UIUiADME DE SÂUIiX
offensez des mousquetades. Ils s'y mirent^ la pluspart armezdecuiracesy et partie de mousquets et arquebuzes ; mais ils treuverent tant de résistance en ces nageurs du sieur de TaVannes, armez de toutes pièces, la picque à la main, et de quelques arquebuziers, que ceux qui estoient sur le devant du bateau se retirant sur le derrière le firent renverser^ et furent tous noyez, excepté quelques-uns qui par pitié furent retirez avec des picques dans le fort, et faicts prisonniers , panny lesquels se treuvei'ent le sieur d'Âtîgnac et trois ou quatre gentilshommes ; entre les morts noyez fut le chevalier de Bochefort et plusieurs autres gentilshommes. Une heure avant cet accident, tomba un flambeau du ciel en la rivière : il pouvoit estre un advertissement de leur malheur.
La cavallerie ennemie avec le vicomte de Tavannes avoit passé l'eau du costé de la Bresse , lequel voyant cent trente chevaux de l'autre costé de l'eau , conduicts par le sieur de Tavannes, tant de sa compagnie que de celle du sieur d'Âmanzé , estimant que ce fust du secours qui allast encore à Verdun , considérant cduy qui y estoit des)à entré, et la fortune advenue de ce bateau noyé, leva le siège et se retira en bel ordre sur le chemin de la ville de Chalons. Alors le sieur de Tavannes envoya quelques-uns des siens à Verdun ; ce fait, il se retira avec sa troupe à Yergy. Les garnisons de cavallerie qui estoient à la ville de Sainct-Jeu de Laosne n'en sortirent poinct, et ne firent aucune assistance aux assiégez, se contentons seulement d'onir parler de ce qui s'y passoit, sans s'employer à ancnne sorte de secours; foulans aux pieds ce sage proverbe: plus faire que dire, et embrassant cestuy - cy : beaU'^
SEIGNEUE DS TAVANlTEa. [iSqS] 4^1
coup dire et ne rien faire ,- ayant refusé Tofire quileur avoit esté faicte par le sieur de Tavannes, où ils eussent acquis de la réputation : lequel esa:it peu après , en Diay iSqs» par un gentilhomme qu'il envoya au Roy 9 la lettre cy -dessus mentionnée, pour la justification de ses deportemens.
Alors il s'en alla à la ville de Fhvigny avec vii^ hommes de la compagnie du sieur de Soussey , oik il en mit hors un capitaine de gens de pied nommé Argolet , et y retint sa compagnie. Le mareschal d' Aumont l'y a^oit laissé son partial (0 : cela donna prétexte au sieur de Vaugrenant» lors gouverneur de Sainct-Jean de Laosne, de persuader le marquis de Mirebeau de Ëdre le dessein qu'il exécuta depuis audit Flavigny; auquel à cet effect il envoya sa compagnie, avec laquelle , et ce que put y mener ledit marquis, qui s'aida d'une mauvaise intelligence, Valon, capitaine des ha* bitans de ladite ville, et le sieur de Cherissi, gouverneur pour le Boy estans entrez , il eschella la nuict ladite villes et y fut tué ledit gouverneur, son logis pillé, et quelques soldats qui estoient en garde sous la halle, tuez. Stratagème pour continuer les partiaUtez dont les plaintes sont mentionnées en la susdite lettre escrite au Roy.
[iSgS] Pendant que ledit sieur de Tavannes séjourna à Flavigay, suivant l'advis qu'il eut du duc de Nevers sur le^lettres qu'il luy avoit escrites, il assembla quati*e cens chevaux des forces de Bourgongne, y compris sa compagnie d'ordonnance qui estoit revenue de la ville de Langres, et s'achemina avec ceste troupe à la ville de Mussy , vers le mesme duc de Nevers , qui avoit mené
iS) Son p€utial : son partisan.
4oi^ {1^93] GUILLAUME DE s AULX y
(ptelqaes forces en petif nombre , afin que, les deux pintes ensemble, ils allassent secourir Chasteau-Villain, que }e marquis du Ponf , fils aisné du due de Lorraine, avoît assiégé avec une armëe et qu^ques eanons et pieceâ de batterie, n'ayant pas encore gagné la contrescarpe , laquelle estoit gardât par les capitaine TieuUaj et Clerget, qui commandoient aux gens de pied que le sieur de Tavannes droit envoyez. Mnssy n'estoit • esloigné de Ghasteau-Villain que de quatre lieues.
