DRPARTMEN: OF INDIAN AFFAIRS, CANADA
Ottawa, 8th feb. 1887.
Right Rev. Sir,
[beg to inform you that Basile Arsencan now of Carleton in the County of Bonaventure, who was formerly employed as Constable on the Indian Reserve at Ristigouche at a salary of 81.25 per diem, has complained to the Department that you did not pay him more than 820.00 a month for his services as constable.
On referring to the account Book in this Dept, it is found that on the 26th August 1886 an oflicial cheque, No 26,887, was issued in favor of Basile Arseneau for one hundred and two dollars and fifty cents in payment of his services from May 10th to July 31st as Constable on the Indian Reserve at Ristigouche ; that on the 16th November 1886 another cheque, No 27.801, was issued in favor of B. Arseneau for one hundred and fifteen dollars in payment of his services for August, September, and October 1886. These cheques were forwarded to you and they have been returned from the Bank as
cashed. The first named cheque is found to bear the his
endorsation « Basile X Arseneau » and « Chas Guay. » mark
The last named cheque is found to bear the endorsation
« B. Arseneau » and « Chas Guay.» Both cheques were
e apparently cashed in the Campbellton, N. B. Branch of it the Bank of Nova Scotia.
u Mr. Arseneau denies that he ever signed or even saw these cheques.
I have to request your explanations without delay of these matters.
I have the honor to be, Right Rev Sir, ; Your obt servant, s L. VANKOUGNET, Deputy Supt. Gen. of Indian Affairs.
of k di. Rigth Rev. Cuas Guay, at Indian Agent, oh Ste. Anne de Ristigouche, P. Q.
(TRADUCTION
No 58,82972 Ottawa, 8 février 1887.
Très-Révérend Monsieur,
d'ai l'honneur de vous informer que Basile Arseneau dans le comté de Bonaventure, qui était autrefois cons-
2 2 0 ne é . 4 .
table sur la Réserve des Sauvages à Ristigouche, à un salaire de 81.25 par jour, se plaiut nu Département que vous ne lui avez pas payé plus de 820.00 pur mois pour ses services de constable,
En réferant au livre de comptes de ce Département on trouve que le 26 août 1886, uu chèque ofliciel de cent deux piastres et cinquante centins No 26,887, a été émané en faveur de Basile Arseneau, en paieme nt de ses services de constable sur la Réserve des Sauvages à Ristigouche ;
Que le 16 novembre 1886, un autre chèque, de cent cinquante piastres, No 27,801, a été émané en sa faveur, pour paiement de ses services comme constable pour les mis d'août, septembre et octobre 1886. Ces chèques vous furent envoyés et ont été retournés comme payé par la Banque. x
Le premier chèque ci-dessus mentionné a été signé
sa « Basile X Arseneau » ct « Chs Guay» Le dernier chèque
marque
a été dent « Basile Arsenean » et Chs Guay ». 11 apparait que ces chèques ont été payés par la Banque de Campbellton, Branche de la Banque de la Nouvelle- Ecosse.
M. Arseneau nie avoir signé ou mème avoir vu ces chèques.
Je requiers sans délai vos explications à ce sujet.
J'ai l'honneur d'être, Très-Révérend Monsieur, Votre obéissant serviteur, Signé : L. VANKOUGHNET, Député Ministre des Affaires des Sauvages.
Très-Rév. Cuas Guay, Agent des Sauvages, Ste, Anne de Ristigouche, P. Q,.
ges.
Ste-Anne de Ristigouche,
Co. Bonaventure, 12 fév. 1887.
L, Vanrkouoner, Ecuier, Député-Ministre des Affaires des Sauvages, Ottawa.
Monsieur,
J'ai l'honnet.r d'accuser réception de votre lettre du 8 de ce mois, reçue aujourd'hui, No 58,829 ? 2 au sujet de Basile Arseneau et de répondre ce qui suit :
lo Basile Arseneau a été constable sur cette Réserve du 11 mai 1886 au 7 sept. 1886, en tout 121 jours à 81.25 par jour 8151. 25,
Basile Arsenault à reçu son argent comme il appert par son reçu du 6 sept. dernier, signé devant un témoin et annexé à la présente lettre portant le No 1, page 267.
20 Au mois de septembre dernier, ayant connu la mauvaise conduite du dit Basile Arseneanu, j'ai été forcé de le mettre à la parte de mu maison et de le décharger comme constable.
