‹ Mémoires géologiques et paléontologiquesChapitre 14 sur 47 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Il ne me reste plus quà m*occuper des déductions géogé^ niques quon peut tirer des fossiles. Or, je prétends que les partisans de la géologie zoologique ont restreint beaucoup trop les conséquences théoriques qui découlent de l'observation purement géologique de la croûte terrestre, tandis qu'ils ont cru trouver dans les pétrifications, et seulement dans ces dernières, les preuves d'évènemens souvent aussi clairement indiqués par la nature minéralogique et la succession de di« verses roches.

Ainsi , dans son article sur Timportance des fossiles en géologie, M. Cuvier s*écrie : a Sans les fossiles, Con n aurait li peut-être jamais songé quily ait eu dans la formation du M globe des époques successives et une série d'opérations difi^férentes. Eux seuls , en effet, donnent la certitude que le » globe na pas toujours eu la même enveloppe , par la cer- » titude où Ton est qu'ils ont dû vivre à la surface avant > d'être ainsi ensevelis dans la profondeur. Ce n'est que par » analogie que Ton a étendu aux terrains primitifs la con- % clusion que les fossiles fournissent directement pour les » terrains secondaires ; et s il n'y avait que des terrains sans :i fossiles, personne ne pourrait soutenir que ces terrains » n'ont pas été formés tous ensemble.

1 C'est encore par Us fossiles , toute légère quest restée

>fefir connaissance j que nous avons reconnu le peu que 9 nous savons sur la nature des révolutions du globe^ Us » nous ont appris que les couches qui les recèlent ont été 1 déposées paisiblement dans un liquide , que leurs variations ë ont correspondu à celles du liquide , que leur mise à nu a 9 été occasionée par le transport de ce liquide, que cette » mise à nu a eu lieu plus d'une fois : rien de tout cela ne se-

• rait certain sans les fossiles.

9 Nous sommes dans ^ignorance la plus absolue sur la

• causes qui ont pu faire varier les substances dont eeè couwehes se composent; nous ne connaissons pas même les »agens qui ont tenu certaines d'entre elles en dissolu- »tion; et Ton dispute encore sur plusieurs, si elles doivent jileur origine à Teau ou au feu. Au fond^ l'on a pu voir ci-

• devant que l'on n'est d'accord que sur un seul point, savoir: ique la mer a changé de place. Et comment le sàit«on,si » ce n'est par les fossiles ? »

Passant des pétrifications marines aux ossemens de quadrupèdes, les paroles de M. Cuvier sont très remarquables:

c Des coquilles annoncent bien que la mer existait où elles »se sont formées; mais leurs changemens d'espèce pourraient,

> à la rigueur, provenir de changemens légers dans la nature » du liquide^ ou seidement dans sa température. Ils pourraient » avoir tenu à des causes encore plus accidentelles* Bien ne

> nous assure que dans le fond de la mer certaines espèces, » certains genres même , après avoir occupé plus ou moins » long-temps des espaces déterminés, n'aient pu être chassés »par d'autres. Ici, au contraire, tout est précis j TapparitioD »des os de quadrupèdes, surtout celle de leurs cadavres } » annonce, ou que la couche même qui les porte était autreifois à sec, ou qu'il s'était formé une terre sèche dans le voi- »sinage, et leur disposition rend certain que cette coucbe > avait été inondée, ou que cette terre sèche avait cesse » d'exister. C'est donc par eux que nous apprenons JuneP

• manière assurée le fait important des irruptions répétées

> de la mer , et c'est par leur étude approfondie que nûfU 7^ pouvons espérer de reconnaître le nombre et les époques é^ 9 ces irruptions. »

DB LA PAIiBONTHOLOOlB. iSS

La plupart des espèces de quadrupèdes sont connues ; il y en a très peu à découTrir. c Nous sommes au contraire fort » loin de connaître tous les coquillages et tous les poissons »de mer^ comme nous ignorons probablement encore la '9 plus grande partie de ceux qui vivent dans la profondeur; >il est impossible de saisir avec certitude si une espèce que 1 l'on trouve fossile n existe pas quelque part vivante. Aussi svoyons^nous des savans s'opiniâtrer à donner le nom de » coquilles pélagiennes aux cornes d^Ammon^ aux Belemnites » et autres ^pouilles testacées , qui n'ont encore été vues

