‹ Mémoires géologiques et paléontologiquesChapitre 19 sur 47 · OBSERVATIONS SUR LE SOL TERTIAIHB · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR LE SOL TERTIAIHB

rain paléothérien dans U calcaire moellon des terraùu télques de Montpellier rCcst pas une anomalie aux gi lltés reconnues dans les formations et elle ne détruit au idée reçucni noie aucune valeur aux caractères zoologie (p. *io3). Sans m'embarrasser si cette assertion s'accorde celle dans laquelle il esl dit que la succession des gé est le moyen le plus sur et peut-être le seul pour déteri les époques géognostiques (p. iSg) , je la saisis comme preuve avérée que le charriage de ces carcasses d'ani ou d*ossemens a duré sans interruption pendant toute Yé que tertiaire , et que lès mêmes espèces ont vécu durant ce temps sur la terre. Il me semble donc qu'il faut absoi ment renoncer à cette hypotlicse d'un lac gypseux en ronné de rivages habités par des animaux n'ayant existé qu' l'époque paléothérienne: la théorie était ingénieuse, mais faits l'ont renversée.

Si je combats ainsi une théorie favorite de M. Bron je suis prêt à me ranger de son côté, lorsqu'il trouve pli rationnel de faire sortir les acides nécessaires pour produi le gypse et la strontiane des entrailles de la terre (p. 19S que de les faire arriver, comme M. Constant Prévost, de fc loin, sans qu'ils aient laissé de traces de leur passage, me semble tout naturel que vers les mêmes époques ei ron et à la suite des grands phénomènes volcaniques ciens de l'Auvergne , des émanations aqueuses et acides 86 soient fait jour aussi bien par les immenses fentes reconnai blés en partie dans les vallées de la Loire et deTAlJier, qu' loin de l'Auvergne. La formation du canal de la Manche n dique-t-elle pas même que le bassin parisien n'était pasl d'un des points de l'Europe affectés par les agens volcanir ques? Ces phénomènes n'étaient qu'une répétition de ce avait eu lieu plus anciennement après les grandes éruptioni C'est cette sortie irrégulière des acides qui a produit ce IDû^< cellement du terrain paléothérien sur lequel M. Brongniart s'appuie (p. i56).

Je crois pouvoir ajouter que ma manière d'expliquer là formation marine du gypse résout toutes les difficultés qua M. Brongniart élève lui-même sur le retour de la mer

>assm d*eau douce^ afin de rendre compte du dépôt des les supérieurs de Paris , formation qui a requis le séjour longé de Teau de la mer, comme l'attestent les Balanes. le bassin serait resté salé jusqu'au commencement de Téjue du calcaire d*eau douce supérieur, le seul qui ait les ■actères assignés par M. Brongniart à ce genre de terrain. rs du dépôt du calcaire parisien les fleuves amenaient is le bassin des limons , des débris de végétaux et d'aniiix et quelques fossiles d*eau douce : le limon s'est mêlé se les débris des coquilles et des corps marins, et a formé calcaire dans les lieux où nous le voyons, tandis qu'il s'est posé seul ou mélangé de gypse, de strontiane sulfatée , et silex, dans les localités où ces dépôts avaient lieu et où il r avait pas d'animaux marins. Lorsqu'il n'a pas été char-

assez^loin dans la mer parisienne, le limon calcaire ec ses matières accessoires s'est accumulé dans les lieux

les courans fluviatiles et marins les ont portés principal^- Mit. Ainsi il s'est formé dans la partie inférieure des déts parisiens non pas des alternatives de produits marins d'eau douce, mais un dépôt marin contenant de nombreu-

couches à coquilles fluViatiles et mélangées, çà et là, avec s coquillages marins. Étant des accidens locaux , le nombre

ces mélanges ne peut être déterminé qu'approximatif aient. On connaît déjà trois à quatre' localités de ces as- ^iations de fossiles marins et d'eau douce dans le calcaire ^ssier ; savoir : dans le grès de Beauchamp et d'Ezanville , ns la partie supérieure du massif gypseux et dans les sa- ?s verts inférieurs près de Beauvais. Comme des exemples

bancs simplement à coquilles d'eau douce, on peut citer • couches marneuses à paludines dessus et dessous le grès

Beauchamp dans la descente de Maffliers (i), les roches quillières de Saint-Ouen sous le gypse, et certaines coudies irneuses coquiliières (Lymnée, '^Pianorbe) du gypse, un peti

à paludines au milieu des marnes à huîtres de Montmar-

à et le calcaire siliceux qui est décidément sur le gypse

(i) M. Brongniart a oublie de mentionner le Ht à paludines aonâ grés, (Voyez Description des environs de Paris f pi. i A» Sgr^

178 OBSBITATIONS SUE LB SOI. TBRTIAXAB

et non au-dessous de lui , comme on peut s* en assurer les fortifications faites sur les hauteurs près de Nogent* Marne ) de Fontaine- aux-Bois et deRosny. Or^ lescoc quoique souvent effacées dans ce calcaire^ n y paraissent pas] une rareté. Enfin la couche à Gythérées est peut-être encorei accident fluTiatile.

