HUITIEME LETTRE
Enfin, monsieur, vous avez donc mis le comble à votre grossièreté ! Vous avez commandé à votre valet de m'assommer a coups de bâton , et il s'est acquitté de votre commission, en pleine rue de Dux , sous les yeux de tous. Affaibli par rage , sans armes, que pouvais-je faire, sinon demander réparation au syndic? Mais voilà que l'ignorant juge répond (à votre instigation) qu'il ne peut poursuivre Viderol sans l'autorisation de M. le comte, et M. le comte est absent! Quoi! infâmes traîtres que vous êtes tous , avez-vous pu penser que je me laisserais impunément écraser, sans recourir à la protection de ces lois décrétées par notre magnanime empereur Léopold II? Quoique le syndic ne soit ici que votre instrument , monsieur Faulkinher, et qu'en agissant ainsi il se soit montré encore plus bête que vous n'êtes, je ne laisserai pas que de le poursuivre au criminel. En attendant , triomphez ! vous avez tout fait pour me rendre le séjour de Dux insupportable , et pour me contraindre a le quitter. Croyez néanmoins que votre triomphe ne sera pas de longue durée ; je remets ma cause entre les mains d'un juge incorruptible.