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Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, 30 nov. 18686.
Rév. Messire Ocr. DraPgau, Ptre.
Curé, St Charles de Cüäplan,
Monsieur le curé,
Je reçois à l'instant votre lettre du 26 de ce mois, et je dois vous dire à mon regret que les explications que vous me donnez ne me satisfont point.
Vous m'accusez pour vous défendre.
Veuillez donc me donner des explications claires et précises sur les accusations que vous avez portées contre moi devant plusieurs confrères et mème devant des laïques, ce qui est plus grave.
Vous semblez avoir dans les mains quelyues instru ments terribles contre moi dont vous ne voulez pas vous servir, me dites vous ?
Vous semblez porter un grand intérèt à Ristigouche et plus particulièrement à sou Missiounnaire. Pourquoi donc tant de sollicitude de votre part? .
Est-ce bien par amitiée ? Si oui, j'en suis extrèmement flatté et à la première occasiou favorable, je né manquerai pas de réparer le moindre tard que j'aurais pu vous faire.
Dans l'espoir que vous m’honorerez d’une réponse.
Je demeure respectueusement, M. le Curé, Votre tout dévoué, etc.
(Signé) Cns Guay, Prot. Apost.
Ste-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure,
4 janvier 1887.
Au Rév. Messire OcT. Drapeau, Ptre, Curé, St-Charles de Caplan.
Monsieur le curé,
J'avais l'honneur de vous écrire le 30 du mois de novembre dernier, et ma lettre quoique en termes trèsrespectueux a mérité jusqu’à ce jour les honreurs d’un profond silence.
Je viens de nouveat vous demander des explications au sujet de votre conduite si singulière à mon égard.
Dans le combal que vous avez voulu engager contre moi, de votre chef, il n’est pas possible que vous mettiez si vite les armes bas.
Votre silence fait croire que vous êtes coupable.
Allons, tâchez d’avoir le courage de vos opinions.
Il vaut mieux me dire à moi ce que vous avez d’abord inventé et ensuite répété à droite et à gauche.
En attendant les honneurs d’une réponse, je vous souhaite une bonue et heureuse année.
Bien respectueusement, etc.,
(Signé) Cus Guay, Prot. Apost.
St-Chs. de Caplan 13 janv. 1887.
Mr. le Missionnaire,
Je me permettrai de répondre encore à votre lettre injurieuse du 4 du présént mois, car je suppose qu’elle
est dans le but de savoir, si l'accusation que vous passez pour avoir portée contre moi,en disaut que j'avais écrit dernièrement à Rimouski contre vous, est vraie ou fausse. C’est du moins, ce qui a été dit au 40hrs de Maria. Je vous dit que cette accusation est fausse, et comme preuve, je permets à M. le Grand-Vicaire Langevin de vous montrer ma lettre.
Si vous avez du linge sal, lavez le tout seul, de mème que vous devez vous laver tout seul de l'enquête que le Départeinent Indien vient de faire faire sur l'agence pour laquelle j'ai eu l’extrème malheur de vous recommander.
Tenez pour certain aussi, que je vous avertis en ami, de cesser de m'importuner avec vos lettres injurienses.
Bien à vous,
(Signé) Ocr. Drareau, Ptre.
P.S.—Je n'ai ni papier ni timbres à gaspiller. 0. D, P.
St Charles de Caplan 5 sept. 1887.
Mgr Cns Guay, Missre,
Ristigouche,
Mon cher confrère,
J'apprends de diverses sources que vous travaillez à me faire de la misère auprès. de Mgr Langevin. Cest votre aflaire, mais j'aime à vous dire que je me défenderai, et que j'aurai mon tour. Vous pourriez y perdre.
J’ai l'honneur d'être,
Votre tout dévoué,
(Signé) Ocr. Drapeau, Ptre.
tre.
pire.
Sainte-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, P. Q.,
21 oct., 1887.
A Sa Grandeur,
Mgr JEAN LANGEviIN, Ev. de St-Germain de Rimouski,
à Rimouski.
