‹ Mémoires géologiques et paléontologiquesChapitre 16 sur 47 · FAR M. BRONGNIART · texte numérisé non relu

FAR M. BRONGNIART

Dans son utile Tableau des terrains, M. Brongniart a modifié quelques unes des idées qu'il avait émises antérieurement sur certains points géologiques du sol tertiaire. Il a ainsi reconnu les progrès de la science, et il a voulu les suivre. Plus son autorité, en fait deterrains tertiaires, est grande, plus ses jngeniens doivent être commentés , et pesés avec précaution, quand les faits semblent être contre lui. Voilà ce qui m engage à exposer mes doutes , en reconnaissant combieu M. Brongniart a avancé la sience, et a été utile de tout temps aux géologues qui l'ont approché et ont joui de son cabinet.

Un des points les plus importans sur lesquels M. Brongniart ait cédé , qui soit maintenant devenu plus clair, c'est la séparation d& l'argile plastique ou de son terrain argilo-sablt,uai d'avec les autres dépôts tertiaires si nombreux d'arj^ile à Ugnites. U n'y cite même plus aucune trace de lignite (p. 6), et aucun débris organique {p. i8a); il reconnaît que ce n'est qu'un petit dépôt d'amas couchés sur des surfaces de roches dans des cavités de ces dernières {p. i8a). En6n il admet non seulement qu'il y a de l'argile plastique sous la craie (p. i83), mais encore que l'argile figuUne accompagnant les lignites tertiaires , ne diffère que très peu de l'argile plastique (p. 177). D'après ces aveux si clairs, et si dignes d'im homme ami de la vérité , il faut croire que M. Bj'ongniart était encore dans ses anciennes idées lorsqu'il écrivait qu'i7 j a entre le calcaire grossier el la craie un terrain, composé d'argile pure et de bots bitumineux, accompagné de corps organisés terrestres ou fluviatiles (p. iS5),et ail-

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leurs, lorsquil parlait de l'argile plastique et de ses débris organiques d'eau douce (p. igA)* Au reste, je ne relève cette apparente contradiction que pour faire mieux ressortir la véritable et dernière classification à laquelle notre savant confrère s'est arrêté.

D'un autre côté , une fois qu'il sépare l'argile plastique des argiles à lignites, nous' sommes en droit de lui demander les preuves que Targile à lignites de Colo;i[ne et l'argile plastique de Grossalmerodeen Hesse appartiennent à son groupe argilosableux. Dans les deux localités l'on trouve des caractères qui sont contraires à ceux qu'il nous donne pour ce groupe; ainsi il y a des fossiles à Cologne; les poissons du Dusodile en sont très connus, et il y a même dans les argiles des dents de mastodonte, décrites par M. Noggeralh. Ainsi, ce sont tout-à-fait les caractères zoologiques du groupe protêiquôou tertiaire supérieur, au moins tels que M. Brongniart nous les donne. Quant à Grossalmerode, c'est une pure ressemblance minéralogi(|ue qui peut aussi bien tromper dans ce cas que dans celui de l'argile plastique du sable vert. Au moins aucune indication certaine ne nous dît que ce rapprochement est juste, tandis que l'association de cette argile avec du lignite, comme aussi au Meissner, est contraire atix caractères donnés par M. Brongniart. Ensuite, comme H n'admet dans l'argile plastiquée qu'un dépôt mécanique extrême-

• ment fin sur lequel" l'action chimique a eu quelque in-

• fluencèJ» (p. 181), il me paraît, d'après mes humbles connaissances , qu'il y a des argiles plastiques ou des argiles figulines très peu différentes des précédentes , dans des formations autres que celles où M. Brongniart en cite. Ainsi les lignites du terrain tertiaire supérieur en oflrent quelquefois , comme à Wolfseck en haute Autriche, en Bohème, etc., et il y en a dans les parties du Keupcr, immédiatement sons le lias du Cobourg méridional (Kipfendorf). PTy en anradt-il même pas dans le sol alluvial?

Les argiles plastiques, considérées minéralogiquement, me semblent un dépôt de débris très fins , provenant des terrains granitiques ou siénitiques; il est naturel que lorsque ces derniers n'étaient pas daoïs le voisinage y celU rodîe

TEIi qu'il est conçu PAR M. BRONGNIART. 167

n ait pu se former , et il s*est déposé d'autres composés minéralogiques. Pourrait-on donc raisonnablement y voir un dépôt de source , malgré ses caractères de roches arénacées ? Si nous sommes dans Terreur, nous la reconnaîtrons aussitôt qu elle nous aura été signalée.

