous n'avez pas tenu d'enquête, mais que vous avez pris de sim. ples informations seulement.

Je nie cela et je vais vous prouver de nouveau que vous avez tenu une véritable enquète.

M. le juge O’'Brien dit :

« J'étais loin de m'attendre qne Le 26 de ce mois, je « serais sommé de comparaître devant Sa Grandeur Mgr. « de Chicoutimi, pour alors et là rendre témoignage dans «une Certain ACCUSATIOM..... cesse ssesre ne snssmnenemenrses « Or, Monseigneur Racine a écrit ma déclaration tout | «au long, sous affirmation solennelle... »

Lt Sommer un jugé civil et laïque de comparaître | A1 devant soi, devant an Evéque, et alors el là prendre son {UT témoignage par écrit sous affirmation solennelle, est-ce que | ce procédé ne constitue pas une vraie enquête? Sinon, Mt qué fant.il done pour constituer une enquête ? De plus cetté enquète a été secrète en tant seulement qu'elle me concernait, | Ni mon évêque, ni moi n’en avons été informé. | C'est M. le juge O’Brien qni le premier a eu la bien- | veillance de me l'apprendre, bien cependant que la dite (it enquête fût déjà connue des braves gens de Québec.

| Vous admettrez que vos procédés dans cette affaire

Il sont inqualitiables et indignes d'un évêque.

qu Vous terminez ainsi votre lettre :

| | Il me semble qué vous devriez être content de ce

| “ que j'ai pris par écrit la déclaration de ce monsieur ;

(LU “ car en cela je prenais le meilleur moyen de vous jus-

(A “tifier.”

C'est vrai, si le témoignage de M. O'Brien eût été

LA connu. Mais pourquoi l’at-on gardé sous silence ?

(ti Si vous me portiez intérêt comme vous semblez le

| dire, ce que cependant je ne crois pas, pourquoi ne m'en fl avez-vous pas informé ?

Qué diriez vous si mon évêque tenait une enquête sur un de vos prêtres sans vous en informer, et sans aucune autorisation quelconque et sur de certains bruits!

Doné, pat votre enquête du 26 janvier 1882, vous m'avez calomnié, vous et Cie. Vous avez voulu me

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perdre de réputation.et aux yeux du clergé, et aux yeux des laïques ; ceci ne fait pas l'ombre d'un doute.

Pourquoi cette persécution sans nom, et de la part d'un évèque, et de certains prètres ?

Voulez-vous que je vous le dise franchement? C'est uniquement à cause de mon titre de Pyrotonotaire 4postolique. Vous avez fait, vous et consorts, tout votre possible pour que je ne reçusse jamais mes brefs de Rome,

J'aien main tous les documents pour prouver, au besoin, ce.que je dis.

HI Acausarion

Je vous accuse d’avoir répandu toutes espèces de faux bruits sur mon compte à votre retour de Rome.

Dans votre lettre du 17 octobre dernier vous dites :

Ce qui fait le sujet de votre seconde plainte, (vous auriez dû dire troisième plainte), me parait fondé sur ‘ des exagérations aussi dénuées de fondement que les ‘ premières.”

Vous devez ètre plus que convaincu, maintenant que mes deux premières plaintes ne sont point dénuées de fondement comme vous l'avez cru d’abord.

Les pièces,que j'amène à l'appui de mes accusations doivent suffire pour vous en convaincre.

Je sais que je ne.vous arrache la vérité que par lambeaux ; il vous en coûte de vous avouer coupable, et après avoir nié mes acçusations d’abord, vous êtes forcé de les admettre ensuite.

J'en ai vos lettres pour prenve.

Cette troisieme accusation n’est pas plus dénuée de fondement que les deux autres, ,et pour,preuve, lisez la lettre suivante de Mgr. l'Archevèque de Québec adressée à l’un de ses curés :

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« Archevèché de Québec, 8 juin 1883.

CREER EELEEEEELIEEEEEE ELITE] CORREREEEENENEEEEEET

« Monsieur le curé,

& D'après les informations prises à Rome par Mgr. de Chicoutimi, M. Charles Guay n’a pas obtenu de qui “ de droit son diplôme de Protonotaire Apostolique, et ‘ que, par conséquent, il n’a pas droit d'en prendre le titre, ni d'en porter les insignes, soit au chœur, soit hors du OUT ire ransronnente tone ésgieen en etes ones MMA EL ES RE

Votre tout dévoué serv.

(Signé) E. A. Arc. de Québec. »

Que dites vous de cette lettre de Mgr. l'Archevèque ?

