‹ Mémoires géologiques et paléontologiquesChapitre 21 sur 47 · SI04 GISBMEKS DE FOSSILES · texte numérisé non relu

SI04 GISBMEKS DE FOSSILES

OU au pied du Modereck j Ton se trouve bientôt sur espèce de plateau bosselé et assez boisé. Près du lieu apj Vordergruben , à environ une demi-lieue des carrières, loi trouve des rochers considérables d*une brèche calcaire compacte et à pâte blanchâtre ou rosâtre. Les fragmens sool du calcaire jurassique alpin, et ils sont si fortement cimentéj| qu on croirait au premier abord que ce n*est pas une brèche. : Ces roches ressemblent, au reste, aux brèches à Hippuritesdd rUntersberg , et elles forment des couches inclinées au sud* est sous i5 à 20% et dans un endroit au sud-ouest. P*après ses rapports de position avec un agglomérat calcaire rouga et un grès grisâtre et rougeâtre, la brèche a Tair de surmon^ ter ces dernières roches. Puis, en allant à lest on la trouve ^*ecouverte dans la partie des montagnes appelée Schwarzkogl par les couches suivantes presque horizontales , savoir: du calcaire marneux gris , du calcaire arénacé rougeâtre, du grès marneux gris â impressions, du grès marneux gris jau* nâtre, de la brèche calcaire compacte et rougeâtre, d un agglomérat calcaire plus grossier, d*un calcaire arénacé gris, de la brèche calcaire gris clair , de lagglomérat à fragmens de calcaire alpin rouge et à calcaire à Nummulites, et du grès marneux à particules ou traces de lignite. Cette dernière roche s*étend jusqu'au ruisseau de Kaubrundety et incline faiblement au sud-est. En deçà du ruisseau, au nord et à Test, Ton ne voit plus que du calcaire jurassique alpin compacte gris blanchâtre ou rougeâtre, et il paraîtrait même que cette roche ressort au milieu des couches horizontales précéden* tes. Le calcaire rouge et gris à silex et à polypiers forme aussi au nord-ouest le haut escarpement rougeâtre appelé Ilohekamm ou Bothewand et la pente orientale du vallon de Brillgraben.

Quant aux limites du calcaire jurassique alpin et des brè* ches sur le pied du Modereck , elles doivent être près de Vordergruben et du Schwarzkogl, parce qu'on y est déjà très élevé et près des derniers chalets, et que le sol est couverf de blocs de calcaire alpin. Les bois et les prairies marécageuses empédient de fixer exactement ces limites.

Les rapports de position des brèches calcaires et des grès

DÀKS ISS ÀLl^SS ÀTTTRtCHISKNES. S05

exploités sont difficiles à établir; néanmoins d'autres localités âes Alpes montrent que les premières roches occupent la base du système, ce qui est même évident dans la vallée de Gosau , ^^squ elles existent à Ober-Gosau dans le fond de cette ca- TÏté. Doit-on supposer que les brèches sont superposées aux pierres à aiguiser? ou la coupe du Brillwand et les bords de cette gorge toute composée du calcaire alpin , rendent-elles probable que le pied du Modereck a présenté au dépôt problématique une pente fort douce ou même une espèce de petit plateau sous-marin, de manière que les débris du caltààre alpin auront pu s y accumuler et être cimentés en coucJSies .horizontales, tandis que d'autres débris auraient roulé plus loin jusqu'au fond de l'espèce de mer de ce temps-là?

On pourrait encore se demander si le soulèvement des Alpes a pu contribuer à donner cette position aux brèches , si les Alpes de Gosau ont été soulevées postérieurement à la formation du dépôt récent ; ce mouvement n'a guère redressé les couches de ce dernier, si ce n'est sur un point, entre le pied de rHennerkogl et de l'Ebenkogl ; mais il est même possible que cet accident soit tout-à-fait local. Partout ailleurs les couches seraient encore dans leur position primitive , à moins qu'on ne veuilleregarderl'inclinaisonde 2 6" des agglomérats du bord nord de la vallée comme incompatible avec la présomption qu'il n'y a pas eu de dérangement.