Quant à son terrain mamo-eharbonneux , c\est un dépôt subordonné à divers éf-ages du sol tertiaire ^ ou si Ton veut^ seulement au calcaire parisien ; ainsi , M. Brongniart a d'autant plus tort de l'appeler un terrain (p. 176), qu'il met cette expression en parallèle avec tous les mots de grande formation (p. 4)« ^^ plus, il reconnaît lui-même qu'il groupe dans ce dépôt des assises diverses , puisqu'il dit qu'il est tantôt subordonné au calcaire grossier, tantôt tout-à-fait indépendant de lui, et qu'il se trouve aussi bien dans sa partie inférieure qu'au milieu de ses couches (p. 177). Or, je le deniande,si l'on appelle la grauwacke ou le grès bigarré une grande formation, doit-on raisonnablement rapprocher de ces divisions des dépôts si subordonnés que de semblables assises marno-charbonneuses ? C'est donc une dépendance pure et simple du calcaire parisien ou tritonien, dont le premier membre est l'argile plastique , dépôt minime et ne méritant plus le nom de terrain, puisqu'il manque même dans une partie du bassin de Paris , comme dans le département de l'Oise. Si l'argile plastique de Paris n'offre pas de coquillages d'eau douce, il y en a dans les argiles placées au milieu des sables verts , sous le calcaire grossier de cette dernière partie du bassin parisien (Beauvais).

Mon idée paraîtra une hérésie, quoique bien simple, et conforme à d'autres faits du même genre. Ainsi l'argile subapennine est surmontée de sables et de calcaire moellon ; dans ces derniers il y a, surtout inférieurement , quelques assises d'argile identique avec l'argile micacée subapennine. Personne ne s'est encore imaginé de séparer ces couches subordonnées des sables et du calcaire, pour en faire un groupe ou un terrain. Au contraire, tout le monde s'est plu à reconnaître que ces alternats étaient , comme entre d'autres dépôts , les points de passage ou de liaison , et que les couches argileuses les plus supérieures s'éloignaient le plus de la nature des

l68 OBSERVATIONS SUR LE SOL TERTIAII^

argiles subapennines, et se mélangeaient le plus de sable et de calcaire , ett;t^6 versa.

Maintenant, je le demande , n*en est-il pas de même pour l'argile plastique et les couches argileuses, quelquefois à sable et à lignites du calcaire parisien ? N*est-il pas clair qu'au dépôt limoneux et argileux très pur, a succédé par interyalles un dépôt limoneux plus mélangé de parties calcaires, qui a enveloppé des lignites et des coquilles d'eau douce, parceque accidentellement ces objets ont été changés dans la mer, tandis qu'ils ne l'étaient pas lors du dépôt de l'argile plastique ?

M. firongniart n'avoue-t-il pas lui-même que la distinction de cette argile davec son terrain marno-charbonneux est quelquefois presqne impossible (p. 1 79) , et que d'ailleui'S la différence minéralogique des deux argiles est très peu différente(p. 177) , et quelles contiennent les mêmes minéraux (Sélénite, Pyrites). Ënfm, ne dit-il pas expressément que son terrain mamo^ckarbonneux est quelquefois tout^à-fait au» dessous du calcaire tritonien(jp, 177); mais c'est la place assignée à l'argile plastique , dont ces deux argiles ne font qu'un seul dépôt.

Du reste, aurait-on jamais pensé en Angleterre à séparer l'argile de Londres de l'argile plastique , sans la distinction établie par M. Brongniart ? Un dépôt argileux marin du haut en bas, mais plus plastique ou sableux dans la partie inférieure que dans la partie supérieure, a-t-il jamais été séparé en deux, ou a-t-il jamais pu former deux terrains ? De plus, l'argile plastique de Londres offre des fossiles et même des coquilles d'eau douce ; or le rapprochement de cette argile avec celle de Paris ne pouvait avoir lieu que lorsque M. Brongniart réunissait encore avec celle de Paris toutes les argiles tertiaires à lignites.

Enfin , si l'argile plastique d'Angleterre est reconnue non identique avec celle de Paris dans l'état de nos connaissances, je défie M. Brongniart de nommer dans toute l'Europe une seule localité , hors du bassin parisien, où elle existe incontestablement; s'il en avait eu à nommer d'autres que les deux

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nt nous avons conteste le classement rationnel, il les aut certes citées.

