‹ Mémoires (extaits) [microforme]Chapitre 27 sur 82 · EXPLICATION · texte numérisé non relu

EXPLICATION

t Qu'on ne soit pas surpris de trouver ici la correspondance suivante au sujet de fausses accusations portées contre Mgr Chs Guay, au département des Affaires des Sauvages, à Ottawa.

Nous reproduisons cette correspondance, parce que Mgr Jean Langevin vient d'adresser copie de ces calomnies à Son Emin. le Cardinal Taschereau, après l'avoir obtenue d'Ottawa, dans la difficulté survenue entre Sa Graudeur et Mgr Guay, concernant les comptes de la mission de Ristigouche, bien que ces documents n'aient aucun rapport à la question en litige, comme le lecteur le constatera plus loin.

Pourquoi Mgr Jean Langevin vient-il, après quatre ans, réveiller ces accusations qu'il a lui-même reconnues dans le temps pour fausses et calomnieuses ?

C’est tout simplement une injure faite à Mgr Guay.

Est-ce que Sa Grandeur ignore que les injures ne sont point des raisons, et les calomnies des preuves ?

Ne discutons point, citons plutôt les documents. Le lecteur pourra facilement juger de la mauvaise foi de leurs auteurs.

Evèché de St-Germain de Rimouski, 23 février 1887.

Monseigneur Cns. Guay, Missionnaire, Ristigouche.

(En confidence) Monseigneur,

On m'a communiqué confidentiellement un certain rapport sur vous en votre qualité d’Agent des Sauvages. Eu voici les principaux points:

lo D'après votre propre état vous auriez reçu pour 81.084,48 à être distribués aux Sauvages en grain de semence et secours. Vous n’auriez distribué là-dessus que pour 8427.48 4—Déficit 8657.39 à.

20 Dans cet état, une personne apparaît deux fois ; — sept sont marquées comme ayant reçu des secours, et elles étaient mortes avant le moment de la distribution ; —huit autres enfin sont inconnues dans la réserve.

30 La rente reçue pour pêche, etc. en 1885, au lieu d'être transmise au Département, a été employée par vous pour le presbytère (en anglais furniture) meubles peutêtre ?

40 La mème rente pour 1886, a dû servir à l’achat d'u cloche pour la chapelle, sous prétexte que les Sauvages avaient menacé de s'emparer des engins de pèche et d'empècher personne de pècher, s'ils n'avaient cette nouvelle cloche: ce que les Sauvages nient avoir jamais dit, ui entendu dire.

50 Quoiqu'’une nouvelle cloche ait élé payée, on ne l'a cependant pas, et on continue à sonner l’ancienne, dont le sou n'indique pas qu'elle soit cassée.

60 Vous auriez fait payer par le Département un

compte de M. Honoré Guay au montant de 8123.90, pour effets fournis aux sauvages,—M, H, Guay aurait déclaré qu'il n'a jamais reçu cet argent, et qu'il ne vous a jamais vendu ces effets; mais que vous les lui avez mis en mains pour les distribuer,

70 De mème pour deux autres comptes de M. H.

Guay, payés par le département, 8259.37 4 et 8125.10,

80 Un compte de 8129.77 a aussi été payé par le département à M. R. O'Leary, qui a avoué que ce n'était pas un compte bona fide ; que vous lui deviez personnellement, et que vous lui auriez dit de préparer un compte comme pour des effets fournis au département; que là-dessus, il s'est payé son compte, et vous a remis la balance du chèque du département.

90 Le nom du chef Polycarpe aurait été mis sur ce compte comme pour le certifier: celui-ci nie avoir eu aucune connaissance de cette affaire, ce qu'affirme aussi M. O'Leary. D'ailleurs le chef ne saurait ni lire ni écrire.

100 8157.50 aurait été à M. À. J. Vonner, de Campbellton, pour la cloche, mais il ne l’a pas encore livrée.

110 Un nommé Isaac Mann, comptable avant Arsenault, au lieu de recevoir 897.00 à $1.00 par jour, (mon. tant d'un chèque de cette valeur), n'a eu que 871.00.

120 Un nommé Boudreau, successeur d’'Arsenault, n'a reçu que. 81.00 par jour, tandis que vous vous faisiez donner un chèque par le département pour 81.25 par jour.

130 Vous avez mis la signature du Chef sur votre état, quoique, dit-on, il ne sache ni lire ni écrire.

140 Vous auriez fait payer au département un chèque de 833.08 pour 1126 pouces de cèdre à 3c. le pied, destiné à réparer des ponts sur la Réserve, tandis que les Sauvages prétendent qu'il n’y avait pas de ponts à réparer sur la réserve,

Un nommé Boudreau, de qui vous auriez eu ce bois dit qu'il ne vous a vendu que 10 morceaux à 81.50 cha. que, ce qui aurait 815,00, au lieu de 833.78 qui vous ont été payés, par un chèque. Ce Boudreau a dit devant deux témoins qu'il ne sait ni lire ni écrire, et ne distingue pas les chiffres.