Monseigneur,
Chs Guay, Prot. Apost. Missionnaire à Ste-Anne de Ristigouche, comté Bonaventure, expose respectucuseinvent ce qui suit:
lo Le Rév. O. Drapeau, curé de St Charles de Ca: plan, an diocèse de Rimouski, m'a accusé et m'accuse encore de faire, dans mes rapports officiels,avec le Département des Affaires des Sauvages, au gouvernement d'Ottawa, de faux serments.
20 D'avoir fait faire à mes deux serviteurs, Honoré Guay et Guillaume Boudreau, de faux serments, dans le but d'arriver à mes fins, avec le susdit Département, à Ottawa.
30 D’avoir maltraité, et de maltraiter encore les sauvages de Ste Anne de Ristigouche.
Telles sont, Monseigneur, les accusations que ce monsieur répand depuis plusieurs mois devant des prètres et des laïques, au détriment de ma réputation et de mon ministère sacerdotal, au milieu des âmes que Votre Grandeur a confiées à ma sollicitude, et vis-à-vis de mes confrères et concitoyens.
Devant Dieu, devant ma conscience, et devant le public, je proteste contre ces accusations graves et calomnieuses.
En autant que je suis au service de la religion, sous votre juridiction, je viens demander votre protection.
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Pour cela, j'offre à Votre Grandeur de produire au jour et à l'heure qu'elle voudra, toutes les pièces juridiques nécessaires pour m'assurer, de votre part, cette pleine et entière justification à laquelle je maintiens avoir un droit imprescriptible et indéniable.
Je demande donc, en autant que mes preuves, devant votre tribunal, seront suffisantes, que le Rév. Oct. Drapeau soit condamné :
10 A rétracter ses calomnies.
20 A payer tous les frais de la poursuite devant Votre Officialité.
30 À me payer le minimum de la somme qu'un tribunal civil impose”ait à tout délateur injuste et jaloux de la réputation et de l’honneur du prochain.
Dans l'espoir que Votre Grandeur prendra, le plustôt possible, tous les moyens que la religion et la justice lui dictent, pour me procurer la paix. en face des acensations qui continuent à peser sur moi, et qui sont de nature à nuir à mon caractère public et à mon ministère sacerdotal, je ne cesserai de prier pour sa conservation
et sa prospérité et je demeure avec un profond respect,
Vatre très-humble et dévoué, serviteur en NS.
(Signé) Cas Guay. Prot. Apost.
Officialité diocésaine de St. Germain de Rimouki.
Lu i- Rimouski, le 25 Octobre 1887.
te A ns A Mgr Cus Guay, Prot. Apost.
Ristigouche, e— .
ct. Monseigneur, Votre plainte contre Messire Octave Drapeau, curé de St-Charles de Caplan, est parvenue à Monseigneur de nt Rimouski, qui me charge de vous informer qu'une copie * de cette plainte est adressée aujourd'hui à ce Monsieur. vri- Monseigneur l’engage à faire un accommodement avec ux vous, mais si ce Monsieur ne prend pas ce parti, la diff. culté sera réglée devant le tribunal épiscopal. usice J'ai l'honneur d’être, Cn- Monseigneur, de " ère Votre très-humble serviteur, ion è # EnMonD LaNGEvIN, ? .
Vic.-Gén. Official.
post.
| St Charles de C’plan, 27 oct. 1887.
Mgr Cus Guay, P. A.
Ristigouche, Mon cher confrère,
Je viens de recevoir copie d’une plainte nou datée, portée par vous à Mgr Langevin. Après réflexion faite sur la lettre de Mgr qui accompagne, j'ai cru devoir vous
écrire à ce sujet, et de vous faire voir combien on vous a trompé. Je suis malin, je ne le nie pas, mais j'ai un bon cœur, et il me semble que je dois vous dire la vérité, quand mème je serais forcé de vous faire de la peine.
10 Je nie avoir que vous faisiez de faux serments dans vos rapports officiels au Département Indien. Voici la vérité, j'ai répété quelques fois après l'avoir entendu dire,que l’Agent Austin avait ditque vos comptes n'étaient pas corrects.
C’est bien différent, n'est-ce pas ? et tont le monde sait que les rapports ne sont pas assermernités.