Aviez-vous été chargé par mon évêque de vous informer à Rome, si j'avais mes brefs ou non ?

Est ce que ce n'était pas à mon évèque d'y voir?

Vous semblez ignorer que vous n'avez aucune juridiction sur moi.

Je sais de source certaine que mon évèque ne vous à jamais chargé de telle démarche auprès de la secrétairerie des Brefs; mais pour vous rendre officieux, vous avez fait encore, de votre chef, cette perquisition, afin d’avoir beaucoup de nouvelles à répandre dans le pays à votre retour de la Ville Eternelle.

Vous n’avez pas craint de lancer la bonne nouvelle aux quatre coins du pays, par la voie mème des journaux.

C’est encore là, de votre part, une marque de votre grande charité, n'est-ce pas ?

Il y à dans le pays un système de dénigrement, de jalousie et de perquisition auquel malheureusement

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vous n'êtes pas étranger. C’est pénible à dire, mais c'est malheureusement trop vrai.

[l faut dire maintenant comme une certaine école, penser comme elle, agir comme elle,avec toutes ses intrigues : autrement ce sont les perquisitions, les haines el les calomnies de toutes espèces et sans fin.

Je pourrais au besoin vous citer encore d’autres documents, mais je crois que cela suffit pour vous démontrer qu'à votre retour de Rome, vous m'avez calomnié en répandant toute espèce de faux bruits sur mon compte, et vous savez que dans certains hauts quartiers que vous connaissez mieux que moi, on ne s’est pas gèné de me traiter d’imposteur, de fourbe, etc., elc.

Vous devez encore avoir mémoire de ce que vous avez dit à certaines personnes de la rue St-Valier, à St- Roch de Québec.

Vous pouvez y aller manger des huitres si vous le désirez, mais de grâce, tâchez de retenir votre langue et de ne pas exciter votre imagination.

Pour toutes ces calomnies on s'est toujours appuyé sur les bonnes nouvelles de l'évèque de Chicoutimi, qu’il avait apportées de Rome.

C'est très-édifiant pour un évèque qui a souci de son salut, comme vous me le dites dans votre dernière lettre.

Vous ne pouvez nier ces choses ; tout le monde les connait, et on vous les a entendu dire et répéter maintes et maintes fois.

Vous savez ce qui vous attend assez prochainement à défaut d’une lettre d’apologie de votre part.

Je suis décidé de voir la fin de toutes ces calomnies et de ce système de dénigrement continuel ; soyez certain que j'ai des pièces en mains qui ne vous feront pas honneur, si elles viennent devant le public.

Je suis comme Mgr. l'archevèque de Québec: «Je veux en avoir le cœur net, »

Heureusement que je ne crains ni vos coups, ni ceux de la clique. Je suis armé pour les recevoir et y répondre. Tenez-vous-le pour dit.

Bien respectueusement, etc.,

Cus. Guay,

Prot. Apost., ad instar.

Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, P. Q.

8 novembre 1885.

| A Sa Grandeur, \ Mgr Dominique RACINE,

Evèque de Chicoutimi,

à Chicoutimi.

Monseigneur,

J'ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre du er juin dernier reçue en son temps, et de vous informer qu'un des membres de ma famille avait mis entre les mains de deux avocats, une poursuite qui devait vous ètre intentée pour diffamation de caractère à mon égard. HA Quant à moi, ma cause était rendue à Rome pour QUE vous faire rendre compte de vos calomnies et de votre L enquête secrète à mon sujet.

Sur les instances réitérées de mon digne évèque et pour éviter le scandale qu’il y aurait à cîter un évêque devant les tribunaux civils, je me désiste de cette poursuite âinsi que ce parent.

ux Jn-

re du mer re les vous gard.

J'aime cependant à vous dire que je vous pardonne pour celte fois, mais à la condition expresse que vous n’y reveniez plus.

Je veux la paix, voilà ce que je venx, rien autre chose.

Si jamais vous m'attaquez de nouveau vous ou quelques-uns des vôtres, je vous avertis d'avance que je rendrai public certains documents qui sont en ma possession, lesquels feront counaitre plus d’une intrigue et seront loin de faire honneur à leurs auteurs.

Ainsi, tenez-vous pour dûment averti.

Je demeure, sans rancune et que cette affaire soit finie, puisque c’est le désir de mon évêque.

(Signé) Cus Guay,Prot. Apost.

Mon tres-Révérend Père,

Je crois devoir informer Votre Excellence de certains faits qui menacent d'amener des difficultés entre Monseigneur Dominique Racine, Evèque de Chicoutimi, d’une part,et Monseigneur Jean Langevin, Evêque de St- Germain de Rimouski, mon frère, et Monseigneur Charles Guay, Protonotaire Apostolique, de l’autre part.

