‹ Mémoires historiques de la Duchesse de BerriChapitre 5 sur 24 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Nuit du 29 septembre. — Naissance de monseigneur le due de Bordeaux. — Le maréchal duc d'Albufera , témoin nommé par le roi. — Courage de madame la duchesse de Berri. — MM. Laine, Paigné , Daupliinot , Triozou , gardes nationaux, voient l'enfant avant qu’il soit séparé de ta mère. —La famille royale vient féliciter la duchesse.— Le rot donne à sa nièce un bouquet de diamants. — La scène de la naissance de Henri IV aux Tuileries. — Les vingt-quatre conps de canous — L'illumination de l’Hétêl des Gardes. — La rue de Rivoli à six heures du matin. — L’armée rend sa première visite à monseigneur le duc de Bordeaux. — Pa- * rôles de plusieurs soldats. — Réponses de la princesse. — M. le duc d’Orléans aux Tuileries. — Paroles du roi au peuple. — Madame la duchesse de Berri se présente au peu-

pic tenant son fils dans ses bras. — Le meilleur des cal manu. — Promotions du cordon bleu. — Poésies. Ré-

compenses. — Discours du maire au nom du corps diplomatique. — L’enfant de l’Europe. — Plusieurs réponses de madame la duchesse de Berri. — Sa lettre au roi pour demander la grâce de Gravier et de Bouton.

On peut dire que la France fut eu travail tant que dura la grossesse de madame la duchesse de Berri. La situation violente que l’on a décrite ne se termina que le 29 septembre. Jusque là , la révolution espéra résoudre à son avantage le problème politique posé entre elle et le gouvernement royal.

Après le 29 septembre , tout fut dit. La Providence avait envoyé une solution favorable à la monarchie.

On était au 28 septembre. Toutes les mesures avaient été prises et l’on n’avait omis aucune précaution. La nourrice

était auchâteau. C'était madame Bayard, nom d’un favorable augure. Depuis plusieurs jours M. le duc d’Albufera, désigné par le roi pour être témoin de la naissance de l’enfant que mettrait au monde son altesse royale , couchait aux Tuileries. L’intention de madame la duchesse de Berri était de faire placer son lit dans son salon , d’avoir au-dessus de sa tête le portrait de M. le duc de Berri peint par Gérard, et devant ses yeux le tableau de Kinson. Cependant rien n’annonçait encore que l’événement dût être immédiat. Le 28 septembre à neuf heures du soir , le roi avait dit à l’ordre : <( Je ne crois pas que madame la » duchesse de Berri accouche avant cinq » où six jours. »

Madame de Vathaire, première femme de chambre de son altesse royale , et

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madame Bourgeois , femme de chambre ordinaire, venaient de se retirer , lorsque vers deux heures et demie du matin elles furent réveillées par la voix de la princesse. « Madame Bourgeois, disait- - » elle, vite, vite, il n’y a pas au moment » à perdre ! » Madame de Valhaire courut en toute hâte avertir M. Deneux , madame la duchesse de Reggio, et madame la vicomtesse de Gontaut. Pendant ce temps, madame Bourgeois reçut l’enfant: c’était un prince.

Lorsque M. Deneux entra, madame la duchesse de Berri lui dit : « Monsieur » Deneux, nous avons un prince; je suis » bien, ne vous occupez pas de moi , mais » soignez mon enfant; n’y a-t-il pas du » danger à le laisser dans cet état? »

M. Deneux répondit : <$ L’enfant est >» très-fort, il respire librement, il est si

MADAME, DUCHESSE DE BERRI. 6l

» bien qu'il pourrait rester ainsi jusqu'à » la délivrance , lors même qu’elle n’ar- » riverait que dans une heure.

» — En ce cas , dit la duchesse ,

» laissez-le. Je veux qu’on le voie te- » naut encore à moi , qu’il est bien le » mien. »

Elle demanda alors des témoins. Un garde de Monsieur se présenta. « Vous ne » pouvez pas , » dit la princesse , » vous » êtes de la maison. Qu’on aille cher- » cherdes gardes nationaux. » Pendant qu’elle s'exprimait ainsi, madame de Reggio et madame de Gontaut entrèrent.