• que dans les couches anciennes, voulant dire par là que

• si on ne les a point encore découvertes dans l'état de vie, » c'est qu elles habitent à des profondeurs inaccessibles à nos » filets. ( Théorie de la terre, édii. de i83o. ) •

En lisant les premiers passages relatifs aux fossiles , uu géologue ne peut-il pas sourire , et ne doit-il pas reconnaître , non pas avec M. Cuvier^qu'atto; fossiles seuls est due la nais* sance de toute théorie de la terre; mais bien la naissance de sa Théorie de la terre.

Elaguant les roches volcaniques , nous voyons en effet , tous les jours , se former éouê nos yeux Us dépôts neptuniens divers » qui constituent la croûte terrestre.

Les grès y les argiles, les calcaires, voilà les grandes masses principales. Or, une alternative de roches arénacées et de roches calcaires a toujours indiqué et indiquera toujours au géologue une époque de charriage, de mouvement et une époque de dépôt. Ainsi donc, cette seule observation purement minéralogique, si facile à faire , a démontré de tout temps , et même dans celui où les fossiles passèrent pour des pierres figurées, que le globe n a pas toujours eu la même enveloppe ; que sa croûte a été formée par une série d'opérations différentes, ou par conséquent pendant des époques successives , et que la logique s'opposait à regarder ccnnme formés dans le même instant des roches aussi dissemblables que le calcaire et le grès ou les argiles.

Les masses arénacées et calcaires sont presqile les seules qui offireut des fossiles ; donc ces ptécieuses reliques ne peu«

i56 ESSAI SUR LES AVANTAGES

vent et n'ont pu nous apprendreles autres révolutionsqui ont eu lieu sur le globe, et qui rentrent toutes dans le domaine igné. Or, ces derniers dépôts, bien étudiés géognostique' ment et chimiquement , ont fourni beaucoup d'aperçus qui cnt servi à former une théorie rationnelle de C origine de la croûte terrestre , et qui ont jeté un nouveau jour sur la for^ tnation des dépôts coquitliers.

Nous ne sommes plus réellement dans Y ignorance la plui absolue sur les causes qui ont pu faire varier les substance» dont les couches se composent, Neptune et Pluton se sont accordés comme deuxparens qui avaient besoin l'un deTautre, et le vulcanisme du globe nous a fourni toutes sortes declaircissemens en rapport avec nos connaissances physiques et chimiques actuelles. S'ils s'en éloignent par hasard, c'est l'état imparfait de la chimie qu'il en faut accuser.

Dans ta distinction du sol primaire d'avec le sol secondaire j on a employé les fossiles sans en avoir essentiellement besoin ; la superposition en disait déjà assèft. Il y a plus, les géologistes anciens classaient infiniment plus rationnellement les dépôts en terrains à filons et terrains secondaires que ceux qui voulurent faire de l'absence des fossiles dans le sol primaire un caractère essentiel. Quelle preuve avons-nous en effet qu'il s'est formé un terrain dans un temps où il n'existait point encore d'animaux? Nous ne pouvons faire à ce sujet que des suppositions. Au contraire , ne devient-il pas tous les jours plus probable que ces masses de roches cristallines ne sont que des dépôts neptuniens altérés , et alors ne voit-on pas combien l'étude des fossiles a long-temps favorisé un classement erroné , et quelquefois facile à débrouiller par l'observation géognostique ?

Dès le moment quon s'occupa réellement de géologie , on ne put manquer de faire attention aux fossiles. Ainsi les végétaux des houillères prouvèrent la destruction des plantes continentales; les coquilles marines, d'anciennes plages délaissées f et ainsi de suite. Mais il y a une distance immense de cette déduction toute simple à celles tirées de la compa* raison des espèces fossiles dans les divers dépôts. Ces. dernières idées sont particulières , ont uu intérêt à part^ et con-

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duîsent à nous donner un aperçu des végétations qui ont successivement occupé le globe et des animaux qui ont liabité à diverses époques sa surface. Ce sont des connaissances que la géologie ne pouvait pas nous donner , quoi , quelle Ifdt déterminer Tordre des dépôts et indiquer en |[énéral la manière dont ils se sont formés.