Mon Evèque et frère est occupé à la visite des paroisses dans la Gaspésie, et accompagné de Monsigneur Guay et de quelques autres prêtres qui prèchent et entendent les coufessions.

L'Evèque de Chicoutimi est de son côté; ou a été occupé à suppléer Mgr l’Archevèque de Québec actuellement à Rome. Je suis informé que l’Evèque de Ghicou* timi étant le dernier jour de Mai, chez les Révérends

Pères Oblats de St-Sauveur de Québec, pour y bénir une bannière, aurait tenu devant plusieurs ecclésiastiques un langage tout à fait inconvenant et blessant. Il aurait dit en substance « qu'il ne comprenait pas Monseigneur « Langevin d'avoir reçu dans son Diocèse Monsigneur « Guay et de l'emmener en visite avec lui, après que ce « prélat a été chassé du diocèse d'Albany par Mgr. MeNeir- «ney, et mème interdit de la célébration de la sainte «messe. ll se laisse fasciner par cet homme. »

Eh bien! Très-Révérend Père, il me semble que l'administration du diocèse de Rimouski ne regarde pas Mgr. Dom. Racine, et qu'il est bien peu convenable, pour dire le moins, à un coliègue qui n’a pas d'informations suffisantes pour porter un jugement, de soulever des préjugés, de créer une fausse impression et de s'exprimer d’une manière aussi peu réservée sur le compte d’un Evèque diocésain et d'un prélat attaché à son service.

De plus, ayant appris, par des journaux publiés dans le diocèse d’Albany, que l’on reprochait à Monsigneur Guay sa manière d'agir dans une cause matrimoniale, j'ai immédiatement interrogé cet ecclésiastique et pris sa déclaration par écrit, afin de connaître ce qu'il pouvait dire pour sa justification. Sachant aussi le peu de confiance que l’on doit accorder aux articles des journaux, et ayant découvert à la simple lecture de ces articles que celui qui les écrivait voulait soulever des préjugés et rendre le public juge d’une question entièrement du ressort de l’Ordinaire, j'ai écrit privément à Messire G. Huberdault, prêtre, Vicaire Général de Monseigneur l'Evèque d'Albanv, pour information. Cet ecclésiastique m'a répondu que « Mgr MeNëéirney devait écrire à mon Evéque sur ce sujet.» Mais ce prélat a gardé le .‘lence depuis cette date (16 février).

. Monseigneur Guay n’est donc pas accusé, encore moins condamné; il n’a pas été chassé du diocèse d’Al-

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bany, et est revenu, après une absence temporaire pour rendre service à des compatriotes de la petite ville de Syracuse, vers son diocèse dont il a bien mérité. Mgr. Guay a travaillé à l'œuvre de notre Séminaire diocésain et c'est pour le récompenser de son zèle que le Saint Père l'a créé Protanotaire Apostolique.

H'estdouc pénible pour moi, et injuste à tous les points de vue, que Monseigneur l’'Evèque da Chicoutimi donue cours à des rapports inexats et capables de nuire gravement à deux ecclésiastiques qui ont droit à leur réputation. En ma qualité de Vicaire Général de ce diocèse et pour cviter les graves conséquences d’un conflit (ajouté à plusieurs autres auquels Mgr Dom. Racine est mêlé), je prie instamment Votre Excellence de donner un avertissement à cet Evèque peu discret.

Que Votre Excellence daigne croire que je n'ai aucune animosité personnelle contre Mgr. Dom. Racine, avec lequel j'ai eu des rapports intimes, puisqu'il remplissait l'office de sous secrétaire de l'Archevèché de Québec, lorsque j'y étais moi même chargé du secrétariat.

Elle trouvera cependant naturel, j'én suis convaincu, que je ne plaigne d'un prélat, qui, après avoir fait l’au dernier, une enquète sur le même Mgr. Guay sans être chargé par son Ordinaire, tâche aujourd’hui de répandre des bruits (qui ne lui sont certainement pas prouvés) et de faire tort en mème temps à un Evèque dont il a dû pourtant apprécier la prudence et la souveraine discrétion.

Je demeure avec un très-profond respect,

Mon très-Révérend Père, de Votre Excellence, Le très-humble et très obéissant serviteur, (Signé) Enmonp LaNGEviN, Vic. Gén.

Prévost du Chap. de la Cathédrale. St-Germain de Rimouski, 16 juil. 1884.

A Son Excellence, Mgr Smeulders, Commissaire Apost., Eglise St-Pierre, Montréal.

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