« C'est Henri ! » leur dit madame la duchesse de Berri.

On admit MM. Lainé,Paigné, Dauphinot, Triozon-Sadony , gardes nationaux

de la 9' légion. « Messieurs, » leur dit la duchesse , « vous êtes témoins que » c’est un prince. Voyez, il n’est point « encore séparé de sa mère. » Elle répéta la même phrase à M. le duc d’Albufera qui arriva quelques minutes après. Et ce ne fut que lorsqu’il eut vu par ses propres yeux ce que lui disait la princesse , que M. Deneux enleva l’enfant.

Le maréchal ne put s’empêcher d’exprimer tout haut l’admiration que lui inspirait un si rare courage.

Cependant la famille royale était arrivée. Cette joie qui lui survenait après tant de douleurs l’avait comme enivrée.

Forte contre le malheur , elle n’était point préparée aux événements heureux.

L habitude lui manquait pour supporter le bonheur. Monsieur, Madame, M. le duc d’Angoulême félicitaient la princesse

et se félicitaient entre eux , lorsqu’on annonça le roi .

— « Dieu soit béni ! » s’écria-t-il , vous » avez un fils, » et il remit à sa nièce un magnifique bouquet de diamants, en lui disant : « Ceci est pour vous , et ceci est » pour moi . » En même temps , le roi vénérable prenait dans ses bras l’enlànt par qui devait vivre sa race ; puis, faisant apporter la gousse d’ail et le vin de Ju-, rançon, il introduisit le nouveau -né dans son rôle de Henri IY, en lui frottant les lèvres avec l’une et en humectant sa bouche de quelques gouttes de l'autre.

L’enfant soutint très-bien cette épreuve et ne forligna point devant la gousse d’ail du Béarnais. « Sire , « dit madame la duchesse de Berri , « je voudrais savoir l’air » delà chanson de Jeanne d’Albret, pour

» que tout se passât ici comme à la nais- » sance de Henri IV. »

Ce fut une vive et profonde sensation dans Paris, quand on entendit les Vingt quatre coupsde canon qui annonçaient la naissance d’un prince. En face de la sombre nuit du 1 3 février, apparaissait la nuit du 29 septembre, étincelante de ses joies.

Si la première avait noyé la France dans le deuil et menacé la maison de Bourbon . d’une fin prochaine , la seconde répandait partout l’allégresse et rallumait ce graud flambeau qui , après avoir éclairé pendant huit siècles toutes les fortunes de la France , semblait au momenvde s’éteindre. Le berceau du 39 septembre rendait ce que la tombe du i 3 février paraissait avoir dévoré pour jamais.

En même temps que le fracas du canon annonçait à la ville capitale qu’il

était né un enfant à cette race guerx'ière, dont la forte épée tailla peu à peu à la France une large place sur la carte de l’Exirope , on voyait çà et là la nuit s’illuminer pour ainsi dix'e d’elle-même sur plusieurs points de la capitale. C’étaient les casernes qui célébi'aient la naissance d’un soldat déplus. L’armée était la première à fêter le jeune prince à son entrée dans la vie. Ne savait-elle pas que sous la naissance d’ixn Bourbon , il y a toujours des victoix’es?

Il était six heures du matin. Déjà des groupes nombreux s’étaient formés soixs les* fenêtres de madame la duchesse de Berri. La famille royale vivait ce jour-là avec la France en famille : de temps à autre, on montrait l’enfant à travers les vitres des croisées; puis, on voyait une blanche ligure de femme en habillement

de nuit passer et repasser devant les fenêtres , c’était madame la duchesse d’Angoulême. Cette famille avait été surprise par son bonheur dans le sommeil, comme elle avait été naguère surprise par la sanglante catastrophe. C’était la veille de la joie après la veille du deuil. La rue de Rivoli olfrait un singulier spectacle. Les inconnus s’y connaissaient , et toute la ville était là à moitié vêtue, croyant continuer son rêve sous les croisées de cet appartement dans lequel était contenu l’avenir de la France. C’était une de ces rares journées où les nations sont véritablement nations ; parce qu’elles ont la même pensée dans la tête et le même sentiment au cœur. L’unité nationale, cette admirable hetion , était une réalité ce jour-làj il n’y avait qu’une idée qui était à la fois celle de chacun et celle de tous.