NOTICE

StTR LES ENVIRONS d'aUSSEB EN STTRXE (|).

La vallée de Gosau étant séparée des mines de sel de Hallstadt par de hautes montagnes calcaires ^ on a lieu de s'étonner qu'on ait jusqu'ici confondu deux dépôts aussi différent que nos roches coquillières et celles qui, près du sel, offrent des Ammonites , des Nautiles , des Encrines en morceaux, des Orthocères, des Halobies (Bronn), des Térébratules, des Bélemnites, des Echinidées, etc. Cette erreur

(1) Voyez ph X , fig. 3»

HqG ''gissmens de fossiles

parait être pro venue de ce que tous les géologues^ peu nom* breux , qui ont visité la vallée de Gosau , y sont descendui des mines de Hallstadt , et ont conclu que les roches coquillières de Gosau appartenaient au calcaire salifère et alpin, pai^i cequ elles paraissent à un niveau moins élevé que le oalcairj alpin supérieur au sel , et qu'elles semblent de ce côté faim corps avec la masse de ce calcaire. L'étude des Alpes est si difficile et si fatigante qu on doit bien excuser de pareils erreurs.

D un autre côté les environs des mines de sel d*Aussee et d*Ischel ont été cités comme offrant quelques uns des fossiles caractéristiques des roches de Gosau y tels que les Cy^ clolites et plusieurs Polypiers, et même des coquillages cal^ çinés. Four vérifier cette idée j'ai étudié , aussi soigneusement que je l'ai pu^ les localités en question. D'abord je me suis Hisyré que le dépôt de Gosau n'était pas présent sur le coté occidental de la vallée qui va du lac de Hallstadt à Ischel; mais au sud-est d'Alt-Aussee, MM. de Rosthorn et Murchisou ont retrouvé , soit le calcaire à Hippurites , soit des lambeaux des roches coquillières de Gosau (i). Je possède de ce dernier dépôt d'Aussee des Nérinées, des Cérithes, des Natices^ des Peignes, des Arches, des TurbinoUes, des Cy^' clolites, et divers autres Polypiers, espèces existant toutes à Gosau.

Je crois devoir placer encore sous le sel les grès et les marnes près d'Ischel, puisqu'on montant à la mine de sel d'Ischel l'on voit distinctement des alternats de grès marneux, de marne et de calcaire légèrement siliceux, et qu'on y rencontre quelques fossiles, et, d'après M. Keferstein, même des Natices. Or il est évident par les travaux souterrains, qtie la masse marneuse gy pso-saMf ère (H asselgebirgé du ftiineur), avec son enveloppe marno-gypsifère {Lebergebirg^ du mineur), recouvre les roches précédentes inclinées au sud. On sait qu'au-dessus du gîte salifère bosselé et irrégulier, il n'y a plus que des montagnes de calcaire jurassique alpin, compacte, stratifié et coquillier, à silex corné et pyro-

(i) Voyez Journal de Géologie ^ avril i83^, p* 36.

DANS -LES ÀLPES^ AUTEICHlBNNSSw iO^

HMque (i). Des spicules d'Alcyons remplissent, çà et là , les filez.

Plus loin, au sud de ces mines ^ se trouve une espèce de grand vallon évasé et marécageux ^ appelé Bossmossp et des- ^oeodsmt vers Goissem. Je n*ai pu y voir inférieurement que du calcaire alpin, et supérieurement des affleuremens de grès marneux et de marne calcaire, quelquefois ammonitifère | comme près de Hallein.