Ainsi s'expliqueraient clairement ces encheyêtrenieni cU' gypse et du calcaire dont M. G. Prévost a parlé , les coqaSlii lages d'eau douce isolés dans le calcaire grossier ( Gyrène à Passy) et ceux du gypse^ les lits d'argile à lignites du calcain^ ses végétaux et ses animaux , ainsi que ceux des assises gyp* seuses et les masses siliceuses communes aux deux dépâtti Le dépôt du calcaire siliceux serait aussi un accident locd d'une eausaumâtre assez imprégnée de silice , les eaux rniné^ ralesauraientdistribué la silice irrégulièrement. La formation salineet silicieuse ayant cessé ou les sources souterraines s'étanl épuisées , les dépôts aiuraient recommencé à être partout dfl même nature ; des bancs marneux à huîtres et des sabltt achevèrent alors le sol tertiaire de Paris, et plus tard le hÊh sin se changea en entier en lac et commença seulement alofl i former le bassin parisien, car, avant cette époque, il s'étep» dait fort au-delà de ces limites et il communiquait avec l«l bassins actuels de la Touraine ou de la Loire , du Calvadoi) de l'Angleterre, et même peut-être de la Belgique et du nord de l'Europe.

M. Brongniart désirant aider le géologue par l'indicatidO des caractères zoologiques des divers dépôts tertiaires, ae» posé les particularités propres à faire distinguer le terrain pr&téiquô ou supérieur, du terrain tritanien ou inférieur (p. i5e). Je suis fâché d'avouer que ces distinctions zoologt" ques ne paraissent pas plus satisfaisantes que les différeactf miuéralogiques , et qu'en les appliquant à un grand nombra de bassins, les exceptions à la règle deviennent presque ausfl nombreuses que les cas qui s'y plient.

Ainsi , si le terrain protéïque offre, non pas supérieurement, comme M. Brongniart le dit (p. i52), mais dans sespaP: ties moyennes supérieures assez de galets et de grès, M. Bronl^niart oublie les sables , et l'on voit qu'il n'a en vue qu9 1#

TCL QITIL BST CONÇU PAR M. BROKGlflART. l^)

assins de Paris et de Londres, en parlant de galets de silex. D'ailleurs, le calcaire parisien, y compris l'assise appelée tmrgiU plastique^ contient aussi des poudingues et des grès.

I^es moules des coquilles du calcaire parisien seraient dans 1b sol supérieur un bon caractère , si elles étaient fréquentes; 9Uiis elles y sont, comme les osseniens, des raretés. ' ^ Si les fossiles cités par M. Brongniart comme caractéristi-* ^es du terrain supérieur n'existaient pas dans le calcaire purisien , nous aurions encore un bon horizon géologique , puisque ces prétrifications y sont assez abondantes partout ou an moins dans certains lits; mais malheureusement il n'en Cft pas ainsi : donc , on ne peut plus que s'appuyer sur leur fréquence plus ou moins grande dans un dépôt Ijue danf l'autre. Dans ce cas sont « les Cérithcs cordonnées, les Gythé» rrées, le Pectwiculus pulvinatus^VOstrea flabtUula et queU • quea autres petites huîtres »(p. i5fi).

^ Les indications dans les parties inférieures du sol supé^ fîeuTs de beaucoup de paillettes de mica , de lits de marné wrgileuse et calcaire à grandes huîtres, d'os de cétacéef^ nô^ timment do Lamantins , de Clypéastres et de peu awUttreè XUiînites^ sont utiles, mais tout-à-fait relatives à nos connais* Ibices bornées ; d'ailleurs , si les molasses et les argiles sub* tpennines offrent du mica, il y en a aussi dans les sables qui leur sont supérieurs. Les ossemens sont des raretés de gt^to^ jgî prix pour le géologue de cabinet, et de peu de valeur pour eelui qui fait de la science en plein champ , d'autant plus que H. Brongniart se garde bien de dire que ces os de Lamantins he se rencontrent que dans ce dépôt. Cette dernière observation s'applique aussi aux Clypéastres. Si Ton cite des bancs dliuîtres, pourquoi ne pas citer de grands peignes, des balanes.»^

Il n'y a donc que les espèces qui pourraient établir quel- Ijue différence zoologique réelle entre le sol tertiaire inférieur et supérieur. C'est, comme M. Brongniart le dit, au WMyen de listes aussi complètes quil sera possible de les foire, qu on pourra arriver à obtenir des caractères tirés <(e rapports numériques , à défaut de caractères absottés %f. 369), Cette tâche est; si ce n'est pas impossible, du moins

l80 OBSERTATIONS SUR LB SOL TBRTIÂI&B

actuellement très difficile, puisque M. Brongnlart a réuni soûl le même tableau les fossiles de ces deux époques. Or» en trfS nant compte des espèces non classées définitivement et dm terrain thalassique en général (p. 3 80) y puis des espèces dâi Plaisantin, non classées dans le sol supérieur, ensuite ài\ espèces de Bordeaux, de Dax , du Roussillon, de Turin, d^: l'Anjou, de la Bretagne, de Mayence, placées à tort dansk ■■ calcaire tritonien , et de celles du grès Tert de Traunstein, et des Diablerets , comptées parmi les fossiles tertiaires , oa peut se former des listes de fossiles qui pourront , pris en masses, aider à déterminer Tâge tertiaire d'un dépôt, s il renferme beaucoup de fossiles et qu'on ait pu en récolter' tm grand nombre.