Madame la duchesse de Berri donna ordre de laisser entrer dans sa chambre tout ce qu’il y avait de militaires. 11 s’agissait de visiter le Gis de Henri IV et de Louis XIV , la gloire ne devait-elle point avoir un droit de préséance ?

Il y eut de touchantes paroles de dites, de ces paroles militaires qui portent bonheur à un berceau .

« Je te bénis , lui dit un vieux grenadier et je fais un engagement de six ans de plus. » C’était un Vendéen qui avait servi sous M. de Lescure et sous Calhelineau.

Un soldat couvert de blessures et ay ant U'ois chevrons s’écrie avec tristesse- « Ah! mon prince, pourquoi suis -je si vieux! Je ne pourrai pas servir sous vos ordres.»

Madame lui répondit: « Rassure-toi, mon brave, il commencera de bonne heure.»

« Il est bien l’enfant de l’armée , celui-là, » dit un autre soldat, « il est né au milieu des sabres et des bonnets de grenadiers, et c’est mon capitaine qui a été sa première berceuse.»

Dès cinq heures du matin, le roi avait faitpart à sa bonne ville, représentée par le préfet de la Seine elles douze maires, du bonheur qui venait de lui arriver.

« Très-chers et bien-aimés, était-il dit dans le message, la naissance d’un prince que la duchesse de Berri , notre trèschère nièce, vient de mettre au jour, est un événement si conforme à nos désirs et aux vœux de nos sujets, que nous croyons ne pouvoir en donner trop tôt connaissance à ceux de notre bonne ville

de Paris , connaissant leur amour pour nous et leur attachement au bien de l'état.»

A neuf heures et demie , les princes et les princesses du sang, parmi lesquels on remarquait toute la famille d’Orléans , vinrent présenter leurs félicitations à madame la duchesse de Berri ; à onze heures il y eut grande réception dans les salons des Tuileries, et la foule était si grande que le roi eut de la peine à traverser les rangs pressés pour se rendre à la chapelle, où il alla avec toute la famille royale rendre grâce à Dieu de ce mémorable événement. En revenant de la messe , le roi se présenta, entouré de sa famille, sur le balcon qui domine les jardins. Les Tuileries disparaissaient sous la foule qui les remplissait; une acclamation immense s’éleva à la vue du roi.

Alors Sa Majesté fit signe qu’elle voulait pax’ler. « Mes amis, dit-elle au milieu du profond silence qui s’établit aussitôt , votre joie centuple la mienne. Il nous est né un enfanta tous. Cet enfant deviendraun jour votre père, il vous aimera comme je vous aime , comme vous aiment tous les miens.»

Dans l’après-midi , madame la duchesse de Berri voulut se lever afin de présenter son fils au peuple. Les médecins eurent beaucoup de peine à la dissuader de cette résolution. Le coeur des mères a des instincts prophétiques. Elle semblait sentir la nécessité de faire adopter par le peuple l’orphelin à qui le poignard du i3 février n’avait point laissé de protecteur.

Elle espérait créer ainsi entre lui et la nation un de ces pactes plus solides que ceux au bas desquels on lit de hautes

et puissantes signatures. Obligée de céder aux sollicitations des personnes qui l’entouraient, elle voulut au moins qu'on roulât son lit jusqu’à la fenêtre, et là, se soulevant à demi, elle se montra à la population immense qui se pressait sous ses croisées, tenant son fils dans ses bras.

L’enthousiasme fut grand à celte vue.

Par deux fois madame la duchesse de

Berri voulut renouveler cette scène.