Passant aux ossemens fossiles des quadrupèdes , je ne comprends pas comment M. Cuvier peut espérer de reconnaître par ces derniers te nombre et C époque des irruptions de la mer, car^ supposant un moment que ce soit possible dans le sol alluvial et tertiaire, plus bas cela devient impraticable, ou bien on arrive à la conclusion absurde que toute la géologie est dans l'observation des couches superficielles du globe.

Je vais plus loin , et to;it géologue qui a voyagé sait bien que si jlf. Cuvier n'a pu parvenir, avec toute sa vaste science ostéolcigiquÇsi^ établir aucune nouvelle division dans le sol alluviaC/ td géo^nosie proprement dite fournit de$ moyens certains dy reconnaître des dépôts très divers, et (Rétablir même souvent entre eux de nom,breuses différences iage.

Ainsi le géologue examinant une grande vallée remplie d'alluvions, y distinguera non seulement des alluvions anciennes et modernes, mais il pourra voir encore dans chacune d'elles une succession de dépôts de cailloux, de sables, d'argiles et de tufs calcaires. De plus , il pourra distinguer chacun de ces dépôts par des caractères particuliers , et découvrir le même dépôt minéralogique sur plusieurs niveaux dlfférens. Il acquerra donc une quantité de renseignemens intéressans, auxquels le zoologue n'a à lui opposer que les listes des ossemens reconnus jusqu'ici dans les alluvions anciennes et les alluvions modernes.

Certes , s'il y a des occasions où M. Cuvier a raison de dire ^t( étude de la partie minérale de la géologie , si utile pour ^ arts pratiques , est beaucoup moins instructive que la zoot>gte géologique , ce n'est pas au moins dans ce dernier cas.

D une autre part , faire de la géologie au m.oyen des osse» ''t^nj fossiles est une chose impraticable; JQ lai déjà dit.

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et M. Guvier le reconnaît lui-même en disant qu'on ne reihl contre qu'infiniment rarement un squelette un peu complet|| et les os isolés ne sont même nullement communs*

Les fossiles, et en particulier lesossemensi d'après M.Cuyieri ^ prouvent que la mer a changé de place^ et que les rél^lutioiif : du globe ont en grande partie consisté en déplace/mens du ik de la mer y en irruptions de la m,er ( édit. in-4^, p. 3i*i38). j Or^ d'après les faits ^ il semblerait que , s'il y a toujours cai des coutinens, les soulèvemens et les dépôts successifii i$ j tout genre ont du les augmenter et diminuer l'étendue dei ' mers^ si des écroulemens dans la voûte terrestre n'avaient pas pu contrebalancer jusqu'à un certain point cette dimi- DUtion des eaux. Du reste , cette idée n'est adoptée qu'en par* tie par M. Guvier dans une autre partie de son discoun {édition in-4% page 8), puisqu'il termine en supposant une diminution universelle du niveau des eaux^ supposition

que nous croyons inutile. •'^•r* ^ • "••

Les fossiles doivent prouver, d'^^ès Ce savant, que U$ couches qui les recèlent ont été déposées paisibl&inent danu un liquide; mais il y a mille exceptions à cette règle. Les ossemens, les grosses huîtres et les autres fossiles roulés dans divers agglomérats ou calcaires prouvent tout le contraire de cette proposition.

On aperçoit que M. Guvier a toujours et uniquement ea vue le bassin parisien , dont quelques particularités l'ont induit, lui et son savant collaborateur, à croire à des retraits et des retours de la mer. Outre le peu de fondement de cette théorie, l'idée n'est nullement nouvelle, puisque nous la trouvons produite pour des dépôts plus inférieurs par de très anciens auteurs, tel que Fuchsel. il/. Cuvier croit ne trouver que dans les fossiles les preuves que lasurface du globe a passi par plusieurs révolutions^ soit lentes, soit subites^ etlcmode de ces catastrophes; mais les observations géognostiques amènent aux mêmes résultats, et quelquefois dans des cas où le zoologue est obligé d'avouer l'insuffisance de ses moyens pour déchiffrer les hiéroglyphes géologiques.