150 Vous auriez de plus, sans la permission du département, vendu du bois à MM. Murray Bros (par leur représentant M. O'Leary) pris sur la Réserve des Sauvages : Le 25 mai 1886 pour 8443 et durant l'hiver 1884-85, pour 875.00 ; ces deux sommes vous auraient été payées pour coupe du bois. Environ 4 de ce bois aurait été pris sur les Terres de la Couronne, et les autres 576 sur la Réserve,

160 Dans vos rapports, vous prétendez avoir donné aux Sauvages pauvres, malades et vieux de la Réserve, des effets au montant de 8650.13; tandis qu'au dire des sauvages, elc., vous n'auriez distribué que pour 8146.9%, Montant non reconnu par les sauvages : 8503.21.

170 Vous prétendez avoir distribué 8434.75 en grain de semence, tandis qu'on trouve ainsi distribué (y compris 10 absents, une personne morte l'automne dernier, et 5 personnes inconnues, pour qui on vous donne cependant crédit) que 8280.56 4. Non reconnu par les sauvages : 8154.18 4.

Uu seul de ces 17 articles, bien prouvé, suffirait à vous incriminer sérieusement, et à déshonorer le titre que vous portez. Réglez donc sans retard et sans Lruit avec le département des Sauvages, et résignez votre charge d’Agent, faute de quoi vous seriez sans aucun doute démis, et forcé à rembourser ce que vous pouvez devoir.

Avec tout ceci, je ne vois pas comment vous pourriez rester plus longtemps à Ristigouche. Si vous ne vous lavez pas complètement de ces accusations, je ne pourrai

pas non plus vous employer «ailleurs, je le regrette pro fondément.

Votre tout dévoué serv.

JEAN, Ev. de St-Germain de Rimouski.

Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, P. Q., 26 fév., 1887.

A Sa Grandeur, Monseigneur de St-Germain de Riraouski,

à Rimouski.

Monseigneur,

Votre lettre ‘en confidence ” du 23 de ce mois m'est arrivée ce matin.

Il me sera très-facile de me laver de ces accusations qui sont fausses et meusongères,

Comme je n'aime point à marcher dans les ténèbres, je veux connaître :

lo Quels sont mes accusateurs ?

20 Quelles sont les preuves à l'appui de ces calomnies ?

Voilà deux choses que je me crois en droit de demander au département des Affaires des Sauvages.

Je suis prèt à rencontrer mes adversaires sur le terrain qu’ils désireront.

Pourquoi travaillent-ils dans l'ombre et le secret ?

Pourquoi ces accusations ne m'ont-clles jamais été communiquées ?

Bien cordialement, etc.

Monseigneur, de Votre Grandeur, # Le tout dévoué serviteur,

Gus. Guay, Prot. Apost.

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DSL.

TELEGRAMME Monseigneur CHs. Guay, Ste-Anne de Ristigouche.

Rimouski, 5 mars 1887.

Ma lettre confidentielle vous ne pouvez vous er servir qu'avec moi.

(Signé) EvequE de Rimouski.

Evèché de St-Germain de Rimouski.

16 mars 1884.

Mgr Cus Guay, Miss.

Ristigouche.

Monseigneur,

Je dois croire que vous ètes mieux, puisque vous consentez à prèter M. Ant. LeBlanc pour une quinzaine de jours à M. D. Lebel, comme celui-ci me l'écrit.

Il me faut absolument une réponse par rapport aux affaires qui vous concernent, A quoi vous êtes-vous décidé ? Avez-vous résigné votre charge d'Agent des Sauvages ? Avez-vous réglé avec le Département ?

Si tout n’est pas arrangé sans délai à la satisfaction dn Département des Sauvages, je vais ètre obligé de prendre quelque décision à votre égard, pour éviter une esclandre.

Votre dévoué,

(Signé) JEAN, Ev.de St-Germain

de Rimouski.

Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, P. Q,.,

21 mars 1887.

A Sa Grandeur

Mgr. l'évèque

de Rimouski, à Rimouski.

Monseigneur,

J'ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre du 16 de ce mois, reçue seulement ce matin. Nous n'avons pas eu de malle depuis quelques jours, à cause du mauvais état des chemins... A

Votre Grandeur me dit :

« Il me faut absolument une réponse par rapport aux «affaires qui vous concernent. A quoi vous ètes-vous « décidé ? »

Je dois informer Votre Grandeur que toutes mes pièces justificatives sont prètes, que chaque accusation dans votre rapport confidentiel sont autant de calomnies savament disposées.

J'attends que le Département des Affaires des Sauvages m'accuse.

De deux choses l’une :

Ou je suis coupable ou je ne le suis pas.

Si je suis coupable, qu'on m'accuse, si je ne le suis pas, qu'on me laisse tranquille.

Maintenant par votre télégramme du 5 de ce mois, vous me dites:

« Ma lettre confidentielle vous ne pouvez vous en « servir qu'avec moi.»