Du reste, l'on est surpris de voir omis dans ce tableau àéi fossiles qu'il serait fort important de signaler, tels que la Cra^ nia abnormis des faluns de Bordeaux, les Yaginelles dei argiles subapennines , etc. On pourrait aussi désirer de savoir. les raisons géologiques pour la séparation du dépôt dej Bolca et de Salcedo d'avec le calcaire à Nummulites et à tuM trappéen coquillier. Si ce dernier appartient au sol infériemfl le premier en fait aussi partie , puisque les couches à pdk j sons et plantes ne sont qu'un accident dans le calcaire! i^ Nummulites, comme à Paris l'argile à lignite du calcairegrossier. M. Brongnîart a eu un moment d*hésitation et de doute; c'est le seul moyen de nous expliquer pourquoi les J poissons de Bolca sont placés dans son terrain protéïque (p. 382), et les Fucoïdes, excepté le Taeniopterls Bertrand^ et toutes les plantes qui les accompagnent dans son calcaire tritonien (p. SgS). En un mot, M. Brongnîart sera, je crois, le premier à reconnaître que l'imperfection de son Tableau , qu'il n'a pas dépendu de lui de rendre plus satisfit sant , pourrait conduire à d'étranges résultats si on voulait k, prendre à la lettre , pour base unique de détermination àm dépots tertiaires. \

Quant aux caractères que M. Brongnîart assigne à son ter* j rain protéïque , tels que d'offrir peu de Madrépores et poM de Nummulites (p. 1 53) , je ne crois pas qu'il ait raison, c* le calcaire moellon de l'Autriche, de la Hongrie et de la TmK

Tfili QT7*IL EST CONClT PAR M. BR0N6IVURT. l8l

Myanie renferment des assises puissantes , composées uni« ïmement deNummuIites, tandis que d'autres masses ou des

lies fourmillent de polypiers ( Eisenstadten Hongrie). Ce ttntles argiles subapennines, qui paraissent peu riches en pompiers, à l'exception des Turbinolies, etc.; mais ils abondent ^ns les sables et les calcaires tertiaires supérieurs. Nous jouterons que M. Brongniart a même tort de dire qu'on ne ^nnaît pas de Nummulites dans la molasse, p. i48, car il y en a au moins en Gallicie.

Enfin ^ il nous reste à répondre à M. Brongniart sur la ma** nière dont il se figure la position des bassins tertiaires lors de leur remplissage. Certes, je ne sache pas que quelqu'un ait -prétendu que ces bassins formaient exactement des caspiennes, et autant que j'ai pu le comprendre, on s*est reprélenté les choses environ comme M. Brongniart (p. 201). C'étaient des bassins communiquant avec l'océan , ou seulement de grands golfes , qui ont reçu des produits diiférens , suivant localités et leur distribution géographique. Ainsi on a ap-

lé bassin celui de la Méditerranée , puisqu'il ne communique par un endroit peu large avec l'océan , et j'appelle ÎB celui de Gascogne. Maintenant, que la mer Méditerra- «it communiqué, lors de l'époque tertiaire, avec Focéan }Vr le Xanguedoc et la Gascogne, et avec la mer Baltique }V la Mer-Noire et la Bussie, cela ne m'empêchera pas de dire ^e tous les dépôts méditerranéens ont eu lieu dans un basais assez bien fermé , tandis que le dépôt tertiaire de Borjdeaux aurait toujours eu lieu dans une espèce de grand golfe.

D'un autre côté, en Europe, il y avait à l'époque tertiaire plusieurs autres bassins à issues encore bien plus étroites gpe la mer Méditerranée : tel est celui qui s'étendait de Gre- ^ble et Chambéry, par la Suisse et la Bavière, jusqu'au fond Bêla Hongrie. Il est de toute évidence, que ce bassin n'a pu pcroir d'issue ( supposant toutes choses en général comme aupoôrd'hui, ce qui est assez probable) que par Gv^ [c Fort de l'Écluse , la fente de Bingen, prè Belle entre Panchova et Orschowa das^ lé .. . Sien peut présumer que deux ou trais (

l89 OBSERYATIOTfS SUR L£ SOL TBRTIURB

été formés que dans la période alluviale , Von Toit qu'ilyaoti rait eu là presque une Caspienne. Ensuite^ le bassin de Bohême paraît n'avoir eu aussi qu'une issue dans la mer Nord, ou a même formé une véritable Caspienne pendant l'époque tertiaire , et pour cela le sol tertiaire y est réduit I m dépôt d'argile à lignite sans fossiles marins. Il est donc ménft possible que , comme les bassins de l'Allier et de la Loire, il ait formé pendant toute l'époque tertiaire un bassin , non seulement isolé , mais aussi plus élevé que d'autres.

Ce sont cependant ces deux faits si clairs que M. Brongniart rejette, puisqu'il dit qu il ne peut pas admettre des bassins enif taures de manière à en faire presque autant de caspientui, 4tans lesquelles les phénomènes et les productions auraient été différens, qui se seraient trouvés à différentes hauteun, et dans lesquelles les phénomènes géologiques auraient sa des durées très diverses (p. 202).

La structure et la forme des dépôts tertiaires n étayent pas^ dit-il, cette manière de voir; cependant, quelle différence n'observe-t-on , et ne fait pas remarquer M. Brongniart, entre le bassin de Paris et celui de la Suisse , entre celui de l'ÂU' ¥ergne et celui de Londres , etc. Puisqu'il veut bien me j&dre l'honneur de citer ma carte d'Europe, comme preuve de l'étendue du sol tertiaire , je prends la liberté de l'y renvoyer, pour s'assurer de la conformité de leur distribution avec l'idée qu'il combat.

