NOTICE SUH LE DUC DE BOUILLON
un manifeste; la Régente leur répondit, et, leur fit presque en même temps des propositions d'accommodemient. Bouillon y qui dirigeoit les affaires du parti, avoit de son côté fait dès propositions anx protestans; il se servit d'eux pour intimider la Cour, et les sacrifia dans le traité qui fut signé à Sainte-Menehould le i5 mai i6i4* Le prince de Gondé, et les autres chefs de la faction , obtinrent des gouvernemens ou des gratifications; Bouillon, prévoyant que, la paix ne seroit pas de longue durée, et que Marie de Médicis pourroit plus tard lui retirer un gouvernement qu'elle lui auroit accordé malgré elle, se fît donner une somme d'argent considérable.
. La convocation des états-généraux avoit été promise, le prince de Gondé, les grands. Bouillon surtout, avoient fondé leurs espérances sur cette assemblée; ils ne purent y exercer aucune influence. Le duc de Bouillon, déconcerté dans ses projets, et brouillé avec Concdni, jdevenu marquis et maréchal d'Ancre, poussa de nouveau le prince de Gondé à la révolte. Il agita les protestans, et même le parleinent de Paris, qui, par ses remontrances , augmenta les embarras de la Gour. Le prétexte des factieux étoit de s'opposer au mariage du Roi et au traité avec l'Espagne. Le duc de Bouillon, qui, dans^ l'origine, avoit hautement approuvé cette alliance , prenoit les armes pour enîpécher Louis xm d'aller à Bayonne, où il devoit épouser Anne d'Autriche. Le mariage du Roi .ayant eu lieu notalgré ses efforts, il écouta les propositions de Marie, de Médicis, et disposa le prince de Gondé à signer le traité de Loudun
l^arie de Médicis. Peut-être cherchoit-il à tromper en même temps U Reine-mère et les princes.
[mai i6 16]. Les intérêts des protestansy furent encore sacrifiés.
En signant la paix y le duc de Bouillon n'avoit pas . renoncé au projet de perdre le maréchal d'Ancre , dont le crédit sans bornes rofiusquoit. Il forma contre lui une ligué puissante , à la tête de laquelle étoient le prince de Condé et une partie des grands du royaume. Pendant qu'on discatoit les moyens à employer pour se défaire du maréchal, Marie de Médicis fit arrêter le prince. Bouillon pensa qu'on devoit tout risquer dans ce moment décisif; il proposa d'exciter un soulèvement dans Paris, et de renouveler la journée des barricades. Son avis n'ayant pas prévalu, les ^mécontens se retirèrent dans les provinces où ils avoientle plus de partisans, et se préparèrent à la guerre, certains que la Coar ne tarderoit pas à entrer en négociation avec eux.
Mais Tévêque de Luçon, que Marie de Médicis avoit appelé au ministère, n'étoit pas disposé à suivre le système de ses prédécesseurs. Le gouvernement prit tout-à-coup une attitude ferme et imposante. Les mécontens, sommés de rentrer dans le devoir, ne s'étant pas soumis, sont déclarés criminels de lèse-majesté; trois années les attaquent en même temps dans le Berri , dans la Champagne et dans l'Ile-de-France, et les réduisent bientôt aux dernières extrémités. Le duc de Bouillon avoit fait ce qu'il avoit pu pour ne paroître pas se mettre ouvertement en révolte contre le Roi ; il avoit essayé de justifier ses levées de troupes en répandant le bruit que sa principauté de Sedan étoit menace'e par les Espagnols. Il avoit même écrit à ce sujet àlaCour, et, après s'être plaint de ce que les ministres fevorisoient les entreprises des Espagnols, il prétendoit