‹ Mémoires géologiques et paléontologiquesChapitre 6 sur 47 · RESUME · texte numérisé non relu

RESUME

>BSERVATIONS CONCHILIOLOGIQUES

Dt M. OËSHAYES,

RELATIYEMElfT ÂV CLASSEMENT DES DÏpAtS TERTIAIRES*

M. Deshajes a présenté Tan dernier à F Académie des adences et à la Société géologique un tableau comparatif i$s espèces des coquilles vivantes avec les espèces des coquilles fossiles des terrains tertiaires de C Europe, et des es* fèces de fossiles de ces terrains entre eux.

Ce tableau n a pas encore été rendu public et doit accompagner le second volume de la Philosophie géologique de H. Lyell , tandis que son résumé ne nous est connu que par le rapport de M. CiUvier et le Bulletin de la Société géologique de France. Avant d'exposer nos doutes sur l'exacti» tude ou plutôt Futilité des doctrines de M. Deshayes, nous prenons la liberté de combiner ici ce qui en a été publie jusquici. ,

Parmi les corps organisés ensevelis dans les couches de la terre, il nen est pas de plus abondans ni de plus répandus y et par conséquent de plus intéressans pour la science , que les coquilles. On comprend en efTet que leur multiplication rapide , leur nature pierreuse , ont dû à la fois lès mieux conserver et les conserver en plus grand nombre , et qu'elles doivent avoir laissé les témoignages les plus positifs de rétat du liquide à Tépoque où chaque couche se déposait sur son fond. Cette idée a engagé M. Deshayes à consacrer plusieurs années à Tétude des coquilles, soit vivanteS| soit fossiles , et son Mémoire prouve qu*il Fa portée à un degré dont elle n'approchait pas avant lui.

Il s'est proposé d'examiner les coquilles propres à chaque couche I de les comparer à celles qui se Urouyent dans les co^

g4 0BSERTATI07YS CONGHILIOLOGIQUES

ches supérieures et inférieures de tous les degrés, et à que la mer nourrit à toutes les latitudes, et de s'assurer par là y a eu des successions , des extinctions de races , et commi celles qui ont échappé aux altérations de la surface du glol sont aujourd*hui réparties dans les diverses régions de mer. Il a bien senti qu il ne pourrait arriver sur ces iib tantes questions à des conclusions hors d'atteinte , qu au qu'il aurait observé et comparé le plus grand nombre d* pèces possible, que ce n'est pas des genres, mais des es qu'il s'agit ; et que les genres , qui ne sont que des créati de l'esprit, ne fourniraient aucunes conséquences quand i]|(l passeraient d'une couche ou d'une série de couches à une autre, tant qu'ils n'y passeraient pas en espèces identiquoL Il est donc parvenu , par ^ne assiduité sanà exemple , à réib nir près de 4}OOo espècdli de coquilles fossiles tertiaires d'ini origine certaine , et il en a dressé des tableaux qui , compi* rés avec l'ordre connu de la superposition des couches, montrent à quelle époque chaque espèce a commencé,! quelle époque elle a fini ; tandis que leur comparaison tvae 4,639 espèces vivantes montre aussi quelles sont celles dl ces espèces qui se sont conservées jusqu'à présent, et quelle! IK>rtes de couches se sont déjà déposées sur elles depuis leur apparition.

Parmi les l^fiZg espèces vivantes , M. Deshayes compte 9,059 univalves et i,58o bivalves, et parmi les 3,909 espèces fossiles fi,ooo univalves et 902 bivalves. Ces espèces fossiles r pflErent 418 analogues vi^ans et 344 analogues fossiles dans r les diverses époques tertiaires. De plus ces comparaisons ont été établies sur plus de 4o,ooo individus, de manière quHa pu comparer les espèces dans leur ensemble avec leurs modifications souvent très variées.

