SUR LE PIED SEPTENTRIONAL DU MONT UNTERSBERG, ENTRE
REICHENHALL ET SALZBOUR6.
Le pied septentrional du mont Untersberg (i) est occupé par des dépôts récens appuyés contre le calcaire alpin supérieur à Nautiles, polypiers, etc., formant cette montagne i cavernes , à lacs souterrains et Proteus anguineuê,
A Glanek , Ton voit déjà ressortir des couches très inclinées dun grès marneux gris bleuâtre ou jaune brunâtre , dont la composition minéralogique et les fossiles , telles qu une Trigonie voisine du J. costata^ de petites bivalves rappelleot .tout-à-fait les roches de Piesting en basse Autriche.
Les carrières de marbre de TUntersherg sont depuis longtemps célèbres ; ce n est pourta^it pas de cette montagne que proviennent toutes ces tables de marbre rougeâtre^ grisâtre et blanc jaunâtre, quonvoitdanslepaysde Salzbourg. Cesroches remplies de polypiers , quelquefois ammonitifères ^ bélemnitifères, à OrthocèresetGoniatites, sont exploitées surtout à Adneth et dans la vallée d'Ober-Alm , entre Hallein et Ebenau.
(0 Yojei pi. 2 , fig. 2.
BANS LBS ALPES AUTRICBIBNITES. fil
Au mont Untersberg, on exploite au contraire des brèches calcaires plus ou moins compactes^ et à débris d'Hippurites. Ces roches 9 un peu poreuses^ se laissent exploiter en grands blocs, tailler et creuser assez aisément. L'on ne voit près d'elles que les couches du calcaire jurassique alpin compacte, qui inclinent fortement au nord comme celles des brèches supérieures. Des dents de Squale se voient , çà et là , dans ces dernières.
En allant de ces grandes carrières à Gross-Gemein , l'on rencontre des agglomérats fins ou grossiers , appartenant à nn dépôt supérieur au calcaire alpin , soit à Neuergraben , soit à Salzbuchsel.
A Test de Gross-Gemein , sur le bord d*un lit de ruisseau , Ton voit ressortir du gypse mêlé de marne grise et rougeàtre, et à fragmens de grès rougeâtre, semblable à celui qui existe^ soit dans VAbtenau, soit sous le calcaire jurassique des Alpes. Cet accident remarquable se représente , comme Ton sait j dans le terrain salifère de Berchtoisgaden . A Gross-Gemein, il y a même des morceaux schisto-talqueux , qui pourraient être dérivés des roches primaires on intermédiaires.
L'isolement de ce gypse empêche de le classer, quoiqu'il puisse être du même âge que celui de Flodersgraben , près de Reichenhall , dépôt qui forme une espèce de filon ou d'amas mince, ramifié au milieu du calcaire magnésien, fendillé et à fentes garnies de murailles polies. C'est une des singularités de la vallée de Reichenhall , déjà si particulière par ses sources salées , et par la circonstance qu elle est à la place d'une immense faille , qui fait cesser brusquement les Alpes au nord du mont Untersberg , et qui détache en quelque sorte des Alpes la chaîne du Stauffen au nord de Reidbienhall. Il y a eu là un grand accident de soulèvement et d'abaissement.
En allant de Gross-Gemein à Schweigmuhle , l'on trouve des alternats de grès marno-calcaires brunâtres ou jaunes bruns avec des lits remplisse fossiles de genres réputés tertiaires ; tels que des Nummulites, des Discorbiles^ des Nucules, des Corbules , des Solens, des Cardiuniy des Ce» ntbes; des Natices, etc.
SIS GISSlirSNS DE FOSSILES
Ces roches inclinent au sud-est , et sur elles reposent des agglomérats calcaires comme ceux dont j'ai parlé précédemment. Au moulin, dans le torrent appelé ?^eugraben , il y a des alternats de grès et de marne qui paraissent inférieurs aux roches précédentes ^ et s'y lient intimement. Les seuls fossiles qu'on y rencontre sont de rares débris de coquilles , et une assez grande quantité d'un singulier fossile alongé , ondulé , et cloisonné comme les Hamites ou les Ichtiosarcolites. Au-dessous des roches précédentes, l'on voit des grès marneux qui rappellent les grès carpathiques supérieurs de la Gallicie et de Kronstadt en Transylvanie. Plus bas , il y a des marnes grises à petits Gatilles , du gypse, de la marne grise etrougeâtre, du calcaire marneux, de la marne rouge , du grès marneux gris , de la marne rougeàtre , du grès marneux à débris rares de petits coquillages, et servant à faire des pierres à aiguiser, du grès gris, un calcaire marneux grisâtre clair à gros fragmens d'Hippurites et à Fungites, polypiers , grands Gatilles, Echinidées, Térébratules, et débris de poissons , du calcaire plus blanchâtre à Hippurites. L'avant-dernière roche ressemble beaucoup au calcaire crayeux appelé Planer en Bohême , et elle paraît reposer sur une surface bosselée. Toute cette série de roches, adossées au calcaire alpin supérieur et su|)ra-jurassique de l'Untersberg, incline au nord ou nord-nord-ouest, sous I\h^,
Le calcaire à Hippurites , peu abordable dans cet endroit, longe le pied de la montagne , et est facile à étudier à un quart de lieue de là à l'ouest , près de la maison appelée Bra" chhausel , parce qu'on y a ouvert une carrière dans le calcaire compacte blanchâtre à parties rouges de l'Untersberg. Dans les rochers appelés Naglwand , le calcaire à Hippurites présente presque autant de Radiolites et de Sphérulites que d'Hippurites; il nous a semblé qu'il y en avait de trois espèces, dont l'une est très longue. J'y ai aussi reconnu deux espèces de Fungites.
En allant de ce lieu au Hallthurm , situé sur la route de Reichenhall à Berchtolsgaden, et dans la coupure entre l'Untersberg et le Latenberg, on trouve des affleuremens de cal-
DANS LES ALPES AUTRICHIENNE^. • Uli
z^irea à Hlppurites ou à Nummulites , roches qui paraissent issociées ensemble ou se suivre.
C'est bien dommage que cette longue suite de couches ^longeant au nord se trouve interrompue par la vallée alluviale de Reichenhall, au-delà de laquelle on ne voit, dans e mont Hogl et à son pied, que des grès viennois à fucoïdes Lvec du calcaire ammonitifère et ruiniforme (i). L'inclinaion de. ces couches varie : si elle est d abord au sud comme ;elle des roches semblables de Gmunden,plus loin, les cou* hes sont ondulées. Enfin , au pied nord du Hogl le mont *^ressenberg , dont le noyau paraîtrait être calcaire , forme me hauteur isolée et boisée , composée de couches fortement aclinées d'agglomérats, de grès quarzeux à points verts, de linerai de fer granuliforme et à Nummulites^ de grès calarifère à débris de coraux et à points verts, de calcaire à oraux et Nummulites, et de marne grise rarement coquil* ère. C'est ce système que j'ai décrit en 1824 (voy. ^nn. •es Mines) comme du grès vert, opinion que j'ai déjà dit onserver, malgré le travail publié par M. le comte Munster, ur les fossiles de cette localité.
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