La nature actuelle des choses, loin detre défavorable à cette Opinion , est toute en sa faveur ; ainsi nous voyons encore l'une à côté de l'autre des mers ayant des niveaux un peu difierens, tels que la mer Méditerranée et la mer Rouge , la mer Caspienne et la mer Noire , la mer Pacifique et la me» des Antilles , et supposant ces mers desséchées , nous aurioni dans chacune des dépôts particuliers de bassins circonscrits. Les différences de niveau ont été jadis plus grandes, parce que les soulèvemens actuels des continens ne sont que peu de chose en comparaison de ce qui a eu lieu. On doit supposer que M. Brongniart part du principe de M. de Buch, que toutes les chaînes ont été formées pendant l'époque alluviale , et que l'Europe a été alors inégalement soulevé^.-^ Il dit

TBZi qu'il est GOHÇU PAM M. BBONGHIÂET. l88

RU moins explicitement que c'est pendant Tëpoque saturnienne ou alluviale que la plupart des mantagneê ont éU iUvéeê 9 et que les couches ont été soulevées, inclinées, €aurbées et brisées (p. 64) • Les écrits de Stenon , de Heim, 4e Jobert, de Beaumont et les miens contiennent assez de preuves, qu'au contraire, proportion gardée de l'étendue des continens , le nombre de montagnes qui ont été élevées et celui des couches qui ont été redressées , a été moindre dans l'époque alluviale que dans les périodes précédentes.Dans la supposition de M. de Buch, il est évident que les bassins auraient eu le même niveau partout ; mais alors le sol tertiaire, au lieu de se trouver réparti en bassins , devrait couvrir toute TEurope. Or, M. Brongniart ne va pourtant pas si loin que M. Martin (Of the Denudation ofSussex i8s8), qui voudrait former les bassins seulement après l'époque ter«tiaire ; M. Brongniart admet qu'il y avait déjà des bassins à U fin de l'époque crayeuse et même auparavant. Mais s'il y avait des bassins ou des golfes , il y avait des crêtes de partage. Et qu'est-ce qui empêche qu'il n'y eût même, çà et là » des caspiennes véritables?

En examinant les bassins tertiaires de l'Europe, l'on âc^ quiert la certitude qu'ib étaient fermés en grande partie de toutes parts; ainsi» sans la chaîne jurassique, les molasses smsses se seraient prolongés dans la Franche-Comté. Sans le Jura allemand, la Forêt-Noire, les vallées du Necker et du Mein supérieur , ne seraient pas exemptes de dépôts tertiaires ; sans la ceinture circulaire des montagnes de la Bohême, ee pays offrirait un mélange du sol tertiaire d'Autriche et da nord de l'Allemagne; sans les Carpathes, le bassin d'Autri» che, de Hongrie et de Gallicie seraient tout-à-fait identiques! sans les Alpes, on se saurait s'expliquer la différence des d^ p6ts tertiaires sur leurs revers nord et sud; sans les chaînes de l'Allemagne septentrionale, la différence minéralogique du bassin de cette contrée et de ceux du sud du même pays, resteraient un problème; sans les falaises crayeuses de l'Angleterre , on aurait bien plus lieu encore de s'étonner de voir l'argile bleue de Londres se déposant en même temps que le calcaire parisien.

l86 GISEMEKS DB F05$IliS6

Partsch les ont retrouvés dans le bassin de la Drave en Carinthie, savoir, à Gutharing, Althofen, etc.

Il ne paraît pas qu'on doive y réunir une localité très coquillière qui se trouve entre Buclienstein et Saint-CassiaD, dans la juridiction d'Enneberg, sur les frontières du Tyrol méridional et septentrional. Cette contrée formait, du tempi des dépôts secondaires moyens , un cul-de-sac ou fond de golfe où les coquillages ont pu se conserver plus aisément qu'ailleurs. M. le comte Munster porte à près de cent trente espèces les fossiles qu'il s'est procurés: de ces localités, et parmi ces cent trente espèces il y en a cent de nouvelles: ce sont très probablement des pétrifications du calcaire juiassique^ du Muschelkalk et du grès bigarré; telle est du moins ridée que j'ai pu m'en former par le peu que j'en possède. Leurs tests pétrifiés et non calcinés les éloigne déjà à b première vue des coquillages de Gosau et de semblables localités ; leur conservation parfaite est néanmoins très reumquable. Jusqu ici en Tyrol , cette contrée, les environs de Seefeld, la vallée de Lavatsch au nord des mines de sel de Hall, le Sametjoch, ainsi que les environs de Schwatz et de Lofer, sont les endroits qui se recommandent surtout à 1 étude des paléontologistes.

NOTICE

SUR LES ENVIRONS DE HALLEIN , DANS LE PAYS DE SALZBOVtG|

et course de halj.ein a gosau par la yallàs d'abtenau ou du LAMM.

Hallein (i) est situé au pied de la montagne salifère le J)u^ renberg et sur la rive occidentale de la Salza. En mcMitaut aux mines de sel par le chemin des piétons, et en entr.'mt dans les galeries inférieures, l'on voit clairement se succéder de bas en haut, et avec une inclinaison assez forte au sud^est) 1" des assises: marneuses, alternant avec des grès mameox gris, contenant des impressions de fucoïde (F. intricatuê ê(

(0 Voyez pi, i,fig. I.