La résolution estoit de combattre ceste armée en se fortifiant , en passant près la ville de* Chastean- Villain, d^une partie de la garnison qui estoit dedans; mais comme Ton commencoit à s'adieminer, l'advis vint que le marquis du Pont, ayant esté adverty des fi>r€e8 qiii alloient à luy, avoit levé le siège et presque laissé un canon engagé, et se retiroit vers les places qui estoient en sa dévotion; ce qui fut cause qu'ayant les troupes de Bouiçongne conduict jusqu'à Vandeuvre ledit ducde Nevers, qui s'en alloit à Chalon en Champagne, où sa présence estoit nécessaire, le sieur de Tavannes les ramena en Bourgongne.
Le mesme duc de Nevers fut une autre fois en Bourgongne, où il eut les mesmes troupes près de luy qui furent à René le Due (0, voulant aller secourir le chasteau de Doudin, fort d*assiette, sur les frontières du Masoonnois, que le sieur de Solon avoit commencé à fintifier, estant assiégé par le vicomte de Tavannes, lieutenant au païis pour le duc de Mayenne ; mais il fut pris en si peu de temps, qu'il n'y eut moyen de le secourir. Ledit vicomte s'estant desjh retiré à la ville de
<*) René le Duc : Arnay-le-Dnc.
SEIGNEUR DE TAVAirNES. [l594] 4^3
Chalon sur Saosne^ de René le dnc de Nevers s'en re^ tourna en son gouvernement de Champagne.
Nous estions lors en Tannée i594> sur la fin de février^ que les troupes ennemies s^estans assemblées à Beaune pour venir charger celles du Roy, levées en la province de Bourgongne, qui estoient proches le duc de Nevers, lesquelles estoient desjà séparées, le sieur de Bissi, gouverneur de la ville de Verdun, alla viriter les ennemis avec cinquante chevaux de sa garnison jusques près des fauxbourgs dudit Beaune; où les ayant rencontrées au nombre de deux cens chevaux , fit retirer sa troupe comme estant plus foible, et demeura près d'eux avec dix ou douze des mieux mon* tez, disant tout haut qu'il ne se voulûit point retirer qu'il n'eust donné quelques coups de pistoUets. Il n'avoit pour sa retraite que trois lieues à foire avec ce peu de gens. Il se mesla dans leurs premières troupes, où foisant une passade, son cheval tomba et luy fut blessé à terre, pris et emmené prisonnier au chasleau du'dit Beaune, où il mourut, non sans soupçon que sa mort eust esté avancée par ceux qui pansoient ses playes. Le sieur de Tavannes , gouverneur pour Sa Majesté en Bourgongne, en ayant eu advis, se rendit incontinent avec sa compagnie de gensdarmes en la ville de Verdan, et si à propos, que sans son arrivée les ennemis l'alloient assiéger. Et, après y avoir mis bon ordre et séjourné un mois, il y laissa gouverneur le comte de Verdun , seigneur du lieu , qui avoit eu ses patentes du Roy pour ce^gouvernement, avec sa compagnie de cavallerie et la garnison ordinaire de gens de pied.
Geste occasion passée, il s'en présenta une autre : ce fut la réduction de la ville de Mascon sur la Saosne
4o4 [^^94] GUILLAUME DE SAULXy .
en robeïssance du Roy, où ledit sieur de Tavannes s'achemina avec cent chevaux, et y fut receu par les habitansy qui jurèrent toute fidélité, à Sa Majesté^ à quoy le sieur de Varenne, qui estoit gouverneur en icelle pour le party contraire , se porta aussi à leur imitation. Or ceux de la ville de Tornus estans opiniastres en leur rébellion, et le sieur de Tavannes s'en estant retourné de Mascon à son chasteau de Bonencontre, prit jour avec le sieur colonnel Alphonse Corse, depuis mareschal d'Ornano, qui avoit des troupes du costé de la ville de Lyon,' laquelle estoit. lors en Fobeïssance du Roy, pour se joindre avec celles de Bourgongne proche ladicte ville de Tornus pour Fattaquer: où s'estans trouvez ensemble, ledit sieur de Tavannes, avec sa compagnie de cavalerie, alla loger quelques compagnies de gens de pied dans un hospital à trente pas du fossé, où les ennemis avec quelques cuirasses et arquebuziers firent une sortie la nuict, ron^iirent la barricade faitcàTeglise, et tuèrent quelques soldats; mais ils furent si vivement repoussez qu'il en demeura partie des leurs sur la place. Gela fut cause que ledit sieur de Tavannes retira les arquebuziers qui estoient en ceste église, deux heures avant le jour, et y en mit d'autres pour les rafraischir.