Comme il appert par les déclarations ci-annexées, No 2 et 3 pages 26 / et 26); vous verrez que j'avais bien vaison de le congédier,
30 Immédiatement après son départ, j'ai nommé un autre coustable William Boudreau, du 8 sept au 31 Octobre dernier à 81.25 par jour comme l’atteste son reçu qui accompagne celte lettre No 4, page 270.
4o Comme il n'y avait plus qu'un mois et demi de service, j'ai cru qu’il n’était pas nécessaire d'en informer votre Département, parceque celui-ci n'avait rien de plus à payer.
50 Votre Département m'a envoyé l'été dernier pour le constable 8217.50.
Basile Arseneau a reçu PNR METIERS ss 151.25 William Boudreau ...........…. asuer dents te PAPETERIE 66.25
Total..................8 217,50
6o Le premier chèque a été signé par Basile Arseneau, en posant sa marque, devant M. le Marchand Alfred Venner, de Campbellton, qui a lui-même retiré l’argent de la Banque de Campbellton, N. B. comme en fait foi sa déclaration solennelle annexé à la présente : No 5 page 270.
70 Pour le second chèque, Basile Arseneau, m'a autorisé d'y mettre son nom quand je le recevrais, parcequ'alors, il devait être absent de chez moi, et voilà pourquoi sa marque ne s'y trouve pas, comme il appert par ma déclaration solennelle No 6, page 271.
80 Basile Arsenzsau est sous l'impression que je n'ai point son reç” car j'avais égaré ce reçu que je viens de trouver. Je au: ai écrit à deux reprises différentes pour obtenir un reçu de tout l'argent que je lui avais payé. IL à refusé de me le donner, en me demandant de nouveau de l'argent. [l veut être payé deux fois, et voilà tout.
Je crois que ces queiques explications suffiront pour me justifier des fausses accusations portées par malice contre moi, parceque je l'ai mis à la porte de ma maison, et il a juré de se venger. Je regrette une chose, c'est de n'avoir pas “ou sa mauvaise conduite plus tôt. J'ai été grandement troupé par cet individu et par ceux qui me l'ont recommandé :
Bien respectueusement, etc.
Chances Guay, gent
N. B.--Je dois ajouter que Basile Arseneau a eu sa pension à me payer son lavage et sa chambre qui était de 818.00 par mois.
u sa était
Pour les petits services qu'il a pu me rendre dans ses loisirs en aidant à mon homme dans le jardin, je lui ai donné 845.00, je crois que c'est très-raisonnable.
Not
Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, P. Q.
6 sept. 1886.
Reçu de Mgr Chs Guay la somme de cent cinquante et une piastres et vingt cinq centins, (8151.25) pour parfait paiement de mon salaire comme constable, du 11 mai au 7 de sept. 1886.
sa Signé : Basize X ARSENEAU, marque
Témoin: Signé: Hononr Guar.
No 2
Je soussigné William: Boudreau, Maitre Charpentier et Menuisier de la Mission des Sauvages de Sainte Anne de Ristigouche, ayant travaillé pendant trois ans au moulin à scie des Murray Brothers, qui se trouve sur cette Réserve, déclare solennellement ce qui suit, pour que justice soit rendue à qui de droit :
lo Je connais personnellement Basile Arsenault
depuis deux ans, qui a été constable, l'été dernier sur la dite Réserve durant quatre mois.
20 Que j'ai vu au moins dix fois, le dit Basile Arsenault en état d'ivresse, pendant qu'il était en fonction comme constable.
Jo Que le dit Basile Arseuault s'est même battu dans vet état d'ivresse.
40 Que j'ai vu le dit Basile Arsenault avant et après sou mariage dans une maison de prostitution de Sauvages,s'y amnsant durant la nuit, au lieu d'être à son poste comme constable,
50 Que je n'hésite pas à déclarer solennellement
près tout ve que je connais du dit Basile Arsenault qu'il est une canaille fleffée et qu'il ne peut être cru sous la foi du serment.
6o Comme je counais personnellement le mauvais
caractère du dit Basile Arseuault, je demande que cette déclaration solennelle ne vienne jamais à sa connaissan-
ce privée, par ce que j'ai de très-justes raisons de croire qu'il attentrait à mes jours.
10 Je donne cette déclaration solennelle à Mgr Chs Guay pour que justice lui soit rendue par qui de droit et qu'il en use à sa discrétion.
Je fais cette déclaration solennelle, la croyant consciencieusement vraie et en vertu de l'acb: passé dans la trente-septième année du règne de Sa Majesté, intitulé : Acte pour la suppression des serments volontaires et extra-judictaires.
sa
Wittiau X Boupngau.
marque
Témoin : Anr LEeBcaxe Ptr
Attested before me at Cross Point P, Q. this 5th day of Februay 1887.