Elle trouvai tles forces qui lui manquaient dans son courage et dans sa joie. Comme à la seconde de ces deux présentations elle éprouvait une espèce de défaillance, on lui présenta une potion calmante.

« Merci , » dit-elle en saluant la foule les acclamations montaient vers elle , « Ce bruit là est le meilleur calmant. »

L’expression de la joie fut aussi vive et aussi générale que la joie elle-même ,

yi MKMOIKES DK 5. A. II.

dans Paris et dans toutes Jes villes du royaume. Madame la duchesse de Bei’ri se montra à la hauteur de ses prospérités comme elle avait été au niveau de son malheur. On ne rapportera point ici ces adresses et ces félicitations officielles, qui ne sont que ttop souvent le monument de l'adulation de ceux qui les offrent et de la crédulité de ceux qui les accueillent , espèce de billets à ordre de la politique , souscrits au profit des pouvoirs debout , et que l’ingratitude refuse d’acquitter dans les mains des pouvoirs tombés. Mais on entendit dans cette occasion des paroles et l’on vit des actes qui avaient plus de sens et de portée.

Le roi fit une promotion de cordons bleus qui montra les vieilles illustrations et les illustrations nouvelles con-

MADAME, DUCHESSE DE BERRI. ’j'i

fondues dans la même récompense.

Louis XVIII fêtait la naissance du prince destiné à clore une époque de troubies et de divisions, en marquant par un acte solennel , en face de son berceau, l’égalité des honneurs devant l’égalité des gloires (i).

(I ) Les lettres n’oublièrent point la naissance de monseigneur le duc de Bordeaux , et ne furent point oubliées dans la distribution des faveurs et des grâces.

Les poètes et les chansonniers célébrèrent cet événement mémorable , et mâdame la duchesse de Reggio distribua , au nom de S. A. R. madame la duchesse de Berri , des médailles d’honneuràMM. Victor Hugo, Mely-Janin; puisa MM. Alissan de Chazet, Michelet , Desaugiers , Gentil , Crosnier et Merle. M. Alissan de Chazet avait déjà reçu par les mains de madame la duchesse de Reggio une médaille d'or sur laquelle était gravée l’image de M. le duc de Berri ; c'était un témoignage de la haute satisfaction avec laquelle la princesse avait lu l'éloge historique de M. le duc de Berri , composé par M. de Chazet , et dédié par lui à la princesse. La lettre suivante était jointe à cet envoi : « J'avais déjà eu l'honneur

Lorsque le nonce , portant la parole au nom du corps diplomatique , vint féliciter le roi , il prononça ce discours en montrant le duc de Bordeaux : « Voi- » ci le grand bienfait que la Providence » la plus favorable a daigné accorder à » la tendresse paternelle de Votre Ma-

de vous dire , monsieur , combien madame la duchesse de Bcrri avait etc touchée des sentiments qui vous ont fait enu treprendre le travail que vous lui aviez dédié. C’est maiu- » tenant sur le résultat que je viens vous adresser les remer - )> cicmcnts de son altesse royale. Vous avtz non pas surpassé » son attente , elle savait bien que vous traiteriez ce sujet avec » âme et délicatesse ; mais vous avez rempli ses désirs. En » cherchant dans .sa pensée quelle serait la marque de sou- » venir qu'elle pourrait vqus adresser , son altesse royale a » cru trouver dans l'image du prince ce qui pourrait vous être » le plus agréable, et voulant que cette preuve de satisfaction » soit inaltérable , son altesse royale a fait frapper pour vous » la médaille ci-j ointe.

» Agréez , etc.