C'est bien d’abord ce que j'avais compris, puisque Votre Grandeur a eu la bienveillance de me communiquer confidentiellement certaines plaintes, je ue puis les

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communiquer à personne. Je n'ai pas écrit un seul mot au Département des Affaires des Sauvages.

Ce Département ne m'a pas écrit non plus un seul mot à ce sujet. Pour qu'elle raison ? Je ne le sais pas. On voudrait me faire, par votre entremise, donner ma démission comme agent, pour noinmer un agent protestant.

On travaille secrètement à pervertir ces sauvages pour en faire des protestants.

La conduite de M. Austin, dans le mois de décembre dernier, ne l’a que trop prouvé a tout le monde.

Il s'est permis de prêcher même parmi mes sauvages qui sont tous catholiques.

Est-ce que le gouvernement l'avait envoyé pour cela ?

Cet individu appartient à l’armée du salut, déjà établie à Campbellton.

Vous me demandez ce qui suit :

« Avez-vous résigné votre charge d’Agent des Sauva- «ges ? »

Pardon, Monseigneur, je ne l'ai pas résigné, et sous les circonstances actuelles, je ne dois pas résigner. Ce serait m'avouer coupable, tandis que je ne le suis point.

Votre lettre continue :

« Avez-vous réglé avec le Département ? »

Comme le dit Département ne m'a jamais écrit un mot à ce sujet, que voulez-vous que je fasse avec lui ? Je ne puis me servir de votre lettre pour cela, puisqu'’elle est confidentielle.

Votre lettre termine par ces mots qui me font mal au cœur :

« Si tout n’est pas arrangé sans délai à la satisfaction « du Département des Sauvages, je vais être obligé de «de prendre quelque décision à votre égard, pour éviter « une esclandre»

Que voulez-vous que je fasse avec le Département

fl, ds Affaires des Sauvages. Vous me liez les mains par votre lettre confidentielle et ensuite par votre télégramme du 5 de ce mois.

Vous me mettez dans une position où je ne puis rien dire, ni rien faire

Vous n'aimez pas, Je suppose, à me trouver coupable, parceque c'est un fanatique orangiste d'Ottawa qui m'accuse, Maitre Austin.

Je vous aurais envoyé avant aujourd'hui mes pièces justificatives, mais je crois sur de bonnes raisons, et informé par des amis d'Ottawa, que mes calomniatcurs désireut mes documents pour faire connaitre ensuite leurs plaintes contre moi.

Je ne veux pas que mes pièces justificatives soient connues maintenant.

Je puis les passer à Votre Grandeur, mais voilà tout.

Dans tous ces Départements d'Ottawa, il y a toute | une organisation de francs-maçons et d'orangistes enra- (e gés, contre tout ce qu’il y a de catholique...

Bien respectueusement, etc.

(Signé) Cus Guay, Prot. Apost.

N.B.—Ci-incluses mes pièces justificatives pour le moment.

Ju soussigné, Polyearpe Martin, chef de la tribu des sauvages Mic-macs de Ste-Anne de Ristigonche, Comté de Bonaventure, déclare solonnellement ce qui suit pour que justice soit rendue à Monseigneur Chs. Guay, notre agent et notre missionnaire :

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10 Je certifie que chaque rapport de distribution, soit l'hiver pour les pauvres, soit le printemps pour les grains de semence, a été signé par moi-mème comme témoin, ayant moi mème aidé à notre agent, Mgr. Chs. Guay, dans ces différentes distributions.

20 de déclare que je sais signer mon nom et que j'ai signé moi-même, et ces rapports de distributions sont exacts.

Jo de certifie que les sauvages, à ma connaissance personnelle, ont eu plus de notre agent que pour le montant que le Département des Affaires des Sauvages a coutume de lui envoyer.

40 de certifie que cette distribution est très-difficile à faire pour plaire à tout le monde, et les sauvages u’ont aucune raison d’accuser Mgr. Chs. Guay de détournemem.

5o Je certifie aussi, si dans les rapports, il y a des personnes qui apparaissent deux fois, cela est dû à ce que plusieurs sauvages portent le mème nom, et si quelques-uns étaient morts avant la distribution, cela est dû à la mauvaise foi des Sauvages qui ont donné ces noms pour avoir plus, lors de la distribution, car il arrive plusieurs fois que certains Sauvages ne viennent pas eux-mêmes pour recevoir la distribution, mais qu'ils envoient leurs parents ou leurs amis.

Quant aux personnes inconnues dans la Réserve, ce sont les sauvages qui ont mal donné leurs noms où qui ont voulu tromper.

Go La rente reçue pour pêche en 1885, a été employée du consentement de tous les Sauvages, par une assemblée publique tenue dans la sacristie du lieu, le 30 du mois d'Avril 1885 ; pour achat des poêles et tuyeaux pour leur Église : Cette résolution a été ensuite approuvée par le Dépt des Affaires des Sauvages, et les reçus pour

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