Il en est résulté, pour M. Deshayes, la conviction que Top peut diviser les terrains coquilliers d'une manière tran* phée en deux grandes séries qui correspondent à deux séries déjà; déterminées sous le rapport minéralogique , mais avêo moins de précision ; la première , qui est la plus considérable §t la plus ancienne, et que l'on connaît sous le nom de ter* lém Mcondaires ^ ae contient plu» une seule espèce foêék

SUR LES DBPOTS TBRTIAiaSS. tfi .

son analogue vivant dans les mers actuelles, ni même logue fossile dans la seconde série ; en sorte que tou* races de cette époque , non seulement seraient éteiniird'hui, mais l'auraient été déjà lorsqu'à commencé la 3 série.

ce mémoire , lauteur ne s'occupe que de la seconde de celle qui comprend les terrains tertiaires propreits : elle commence , dit l'auteur , une zoologie nou* ui, dans son ensemble, a de très grands rapports aTeo li existe actuellement , et qui se lie à l'époque dofit ommes contemporains, parce qu'elle nous montre ;s proportions diverses, pour chaque couche, des espè >iles identiquement les mêmes que celles qui vivent l'hui. Ces derniers terrains étant les mieux connus, ir eux que M. Deshayes commence son exposition, iiayes prétend que le plus grand nombre des géologues ardé les terrains tertiaires comme dune seule époque, 'est dans ces derniers temps qu'une période quaterété proposée par M. Desnoyers* Lui au contraire les ï en trois grandes époques zoologiques parfaitement tes par l'ensemble des espèces qui sont dans chacune et par les proportions constantes entre le nombre des i apalogues vivantes et celles qui sont perdues, remière époque comprend les bassins de Paris, deLon^ ie Yalognes, une partie de la Belgique et quelques s des environs de Bordeaux, le Vicenti n et le Yéronais. y a déjà déterminé environ i,4oo espèces, savoir: à i^ 2o5 , parmi lesquelles il n'y en a que 1 2 qui existent ; à Paris 1,072 , et sur ce nombre , 58 seulement sopt ées. comme analogues à des espèces vivantes : c'est im pins de 5 pour cent; il n'y en a que 4^ qui se retrau<^ l'état fossile dans des groupes plus récens* leuxième groupe, dont la superposition au précédent lonstatée en Touraine par M. Jules Desnoyers, se monas le falun de cette province et dans les bassins de la le, de VAdour, de l'Hérault, de l'Autriche , de la Honr le 1^ Pologne, et dans les collines de la Superga^ près

gB OBSERVATIONS tONCHILIOLOGIQUË S

M. Deshajes, parmi plus de goo espèces, y en déco 161 qui ont leurs analogues vivans, c'est-à-dire 18 poofi cent , et 173 , ou ig pour cent, qui se sont. continués à îëtat fossile dans le groupe suivant.

La troisième époque la plus récente contient le terraâ subapennin. Celui-ci, qui est le plus nouveau, occupe les collines de Fltalie, de la Sicile et de la Morée, les environ^ de Perpignan ; on 7 a déjà recueilli plus de 700 espèces, do^ii plus de moitié, ou 52 pour cent, paraissent analogues à des espèces vivantes; ainsi la mer qui la produit ressemblait d$ beaucoup à la mer actuelle par sa population.

Le terrain nommé Crag en Angleterre, quoique les co« quilles qu*il contient soient généralement différentes de celles des autres bassins , offre néanmoins une proportion à pes près la même (47 pour cent) de coquilles analogues à celles de la mer actuelle , en sorte que M. Deshayes le range aussi dans sa troisième classe.

En examinant comparativement certains dépôts coquillien récens des bords de la Méditerranée, ou le calcaire médite^ ranéen de M. Risso, M. Deshayes trouve dans les fossib de ces roches de Nice, de Sicile, d'Uddevalla en Norvège, etc., g6 pour cent d analogues vivans.

La première de ces époques des terrains tertiaires qui stf lie aux suivantes par un trentième de ses espèces , s*en se'pare parles 2g autres trentièmes; et quand on viendrait i doubler ce trentième , il resterait toujours -jj de différences. Ces différences diminuent entre les époques suivantes; mais toujours reste-t-il qu'il y a des espèces qui passent d'utfB époque à Tautre pour s'y, éteindre , et que le petit noroh* d'espèces communes à la première et à la troisièfoe le son! aussi, sans exception, à la seconde, à travers de -laquelle elles sont passées sans altération. Dans ce cas se trouve, ptf exemple, la Lucina divaricata.

La troisième époque paraît à M. Deshayes le commencement de l'état actuel des choses; il pense que lorsqu'on poum la sous-diviser, on trouvera que le nombre des analogues vi» vans y augmente à mesure que les lits sont plus superficiels.

Treize espèces seulement que M, Deshayes nomme , se trou*'

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