DANS LES ALPES AUTRICHIENNES. iBj

furcatus)^ et quelquefois à stratificalion ondulëe ; %^ une grande masse de calcaire gris, jaunâtre, blanchâtre et rougeâtre, qui devient ça et là siliceux ou contient des nodules de silex corné; il forme de grands escarpemens, qu'on a traversés en partie dans la galerie la plus inférieure ; 5® des marnes grises et rougeâtresavec du gypse compacte et fibreux, et du sel le plus souvent disséminé ; 4* des masses de calcaire compacte non coquillières en partie , magnésiennes non stratifiées, et en masses verticales. Ces dernières forment, d'après feu M. Lill, les crêtes de fiuchstadt, de Reitgult, d'Hallcrbichl, de Pfaffenbichl , de KoUerer-Lehen , de Waschlkopfel , et le mont Hahnrain.

Comme ces dépôts paraissent reposer sur une surface fort inégale, il n'est pas étonnant de retrouver les assises à fticoïdes au nord de la montagne salifère , et sur le chemin de Toiture qui conduit de Hallein à Durrenberg : les impressions y sont assez abondantes et les couches y inclinent assez foi^têment Ces mêmes masses marneuses occupent une grande épaisseur dans lesliauteurs nord de Hallein, et les rochers calcaires de Barnstein , maintenant isolés et d'une forme bizarre, semblent n'y constituer que des amas (i).

Le calcaire interposé entre ces roches et le dépôt salifère ne paraît pas avoir offert jusqu'ici de fossiles distincts dans la mine , ni à côté de la galerie inférieure ; mais il en contient beaucoup au sud-est et nord-ouest du sol argilo-salifère, savoir dans les hauteurs appelées Wallbrunn et Madlkopf d'un côté, et Egelskopf , Rasmerhohe et Ramsaukopfel de l'autre. Le mont Wallbrunn est connu depuis loqg^temps par ses amas de Monotis (M. salinarius et inœquivatvts)^ espèces confondues ensemble, par M. de Schlotheim, sous le nom de Pecten salinarius, H y a aussi des Térébratules qui sont , d'après M. Lill, plutôt dans le calcaire grisâtre, tandis que le fossile précédent est dans une roche blanchâtre. Au Ramsaukopfel le calcaire rougeâtre est rempli, çà et là, des fossiles suivans, savoir, de petites Orthocères, deGoniatites, d'Encrinîtes,

(i) Voyez la coupe pi. 4> to"^» l> ^^ Journal de Géologie j ou plutôt la belle coupe de M. Lill , dans le Zeitschriftjuf tfîner. i63o.

|8S CISSJMBNS DB F06SIUS

des Térébratules , d'autres bivalves, dune univalve voisine des Cérithes ou des Turritelles, de différens polypiers, et, d après M. Lili , d'Avicules et de Belemnites. Auprès de Véglise de Durrenberg , il y a aussi une masse de ce calcaire rouge ammonitifère.

Le gisement de Ta mas salifère n*a été bien décrit que jmv M. Lill (i) : il remplit une cavité en forme de baquet alongé, dont la largeur est de 600 toises, et la longueur sur le plus haut horizon de 000 toises. La masse salifère est enye* loppée, d'après M. Lill, comme celle d'Isdiel, dans une croûte d argile gypsifere et de marne schisteuse noirâtre et luisante. Sa position supérieure au calcaire décrit devient éridente dans trois points des mines, savoir: 1* non loin de rentrée de la galerie la plus inférieure {Erbstolln) où Tin* clinaison est au sud-ouest ; 2® dans la galerie le Linderuf' schaftrichty où l'inclinaison est au sud-est et où elle indique que le calcaire de JVallbrunn situé au nord-ouest de Tamas salifère passe sous lui ; 3* dans une portion de la galerie priuci* pale supérieure à la précédente. Le calcaire compacte y alterne avec la marne grise gypsifere, et incline à Test, puis au sud-est et un peu plus loin largile salifère vient se placer distinctement sur ces alternats. De plus, dans la galerie appelée UnterstetnbergstoUn , Ton trouve dans le calcaire des nids ou filons de gypse ; il s'introduit entre les feuillets ondulés du calcaire ; et après un espace de quelques toises en boiserie} on voit la marne salifère qui repose très probablement sur les masses précédentes. Dans la galerie plus élevée du Grinif^ berschaftricht , l'on observe du calcaire rougeàtre à nids de marne et un peu plus loin vient la marne salifère et dans un autre lieu une masse de gypse est posée sur le calcaire compacte et rouge.

Si le point de la superposition de l'argile muriatifère sur le calcaire à Orthocères paraît ainsi bien démontré^ il règne encore de Tobscurité sur ses rapports avec les calcaires supérieurs et avec les montagnes du Zinken et du Lercheck , situées l'une à l'est et l'autre à nord-ouest de lamas en ques-

(0 Voyes k Zeitschriftjur mmeral^ octobre iSSo.