» La maréchale Oudikot , duchesse de Rnccio, u

» jestë. Cet enfant de douleurs, de sou- » venirs et de regrets , est aussi l’enfant » de l’Europe. Il est le présage et le » garant de la paix et du repos qui doi- » vent suivre tant d’agitations. »

Cette phrase était remarquable. Le corps diplomatique sentait que la maison de Bourbon assurait non-seulement la paix de la France , mais la paix du monde. Ce faible enfant , c’était un grand principe. La branche cadette, dont le nom avait été mêlé aux souvenirs sanglants de la révolution , ne promettait les mêmes garanties de stabilité , ni à la France ni aux contrées monarchiques qui l’entouraient. On savait que cette France était si puissante , qu’elle ne pouvait être tourmentée par une crise révolutionnaire, sans qu’il y eût autour d’elle un vaste tremblement de

trônes, et les plus grands monarques venaient , pour ainsi dire , mettre leurs couronnes sous la protection de ce berceau. Toutes les lettres des souverains exprimèrent la même pensée. L'empereur Alexandre écrivait au roi de France : « La naissance du duc de Bordeaux » est un événement que je regarde com- » me très-heureux pour la paix de l’Eu- » rope, et qui porte de justes consola- » tionsau sein de votre famille. Je prie )> Votre Majesté de croire que je ratifie » le titre d’enfant de l’Europe , dont on » a salué M. le duc de Bordeaux. »

Lorsque madame la duchesse de Berri fut remise des fatigues de cette journée de souffrances et de bonheur, elle reçut à son tour les députations et les félicitations de la France et de l’Europe. Ses paroles furent simples , pleines de natu-

rel et de dignité. Elle dit à M. de Chabrol , qui la complimentait au nom du corps municipal : « Je suis bien touchée » des sentiments que vous m’exprimez » au nom des magistrats de la ville de » Paris ; cet enfant est né parmi vous , » qu’il vous soit cher. La joie que les » Français ont manifestée à sa naissance » a été le seul adoucissement que j’aie » encore éprouvé dans ma douleur. »

Elle répondit au corps diplomatique:

« Je remercie les souverains des senti- » ments que vous venez de m’exprimer; » je suis fière du titre que vous avez » donné à mon (ils, de l’enfant de l'Eu- » rope. » Quand elle reçut le conseil des ministres, elle s’exprima^ ainsi: « Je suis » bieu aise de vous voir, messieurs, pour » vous dire que je suis sensible à la part » que vous avez prise à mes chagrins.

» Le ciel a eu pitié de moi. Voilà mon » fils. Je le recommande à la France et » à vous , messieurs. Ce sera pour moi » une tâche bien douce que celle de le » rendre digne de la France et des senti- » ments qui ont été exprimés générale- » ment lors de sa naissance. »

Une dernière démarche couronna toute la conduite que Madame la duchesse de Berri avait tenue dans cette occasion mémorable. Bouton et Gravier, qui avaient, comme on l’a dit, fait une tentative contre sa personne, furent condamnés à mort par les assises. La princesse demanda et obtint leur grâce par la lettre suivante adressée à Louis XVIII.

« Sire , comme je ne puis voir le roi aujourd’hui , je lui écris pour lui demander la grâce de deux malheureux qui ont été condamnés à mort , hier ,

pour tentative contre ma personne. Je serais au désespoir qu’il pût y avoir des l'i ançais qui mourussent pour moi:

l’ange que je pleure demandait en mourant la grâce de son meurtrier ; il sera l’arbitre de ma vie ; me permettez-vous, mon oncle , de L’imiter , et de supplier Votre Majesté d’accorder la grâce de la vie à ces deux infortunés ? L’auguste exemple du roi nous a habitués à la clémence; daignera-t-il permettre que les premiers instants de l’existence de mon Henri , de mon cher fils , du vôtre , du fils de la France, soient marqués par un pardon ? Excusez , mon cher oncle , la liberté que j’ose prendre de vous ouvrir mon cœur ; dans toutes les occasions votre indulgente bonté m'y a encouragée. Je supplie le roi d’excuser ma hardiesse , et de croire au respect aussi pro-

fond que les sentiments avec lesquels je suis de Votre Majesté la très-humble et très-obéissante et très-soumise nièce.

Caroline. »

C’était là un beau commentaire de la belle parole prononcée au lit de mort du 1 3 février. « Sire, grâce pour l’homme! »

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