20 Je nie aussi la 2e accusation. Je n'ai rien dit qui regardait ces personnes et les rapports au Dépt. Indien. Ce que j'ai entendu dire, je vous le dirai plus tard, etqui en est l'auteur. Je ne l’ai dit qu’à deux confrères, 2n donnant le nom de l’auteur.
80 Maltraiter lss sauvages. Je ne me rappeile pas m'être servi de ce mot, mais si je m'en suis servi, c’est dans le sens de malin, car je me rappelle avoir dit ce que tout le monde disait que les Sauvages vous trouvaient plus dùr, c’est-à-dire plus malin que moi.Je ne crois pas qu'il y ait grand mal à cela, car ils ont dû vous le dire à vous mème. J'espère que ces explications vous satisferont.
Voici, Mgr Je vous écris aujourd’hui, après sérieuse réflexion, et sans passion. Je vous demande pour notre plus grand bien, pour éviter un grand scandale dans le diocèse qui ne parait pas être déjà en odeur de sainteté à l’étranger, et beaucoup de peine à notre Evêque, de retirer votre plainte, qui comme vous voyez n’est pas raisonnable, car alors vous me forceriez à mettre à jour des pièces que moi seul possède, et des témoignages qui seraient contre vous. IL me semble que deux Missionnaires de sauvages peuvent s'entendre, et ne point aller porter leur misère aux quatre vents du ciel. Je n'ai jamais voulu vous faire de
eve pre
la misère, malgré que j'aie entendu dire bien des fois que vous portiez contre moi les accusations suivantes : Soulever les sauvages contre vous, intriguer, aider de mon argent Basile et Hermance dans leurs difficultés avec vous, tandis que c'est moi qui les ai fait cesser, quec'ionner sur mon compte à Dalhousie etc. que n’ai-je pas entendu dire ? et cependant je n'ai pas encore portée de plainte. Vous voyez que si par humeur, j'ai manqué quelques fois à la charité euvers vous, vous avez aussi manqué envers moi, Quant à moi je puis faire serment que je n’ai jamais rien dit que je n’aie entendu dire.
A présent, Mgr libre à vous de continuer, c'est-à-dire maintenir votre plainte ou non, mais croyez-moi, on sait quand la guerre commence et on ne sait pas quand elle finit. Si vous préférez la paix, je suis cerlain vous serez content et que vous saurez me le dire, car je m'engage à vous montrer à vous seul les dépositions et lettres que j'ai reçues, quand nous nous rencontrerons ou si vous décidez de descendre quelques fois. Vous avouerez alors, je crois, que si j'avais été aussi malin que vous, la guerre serait commencée depuis longtemps.
Je ne suis pas un impie ni un traître, je vous le prouve aujourd'hui, oublions tout, et je suis prèt à vous rendre tous les services possibles même à aller vous voir quand l’occasion en sera, si vous le désirez.
J’attendrai votre réponse d'ici à samedi, avant d'agir.
J’ai l'honneur d’être, Votre tout dévoué,
(Signé) Ocr. Drapeau Ptre,
Mousieur,
Monseigneur de Rimouski a reçu la lettre du 24 de ce mois, par laquelle vous demandez, de la part de MM. Honoré Guuy et Guillaume Bôudrean, vos clients, l'antorisation de poursuivre duvant les tribunaux civils M2ssire Chs Octave Drapeau, curé de St-Charles, de Caplan, pour dommages encourus par certains propos que ce Monsieur aurait tenu sur leur compte,
Je suis chargé de vous répondre que Sa Grandeur ne s'oppose pas à cette poursuite,
Cependant, il serait bien préférable que celte difficulté fat réglée à l'amiable pour éviter un débat judiciaire, Comme c’est mon devoir, je vais informer M. Drapeau de la plainte de vos clients et Lâcher d'amener un accommodemeit entre les parties et vous commuiquerai la réponse de M. le curé de St Charles.
Votre dévoué serviteur, Epuonp LanGevin, Vic.-Gén., Rimouski, 29 oct. 1887.
F..X. Lemieux, Ecr.
Avocat, Québec.