Ainsi les traînées de blocs superficiels indiquent non seulement de quel pays iU viennent , dans quelle direction ilii

DE liA PALÉONTHOLOGIE. l3g

^édt été poussés, et comment ils ont été charriés; mais epi<« tore la rapidité avec laquelle ils ont été transportés.

Les fragmens des agglomérats divers se laissent très sou* Vent tracer jusqu'à leur origine, et démontrent quelquefois un charriage très violent. Dans ce cas sont, par exemple, ces poudingues du grès vert des Alpes septentrionales y dont les débris sont venus surtout des. Vosges et de la Forêt*

, Noire. Les argiles sont l'indication d'un sédiment vaseux;

' les argiles très feuilletées, celle d'un sédiment lent et succès* ttf; les fragmens des brèches, celle d'une action destructive qui a précédé cette formation. Enfin l'opposition de divers systèmes de couches redressées, et de celles-ci avec les maisaes horizontales , ont conduit tous les géologues, et même U. Cuvier (pag. 6) , à des considérations du plus haut intérêt sur les révolutions ou les changemens survenus sur le globe.

Ne déprécions donc pas la géognosie propremeiU dite pour rehausser les résultats obtenus par la zoologie géologique* Les deux sciences conduisent souvent, aux mêmes ré^ suUats, tandis que d^ autres fois on n arrive à une conclusion théorique quavec le seul aide de Cune d'elles, mais vouloir appliquer la zoologie seule à la géologie pratique , supposant même nos connaissances plus avancées qu'actuellement , ûcla me parait, dans beaucoup de cas , aussi absurde et sou-' vent aussi impraticable que de dem,ander à la minéralogie géologique des détails sur les créations qui ont précédé la nôtre. Chacune de ces sciences a son but , ses moyens et ses résultats; une combinaison rationnelle de toutes deux doit

^ être l'objet de nos efforts.

D'une autre part, m,algré les vues intéressantes et noU" veUes déduites de la paléontologie , Us règles de cette science me semblent trop souvent applicables plutôt en théorie qu*en pratique.

M. Deshayes vient encore de donner un exemple frappant de la vérité de ma proposition. Jusqu'à présent on était convenu de caractériser les dépôts par les coquilles les plus communes dans les roches ^ or M. Deshayes rejette ce

M. , ■> .Jf'.<i

l4o ESSAI SUR LES AVANTAGES

moyen de détermination comme trop sujet à erreur, et va fonder la caractéristique de ses formations sur les fossil constans dans un même système de couches, tors méms. qu'ils y seraient rares ou seulement isolés. L'on comprenJI très bien qu'il aura ainsi zoologiquement d'excellens moyens . de classement ; mais forcer le géologue à renoncer à sd^ moyens géognostiques pour un pareil instrument , c'est loT rendre la besogne, si ce n'est impossible, du moins très difficile et très longue. On prévoit donc qu'il pourra arriver que les zoologues établissent par Cobservation des fossiles d$ grandes divisions dans les dépôts^ et négligent les sou»' divisions reçues des géologues ; mais cela n'empêchera pas quen plein champ et pour les arts pratiques ces der* nières resteront toujours d'utiles points de reconnaissance^

Je vais plus loin , et je crois que si les zoologues parviens nent à déplacer de quelques toises ou quelques cents pieds la limite de certaines formations , ils n'auront pas le plus' souvent innové; mais attachant seulement plus d'importance que nous aux pétrifications, ils auront élevé ou baissé ces limites maintenant adoptées. Ainsi tout le monde sait que le grès bigarré se lie par alternance avec le Muschelkalk, et que sa partie supérieure contient les fossiles de ce dernier, comme, par exemple, à Soultz-les-Bains , etc. Maintenant M. Deshayes pourra se donner le plaisir de nous classer dans la zoologie particulière du Muschelkalk cette partie coquillière du grès bigarré, et alors nos deux dépôts géognostiques très naturels se trouveront accouplés de la manière la plus contraire à la nature minérale des roches.