(Signé) J. Acnenr Vence, d. P.
No 3
Je soussigné, George Doucet, maitre charpentier et menuisier du village de Bathurst, N, B., déclare soleunellement ce qui suit, pour que justice soit rendue a Mgr Chs Guay. .
lo Je connais Basile Arseneau depuis huit ans; Le dit Basile Arseneau ayant été constable, durant l'été dernier, sur la Réserve des Sauvages de Restigouche-
20 Je puis l'aire serment que j'ai loujours entendu dire par tout le monde que le dit Basile Arseneau était une vraie canaille, À
Jo Je l'ai toujours connu pour un ivrogne avéré, jouissant à Bathurst, d'une très-mauvaisc réputation.
0 de déclare que je ne le croirais pas sous serment d'après ce que je connais personnellement de lui.
50 Je demande que cette déclaration ne vienne pus à sa connaissance personnelle, car connaissant sa méchanceté, il m'en voudrait pour toujours, et moi. je ne serais pas en surlé avec lui.
Go J'autorise Mgr CL: Guay a se servir de cette dé claration pour toute fin qu'il jugera à propos.
Je fais cette déclaration le croyant consciencieusement vraie et en vertu de l'acte passé dans la trente sepième année du règne de Sa Majesté intitulé. Acte pour la suppression des serments volontaires et extra judieiai res.)
Signé : GEORGE Doucer.
Attested before me at Cross-Point, P. Q. this fifth of Feby : 1887.
Signé; Æ ALnpar VERGE, d. P.
No 4 Ste-Anne de Ristigouche,
Co. Bonaventure, 22 nov. 1886.
Mgr Chs Guay Dt A Will, Boudreau, comme constable du 8 sept. au 31 octobre 53 jours à 81.25... sise 866.25
Reçu paiement ce jour,
sit Signé : Wir X Bouvneau marque
Témoin : Signé : Hoxone Guay
No à
Je soussigné, marchand à Campbellton, Comté de Ristigouvche, Province du N. B., déclare solennellement ce qui suit :
10 Je me rappelle très bien que dans les derniors jours du mois d'aout dernier, Mgr Chs Guay et Basile Arsenau, alors constable sur la Réserve des Sauvages de Ristigouche, sont venus tous deux à mon magasin.
20 Que le dit Basile Arsenault à signé un chèque de la valeur de plus de cent piastres, en mettant sa croix et cela en ma présence. Ce chèque, autant que je me le rappelle, était pour paiement de ces services comme constable, et venait d'Ottawa, du Département des affaires des Sauvages.
30 Que j'ai été ensuite moi-mème retirer cet argent de la Banque, que j'ai remis entre les mains de Mgr Chs
Cr
ent
Guay, eu présence du dit Basile Arsénault sans que celuici ait rien dit.
Je fais cette déclaration sulennelle la croyant cons. cienciensement vraie, en vertu de l'acte passé dans la trente septième année de Sa Majosté, intitulé ‘Acte pour la suppression des serments volontaires et extra-judiciaires. ”
Signé : ALFRED VENNER
Signed before me this 12th day of February A. D. 1887 of Campbellton in the County of Ristigouche Province of New-Brunswick,
Signé : W. Morr, J. P.
No 6
Je soussigné, missionnaire et agent des Sauvages de Ste-Anne de Ristigouche, comté Bonaventure, P. Q., déclare solennellement ce qui suit :
Je certifie que Basile Arseneau, constable durant quatre mois sur cette Réserve des Sauvages de Ristigouche, durant l'été dernier, m'a autorisé verbalement, le 6 de sept. dernier, à mettre son nom sur son chèque que je recevais d'Ottawa, parcequ'alors, je l'avais payé de tout l'argent qui lui revenait comme constable.
Je fais cette déclaration solennelle le croyant consciensieusement vraie, en vertu de l'acte passé dans la trente septième année du règne de sa mayesté intitulé ; « Acte pour la suppression des serments volontaires et extra judiciaires.” Un mot rayé nul.
(Signé) Cus Guay, Agent des Sauvages.
Nc da N. B. signé devant moi ce 17e jour de Feb.
(Signé) ALFRED VENNER, J, P,
6ème PARTIE
Procès devant l'Officialité Diocésaine de Rimouski
Mar Cus Guay vs
Rév. Ocr. DrarEau
STRIOTRMENT CONFIDENTIEL
— 215 — Ste-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, 22 nov. 1886.