DANS XSS At^ES AtfTAlCfilfiNNES. l8^

don. Dans la galerie tout-à-fait supérieure du Teufenback , il y a un endroit où Ton remarque distinctement la marne gypsifère inclinant assez fortement au nord-ouest et surmontée d'un calcaire compacte assez siliceux , dont elle n*est séparée que par un lit de marne endurcie schisteuse. Gomme «e point est unique , il faut s'en défier d'hantant plus que dans les mines voisines de Berchtolsgaden j'ai cru observer de grands amas d'un calcaire gris dans les marnes salifères supérieures. D'un autre côté il ne faut pas perdre de vue ^e l'exploitation ne peut pas approcher très près des rochers calcaires dérangés du Buchstadel , etc. , parce qu'on craint d'y rencontrer trop de fissures pleines d'eau , et que l'extraction du sel ne payerait pas les frais d'une pareille entreprise. Quant à la question de la position du Zinken , il paraît avoir déjà occupé souvent les directeurs de ces mines , doitt deux grands objets de recherche sont la découverte des véritables rapports des mines de sel de Hallein et de Berchtolsgaden et la puissance de ces amas. Le Zinken est une montagne boisée, pointue, et composée de calcaire compacte gris clair à rognons siliceux. M. Lill représente dans ses coupes de Hallein les couches de cette montagne comme verticales ou très inclinées , soit au sud , soit au nord, de manière à former avec les alternats supérieurs de marne et de calcaire une espèce d'éventaiL D'après cela ^ le Zinken serait une proéminence calcaire dépendante du calcaire alpin inférieur (i) y placée SOUS la masse salifère. En 1829, M. Lill avait fait pousser une galerie contre cette montagne, depuis la partie supérieure des mines ^ elle avait déjà l\0 toises lorsque je l'ai visitée ; je ne sais pas si ce travail important a été continué. D'un autre côté, dans le Larosgraben, l'on trouve des marnes gypsifères et des grès couverts par un calcaire compacte blanchâtre, qui est au pied du Mont Zinken.

Entre le Zinken et la chaîne du Goll, composée de calcaire alpin inférieur , les montagnes sont formées d'alternats

(i) Les mots de calcaire alpin sont employés ici pour indiquer simplement du calcaire secondaire moyen des Alpes ; tout le monde sait maintenant que cette dénomination né s'applique plus aaZiechffteîiir

100 GISEMBNS DB fOSSItBS

dé marne calcaire^ de grès marneux et d'agglomérat à ciment arénacéo-mameux gris , et à fragmens de quarz et de calcaire compacte. Ces roches remplissent une cavité en couches en arc de cercle, et offrent dans certains lits plusieurs espècei d'Ammonites, dont une est assez elliptique, de longs Hamites, desBélemnites,desLépadites (Syn. Tellinites problematieu etsoUnotdeSfSchloth. ou Aptychus de Meyer).Le boisappd( AbbUwaldy sur la côte orientale des montagnes, est surtout riche dans ce genre de fossiles. Sur le versant opposé, dm l'Alpe appelée Unter Ahom, j'ai rencontré dans les marnes , des Posidonies, des petites Ammonites, un Trochuê, de grandes bivalves , voisines des Mytiloïdes, ainsi que des Fucoîdes. Le calcaire du Zinken , inclinant sur son côté méridional au sud , est recouvert par les alternats d'agglomérat et de grès fin du Stokerauerhohe , où l'inclinaison est au sud* est. A ces roches succèdent des marnes avec quelques lits degrés grossier gris -verdâtre, à débris de coquilles; plus haut, viennent les alternats de calcaires marneux coquillierSi de calcaires arénacés et de grès marneux à silex corné delà forêt d'Abbtswald. En montant de là à la montagne appelée Trockenthau-Alpe, on revoit au-dessus des roches précéden* tes du calcaire compacte marneux, à particules de lignite, et dans celle du Rossfeldalp, montagne plus élevée et au sud, du calcaire marneux , un peu silicifié et verdàtre. La montée rapide du Hahnenkamm est formée par des calcaires noirâtres, du calcaire marneux à lits de calcaire grisâtre à silex, inclinant au sud-ouest sous 10% et évidemment supérieur à toutes les roches énumérées. Le haut de la crête ou delà muraille appelée Hahnenkamm (crête de coq) est formé par du calcaire compacte gris. En redescendant de là à une crête appelée Buchsenkopf, on revoit le calcaire gris à silex, et après h source appelée Hoflbrundel, ce calcaire est recouvert de calcaire blanchâtre, et dans ces deux localités, l'inclinaison des couches, au lieu d'être au sud-ouest, est au nord-est, de manière qu'il est évident qu'elles font suite aux alternats de calcaire gris à silex du col d'Eckartssattcl, et aux couches qui forment le mont Eckartsfurst, et séparent le col en question de la chaîne du Goll. Ces dernières sont formées de marne et

DANS LES ALPSS AUTEIGHIENNES. ]^l

de calcaire siliceux à parties verdâtres , comme au-dessous de

la cime de Rossfeldkopf ^ ces roches inclinant au nord-nord-

e$t sous 5o^ f reposent sur des alternats de marne et de grès.

incliDant aussi aunord-nord-est sous 55 à4o% et plus bas des

calcaires compactes grisâtres s'intercalent dans les marnes ;

el enfin dans le mont Spielbuchelle calcaire compacte griss'ap-

yoie distinctement sur le calcaire alpin inférieur du mont GolL

. Les couches de cette dernière montagne laissent voir une

ûngulière diversité apparente d'inclinaison le long des parois

de rochers dans le vallon qui descend du col d'Ëckarssattel à

GoUing.

Les dernières roches qm forment près du GoU le passage du dépôt arénacé au dépôt calcaire^ descendent jusqu'au fond de la vallée de la Salza , et Ton peut surtout les étudier aisément à la cascade de Schrambach. Le calcaire y ek très compacte y à grains fins^ presque lithographique et feuilleté; sa teinte grisâtre claire est yariée par des infiltrations ferrugi* neusas jaunâtres qui y forment , cà et là , des figures dendrïtiques. Il alterne avec du calcaire marneux qui le recouvre, et contient des Ammonites ? dont Texistence ne se décèle que par des lignes noires pour leurs contours, et des points foncés à zones concentriques pour le siphon.