Il me serait facile de poursuivre mon argument, puisque Af . Deshayes trouvera à appliquer son classement zoologi" que à tous les points oii deux grands dépôts coquilliers se succèdent , soit par passage, soit par alternances. Or c'est le cas de tous depuis le sol primaire jusqu'aux alluvions, et les seules exceptions du contact de la craie et du sol tertiaire, et de celui-ci avec les alluvions , disparaîtront même un jour, s'ils ne continuent pas à nous indiquer à ces deux époques des bouleversemens subits; tandis que les autres passages

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l'un terrain à un autre ne seraient dus qu à des révolutions ■tus lentes et même souvent graduelles.

Si ensuite M. Deshayes ai*rive par les caractères zoologi- |tte$ à quelques grandes coupes, je ne crois pas que ses wisultats ne soient autres que ceux déjà reconnus par les glologueSj qui savent très bien grouper, sous un point de vue général, les sous-formations en grandes formations. Du reste, ^e ces déductions concordent ou ne concordent pas avec celles des géologues, elles resteront toujours par leur origine peu applicables dans la pratique; car, je le répète, la ^uUure nest pas un cabinet de fossiles.

En théorie j et pour la géogénie des couches coquillières^ les caractères d^ époque de formation, tirés de l'analogie des corps organisés , pourront devenir et sont déjà de première valeur {Ann. des Mines , 1821, pag. 543); tandis qu^en pratique^ et pour la géologie usuelle , ces caractères , dans le flus grand nombre de cas , ne l'emporteront point sur ceux éiduits de la superposition et de la nature minéralogique des roches. On a encore beaucoup trop rabaissé la valeur des caractères minéralogiques ; car nous les voyons employés même par les zoologues géologistes, et de plus ils ne sont mrtout trompeurs que dans les cas des terrains bouleversés et altérés par la voie ignée , comme , par exemple , dans les Alpes.

La paléontologie une parait donc être à la géognosie ce ftie la chimie m,inéral9^est à la minéralogie. Si cette dernière science paraît devoir rester toujours basée sur la crystallographie, elle peut gagner une infinité de détails intéressans de la chimie , et même souvent être étudiée plus aisément au moyen de cette dernière , surtout lorsque la chimie cessera d'être une science naissante et reposera sur des- principes fixes. De même la paléontologie arrivée à son apogée deviendra le fondement d^une grande partie de la philo*- ^ 9tfhie géologique ou de la géogénie , tandis que dans la [ffatique on sera forcé de s'en tenir toujours à la géognosie ifropretnent dite , ou à C observation des superpositions. En minéralogie , les espèces véritables, à Texception des uomorphes, seront toujours déterminées par la crystallogra-

l49 £SSAI SUR LB8 àVàKTAGBS *

phie; tandis que dans le groupement des espèces en g< ou en familles, on pourra employer la composition chimi^f les caractères extérieurs ou ceux tirés des propriétés phjfsiques f ou quelques uns seulement de ces caractères^ ou ealk les combiner tous ou quelques uns d'entre eux seulemeoti mais personne ne peut nier que le classement le plusfadieà saisir, celui qui parle de suite auxyeux^ ne soit celui d après Im caractères extérieurs. De même Cage relatif de» dépôts tm» très sera toujours basé sur leurs rapports de gisement, km dis quon pourra ensuite grouper ces masses diverses iêjfik des caractères minéralogiques , botaniques ou zoologitjWHé et même seulement diaprés leurs dépouilles de mollwqfm% ou leurs restes de polypiers, ou bieti leurs ossetnens, ^

Tous ces classemens sont pbssibles, personne ne peirtil contester; ce n'est pas là la question: mais il s'agit dedn cider lequel de ces classemens conduit à la possibilité f élta blir le plus de sous-divisions , et lequel d'entre eux est 11 plus facile à appliquer dans la pratique : or je n'en Yois auGOIr qui puisse être mis en parallèle avec l'observation des supcft positions.

M» Cuvier avoue lui-même que le sol primaire n'apuHfê bien observé que par la géognosie; mais, faute d'en ayoirCul une étude spéciale, il trouve que les couches à dépouilktc fossiles sont plus intéressantes (pag. iSp).