Rév. Messire OcrT. Daarzau, Ptre, Çuré de St-Charles de Cuplan, Monsieur le curé,
J'apprends de différentes sources que vous portez contre moi, dépuis quelque temps, des accusations trèsgraves.
Il peut se faire qu'on vous prête des paroles que vous n'avez pas dites ot des actes que vous n'avez pas faits.
Pour cette raison, je vous demande d'être assez bon de me douner des explications satisfaisantes.
Je ne puis m'expliquer pour quelle raison, je serais ici l’objet de votre mécontentement.
En vous rendant à ma demande, vous obligerez beaucoup,
M. le curé, Votre tout dévoué serv.
(Signé)
Cus. Guay, Prot. Apost.
Caplan, 26 nov, 1846.
Mgr Us Guar, P, A.
Ristigouche.
Messire,
En gentil homme, je dois répondre à votre lettre du 22 de ce mois, quoique les termes de votre lettre soient si vagues, qu'elle ne mériterait pas de réponse,
Après considération, j'ai supposé qu'il s'agissait des deux choses suivantes: lo À mon jubilé, dans une dificulté à propos d'élection, qui serait trop longue de vous raconter, M. Thivierge pour se défendre—pauvre défense, —iqm'a jeté à lu face que vous aviez dit, lo que vous me jeteriez à la porte à coups de pivd au derrière, si j'allais chez vous, 20 que vous lui aviez aussi dit que j'avais laissé la Mission dans une ruine temporelle et morale. Chaufté à blanc par ces paroles et autres, je répondis à la lère en disant; que je serais trop respectuble pour mettre le pied chez vous, parce que moi, je vous avais bien reçu et mème gardé quelques jours chez moi, A la 2e je répondis que le peuple et l'autorité ecclésiastique savaient à quoi s'en tenir.
20 A Cuscupédiac l'autre jour, conversant avec M, LeBlanc, je me rappelle lui avoir laissé voir que j'étais sous l'impression, que c'était le désir de l'autorité de le placer avec vous, et cela parce que j'avais entendu dire mille et une fois, que les anglais se plaignaient qu'ils n'avaient pas assez d'anglais dans l'église. Voilà en aulunt que je puis me rappeler, ce qui me concerne, Quant à d'autres confières, ça ne me regarde pas.
Je ne ne vois pas comment on pourrait porter des accusations étant à une distance de 60 milles, à moins que ces accusations fussent déjà portées, alors ce ne serait pas les porter, mais ce serait seulement les répéter,
Quant au mot, acte, que vous mentionnez, je ne comprends pas du tout ce que vous voulez dire.
Je porterai plainte contre un confrère, qu'en autant que ma conscience éclairée par la théologie me forcera
de le faire, .
Vous parlez de mécontentement contre vous. Je ne
suis point du tout mécontent contre vous, malgré que j'aurais bien raison de l'être, pour tout ce que j'ai entendu dire que vous aviez dit contre moi. A part ce que j'ai rapporté dans la présente lettre, que je cherchais à soulever les sauvages, pour retourner à la Mission. Choses qui ne me sont jamais passées par la tète, et au
contraire j'ai toujours donné des conseils de souminis- |
sion aux sauvages quand ils se sont plaints à moi.
La fère année, après explications données au sujet |
du pie-nie, ete, vous m'écriviez soyons amis, comme |
d'ordinaire, et c'est après cela que j'ai appris par con- |
frères el autres tout ce que vous avez dit et cherché de l
faire contre moi, et votre conduite l'a prouvé, Je n'ai | / tenu compte de sien et je ris de ces choses ; cependant je vous avoue franchement, que je crois que si vous eusà siez été à ma place, vous n'auriez pus agi comme moi, et . que vous prenez pour ennemi celui qui a été votre plus
grand ami, car je pourrais vous faire de la misÿre, et je le pourrais encore, ayant en main tout ce qu'il faut sans l'avoir demandé comme de raison. Mais je ne le veux pas et ne le ferai pas non plus sans être forcé de le faire, et quand même j'aurais été et je serais encore mécontent, ce serait la mème chose, car le mécontentement ne
% m'a jamais fait agir, Je me connais, je sais sans ètre
. sans tache, ce que j'ai fait, et ce que je fais, et je puis supporter bien des injures.
J'ai l'honneur d'être, Ï Votre tout dévoué serv.
(Signé) Oct. Daarzau; Ptre,