A trois jours de là, le vicomte de Tavannes, qui avoit «ncores le marquis de Trefibrtprès de luy, passa avec des bateaux la nuict la rivière de Saosne, et entra avec quatre ou cinq cens chevaux en ladicte ville. Pendant ce temps fut pris par les troupes desdiots sieurs Alphonse et de Tavannes le bourg fermé de muraille de Brancion,, qui est sur une montagne en forte assiette. Ils y entrèrent par le moyen de quelques pétards
SElGlfEUft DE TÀVÀNNES. [l594] 4^5
et eschelles ; et fut pris aussi une coiilevrine qui estoit sur une plateforme au bas du chasteau, queles soldats tirèrent hors de là avec des cordes , à la mercy des arquebuzades du cbasteau^ moyennant quelque argent que leur fit donner ledit sieur de Tavannes. On la dévala depuis à force de bras à la plaine : et n^ayant le chasteau ^ pour estre en lieu mal-aisé, esté attaqué, on se contenta de faire tirer ceste pièce dans la ville de Tornus, et de présenter le combat au vicomte de Tavannes et au marquis de Treffort : et pour ce faire furent en bataille, les attendant longtemps, ledit sieur de Tavannes avec cent cinquante chevaux de Bourgongne, et le sieur Alphonse avec à peu près autant de cavallerie qu'il avoit amené de Dauphiné, assistez des sieurs de La Baume, de Meures et de Gouvernet, avec la pluspart de leurs compagni es de cavallerie , ensemble celle dudict sieur Alphonse. Mais, n'ayans peu combattre ceux qui ne vouloient point sortir en campagne , ces ^troupes se retirèrent chacune en leur païs. Alors le comte de Verdun , gouverneur de ceste ville-là, ayant esté attiré par La Fortune, gouverneur pour le duc de Mayenne à Seurre, en une embuscade, comme il vouloit charger la cavallerie de Seurre , une salve d'arquebuziers mit ses gens en desordre: il y fut blessé, pris, et le lendemain il mourut^ estant demeuré gouverneur de Verdun en sa place le sieur de Sabran son oncle.
Ceux de la ville de Beaune commençoient à vouloir traiter avec le sieur de Tavannes, lors qu'il eut nou« velles que, suivant ce qu'il avoit tnandé au Boy d'envoyer un prince ou un mareschal de France faire la guerre en Bourgongne, et ce qu'il avoit escrit au ma*
reschal de Biron , pour le prier de s'y acheminer avec Yarmée d^ Sa Majesté qu'il conduisoit près de la ville de TroyeSi laquelle à la faveur de ceste armée s'estoit mi$e à Tobeissance de Sa Majesté, il sceut doucquesque ledit mareschal de Biron s'acheminoit en Bourgongne: il alla au devant de luy avec trois cens chevaux jusques près d'Auxerre.
[1595] Le premier effect dudit mareschal en la province fut la prise de la ville de Nuys, où le sieur de Tavannes et les troupes de Bourgongne l'accompagnèrent. Peu de gens furent tuez aux fauxbourgs; et le capitaine Nicolas, gouverneur de la ville, y ayant este tué deux jours après par quelqu'un des habitans, ceux-cy la rendirent. Le duc de Mayenne, qui quelques mois avant la venue du mareschal estoit venu à Dijon et à Beaune, s'estoit à son arrivée retiré à Chalon sur Saosne. Ainsi le mareschal estant maistre de Nuys, il fut receu eu la ville de Beaune par les habitans , qui tuèrent , pour avoir la liberté de se rendre au Boy, le capitaine Guillerme et quelques soldats. Il battit le chasteau d'icelle, où le sieur de Mommoyen commandoit, qui se rendit à luy. Le mesme fit depuis la ville d'Autun et celle de Dijon, où estoit le vicomte de TavanHiQS, qui se retira au chasteau, et de là à la ville de Talant: le sieur de Tavannes eut charge du mareschal de Biron. d'aller pendre deux canons du cosié de Mascon, et les amener avec un régiment de Suisses qui estoit vens cet eadr oit-là. 11 avoit avec luy sa compagnie et quelques oarrabiDs. Il passa près de Chalon en allant et eE retownant, sans que les forces du duc de Mayennequi tenoient ceste- place luy donnassent aucun divertissement.