Je lui accorderai volontiers que l'étude des derniers dé- ^j pats est plus facile que celle des premiers , mais non piM sa proposition. Au reste, c'est élever la question, laqudli^ de la zoologie ou de la chimie est la science la plus trayante. Heureusement chacun a son goût \ mais , pour géologue véritable, il doit étudier tous les dépôts, quels qu'il' soient^ risque à rester au-dessous de sa tâche.

D'une autre part , les terrains tertiaires et d^alluvions présentés avec raison, par M» Cuvier, comme offrant infinité d'occasions de suivre les phénomènes de la nai\ dans ses opérations (pag. 1S9); mais cela n'empêche que TobservatÂpn exacte des terrains plus anciens ne strictement nécessaire pour bien concevoir l'ensemble ds phénomènes. U est tout simple qu'en omettant un anneas

BB lÀ PALliONTSOLOGlK^ l4S

ihatne des opérations successives de la nature , on ne ille ni ne puisse reconnaître aucun rapport , aucune protîon entre les phénomènes anciens et les phénomènes lemes. Si MM. Cuvier et Brongniart sont de cet avis y, 20), cette question est encore en suspens devant le îment du public. Plusieurs personnes sont déjà entrées s la lice, et d'autres les suivront.

In attendant, je me permets de prendre acte d'un aveu appé à M. Brongniart, qui est d'autant plus impor* qu'il a rapport à l'une des idées le moins généraleit reçues, je veux parler de la comparaison qu'on peut ►lir entre les dérangemens produits encore par les agens terrains et les redressemens des Alpes. En peu de jours terratAf (te ta Calabre ont éprouvé, dit M. Brongniart,

dérangemens comparables à ceux qu^on voit dans les ehes des Alpes [Annales des Mines, 1891, pag. 944)*

admet que des phénomènes si extraordinaires se contient encore ^ comment peut-il nier la continuation d'au- » actions bien moins grandes et bien plus faciles à con^ oir?

h suis et Serai toujours le premier à applaudir aux consions ingénieuses auxquelles sont arrivés et arriveront les éontologîstes. Je me complairai dans ces tableaux pittores- ■& d'îles et de plaines couvertes successivement d'une nde diversité d'animaux et de plantes inconnues ; mais t en y admirant le talent de MM. Cuvier et Brongniart, et itres savans , je ne pense pas que toute la géologie est Fermée dans ces aperçus , et que ceux-ci soient toujours le application usuelle.

Infin je suis heureux de pouvoir terminer cette longue îmique contre l'école zoologico-géologique , en ne vou^

reconnaître dans ses exagérations que le désir de ' la nature animée consultée davantage sous le point de de ses dépouilles fossiles , et en adhérant complètement

vues de M» Brongniart à cet égard. ^ Mon but , dit ce 'ant,a été de faire voir que les débris des corps organisés siles offrent des caractères propres à faire reconnaître là certains dépôts dans des lieux assez éloignés les uns

144 SSSU SUR IBS AVAKTÂGSKf BTC.

^iides autres, lorsque les caractères qu'on tire de la constf 9 tance, du mode de stratification^ de la couleur, etc., ont disjiparu, et lorsque la superposition est, ou obscure, ouiDce^ »taine, ou difficile à reconnaître. 9 {Annales des Mina 1821 p pag. 558.)

Depuis la lecture de ce Mémoire à la Société géologkpe de France, M. Deshayes y a déjà fait une courte réponse, dans laquelle il définit une formation , un espace de tempi représenté par un certain nombre des couches de la tem, déposées sous l'influence des mêmes phénomènea. Il peue qu'on ne peut concevoir une période minéralogique, taBdii que tout le monde comprendra ce que c'est qu'une période zoologique. La géologie minéralogique n'est pour lui fU l'art du mineur perfectionné, tandis que la géologie paléontologique est la philosophie de la science. Or, si j'ai recomm aussi que la paléontologie conduit à certaines idées géo^ niques très importantes , je suis loin d'en conclure , comme M. Deshayes , qu'il n'y a point de géologie sans zoologie.

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