Il me reste encore à dire quelques mots des montagnes au nord du dépôt salifère de Hallein. Le sytème des marnes et des grès inférieurs au calcaire à Orthocères , forme la plus grande partie de ces montagnes , jusqu'à la vallée étroite de TAche. Sur sa rive nord et au pied de l'Untersherg, l'on trouve dans la gorge, au nord du lieu appelé Pass Thurm , des al* ternats de calcaire marneux foncé et de marne grise in^ clinant au nord-ouest sous 60**, et plongeant décidément et manifestement sous le calcaire de l'Untersherg , qui y est brécbiforme, magnésien et plein de fentes à murs polis. Dans un point , une protubérance ou un amas de calcaire produit un contournement dans les couches marneuses» Dans la même gorge , un peu plus à Test , Ton voit du calcaire marneux gris noirâtre alterner avec du calcaire gris teiné de blanc , plonger sous du calcaire alpin rougeâtre , surmonté du même calcaire magnésien. A im quart de lieuQ

l^S GISEUBNS DB ÏOSSXLSS

plus à rësty^dans une autre gorge, le Weissenbach graben. Ton trouve sous une muraille de calcaire alpin, incliné ait nord , des marnes gypsifères , tandis qu'à Touest , à Scbellen* berg, il y a de belles coupes d'alternats contournés de marne et de calcaire en partie de teintes bigarrées; comme le calcaire à Orthocères n'est pas présent, il est très possible que ce sy$r tème fasse partie des assises tout-à-fait supérieures du dépoC salifère, ce qui est du reste un point fort délicat à décider. D'autre part, si le calcaire à Orthocères n'était qu'un ainaj|| | les couches arénacées inférieures et les roches sallfères ne formeraient le plus souvent qu'un seul et même ensemble.

Je m'en rapporte à la carte pouif donner une idée de l'étendue du terrain salifère dans la vallée de Berchtolsgaden , dépôt qui se distingue souvent de celui de Hallein par sa teinte rougeâtre, et qu'on voit se confondre avec lui entre Schellenberg et Berchtolsgaden. Cette iciée, du moins, me sourit davantage que la supposition de deux dépôts salifères voisins, mais d'âges différens. Néanmoins , il est probable qu'entre les deux cavités salifères il y a des crêtes calcaires plus ou moins considérables.

J'aurais ainsi achevé de donner une idée de la composition des montagnes arénacéo-salifères sur la rive occidentale de la Salza, entre la chaîne du calcaire jurassique alpin inférieur ou du GoU , et celle du calcaire alpin récent ou de l'Untersbergt

La rive du côté opposé de la rivière est bordée par de grandes masses du calcaire à Orthocères, Gonîatites, Ammonites et Polypiers; etlesmontagnesSelattberg,etc.,sont surtout formées par les assises calcaires arénacées inférieures à cette roche. Il paraîtrait que les grès y sont en moindre quantité, et par suite de rhorizontalité des couches ou de leur inclinaison peu considérable , elles occupent une place plus grande. Les amas gypso-salifères sont inconnus dans ces montagnes , tandis qu'on les retrouve très près du pied du Tannengebirge ou d'une haute chaîne du calcaire alpin inférieur. M. LîU s'occupait activement de 1 étude de ces montagnes , encore vierges pour le géologue, lorsque la mort l'a ravi à ses amis et à la science. Il croyait y avoir trouvé des fossiles ayant des analogies avec ceux du lias, et y avoir découvert un petit sys-

DANS LCS ALVKS ÀVTRICHISNKBS, Ig5

«me arénacé placé environ entre le calcaire lithographique le Schrambach et le calcaire du Goll (i). Ce dernier manquerait sur la rive gauche de la Salza, ce qui serait une preuve de plus à Tappui de Tidée que tous les dépôts arénacés de& Alpes calcaires sont plutôt des amas que des masses continues.

Pour aller de Hallein à Gosau par la vallée du Lamm j Ton quitte à Kuchel les bords de la Salza, et l'on monte le vallon appelé le Hertergraben. Dans le bas, il y a des argiles qui paraîtraient salifères d'après les sources salées de ce lieu; plus haut viennent des alternats de marne schisteuse grisâtrci et de calcaire compacte gris jaunâtre ; puis des marnes gypsi* fereS| du calcaire noirâtre, et de nouveau des alternats de marne grise ressemblant au Planerkalk , et de calcaire foncé à Ammonites, moules de bivalves, fucoïdes et corps vermi* cuiaires. Toutes ces roches inclinent au sud-ouest , et sont au pied nord de la montagne de Schwarzenberg, composée de calcaire compacte.

Après cette montée on arrive au vallon circulaire de Moo« seck, qui est rempli de marne gypsifère et salifère, dépôt inclinant au sud , et paraissant reposer sur des marnes grises à bancs de calcaire marno-siliceux foncé. Ces dernières roches recouvrent à leur tour des alternats de marne grise , d'agglomérat à cailloux de calcaire jurassique alpin et de quarz, et de grès gris à parties végétales noirâtres. Il y a des fucoïdes et des moules d'Ammonites,

Au-dessus de cette cavité se trouve la vallée de Weitenau, qui est remplie de marnes calcaires grisâtres^ inclinant au sudouest sous^o® , et offrant quelques contoumemens ; elles ont l'air de plonger sous la montagne de Schwarzenberg qui forme le long de la vallée une muraille calcaire, tandis qu elles s'appuieraient sur les montagnes calcaires situées sur le côté nord et opposé de la vallée.