Des roches semblables paraissent former les pentes des montagnes à Test de la route de Goissern à Saint-Âgatha. Une crête de calcaire alpin forme le Rechkogl, près de ce dernier irillage. J ai déjà signalé ailleurs le petit monticule isolé dans la vallée, et appelé Arakogl. (Voyez Journal de Géologie^, mai i83o, p. 56.) Cette sommité est formée de calcaire alpin , compacte, gris et fendillé, courant du nord -nqrd* ouest au sud sud-est, et inclinant à Touest-ou est-sud, et cette roche repose sur du calcaire noir et des alternats d un schiste argilo;calcaire, micacé, rouge ou verdâtre, et inclinant au sud.

De lautre côté et à Test du village. Ton entre dans un grand torrent bordé de gypse , et formé par la réunion des torrens appelés le Leislingbach et le Zlansbach , coulaât Tun du nord au sud , et Tautre environ de Test à Touest. Au rapport des paysans et des vendeurs de fossiles du pays, ces torrens charrient des coquillages semblables à ceux de Gosau. Dans celui nommé le Leislingbach ,jen ai trouvé que des pétrifications du calcaire salifère, savoir: des Polypiers (Astrées, etc.), de belles Orthocères, des Goniatites, des Ammonites, des Eficrinites, et des débris, soit de ce calcaire, soit de grès et de calcaire ruiniforme , comme on en voit au-dessous du sel de Hallein et à Abbtswald. les roches en place ne m'ont aussi offert que ces mêmes dépôts» Dans le Zlansbach , la marne grise et rouge gypsifère est sqivie et couverte de calcaire gris» Dans la branche de ce torrçnt^ appelée le petit Zlansbach, le gypse abonde^ mais dans l'autre branche , le grand Zlansbach , qui est la plus méridio-

(i) Il est assez particulier que ce calcaire à Alcyons et Polypiers l'sit pas l'air d'offrir de ces grosses univaives turricûlëes , voisines des Pbasianelles , qui caractérisent le calcaire sui' le sel de Hall en JTyroL

t08 GISEMENT Bfi FOSSILES

nale, le lit du torrent est bordé d'alternats de marne s teuse grise ou noirâtre , à petits filons spathiques , et de calcaire compacte grisâtre. Ces couches ondulées inclinent généralement au nord. Plus haut on se trouve au pied rad d'un grand escarpement «calcaire, appelé le Potscher-ff^mùL Le calcaire alpin y est compacte , grisâtre , inclinant au nord ou nord-est , et surmonté de calcaire gris à silex.

Après avoir passé ce point , le torrent se partage en deux branches, où Von ne voit partout que des alternats de marne et de calcaire marneux , inclinant au nord-est. De plus , dans la branche la plus méridionale, le Habersangraben , et au nordest du Moosberg, la marne grise, à petits filons spathiqaea, court du nord-ouest au sud-est , est très inclinée , et renferme des bancs minces de calcaire marneux gris brunâtre, et à taches noirâtres ou fucoïdes. D'autres lits semblables, plus endurcis, ofFrent des fossiles, tels que des Dentales, des Entra* ques, et surtout divers Polypiers, ainsi que des débris d'unie valves.

Enfin , vers les sources de ces torrens , s'élèvent les montagnes de calcaire compacte, superposé sur l'amas salifère d'Aussee, savoir les montagnes pelées du Sandling, d'Unterkirchen, et du Raschberg ou Lieslingkogl. L'inclinaison des couches du Sandling est au sud-ouest ; celle des couches du Raschberg au nord-est, et dans ce dernier il y a du calcaire blanc, gris et rouge. Ces montagnes , ainsi que le Schaibling, reposent non seulement sur Tamas salifère, mais encore sur les alternats de marne et de calcaire à fucoïdes , que nous venons de décrire, et qui environnent la masse muriatifère et gypsifère. D'un autre côté, ces dernières roches, qui rappellent tout-à-fait, comme M. Lill Ta déjà dit, les roches d'Abbtswald, près de Hallein, recouvrent le calcaire alpin inférieur du Potscherwand , du Plinsberg, du Habersankogi) montagnes qui font suite aux hautes crêtes du Sagstein, do Loser, du Tresselberg et du Tresselstein. L'inclinaison est au sud-est dans le Loser.