SEIGNEUR DE TAVÀNNES. [l595] 4^7
Les liabitans de ces grandes villes avoient esié tant ktkgw^ parles garnisons des places voisines , que bien que le mareschal de Biron ne fust vena, ils n'eussent laissé de se nuettre en Tobdissance du Boy;, car elles comrmençoientdesjà tontes à parlementer couvertement avec ledit sieur de Tavannes. Il est bien vray que les forces qu'amena le mareschal , et son anthûrite^ avan^ çaiit les afiaires du Boy , firent plutost esdorre ce bon dessein. Or le sieur de Tavannes, estiinant que le plus grand honneur qu'il pourroit avoir y esloit d'avoir aide à l'entière réduction de la province de Bourgongne en l'obeïssance du Roy, pour ce faire avoit faict quelquie pro|ect (dont il avoit parlé au Boy à Paris) avec le sieur de Senecey (0 de luy mettre entre les mains sa charge de lieutenant de Sa Màiesté en Bontçongne, pour la réduction de la ville et chasteau d'^xonne: ayant sceu depuis que le mareschal de Btron'av^it des lettres patentes du Boy du gouvernement de la pro^ vince, en l'absence de M. d'Orléans, il continua c^te négociation, qui reiissit depuis moyennant la recom^ pense qu'il en récent; Âiiisi il se dèffit de sa charge par des considérations pertinentes.
En ceste mesme saison, qui èstoit au mois de juin 1 595 , le Boy , estant venu à Dijon avec ce qui restait de son armée , inv«{tit le ehastenu , prepi^a l'artitterie pour le battre; mais, sur l'advis qn'ili^ut que Te duo de Mayen«3e esteit à la ville de Orey , au comté de Bour* gongne, le cdniwstable de Cast'ille s'esti^nt )oint à ses forces avec cinq cens chevaux et quelque infiinlie^ espagnole. Sa Majesté s'achemina au chasteau de Lua, 2k quatre Ueues de Dijon et quati^ de-Grey , pour iron^
(>J Le sieur de Senecey : Claude de Beau&emoat, baron de S«necejr •
4o8 [l5g5] GUILLAUME DE s AULX,
ver moyen d'aborder ses ennemis, quoy qo'îl n'eust qu'une'^partiede sa cayallerie près de luy. De làs'estant encore avancé d'une bonne lieuë^ jnsques à Fontaine- Françoise, le marescfaal de Biron, qui menoit une première troupe d'environ cent chevaux , fut rencontré par la cavallerie espagnole de deux à trois cens chevaux ^qai le suivirent de si près , estimant qu'il n'y eust en campagne que ce qu'il menoit, qu'en se retirant du ctiâé du Roy , il y eut à sa suitte le sieur deBampouz, deux ou trois gentilshommes tuez, et luy blessé d'un coup ^d'espée sur le derrière de la teste : mais ces poursuivans ayans aj^rceu une troupe de soixante chevaux que Gonduisoit le sieur de Tavannes, et voyant paroistre plus loing de là les forces du Boy , tindrent ferme : ce qui donna loisir audit sieur de Tavannes de se retirer aussi avec les soixante chevaux auprès du Boy;.]equel, se voyant renforcé de ses troupes de cavallerie qui n'estoient encore toutes arrivées de leurs logemens, se résolut d'aller en personne charger ceste cavallerie espagnole*
Ce jour-là Sa Mafesté avoit des armes argentées, et marchoit à la teste des siens en bon ordre, un rang de gens de cheval devant luy, et près de sa personne le mareschal de Biron, les sieurs de Tavannes et de Ton, kurs compagnies et plusieurs seigneurs deqnalité, deçà et delà de luy des compagnies d'arquebuziers h cheval, qui firent leur salve avec ceux des ennemis. Sa Majesté chargea vaillamment, et deffit ceste cavallerie espagnole, qui n'opiniastra pas le combat que de la longueur des lances, se retirant en courant et en desordre. Elle fut suivye un demy quart de lieuë du gros que menoit le Boy, et d'aucuns une demye lieuë, (jui
SEIGSTEirR DE TJlVÀKHES. [iSqS] 4^9
rapportèrent que le reste des forces du duc de Mayenne et du connestable de Castille s'avançoient : ce qui fit retourner le Roy ducosté deFontaine*Françoise^ pour joindre le reste de sa cavallerie^ qui y abordoit d'heure à autre.
