‹ MémoiresChapitre 127 sur 168 · LETTRE LXII · texte numérisé non relu

LETTRE LXII

M de Valliquerville allant à Londres, je ne • saurois mieux prendre mon temps pour vous rendre de très-humbles grâces de l'honneur que vous m'avez fait de me témoigner par votre lettre que mon malheur vous touchoit. Je vous avoue, Monseigneur, que rien au monde n'est plus obligeant, dans le déplaisir que vous avez de la perte d'un bon ami comme étoit feu

372 Lettres

Mgr le Comte , que la bonté que vous avez eue de compter la mienne à quelque chose, et de vous être souvenu de soulager si obligeamment ma douleur, que je serois le plus méconnoissant des hommes si je n'en avois le ressentiment que je dois. Aussi, Monseigneur, vous protesté-je avec vérité que je n'aurai jamais de joie parfaite que je ne vous aie témoigné par mes très-humbles respects et par mes services jusqu'où va le ressentiment de votre.

A Lille, ce 3 août 1641.

A MADAME LA DUCHESSE DE CHEVREUSE

LETTRE LXIIL

Pour vous rendre compte de mes actions depuis que je vous quittai à Lille, je vous dirai que je remenai M. de Saint-Ybalt jusqu'à Anvers , et que je lui ai donné le passeport que Dom Antonio Sarmiento m'avoit mis entre les mains pour aller à la Haye, d'où je repris le chemin de Sedan, sur lequel j'ai couru hasard d'être assommé cent fois, tant par les paysans que par les soldats, qui nous haïssent tous à présent, à cause de l'accommodement de M. de Bouillon' ; mais enfin j'y suis arrivé. J'ai trouvé que j'étois compris dans le traité, et qu'ainsi j'avois la liberté de retourner en France. Vous savez, Madame, que, sur toutes les offres obligeantes que m'ont faites MM. les ministres, je

Page 1