En combinant mes observations , faites sur les montagnes entre Aussee et Ischel, il semble que le calcaire alpin y fonne une cavité à surface irrégulière , sur laquelle est verni K

BANS LES ÂtPES ÂUTaiCHISNNES. 909

^placer le grand système des marnes et des calcaires à fucoîr»des » avec des amas salifères , et ensuite ces dernières roches twt été couvertes par de puissantes assises de calcaire juras* Ivttque alpin, qui forme maintenant des sommités pelées et .^laÉRiâtres (Sandling, Rosenkogl) dans cette espèce de bas* «n. Cette manière de concevoir la position des dépôts rend compte des inclinaisons opposées du système salifère à Aus* see et Ischel, et des niveaux différens, et des inclinaisons variées, observées entre ces deux points dans les affleuremens des roches à fucoïdes , ou des masses salifères. Enfin > l'examen des environs d'Aussee ne ma pas laissé de doute$ que les fossiles particuUcrs à la vallée de Gosau , et d'autres dépôts semblables, ne se trouvaient pas dans le calcaire alpin de cette contrée, quoique les roches associées avec le sel ou qui lui sont inférieures, offrent, soit dans le haut du grand Zlanbach^ soit dans le Lupitschbach des pétrifications et surtout des polypiers qui peuvent indiAre, au premier abord, en erreur.

Ces derniers fossiles sont la plupart de grands et beaux polypiers , empâtés dans le calcaire alpin , tels que des Astrées,des Fungites, des Pavonies, des Monticulaires , des Cariophyllies ou Lithodendron ( Goldfuss ) , des Cnemidium (G), des Anthophyllum (G.). Leurs espèces sont en grande partie différentes de celles de Gosau, et je ne crois pas qu'il exista dans le calcaire alpin d'Aussee des Cyclolites et des Méandrines. Quant aux autres fossiles, il n'y en a pas, à ma connaissance, qui soient calcinés, et ils sont très peu nombreux; je doute même fortement quil y ait des Plactmes^ et les pétrifications si caractéristiques à Gosau, ces Cerithes, ces Nerinées , etc. , manquent complètement aux mines de

sél d'Aussee.

Cependant , je dois ajouter qu'il y a entre les {>étrifications du calcaire alpin et celles du calcaire à Hippurites, du grès vert , et du dépôt de Gosau des ressemblances de genres ou de familles. Ainsi, je crois m'être assuré, soit entre Lofer et Saînt-Johann , soit à GoUing dans le Salzbourg, soit sur le bord du lac de Hallstadt , vis-à-vis de Hallstadt , que des fosftiJLes voisins des Hippurites ( si ce n'est identiques avec ces

§10 GISEMENS DE FOSSILES

derniers) , se rencontrent dans le calcaire alpin. Des Dioeras se voient aussi bien dans le calcaire alpin vis-à-vis de Hallstadt et dans celui de Rossmoos près dlschel , que dans le calcaire à Échinidées , subordonné au grès vert du Grundten en Bavière. Des bivalves voisines des Pinnes ou des CAllei existent dans le calcaire marneux de Rossmoos , des bords du lac de Hallstadt, et dans le grès sous le sel de HaUeiiu

Si Ton pouvait admettre dans le dépôt de Gosau l'absence des Ammonites et des Bélemnites , Ton aurait ainsi un caractère zoologique très tranché entre ces roches et le calcaire alpin; or^ en Autriche ce serait (à une exception près peutêtre ) le cas ; mais d*un autre coté , la liaison des roches de Gosau avec le grés vert pourrait ailleurs détruire même cette différence zoologique.

•NOTICE

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