En descendant à l'Aubach les marnes calcaires se lient au calcaire supérieur au moyen de calcaire rougeâtre, alternant arec de la marne endurcie grise et bizarrement inclinée ^ de

(i) Voyez Joumalde Géologkf juillet i83oy p. 297.

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manière à paraître s*appuyer çà et là contre le calcaire, ai\ lieu de plonger sous lui.

A^ lieu dit le Lammbach-Schmidt, le calcaire incline au nordouest et au sud de Strubhof avant Seebach, le bord du Lammest formé de schiste marneux, rougeàtre, recouvert de Nagelfluh alluvial. Ces roches rappellent involontairement le système 1 arénacé rouge, qui est placé à Werfen sous toute la masse du calcaire des Alpes. L*âge réel de ces masses n'en reste pas "^ moins incertain. Les pentes des montagnes sur le bord nord j de la vallée olïrent des amas gypseux comme près de Moosafaausel, où Ton monte par le ravin appelé Strubgraben. De lemblables dépôts se trouvent dans le Rigausberg , dans le Vallon du Rigausgraben , près de Tanzberg dans le Ratochsberg, et encore plus haut dans la vallée entre le Russberg et le Meselberg. L'âge de ces gypses doit rester très problématique jusqu'à ce qu'on ait bien déterminé tous les détails de la sériedes roches secondaires du Salzbourg. Si Ton ne consultait que la position géographique et l'inclinaison , ils pourraient correspondre, ainsi que les schistes rouges, au dépôt salifèrede Hallein et de Berchtolsgaden , et l'on pourrait même s'étayer de cette espèce de cavité en bateau que ces roches remplissent entre deux massifs calcaires depuis Mooseck. D'une autre part, on peut élever des objections contre cette opinion, parce que le système arénacé rouge , inférieur au calcaire des Alpes , est aussi gypsifère et même salifère , et peut reparaître fcn-deçà des premières c'naînes de calcaire secondaire. Les fossiles sont de telles raretés dans ce dépôt, et ce sont des impressions si imparfaites de bivalves , que vraimerit on ne peut en attendre beaucoup d'éclaircissemens pour le moment

Très près de Tanzberg sur la côte sud du Lamm , et dans le petit ravin appelé Taubensulzengraben , des marnes gyp* sifères grises et roiigeâtres sont couvertes de couches faiblement inclinées, et composées de marne rouge et noirâtre, alternant avec des grès impressionnés à Calamités et Fucoïdes palmés. Ces roches renferment des lits de marne noire, asseï bitumineuse pour être appelée Brandschiefer, et contenant 3es bivalves et des univalves turriculées calcinées : ce sont des fossiles tels que ceux que je vais décrire à Gosau* La

Bans LSS ALPES ACTRXCHISNNES. I9$ ,

jpartie supérieure de ce dépôt est occupée par des mame$ calcaires fétides brunâtres à parties végétales et à coquillages^ et enfin par des agglomérats à fragmens de calcaire juras« lîque des Alpes et à débris de polypiers. Sur les lieux je n*ai pas TU la possibilité de séparer les roches coquillières d'avec les gypses. ^

Des alluvions très épaisses couvrent les hauteurs probablement gypseuses qui sont entre le Lamm et Abtenau, et; qui occupent le milieu d'une vaste vallée bordée au sud par la haute chaîne du Tannengebirge , composé de calcaire alpin inférieur, inclinant au nord; tandis que vers le septentrion, il y a aussi des montagnes de calcaire probablement de divers âges. Cette vallée a été évidemment une fois le fond dW vaste lac. En abandonnant la vallée de Lamm à la jonction du Ruasbach et de cette rivière, on remarque au pont sur la Russbach des alternats de marne schisteuse grise et rouge , et de grès verdâtre micacé ; ces couches inclinent au nord« oaest, et rappellent les roches qui supportent à Werfen, sur le côté sud au Tannengebirge, tout le calcaire secondaire des Alpes, On peut être d'autant plus entraîné à cette idée qu'on voH du gypse au-dessous de ces grès , et un peu plus loin des rochers de calcaire compacte noir, inclinant au nord-est, et offrant des impressions de bivalves voisines des moules.

Le gypse redevient dominant sur le bord du torrent , puî^ tQut-à-coup Ton rencontre successivement du calcaire rougeâtre à grandes Huîtres , et alternant avec du schiste marneux rougeâtre ; puis des agglomérats calcaires à débris dé coraux et à points verts, des grès jaunâtres maméux et coouilliers, des grès semblables à fragmens de calcaire jurassiques des Alpes , des alternats de marne endurcie schisteuse roùgeitre et de grès , des grès marneux gris à coquillages et à parties végétales , ainsi qu'à amas d'agglomérats. Toutes ces roches sont très fortement inclinées (sous 80°), d'abord au nord-est, puis au nord, et elles ont l'air appliquées contre les hautes murailles de calcaire compacte fendillé gris ou blan« châtre qui forme le Russbachergebirge ; enfin , au bas du torV rent profond qui descend du Russberg sur le côté nord de la vallée, la route passe sur des alternats de calcaire conmaïqte

196 GISKMSIVS Bfi ifOSSILfiS

et de schiste rougeâtre ; et enfin sur du calcaire secondaM des Alpes gris fendille et inclinant à Test,

Il est évident que le classement des roches précédenteS| prises isolément , était impossible ; mais liées avec celles qnef ] je vais décrire dans le bassin de Gosau , il devient certain qotf ce sont des dépôts très récens qui recouvrent, le calcaire a!j>in d'une manière non conforme , et qui ont été redressés en même temps que hii.

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