Incontinent arrivèrent environ trois cens chevaux des ennemis qui n*avoient pas encores combattu rc'estoit la compagnie du duc de Mayenne , celle du sieur de. YiHar^-Houdan^ et des autres dont les barons de Tiange et Villars-Houdan avoient la coqduite. Us tin» drent ferme sur le haut^ sans s'acheminer vers le sieur de Tavannes, que le Boy avoit Ëdct avancer avec sa compagnie. Et voyant qu'il faisoit aussi avancer d'autres compagnies de celles qui estoient venues les dernières ^ ils firent un tour en limaçon avec leur cavallerie^ et après disparurent, se retiransdu costé du duc de Mayenne y qui estoit encore près de Grey : ce qui donna occasion à Sa Majesté (car il estoit desjà tard) de &ire donner les quartiers pour aller Ic^er ^ et le lend emain s'en retourna à Dijon, où l'on tira quelques coups de canon à ceux du chasteau du costé des tranchées de la ville, et ceux du chasteau en tirèrent contre la ville. Les canons qui estoient au dehorsfurent placez dans les fossez d'icelle pour tirer au chastea^u; mais Franseche, qui en estoit gouverneur, fit sa capitulation et le rendit à Sa Majesté. La ville de Talant, là proche, luy fut aussi rendue après que le sieur de Tavannes eut traité, par son commandement, avec son fi*ere le vicomte de Tavannes, et que celuy-cy eut laissé metti^e le mareschal des logis et vingt hommes d'armes de la compagnie dudit sieur de Tavannes dans le fort qu'on y avoit &ict. Ne restant plus dans la province hors To-.
4lO [^^9^] OViLLACJME DE 8AULX,
beïssance du Roy que la ville et citadelle de Chalon et la ville de Seurre, la première , estant sous rauthorité du duc de Mayenne y par* l'accord qu'il fit fut réduite avec sa personne à Tobeyssance de Sa Ma j esté ^ et celle de Seurre, peu de temps après , fut rendue par La Fortune , Italien y qui commandoit dedans, et fut le seul de son party qui prit^de l'argent pour en sortir. Après cela, le Boy , pour soulager son duché de Bourgongne, mena son armée par le comté de Bourgongne à Lyon, aux despens des petites villes et du peuple de ce païs4à; où quelque cavallerie des nostres y estant à la guerre , dom Âlonce, gênerai de la cavallerie légère espagnolle, fiit par eux pris prisonnier, et par eux mesmés traicté favorablement.
C'est ce que le sieur de Tav^nes a rédigé par escrit des guerres et troubles de cet Estât, avec la vérité et sincérité qu'un chacun peut remarquer; car il a este présent en la pluspart d^s occasions qu'il raconte, èsquelles sont comprises les sept années de la seconde guerre des rebelles au Roy, appellée par eux ligue d*nnion, au duché de Bourgongne, pendant lesquelles années il a esté seul gouverneur en Bourgongne de Sa Majesté, pour le service de laquelle, le bien de sa patrie, et pour son honneur, il s'est dignement et heureusement employé, comme chacun sçait, jusques à ce que cette province a esté du tout remise à son devoir envers Sa Majesté : laquelle approuva ses actions par les lettres de validation qu'elle hiy fit délivrer le 26 de février iSgB au parlement de Dijon. De toutes lesquelles choses il rapporte la louange à Dieu , duquel tous bons succès et prosperitez nous viennent, comnje de l'unique et véritable source de tous biens.
ADYIS ET CONSEILS