Te crois donc pouvoir conclure , sans mériter le nom d'in- (rateur , que largiW plastique n'existe pas plus que la rne charbonneuse comme terrain ou formation , . mais elle n'est dans le bassin de Paris que le premier membre >n toujours présent) d'un dépôt marin surtout calcaire , qui itient intercalées des assises argileuses peu dissemblables ^ assez souvent à lignites ou coquilles d'eau douce avec ou ts fossiles marins. Dans ma classification je ne fais que suivre préceptes de mon ancien maître, M. Jameson, et certes si ::ole de Wemer a un mérite, c'est d'avoir inculqué à ses élèves vrais fondemens de la science, ou la distinction des formans, des dépôts et des couches. Quant au calcaire parisien ou ionien » je suis obligé de dire que, d'après ce que j'ai vu et f ce dépôt ne paraît exister dans toute l'Europe qu'autour Paris, probablement sur le pied sud des Alpes, dans quelques ^alités très circonscrites du nord-ouest de l'Allemagne (Ever- Q, Lemgo), et d'après M. Jouannet même près de Bordeaux. iUeurs le calcaire qu'on lui a comparé en Allemagne reluvre des lignites ; donc ce caractère seul le placerait plus lut, d'après M. Brongniart.

C'est du terrain tertiaire supérieur seul qu'il est permis de re ce que M. Brongniart croit devoir admettre pour le calire parisien ; savoir, qi^'t7 s'étend depuis la partie oeci" ntale de la France jusque vers C extrémité orientale de Europe ( pag. 1 85 ). Je pense que déjà M. Brongniart a rennu son erreur, de citer, comme localités du calcaire tri- [lien, la Bretagne, les Landes, Montpellier, la Bavière, lUtriche et la Hongrie (pag. igo). Au moins pour les trois rnières locaUtés , ce sont MM. Beudant, Prévost et moi qui uvons seuls être les véritables auteurs de cette méprise ; ne, puisque nous la reconnaissons, M. Brongniart nous vra d'autant plus volontiers que M. Deshayes est aussi de tre avb.

Pour la molasse rouge de la Suisse (pag. 190 ), elle n'of&e s le moindre caractère propre à la faire placer en parallèle se le calcaire tritonieiu C'est un sy^tèmid.dfi^ puini^ endur-

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cies, grises et rouges, sans fossiles, ayec des lits rares de à poix minérale, et elles sont couvertes en stratification cordante et contrastante par la molasse à lignites^ gy| coquilles d'eau douce de Genève (Nant de Verni). Elles geAt, d'après M. Necker, sous le grès à fucoîdes des Vo: et y ps^ent même à Juvigny; tandis qu'elles recouvrir suivant lui , le grès Vert de la perte du Rhône. Croyant revu dans les Carpathes un système de couches semb dans le sol arénacë secondaire récent, je serai assez en y voir, comme M. Necker, des dépendances du grès à fuc si d'autres observations ne viennent pas démontrer le traire. J'attendrai donc que M. Brongniart veuille bien développer les motifs de sa classification.

La même faute que M. Brongniart fait en parlant distribution du calcaire parisien, il la renouvelle loi avance que les quatre alternatives de terrains trita paUothérien, protéique et épiljmnique j peuvent se i depuis le bassin de Paris jusqu'en Hongrie (pag. ig> lorsqu'il veut appliquer les accidens du bassin parisi< particulier en Europe, à ceux des bassins si diffère CÂar, d*Ulm, de la Bavière ^ de la Hongrie et de la hardie (pag. 194*) 9 on peut même lui contester la pn tion que dans beaucoup de lieux , hors du bassin de Pa calcaire tritonien soit surmonté de son terrain paléotl (pag. 186). J'avoue que je ne connais aucun point bc Paris où pareille chose se voie ; car même en Angl< le gisement n'est pas tout- à -fait identique, et le c Bordeaux n'a pas encore été détaillé suffisamment, leurs depuis que les ossemens du gypse de Montmar trouvent dans le calcaire tritonien, on n'a plus que h ractères minéralogiques pour rapprocher de ce gyps€ du Puy en Velay. Pour celui d'Aix, il oflfre déjà d ractères zoologiqnes fort douteux, et il y manque, a au Puy, le calcaire tritonien. D'ailleurs plusieurs bons c vateurs sont d'accord pour placer ce dépôt d'Aix dans tertiaire supérieur.

Ensuite ; dans la Lombardie, nous ne connaissons p dépôt d'eau douce > et à peine quelques coquilles d'ean <

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